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jeudi 18 décembre 2014

Massaman Malien de 19 ans, champion d'athlétisme, menacé d'expulsion à Evry

Décrit comme un « élève modèle » par ses professeurs du lycée Baudelaire d'Evry (Essonne), le champion junior d'Ile-de-France de saut en longueur risque d'être expulsé au Mali, loin de sa mère installée à Corbeil-Essonnes.

Corbeil, le 12 décembre. Actuellement en 1re au lycée Baudelaire d’Evry, Massaman est un bon élève. Il a une moyenne de 14, mais pas de carte de séjour. Le délai pour quitter le territoire qui lui a été accordé arrive à son terme samedi.

« Eh, Massaman, tu restes jusqu'à la fin de l'année, hein ? » Dans les couloirs du lycée Baudelaire, à Evry, le jeune homme de 19 ans répond par un sourire à ses camarades. Pourtant, depuis un mois, « je me suis arrêté de vivre », confie ce champion d'athlétisme. Des nuits sans sommeil, 3 kg en moins, la boule au ventre.

Car d'ici à samedi, cet habitant de Corbeil en situation irrégulière devra avoir quitté la France. Sinon, il sera expulsé. Mais il espère beaucoup d'un rendez-vous, ce jeudi à la préfecture d'Evry, obtenu après une manifestation de lycéens venus le soutenir, lui ainsi qu'un autre élève, Mohamed, scolarisé à Savigny-sur-Orge (Essonne).

Massaman est arrivé officiellement à Corbeil le 21 août 2012. Il vivait auparavant à Bamako, au Mali, où il est né en 1995. A la mort de son père en 1998, sa mère refusant de se remarier avec son beau-frère, comme c'est l'usage dans certaines familles, a confié ses deux enfants à la grand-mère et est partie en France, où elle a refait sa vie. Sa demande de regroupement familial est rejetée, mais ses aînés finissent par la rejoindre à Corbeil. Massaman se remet à niveau au lycée Perret d'Evry pendant un an, puis est orienté à Baudelaire.

«Ma vie, c'est le lycée et la maison»

Actuellement en 1re, il brandit une moyenne de 14. « J'ai envie de réussir, insiste-t-il. Ma vie, c'est le lycée et la maison. » Il ne veut pas laisser sa maman, qui souffre d'un pied, travailler trop longtemps. Elle est aujourd'hui engagée dans une association de solidarité, Générations Femmes. Massaman s'investit donc dans sa scolarité. « Je suis élu au conseil de la vie lycéenne et au conseil académique de la vie lycéenne », décrit-il. Il prépare également un spectacle de hip-hop pour la fin de l'année.

Quand le Malien n'est pas sur les bancs de l'école, il est sur les pistes d'athlétisme. Inscrit au club de Corbeil, il est champion junior d'Ile-de-France 2014 en saut en longueur. « J'aimerais en vivre », annonce-t-il. Mais il a été stoppé net dans sa course. Lorsqu'il a atteint sa majorité, Massaman a formulé une demande de carte de séjour d'un an. Refus. Et le 20 novembre, il recevait par courrier une obligation de quitter le territoire d'ici un mois. « Il est mentionné dedans que je n'ai pas trop d'attaches ici, que je n'ai ni femme ni enfants. Mais j'ai 19 ans ! rappelle-t-il. Je me suis investi à 120 % pour m'intégrer et réussir. Je comprends la loi, mais ça fait mal de se voir rejeté. »

« C'est la stupeur et l'incompréhension, réagit l'un de ses ex-enseignants, car il a sa famille ici et il réussit scolairement. » « C'est la première fois que je soutiens un élève comme ça, enchaîne Valérie Sagot, 48 ans, professeur de gestion vente au lycée Baudelaire. On ne peut pas accueillir tout le monde mais, honnêtement, là, ça manque d'humanité. C'est un élève modèle : il écoute, respecte les règles. Il est très bien intégré. Je crois en lui, mais s'il retourne dans son pays d'origine je m'inquiète pour son devenir. »

Lui s'inquiète surtout pour sa mère car « elle a été séparée plus de dix ans de ses enfants. Si on les éloigne encore d'elle, ça va la tuer ». Massaman n'a pas l'intention de faire sa valise. « Si je dois bouger, c'est parce qu'on m'aura expulsé », affirme-t-il. Et, les yeux baissés, de susurrer : « Je n'ai jamais été dans un tel contexte... J'ai peur de l'expulsion. Je ne préfère même pas imaginer. »

Ce que dit la loi

Depuis 2012, les jeunes majeurs doivent justifier de deux ans de présence en France, à la date de leur 18e anniversaire et d'un parcours scolaire assidu et sérieux pour prétendre à un titre de séjour.

Massaman peut répondre au second critère, mais pas au premier. Officieusement, il est arrivé en France en 2011, mais ne peut le prouver. La date de 2012 a donc été retenue, année où il a commencé un parcours scolaire. Or, à la rentrée 2012, il avait déjà 17 ans. La circulaire précise cependant que si le jeune « dispose de toute sa famille proche en France, en situation régulière » et à sa charge effective, les services de l'Etat peuvent lui donner ce titre de séjour, même s'il est arrivé en France après ses 16 ans.

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Ile de Gorée: L'émouvante maison des esclaves !

Eloi Coly, le Conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée. Photo Réveil FM International

La Maison des esclaves a été inaugurée le 6 décembre 1990 par Madame Danielle Mitterrand et Madame Elisabeth Diouf. Photo Réveil FM International

Agé de 62 ans, Eloi Coly, le Conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée, au Sénégal, Gestionnaire de l’île de Gorée a succédé au charismatique conservateur Boubacar Joseph Ndiaye décédé en 2009, au terme d’un compagnonnage de 24 ans. La Maison des Esclaves, Musée et Mémorial dédié à la Traite des noirs se trouve à l’île de Gorée, à 3,5km de Dakar, sur la cote Ouest Atlantique. Elle cristallise aujourd’hui toute la mémoire des traites nacrières. Du fait de sa position stratégique, propice au mouillage des navires, l’île de Gorée fut pendant longtemps au centre des rivalités entre les nations européennes qui se battaient pour son occupation : portugais, hollandais, français, anglais. Célèbre pour son histoire et son architecture particulière et ses « captiveries », Gorée est inscrite au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO.

Réveil FM International: Quelle est la place de l’île de Gorée dans le monde ?

Eloi Coly: L’île de Gorée, avec ses captiveries ou la Maison des esclaves, fait partie intégrante de l'Histoire du monde, du fait de son histoire particulière liée à celle des grandes découvertes et, sans doute, à celle de la traite négrière, comme celle de la Colonisation. Aujourd'hui, c'est à Gorée, que célèbre le plus la réconciliation entre les peuples. Pour ces raisons, le peuple sénégalais a décidé d'offrir Gorée en partage aux autres nations du monde.

La porte de non retour ! Photo Réveil FM International

Grande cellule pour les récalcitrants. Photo Réveil FM International

Des chaines pour les esclaves. Photo Réveil FM International

Des chaines pour les esclaves. Photo Réveil FM International

Des chaines pour les esclaves. Photo Réveil FM International

Réveil FM International: Qu’est ce qui guide le choix de ceux qui viennent à Gorée.

Eloi Coly: Bien sûr ! Je disais tantôt que c'était l'Histoire du monde; tout le monde se sent alors interpellé. On a beau lu l'histoire du monde dans les livres, on l’a beau apprise dans les écoles, mais ça ne sera pas la même chose que de la vivre dans la situation dans laquelle les choses se sont déroulées. Je pense que c'est ce qui guide le choix de ceux qui viennent à Gorée.

Sans commentaires ! Réveil FM International

Roger Bongos-Afrique Rédaction en pleine interview avec Dr. Ahmed Rashid Beebeejaun, Vice-Premier ministre Mauricien. Réveil FM International

La maison des esclaves. Photo Réveil FM International

Réveil FM International: Que symbolise-t-elle la Maison des esclaves ?

Eloi Coly: La Maison des esclaves, tout comme l'île de Gorée aujourd’hui, sont le symbole de la fragilité des libertés. Les libertés sont fragiles. Donc, nous nous devons de faire en sorte de pouvoir les protéger. Personne ne doit, aujourd'hui, oublier ce qui s'est passé, parce que lorsqu’on interroge l'histoire, souvent cela évite la commission de nouveaux forfaits; des forfaits qui seraient semblables à ce que le monde aura ou aurait déjà vécu. Je pense, de ce point de vu, qu’il est important de maintenir ces lieux de mémoires, mais pas uniquement à Gorée, parce que la même chose pourrait se trouver partout ailleurs. D’ailleurs, aucune portion de l'Afrique n'avait eu à échapper aux exactions des esclavagistes, vue la durée et l'ampleur du déplacement des personnes. Tout cela, mis ensemble, nous oblige à conserver ces lieux de mémoires. Or, le lieu de mémoire n'existe que de par sa symbolique; si on lui ôte la symbolique, il deviendra un lieu quelconque. Voila pourquoi nous sommes convaincus que venir à Gorée c'est exactement comme si on allait à Cape Coast(Ghana), à ELMINA (Mecque) ou à Albreda(Gambie).

L'île de Gorée. Photo Réveil FM International

L'île de Gorée. Photo Réveil FM International

L'île de Gorée. Photo Réveil FM International

L'île de Gorée. Photo Réveil FM International

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mercredi 17 décembre 2014

Alias Joseph Kabila-Matata II: A l'aune de l'ouvrage de Freddy Mulongo "Au temps des effroyables imposteurs de la RDC"

"Au temps des effroyables imposteurs de la RDC" de Freddy Mulongo

Ubuesque et pathétique ! On se croirait dans une salle de cinéma à Bastille mais non, nous vivons la triste réalité sur la RTNC caporalisé au service d'un individu-imposteur. Faire de la communauté internationale le bouc émissaire de ses propres turpitudes, il fallait oser. Alias Joseph Kabila est-il ivre de ses 17 milliards de dollars américains planqués dans les îles vierges britanniques ? Ovni, catapulté à la tête de la République démocratique du Congo par la mafia internationale, alias Joseph Kabila, l'incapacitaire de Kingakati est-il soudain devenu un souverainiste, indépendantiste ? On croit rêver avec son discours à la Nation devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès au Palais du peuple le 15 décembre. Acculé de toute part de ne pas tripatouiller la Constitution pour se maintenir Ad vitam aeternam au pouvoir alors ses calamiteuses 13 ans au Congo. Il aurait été plus sage qu'il dise à la Nation congolaise, qu'il se mettait à la disposition de la justice pour son imposture, sa forfaiture et haute trahison. En déclarant qu'il n'acceptait pas "les injonctions de l'étranger" alors que ces sont les étrangers qui l'ont placé là pour mieux piller les ressources de la République démocratique du Congo, alias Joseph Kabila a pris goût au pouvoir et il n'est pas prêt à partir à la fin de son mandat en 2016. Sera-t-il battu comme Wade au Sénégal ? Va-t-il être chassé comme Blaise Compaoré au Burkina Faso ? Se prépare-t-il a être capturé par les Congolais eux-mêmes ?

"Au temps des effroyables imposteurs de la RDC" de Freddy Mulongo

N'est-ce pas une énième imposture que de déclarer:"Nous sommes les descendants de Kimpa Vita, de Simon Kimbangu, de Joseph Kasa-Vubu, d’Antoine Gizenga, de Patrice Lumumba et de Laurent Désiré Kabila. Nous sommes ce peuple tellement jaloux de son indépendance conquise de haute lutte et de liberté démocratique obtenue parfois au prix de sang", seul un congolais peut clamer une telle déclaration. Alias Joseph Kabila doit d'abord prouver qu'il est le fils de M'zée Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001. Kimpa Vita n'a jamais trahi le Congo, elle s'est battue contre les explorateurs portugais. Elle a fini martyre sur un bûcher. Simon Kimbangu pour avoir prêcher la vérité sur la colonisation, les coloniaux belges l'ont enfermé jusqu'à sa mort. Il est plus long prisonnier politico-religieux du continent. Joseph Kasa-Vubu n'avait jamais pillé l'Etat congolais, il restituait le surplus de ses frais des mission. Patrice Emery Lumumba a été diabolisé par les colons belges avant d'organiser son assassinat et de lui arracher les dents gardées comme trophées en Belgique. Alias Joseph kabila ne connait pas l'histoire du Congo. Si M'zée Laurent-Désiré Kabila était vraiment son père, pourquoi le procès de son assassinat n'a jamais eu lieu ? Alias Joseph Kabila a fait entrer la soldatesque rwandaise au Congo pour massacrer les populations civiles congolaises. Alias Joseph Kabila a invité Paul Kagamé, le Pol-Pot de Mille collines pour assister au défilé du cinquantenaire de notre indépendance sur le boulevard triomphal le 30 juin 2010, indépendance acquise par nos aïeux dans la lutte et le sang, le 30 juin 1960 ! Alias Joseph Kabila est un imposteur et traître à la nation congolaise !

"Au des effroyables imposteurs de la RDC" de Freddy Mulongo

Après quatorze mois d'attente, pour continuer à distraire les congolais, l'imposteur qui trône abusivement sur le Congo nomme Matata II et ses 47 voleurs-ventripotents !

Il y aurait beaucoup à dire sur le gouvernement éléphantesque de Matata Ponyo II constitué des apparatchiks, mammouths, dinosaures, spinosaures, criminels économiques, bandits de grand chemin...Au fait on l'impression Matata II, ce sont des "Angwalima, Bouddha, Balados, des criminels qui sont nommés non pas pour servir la République mais pour qu'ils se servent de la fonction ministre pour se remplir les poches en récompenses au service rendu à l'incapacitaire de Kingakati qui dirige le Congo par défi. Partout ailleurs, les ministres sont nommés avec des critères de moralité bien précises dans un gouvernement pour servir la nation, pas par récompense pour qu'ils se remplissent les poches.

"Au des effroyables imposteurs de la RDC" de Freddy Mulongo

Dans le gouvernement Matata II, il y aurait beaucoup à dire: Nous nous limitons aujourd'hui à un sulfureux individu de ce gouvernement de conspiration contre le Congo.

1. Evariste Boshab: Nous apprenons que le fameux pseudo-professeur autoproclamé constitutionnaliste s'est agenouillé devant alias Joseph Kabila pour que l'imposteur le nomme Vice-Premier ministre intérieur et sécurité. Qu'il ait fait du tapage sur sa nomination à Kinshasa et à Mbuji-Mayi, quelle connerie. Mais comment peut-on nommer comme premier flic au Congo, un mafieux comme Evariste Boshab ? Souvenons-nous, dans la nuit du 1er au 2 janvier 2012 ! Sur le boulevard du 30 Juin, revenant d’une boite de nuit de la capitale congolaise, vers 6 heures locales du matin ce lundi 2 janvier 2012, Yann Boshab ivre mort roulant à vive allure et au delà de la vitesse limitée sur le boulevard du 30 juin, le fils d’Evariste Boshab secrétaire général du PPRD, parti politique d'alias Joseph Kabila, au volant d’une Jeep Navigator noire aux vitres fumées a perdu le contrôle de son véhicule. Ivre mort le chauffard Yann Boshab a heurté de plein fouet un taxi. Il a tué 5 personnes et a renversé 3 personnes blessées grièvement. Les corps ont été abandonnés sur le lieu de l'accident. Les militaires présents ont sécurisé le fils à papa. Aucun constat de l’accident n’a été fait. Pour empêcher toute enquête, le Navigator noir, véhicule de l’infraction, a été remorqué jusqu'ause trouve au camp Lufungula chez le Général Kanyama, populairement surnommé « esprit de mort » ! Le soir même du lundi 2 janvier 2012, Yann Boshab, le fils à papa mafieux a été soustrait de la justice congolaise. Accompagné par des militaires armés jusqu'aux dents en bas de la passerelle de l'avion de la compagnie aérienne belge SN Brussels, Yann Boshab s'est envolé pour la Belgique, laissant derrière lui huit cadavres car les trois blessés grièvement mourront par la suite.

Evariste Boshab, ministre de l'intérieur et sécurité, on croit rêver. Etre ministre de l'intérieur, c'est avoir l'obligation des résultats dans la sécurisation des biens, citoyens et territoire. Comment peut-on un seul instant avoir l'assurance qu'Evariste Boshab va sécuriser qui que ce soit ? Le premier flic dans le gouvernement Matata II, Evariste Boshab est connu pour plusieurs dossiers mafieux dont celui de 32 millions de Société Nationale d'Electricité (SNEL) payés par le Congo-Brazzaville. Président de l'Assemblée nationale, c'est Evariste Boshab qui a corrompu les députés, 25 000 $ américains à chaque godillot pour tripatouiller la Constitution, réduire de deux à un tour l'élection présidentielle de novembre 2011. Alors que la République démocratique du Congo a plus de 70 millions d'habitants, le Sénégal qui est moins peuplé vote à deux tours leur président de la République. Evariste Boshab avait reçu la promesse de son incapacitaire de raïs qu'il serait nommé Premier ministre. Ce qui n'avait pas été fait. Dans son passage à vide, il a pondu un livre "Entre révision de la constitution et l’inanition de la nation" en juin 2013, comme un appel de pied à alias Joseph Kabila qui ne rêve que du tripatouillage de la Constitution pour un troisième mandat, alors que les treize ans passés à la tête du Congo sont calamiteux. Evariste Boshab est ministre de l'intérieur d'alias Joseph Kabila pour l'aider à mieux couillonner les congolais avec les élections de 2016. Nul ne sait si vraiment alias Joseph Kabila parviendra à ses fins: tripatouiller la Constitution et se maintenir par la force.

"Au temps des effroyables imposteurs de la RDC" de Freddy Mulongo

Que le MLC de Jean-Pierre Bemba soit un parti politique des traites à la Nation, cela est connu des tous. Les Antoine Ghonda, Olivier Kamitatu, François Mwamba Tshiyimbi, Alexis Tambwe Mwamba, José Endundu...des politicailleurs mobutistes débauchés, versatiles , girouettes politiques et changeurs de casaque patentés. Des mangeristes-mangercrates insatiables. Que peut-on attendre de tels individus ? Depuis la féroce dictature mobutienne, ils sont là qu'ont-ils apporté à la République ? Rien, sinon un enrichissement personnel. Il est faux de croire que seuls des magouilleurs mobutistes sont à même d'être nommés ministres. Sans eux , pas de salut ! Ce dernier ne peut en aucun cas provenir de cette racaille politique ! Que le criminel rwandais Eugène Sérufuli soit nommé ministre de Matata Ponyo, voilà qui en dit longtemps de la mainmise de Paul Kagamé, le Pol-Pot de Mille Collines sur la RDC.

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mardi 16 décembre 2014

Palais de l'Elysée: François Hollande a inauguré le sapin de Noël sous la pluie

C’est sous la pluie, mais avec le sourire, que François Hollande, a inauguré, vendredi soir dernier, le traditionnel sapin de Noël de l’Elysée, entouré d’enfants. Après le décompte de coutume, le président français a donc appuyé sur le bouton allumant les décorations, une tâche habituellement réservée à la Première dame, mais néanmoins applaudie par les petits invités enthousiastes. Le sapin, un Nordmann de 24 ans, mesurant 11 mètres et pesant près de deux tonnes, a été transporté d’Auxerre au pied du Grand Palais en péniche, une première. Avant d’atterrir dans la cour d'honneur de l'Elysée, l’arbre avait été inspecté par une équipe de démineurs et leur chien sur le quai. Il a ensuite fallu deux jours, plus de deux kilomètres de guirlandes et quatre mille boules et autres objets pour le décorer.

François Hollande et les enfants issus de l'immigration à l'Elysée

François Hollande et les enfants issus de l'immigration à l'Elysée

François Hollande et les enfants issus de l'immigration à l'Elysée

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Ces immigrés qui font la France

François Hollande a inauguré lundi 15 décembre le Musée de l’histoire de l’immigration, issu de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration créée en 2007 à Paris et dont le conseil d’orientation est présidé par l’historien Benjamin Stora.

Ces immigrés qui ont fait la France

Le chef de l’État a prononcé un discours rendant hommage aux apports de l’immigration, au modèle d’intégration français, à l’histoire de son peuplement et à la diversité.

« La Croix » a , de son côté, donné la parole à ces immigrés qui font la France.

Boniface Kokoh, professeur à l’université de Poitiers

« Le plus dur, ça a été la température de – 5 °C un matin d’hiver… ».

À 28 ans, Boniface Kokoh, diplômé de l’ENS d’Abidjan (Côte d’Ivoire), débarque pour la première fois à Paris. On est en septembre 1986. Quand il était encore à Abidjan, des coopérants venus de Paris et Grenoble lui ont donné goût à l’électrochimie. C’est décidé, il ira étudier en France, à l’université de Poitiers (Vienne). Là, il retrouve des étudiants togolais, congolais, ivoiriens… « Plein de choses ont joué en faveur de mon intégration : la solidarité des autres étudiants africains, ma participation au club de football, ma rencontre avec une Guadeloupéenne, étudiante en anglais, qui allait devenir ma femme… Le plus dur, ça a été la température de – 5 °C un matin d’hiver… »

Brillant thésard, Boniface Kokoh développe une méthode innovante pour fabriquer un additif alimentaire. Un travail repéré par le sucrier Beghin-Say, qui lui propose un confortable contrat de recherche. L’université lui offre un poste de post-doctorant, puis de maître de conférences de chimie organique. « Très vite, j’ai pris des responsabilités au sein de l’université en devenant directeur de l’école doctorale », se souvient-il aujourd’hui, à 51 ans.

Français depuis 1990, le professeur n’a « jamais pensé partir ailleurs, même si récemment on m’a proposé un poste au Brésil ». Aujourd’hui, marié et père de deux grandes filles, il s’attache à accueillir des thésards africains dans son laboratoire. Il passera Noël à Abidjan, en famille. Avec émotion mais sans regret. « Franchement, depuis 28 ans que je vis en France, je n’ai jamais senti de racisme à mon égard. »

Xuening Geng, avocate d’affaires

« Ma vie, je l’ai faite ici »

Enfant, Xuening Geng aimait Jules Verne et ses contes fantastiques. Aussi lorsqu’en 2000, cette étudiante de 20 ans en première année d’informatique à l’université de Shanxi y découvre la possibilité d’étudier à l’étranger, elle choisit l’Hexagone pour « découvrir le pays » de son écrivain favori.

Après un an et demi dans un centre linguistique de Besançon, cette fille d’un père policier et d’une mère comptable entame des études de droit à Aix-en-Provence où elle obtient un mastère en droit des affaires. En 2010, son père lui demande de rentrer en Chine pour s’y marier. Xuening Geng refuse : « J’avais rencontré un garçon et mes diplômes français n’étaient pas reconnus là-bas, j’aurais dû tout recommencer alors que ma double connaissance, de la culture chinoise et du système juridique français, avait de la valeur », affirme la jeune femme diplômée en droit comparé franco-chinois.

Lorsqu’en 2009, le groupe chinois Weichan Power reprend les moteurs Baudoin, le cabinet juridique aixois où elle se forme en alternance gère l’opération. Sa connaissance de la culture chinoise sera déterminante. « Les investisseurs chinois en France ont besoin de professionnels sur place pour les conseiller. Or, je suis la seule juriste chinoise dans le sud », souligne Xuening Cheng, installée à Marseille.

En juillet 2013, elle a fondé son association de soutien aux affaires franco-chinoises : consultations et informations juridiques pour les commerçants, accueil de délégations d’entreprises chinoises… Chaque été, elle retourne en Chine où elle se « sent française » : « Je ne reconnais plus la ville où j’ai grandi », affirme la jeune femme, désormais « attachée » à l’Hexagone : « Ma vie, je l’ai faite ici ».

Fahim Mohammad, champion d’échecs

« Je me sens presque plus français que bangladais »

Il partage sa vie entre le collège – il est en troisième – et sa passion des échecs. Fahim Mohammad, 14 ans, vit comme n’importe quel adolescent de son âge. Fuyant le Bangladesh, il est arrivé en France à 8 ans avec son père, laissant derrière lui sa mère, une grande sœur et un petit frère.

Pendant trois ans et demi, ils ont vécu sans papiers, ballottés de foyers en hôtels dans l’attente d’obtenir l’asile. Mais Fahim est un surdoué des échecs qui, à 11 ans, devient champion de France des moins de 12 ans. Grâce à cette victoire le petit prodige, licencié au club de Créteil qui l’a pris sous son aile, devrait pouvoir participer à des compétitions internationales, mais sa situation l’en empêche. François Fillon, alors premier ministre, alerté à la radio par une auditrice, fait obtenir en 2012 à Fahim et son père une autorisation de séjour.

La délivrance, enfin. « Je n’en veux à personne mais je n’ai rien oublié, assure Fahim. Je remercie encore tous ceux qui nous ont aidés. Même si j’ai vécu des moments très durs, j’ai trouvé la sécurité dans ce pays. Je me sens parfaitement intégré et presque plus français que bangladais désormais. »

Fahim souhaite maintenant obtenir la nationalité française. Il porte déjà avec fierté les couleurs tricolores lors des tournois internationaux d’échecs. Il a raconté son parcours dans un livre, Le Roi clandestin (Éd. Les Arènes). Adulte, il aimerait travailler dans le secteur bancaire. « Je ne demande pas beaucoup, simplement vivre et travailler. Et dans les périodes difficiles, je saurai qu’il faut toujours s’accrocher. »

Sibylle Klumpp, pasteure à Avignon

« Tous les étrangers ne sont pas égaux en France »

Jamais Sibylle Klumpp, 47 ans, n’aurait imaginé venir s’installer en France. Il y a vingt ans, lorsque cette pasteure arrive d’Allemagne pour habiter à Paris, c’est d’abord pour suivre son mari, rencontré durant leurs études communes de théologie protestante. Dans la capitale française, elle entame ses études pratiques de pasteur, puis le couple déménage à Mulhouse avant de s’installer à Avignon avec ses deux enfants en 2004.

Jamais, au cours de ces vingt ans, elle n’a ressenti la moindre hostilité à son égard. Les remarques quotidiennes sur son accent ou les clichés sur les « Allemands rigides » ont fini par la faire sourire. Mais, depuis plusieurs mois, elle s’inquiète de la « banalisation des discours stigmatisant les étrangers, d’où qu’ils viennent ». Une atmosphère qu’elle ne ressentait pas il y a vingt ans. « En ce moment, être favorable au dialogue revient quasiment à tenir un discours militant. » « J’ai conscience d’être une étrangère privilégiée, reconnaît-elle. Non seulement parce que j’ai fait des études et que j’ai trouvé tout de suite du travail, mais aussi parce que je suis originaire d’Europe. Il est clair que tous les étrangers ne sont pas égaux en France. »

Il y a deux ans, frappée par la lecture d’un livre d’Amin Maalouf, Les Identités meurtrières, cette « Européenne convaincue » a finalement demandé la nationalité française, sans pour autant abandonner l’allemande. « Aujourd’hui, notre société a besoin de voir qu’il est possible de porter en soi deux identités. »

Nadia Bellaoui, présidente du « Mouvement associatif »

« La France m’a apporté des libertés »

C’est à l’âge de 16 ans que Nadia Bellaoui est arrivée à Strasbourg, après avoir grandi à Marrakech. Née d’un père marocain et d’une mère alsacienne, elle a pu, à 18 ans, choisir sa nationalité. Elle a opté pour la française, en hommage à un pays qu’elle juge émancipateur à bien des égards. « Lorsque je suis arrivée, j’ai fait du théâtre, je me suis investie dans les associations de mon campus, dans la politique. Ces libertés que le Maroc m’interdisait, la France me les a autorisées. »

Le goût de l’engagement a été décisif dans la carrière de l’actuelle présidente du « Mouvement associatif », qui représente près de 600 000 associations dans le pays. « Lorsque j’étais étudiante en droit public, on parlait de la jeunesse comme d’une ‘‘génération bof’’, un peu apathique et consumériste. En fait, son engagement n’était pas visible, car il était éclaté dans des organisations sans lien les unes avec les autres », se souvient-elle. C’est pourquoi, en 1996, elle et ses camarades fondent Animafac, aujourd’hui l’une des plus grosses organisations étudiantes. En 2006, poursuivant sur sa lancée, Nadia Bellaoui prend la tête de la Ligue de l’enseignement, puis celle du « Mouvement associatif » en 2012.

Aujourd’hui, elle se fixe pour objectif de soutenir les structures issues des quartiers populaires, où vivent de nombreux immigrés. « Souvent, nos responsables politiques ont peur qu’en développant ce type d’engagement, on fasse le lit du communautarisme, mais c’est tout le contraire. S’investir dans une association est un vecteur d’ordre : on doit se frotter à l’administration, rendre des comptes… Et pour un étranger sans droit de vote, c’est pratiquement la seule manière de participer à la citoyenneté. »

Méziane Azaïche, directeur du Cabaret Sauvage (Paris)

« J’ai compris qu’il fallait rester soi-même et saisir sa chance »

La France n’était pas son premier choix. Né en 1955 en Kabylie, Méziane Azaïche s’installe d’abord en Allemagne à la fin des années 1970. Mais l’expérience tourne court. La barrière de la langue… Ce sera Paris, la Ville lumière et ses spectacles ! Du moins c’est ce qu’il imagine, encore bercé par les récits que les villageois émigrés faisaient lorsqu’ils revenaient au pays. La réalité est plus contrastée : « Les débuts ont été très durs. J’avais l’impression de ne pas avoir la combinaison pour ouvrir le coffre. »

Jusqu’à ce jour où il assiste à la vente aux enchères d’un bistrot de son quartier, dans le 20e arrondissement. Faute d’acheteur, Méziane Azaïche l’emporte pour 33 000 francs (5 000 €) grâce au prêt d’un ami. Il a 25 ans. « J’ai compris qu’il fallait rester soi-même et saisir sa chance. » Il fait du bistrot un lieu comme il les aime, convivial et, surtout, musical ; puis crée l’association Culture, produit des musiciens dans des cafés, se lie avec les artistes.

En 1997, il fonde le Cabaret sauvage dans le parc de la Villette, qu’il dirige depuis. Il y défend une programmation éclectique, sous le signe du dialogue entre les générations et les cultures. À l’image d’une de ses créations,Barbès Café,récit en chansons de l’immigration maghrébine en France. « Je voulais parler du passé sans haine et rendre hommage aux artistes immigrés qui ont diffusé la musique d’Afrique du Nord en France. Ça riait dans la salle, ça pleurait, jeunes et moins jeunes, Français et Algériens… » À 59 ans, ce père de cinq enfants fait enfin sa demande de naturalisation, pour des raisons « pratiques » plus que symboliques. Français, il l’est depuis longtemps.

Repères : Les immigrés en France

• Selon la définition des Nations unies, considérant comme immigrée « une personne née dans un autre pays que celui où elle réside », il y avait 7,2 millions d’immigrés en France en 2010.

• La France, pays d’immigration relativement ancien, compterait par ailleurs environ 7 millions de descendants directs d’immigrés, selon l’Insee.

• 42,5 % des immigrés (2,3 millions) sont originaires d’un pays d’Afrique – 30 % en provenance du Maghreb, 13 % d’Afrique subsaharienne. Deux sur trois sont des ressortissants d’anciennes colonies françaises.

• 33,9 % sont originaires de pays de l’Union européenne. Les Italiens, Espagnols et Portugais ont peu à peu laissé la place aux Britanniques, notamment, et aux ressortissants d’Europe de l’Est.

• 23,6 % des immigrés viennent du reste du monde. La France compte notamment entre 500 000 et 600 000 immigrés chinois.

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lundi 15 décembre 2014

Face aux "peurs", Hollande vante l'apport de l'immigration à la République

Le président de la République François Hollande inaugure le Musée de l'histoire de l'immigration, aux portes de Paris, le 15 décembre 2014

Pour son premier grand discours sur l'immigration deux ans et demi après son élection, François Hollande a fustigé lundi ceux qui agitent la peur d'une "dislocation" de la France ou des accords de Schengen pour vanter au contraire l'apport des immigrés à la République.

Sept ans après son ouverture, le chef de l’État inaugurait à Paris le Musée de l'histoire de l'immigration qui, victime d'un destin mouvementé, n'avait jamais encore été officiellement inauguré.

Devant un parterre de plusieurs centaines de personnes, François Hollande a dénoncé dans un discours d'une cinquantaine de minutes un "sentiment de dépossession, entretenu avec malice sinon avec malignité". Un Français sur quatre est issu de l'immigration, a-t-il relevé, soulignant sa volonté de "rappeler aux Français d'où ils viennent, quelles sont les valeurs qu'ils portent comme citoyens français et où nous voulons aller ensemble".

François Hollande a ainsi exhorté à ne pas laisser "la place vide pour des discours qui instrumentalisent la peur de la dissolution, de la dislocation, de la disparition" entretenus par ceux "qui rêvent d'une France en petit, une France en dépit, une France en repli, bref une France qui ne serait plus la France".

"Nous devons lutter contre ces thèses au nom de la France (...), pour une France à la hauteur de son histoire et capable de porter un grand projet, un destin", a-t-il martelé.

Le chef de l’État s'est de nouveau déclaré "favorable" au droit de vote des étrangers. Mais "rien ne peut se faire sans une révision de la Constitution, ce qui suppose une majorité des 3/5e" au Parlement, a-t-il rappelé, soulignant que cela supposait "un accord entre les forces républicaines".

"A elles de prendre leurs responsabilités", a-t-il lancé.

Il s'est aussi implicitement opposé à Nicolas Sarkozy, sans prononcer son nom, jugeant qu'il fallait "défendre" le principe des accords de Schengen qui autorisent la libre circulation des citoyens au sein de l'Union européenne plutôt que de les "faire éclater".

"Faire éclater Schengen? Ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays", a fait valoir François Hollande, jugeant au contraire que ces accords avaient "permis à tous les pays d'Europe de s'organiser pour contrôler l'immigration".

Combat contre "les vents mauvais"

Le président s'est également élevé contre "la peur sciemment installée d'une religion, l'islam, qui, d'une façon inacceptable, est présentée par certains comme incompatible avec la République".

"Le fait nouveau, ce sont des vents mauvais qui soufflent de plus en plus, pas seulement en France, mais partout en Europe", a-t-il déploré, estimant qu'il fallait "une fois encore reprendre le combat".

Dans "la lutte contre le racisme et l'antisémitisme" érigée en "grande cause nationale", la France "ne peut tolérer qu'un citoyen soit agressé pour sa religion, sa couleur de peau, ses origines", a-t-il souligné, avertissant que "rien ne doit être passé sous silence, rien ne doit rester impuni, rien ne doit être toléré".

François Hollande, selon son entourage, savait son "discours très attendu sur un sujet hautement sensible, complexe, et important".

L'UMP Brice Hortefeux avait d'ailleurs donné le ton d'inévitables polémiques dès lundi matin, reprochant à l'exécutif socialiste d'accepter "l'augmentation du nombre d'étrangers venant chaque année dans notre pays".

"Au lieu d'inaugurer un musée de l'immigration, François Hollande devrait lutter contre l'immigration qui est un problème monumental, économique, social et culturel", a renchéri le numéro 2 du FN, Florian Philippot, sur France Inter.

Mais pour l'historien Benjamin Stora, président du Conseil d'orientation du musée et qui passe pour avoir l'oreille du président, il était "temps (...) de regarder cette histoire en face".

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François Hollande au musée de l'immigration: il s'en prend à ceux qui voient "la France en petit"

Lundi 15 décembre 2014, François Hollande inaugure le musée de l'immigration

POLITIQUE - Il s'est bien gardé de prononcer les noms de ses rivaux. Mais en filigrane, c'est bien une critique des discours de Nicolas Sarkozy et de Marine Le Pen que François Hollande a faite en inaugurant, sept ans après son ouverture, le musée national de l'histoire de l'immigration.

Le président de la République qui a vanté les mérites de l'immigration dans l'histoire de la République a aussi fustigé "les discours qui instrumentalisent la peur de la dislocation de la France". Dans son viseur, notamment, Eric Zemmour dont le livre "Le Suicide français" est devenu un best-seller. "Une France en petit, une France en dépit, une France en repli, ne serait plus la France", a-t-il lancé.

Le président s'est également élevé contre "la peur sciemment installée d'une religion, l'islam, qui, d'une façon inacceptable, est présentée par certains comme incompatible avec la République." "Le fait nouveau, ce sont des vents mauvais qui soufflent de plus en plus, pas seulement en France, mais partout en Europe", a-t-il déploré, estimant qu'il fallait "une fois encore reprendre le combat".

Hollande personnellement favorable au droit de vote des étrangers

C'est pourquoi, il n'est pas question pour lui de tirer un trait sur l'espace Schengen, "notre frontière pour l'Europe". "On voudrait faire éclater Schengen ! C'est facile (mais) ce serait reculer, rétablir les frontières pays par pays", a estimé François Hollande a estimé François Hollande en référence à son prédécesseur. Il appelle plutôt "à défendre" cet espace qui a "permis à tous les pays d'Europe de s'organiser pour contrôler l'immigration".

Pour le reste, comme l'Elysée l'avait laissé entendre, François Hollande n'a pas fait d'annonce d'envergure au cours de cette allocution. Rien de nouveau notamment sur la question du droit de vote des étrangers aux élections locales. Alors qu'une majorité de Français est désormais défavorable au projet qui existe déjà pour les Européens, le chef de l'Etat a dit qu'il était personnellement pour cette ouverture.

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Burkina Faso: Le gouvernement suspend le parti de l'ex-président Compaoré

Blaise Compaoré après 27 ans de règne sanguinaire, l'assassin de Thomas Sankara et Norbert Zongo commence à être traqué, avant sa doute sa capture !

En République démocratique du Congo, ceux qui narguent impunément le peuple doivent regarder ce qui se passe au Burkina Faso. Au Congo, il n'y aura pas de révolution pardon avec des imposteurs criminels. Le gouvernement intérimaire du Burkina Faso a annoncé lundi la suspension, pour "activité incompatible avec la loi", du parti de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue fin octobre après 27 ans de règne.

Il s'agit d'une des mesures les plus fortes prises par les autorités de transition, qui ont affiché leur volonté de tourner la page des années Compaoré, et ont aussi annoncé la suspension d'un autre parti et d'une grande association favorables à l'ancien régime.

"Le parti dénommé Congrès pour la démocratie et le progrès est suspendu pour activité incompatible avec la loi", a annoncé Auguste Denise Barry, le ministre de l'Administration territoriale et de la sécurité, dans un arrêté communiqué à la presse.

Le CDP constituait le bras politique de l'ancien régime. Il a remporté toutes les élections depuis sa création en 1996, et disposait à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale depuis les législatives de 2007.

Le ministère de l'Administration territoriale (l'équivalent du ministère de l'Intérieur) a également suspendu l'ADF/RDA (Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique), la troisième force politique du pays.

"Ces partis continuaient à se réunir. Ils menaient des activités qui pouvaient amener à des troubles plus graves", a justifié un cadre du ministère.

Mais la mesure, qui ne vise qu'à "éviter des troubles", est "conservatoire", a-t-il insisté. "Ce n'est pas une dissolution."

L'ADF/RDA, ancienne formation d'opposition, avait rejoint la majorité en 2005. Ce parti a été particulièrement décrié pour avoir soutenu le CDP lors du débat sur la révision de la Constitution burkinabè, qui a précipité la chute de l'ancien président.

Le CDP n'a pas réagi dans l'immédiat à la décision de suspension, mais l'ADF/RDA a dit en "prendre acte".

"On a demandé à tous les militants de suspendre toutes les activités politiques en province et à Ouagadougou", a indiqué Diao Koné, premier vice-président de l'ADF/RDA. Une telle mesure, selon la loi, ne devrait pas excéder "trois mois", a-t-il assuré.

Le ministère de l'Administration territoriale a aussi annoncé la suspension de la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (Fedap-BC), qui était le fer de lance du pouvoir Compaoré au sein de la société civile.

Blaise Compaoré a été renversé le 31 octobre, pour avoir voulu modifier la Loi fondamentale afin de se maintenir au pouvoir dans ce pays pauvre du Sahel, qu'il dirigeait depuis un putsch en 1987.

Le siège du CDP à Ouagadougou avait été incendié le 30 octobre durant l'insurrection populaire qui a balayé le régime. Le chef du parti, Assimi Kouanda, avait été interpellé, puis relâché.

Les autorités de transition, en place jusqu'à des élections présidentielle et législatives prévues en novembre 2015, ont multiplié les signaux pour marquer une rupture avec l'ancien régime.

Les conseils municipaux et régionaux, dans lesquels CDP et ADF/RDA étaient majoritaires, ont été dissous mi-novembre.

Dans le domaine économique, des mesures ont été prises à l'encontre du clan Compaoré, dont la gestion "patrimoniale" du Burkina Faso était vilipendée par la société civile et l'opposition d'alors.

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Gambie: Lettre ouverte à Yahya Jammeh "Justice pour Deyda Hydara"

​Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières

Dix années ont passé depuis que Deyda Hydara, correspondant pour Reporters sans frontières et l’Agence France Presse, a été lâchement assassiné alors qu’il sortait des locaux The Point, journal indépendant qu’il avait cofondé. Dix années sans que ses assassins ne soient traduits en justice, ni même identifiés. Quelques jours avant sa mort, le journaliste gambien avait eu le courage de critiquer un projet de loi liberticide pour la presse que le régime du président Yahya Jammeh s’apprêtait à instaurer.

Monsieur Yahya Jammeh

Président de la République de Gambie

State House

Banjul,Gambie

Paris, 12 décembre 2014

Monsieur le Président,

A l’aube du dixième anniversaire de la mort de Deyda Hydara, éminent journaliste gambien, correspondant de Reporters sans frontières et de l’Agence France Presse, lâchement assassiné le 16 décembre 2004, je vous écris pour vous enjoindre à mettre un terme à dix longues années d’impunité.

Le 10 juin 2014, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a déclaré la République de Gambie coupable d’avoir violé les provisions contenues dans la Charte africain des droits de l’homme et des peuples ainsi que dans le Traité révisé de la CEDEAO, deux textes auxquels la Gambie est partie.

La cour reconnaît plus avant que l’Etat gambien a manqué à ses obligations en ne menant pas d’enquête rigoureuse sur l’assassinat du journaliste Deyda Hydara. Plus encore, elle reconnaît votre gouvernement coupable d’avoir contribué aux conditions de sa mort en tolérant et en favorisant un climat d’impunité dans le pays.

Plusieurs pays de la communauté internationale se sont ensuite exprimés demandant l’application du jugement de la Cour et la mise sur pied d’une mission d’enquête des Nations Unies. Bien que la délégation gambienne a répondu favorablement en déclarant qu’une investigation des Nations Unies serait la bienvenue sur le territoire gambien, à ce jour les enquêteurs des Nations unies qui tentent de se rendre en Gambie se sont vu refouler.

"Quiconque souhaite vivre en paix et en liberté devra travailler dur, faire preuve d’une grande discipline et de tolérance envers autrui" Ceci n’est pas un parabole, monsieur le Président, c’est une de vos citations.

Nous vous demandons aujourd’hui de mettre en œuvre vos paroles et de faire preuve de discipline dans le respect de vos obligations internationales. L’enquête sur le meurtre atroce de Deyda Hydara doit être réouverte afin que l’impunité et l’arbitraire cessent d’être les modes de fonctionnement du gouvernement gambien. Justice doit être rendue aux proches de Deyda Hydara.

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Côte d’Ivoire : Nulle part où se tourner pour obtenir une protection ! La vie quotidienne dans le Nord est marquée par des crimes violents !

(Nairobi, le 15 décembre 2014) – Des criminels lourdement armés enchaînent à un rythme effréné les attaques souvent violentes contre des autobus et des véhicules privés et contre des villages dans le nord de la Côte d’Ivoire, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les forces de sécurité ont en grande partie échoué à protéger la population ou à enquêter sur ces crimes.

Pour lutter contre les crimes de plus en plus violents, le gouvernement ivoirien devrait de toute urgence augmenter le nombre de patrouilles dans les zones durement touchées et équiper correctement la police et la gendarmerie en vue de protéger la population. Le gouvernement devrait également désarmer les anciens combattants largement soupçonnés d’être impliqués dans les attaques et s’assurer que les autorités au sein du système de justice pénale puissent mener des enquêtes approfondies et traduire en justice les auteurs des crimes.

« Les personnes qui vivent, travaillent et voyagent dans le nord de la Côte d’Ivoire sont terrorisées par des hommes armés qui semblent agir sans grande crainte d’être arrêtés, encore moins traduits en justice », a indiqué Corinne Dufka, directrice de la Division Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch. « Le gouvernement ivoirien doit protéger les personnes contre ces attaques incessantes et souvent violentes. »

En octobre 2014, Human Rights Watch a mené plus de 40 entretiens avec des négociants, des propriétaires d’autobus, des chauffeurs et des passagers ; des membres des forces de sécurité ; des représentants du gouvernement à Abidjan et à Bouaké, la deuxième ville de Côte d’Ivoire par la taille ; des travailleurs humanitaires locaux et internationaux ; des représentants des populations immigrantes ; ainsi que des représentants de la mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire et de l’Union européenne.

Human Rights Watch a documenté 15 attaques violentes commises par des gangs armés, dans lesquelles au moins quatre chauffeurs et passagers ont trouvé la mort et au moins 22 personnes ont été blessées. Des témoignages dignes de foi apportés par des résidents de Bouaké ont fourni des précisions sur huit attaques supplémentaires commises aux alentours de cette ville. Toutes les attaques, sauf deux, ont eu lieu en 2014.

Un chauffeur d’autobus âgé de 34 ans a décrit une attaque contre son véhicule en juillet au cours de laquelle il a reçu trois balles, et deux passagers – un greffier de tribunal à la retraite et un enseignant – sont décédés de leurs blessures par balles. « Ils ont tiré dans les pneus et criblé de balles l’avant de l’autobus », a-t-il raconté. « J’ai perdu le contrôle de l’autobus qui est sorti de la route pour finir dans les buissons... Le sang coulait tellement, je me suis écroulé. »

Des témoins et des représentants des autorités locales ont expliqué que le banditisme constitue depuis longtemps un problème dans le Nord, avec une concentration des attaques en 2011 et 2012. Mais les résidents ont tous constaté qu’après une légère amélioration en 2013, la situation a progressivement et considérablement empiré en 2014.

Des victimes, des témoins et des résidents du Nord ont décrit des attaques quasi quotidiennes menées par des groupes allant de 2 à 15 hommes armés de fusils d’assaut Kalachnikov, de pistolets et, dans certains cas, de lance-grenades. Ils ont décrit un schéma récurrent dans lequel des hommes sortaient de la végétation le long de la grande route et tiraient en l’air pour forcer les conducteurs à s’arrêter. Si le chauffeur ne s’arrêtait pas, ils visaient directement le véhicule, ciblant souvent le conducteur lui-même ou criblant le véhicule de balles sans distinction.

Les victimes ont indiqué que les forces de sécurité n’ont généralement pas effectué de patrouilles régulières et adéquates pour empêcher les attaques ou n’ont pas mené d’enquêtes ni traduit en justice les assaillants. Les conducteurs ont expliqué que les longues portions de route sans présence visible des forces de sécurité ont rendu les conducteurs et les voyageurs vulnérables face aux attaques.

Les victimes qui ont signalé des attaques aux forces de sécurité ont indiqué que, dans de nombreux cas, les forces de sécurité n’ont pas enquêté ou ont mené une enquête superficielle après que les victimes ont déposé une plainte auprès de la police. De nombreuses victimes ont cessé de signaler les attaques en raison de l’absence de réponse. Des fonctionnaires de la justice à Bouaké ont indiqué que les tribunaux dans leur juridiction n’ont jugé qu’une poignée d’affaires de vols avec violence jusqu’à présent en 2014.

Des attaques ont été menées à tout moment du jour ou de la nuit, et les criminels sont souvent restés à un même endroit pendant des heures, volant tout voyageur passant par là, tout en menaçant les autres avec leur arme. Des victimes, des témoins et des représentants des autorités locales ont fait part d’une accélération des attaques autour des principales vacances, y compris Noël, le Nouvel An, Pâques et l’Aïd el-Kébir, et les jours de marché, lorsque les voyageurs étaient plus susceptibles d’avoir des cadeaux, de l’argent pour leur famille ou les bénéfices de leur travail.

Des représentants des autorités locales et des membres des forces de sécurité ont indiqué qu’en général, ils manquaient de ressources pour mener des patrouilles adéquates, répondre rapidement aux attaques et enquêter sur les crimes. Un gendarme a expliqué que, souvent, ils ne donnent pas suite aux plaintes parce qu’ils passent la majeure partie de leur temps à patrouiller sur le terrain.

La plupart des victimes et des témoins pensaient que les attaquants étaient d’anciens combattants de l’époque du conflit armé qu’a connu le pays, parce que leurs armes étaient semblables à celles utilisées par les factions armées, parce qu’une formation de type militaire qui caractérisait les attaques, et en raison du nombre élevé d’anciens combattants vivent à Bouaké ou à proximité.

La situation sécuritaire dans le nord de la Côte d’Ivoire est instable depuis qu’une rébellion militaire a divisé le pays en deux en 2002. En 2009, les rebelles connus sous le nom de Forces Nouvelles ont dans une certaine mesure cédé le contrôle du Nord aux autorités civiles. Cependant les commandants rebelles ont continué à exercer un contrôle considérable sur les affaires sécuritaires et judiciaires dans cette région jusqu’à la fin de la crise postélectorale de l’année 2011 et n’étaient pas disposés à prendre des mesures contre les dizaines de milliers d’anciens combattants qui s’étaient battus à leurs côtés. La présence d’un grand nombre d’anciens combattants dans le Nord, qui n’ont toujours pas été désarmés, réintégrés dans la société ou recrutés dans l’armée, compromet la sécurité dans cette région.

Les résidents et les chauffeurs ont décrit un sentiment de traumatisme lié à la violence. Beaucoup ont indiqué qu’ils avaient peur de voyager. Une femme a raconté la terreur qu’elle a ressentie lors d’une attaque sur la grande route entre Bouaké et Korhogo en mars : « Il y a eu une longue fusillade, tout le monde a paniqué et hurlé. Sur le moment, j’ai vraiment pensé à ma fille, je l’avais laissée à la maison le matin même et j’ai cru que je ne la reverrais jamais. Mais c’est quand j’ai vu les hommes dans le bus trembler comme des enfants que j’ai eu vraiment peur. »

Une criminalité endémique

La criminalité – et notamment le vol à main armée – constitue un grave problème en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années, en particulier dans les régions du nord et de l’ouest. Des représentants de l’Union européenne, de l’opération de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire et des organisations ivoiriennes de défense des droits humains ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes face à ce problème.

Les hommes armés s’en prennent à toutes les formes de transports publics, y compris les grands autobus de passagers, les minibus, les taxis ruraux connus sous le nom de « taxis-brousse » et les taxis à moto, ainsi qu’aux véhicules privés et aux piétons, et aux personnes qui travaillent dans les champs voisins. Un témoin a vu des bandits commettre un vol sur une voiture qui portait des plaques d’immatriculation du gouvernement. Sur les routes secondaires, de petits groupes d’hommes armés arrêtent et pillent les voitures et les villageois à pied, sur leur chemin ou de retour du marché ou des champs.

Des témoins ont raconté que les assaillants, certains semblant être organisés en bandes criminelles, agissaient par groupe allant jusqu’à 15 hommes. Ils étaient généralement armés de fusils d’assaut Kalachnikov ou de fusils de chasse à canon scié, mais certains portaient des lance-grenades et des armes plus légères comme des pistolets, des machettes et des couteaux.

Des attaques importantes, dans lesquelles les bandits établissaient en général des points de contrôle afin de piller plusieurs véhicules en même temps, ont été menées essentiellement sur les routes principales, notamment sur les portions de route isolées où la couverture téléphonique est mauvaise ou à des endroits où la route est creusée de nids-de-poule, obligeant les chauffeurs à ralentir et les rendant plus vulnérables. Des attaques à petite échelle se sont produites sur les routes secondaires et dans les villes et villages dans le nord.

Des témoins, des victimes, des représentants du gouvernement et des membres des forces de sécurité ont déclaré que la majorité des attaques avaient lieu sur les grandes routes autour de Bouaké, le long de la route Yamassoukro-Bouaké, sur la route Bouaké-Korhogo et sur la route conduisant au Burkina Faso, tandis que beaucoup d’autres attaques se sont produites sur des routes secondaires et autour des petites villes et des villages dans les districts administratifs de Vallé du Bandama et de Savanes dans le Nord. De juin à septembre, il y a eu une série d’attaques près de Djékanou, ville située à 30 kilomètres au sud de Yamassoukro.

La plupart des victimes ont indiqué que les attaquants portaient des vêtements noirs et des cagoules de type balaclava ou un tissu enveloppant la tête et le visage dans le style des groupes nomades touareg. Un chauffeur dont l’autobus de 40 places a été attaqué en juin dernier sur la grande route reliant Yamassoukro à Abidjan a décrit les attaquants : « Ils étaient tous masqués, tous en vêtements noirs avec des manches longues et des gants. Ils cachaient bien leur identité, même si votre propre frère était un bandit, vous ne pourriez pas le reconnaître. »

Lors de plusieurs incidents, des témoins ont rapporté que les attaquants tiraient dans les pneus et, dans certains cas, criblaient l’autobus de balles pour l’arrêter, blessant souvent et tuant parfois des personnes à bord. Les assaillants forçaient les personnes à descendre et à s’allonger face contre terre sur le sol ou bien montaient dans le véhicule, l’un braquant une arme à feu sur les passagers, le ou les autres volant systématiquement l’argent, les téléphones portables et les objets de valeur des passagers. De nombreux témoins ont dit que les attaquants frappaient les chauffeurs et les passagers qui n’avaient pas d’argent à leur donner et parfois déshabillaient les personnes pour s’assurer qu’elles ne cachent pas d’objets de valeur.

Sur les quatre meurtres documentés par Human Rights Watch, deux personnes ont été tuées alors que les bandits tiraient sur des autobus en mouvement et deux ont été tuées à bout portant pendant les vols. Un témoin a expliqué qu’un jeune conducteur de moto-taxi, Thomas N’Guessan N’Guessan, est décédé le 6 octobre après avoir reçu deux balles et avoir été jeté dans la végétation environnante par deux hommes armés qui ont également volé sa moto et ont frappé le témoin.

Un chauffeur d’autobus a décrit une attaque en janvier sur la grande route au sud de Bouaké :

Ils ont criblé l’autobus de balles. Pan ! Pan ! Pan ! Les bandits ont crié : « Gare-toi ! Gare-toi ! », mais j’ai continué à rouler. Lorsqu’ils ont ouvert le feu sur l’autobus, tout le monde s’est couché entre les sièges. Les passagers criaient : « S’il vous plaît, ne vous arrêtez pas ! Vous ne devez pas vous arrêter ! » J’ai réussi à parcourir environ un kilomètre avant que les pneus ne se dégonflent totalement... J’ai dit aux passagers que l’autobus ne pouvait pas aller plus loin et qu’ils devaient descendre et courir jusqu’au village, pour tenter de se sauver.

Un cultivateur de cacao qui a été attaqué deux fois cette année a indiqué avoir été témoin d’un meurtre lors d’une attaque sur plusieurs véhicules en septembre dans la banlieue de Djékanou :

Il y avait deux autobus MASSA et deux taxis-brousse déjà arrêtés. Trois bandits sont montés dans notre autobus, l’un d’eux braquait une Kalachnikov sur les gens, les deux autres fouillaient nos vêtements et nos affaires. Un jeune homme, d’à peine plus de 20 ans, conducteur d’un des autobus MASSA, se tenait hors de l’autobus. Un bandit debout près des buissons avec une Kalachnikov a crié : « À terre ! À terre ! » Mais le garçon ne s’est pas couché. « Tu veux jouer au malin ? » lui a dit le bandit, avant de l’abattre d’une balle juste devant moi.

Un chauffeur de taxi a été attaqué trois fois cette année. Il a raconté une des attaques en mars :

Cela s’est produit dans la journée sur une route poussiéreuse entre deux villages, pas loin d’Atohou. Six hommes se cachaient dans les herbes hautes. Ils sont sortis avec leurs fusils braqués directement sur moi et m’ont ordonné de me garer. « Si tu ne te gares pas immédiatement, nous te tuerons », m’a crié l’un d’eux. J’ai arrêté la voiture. Trois d’entre eux avaient des Kalachnikov et deux avaient des fusils de chasse à canon scié. J’avais six passagers. Ils ont fouillé nos poches et nos sacs et ont pris tout l’argent et les téléphones portables. Puis ils nous ont dit de nous allonger sur le sol. J’ai levé les yeux à un moment et un homme a crié : « Qu’est-ce que tu regardes ? » et il m’a frappé dans le dos avec un gros morceau de bois. Ils portaient tous des masques sur leur visage avec des trous pour les yeux et la bouche. Trois d’entre eux portaient des uniformes bleu foncé unis (utilisés par les pompiers), mais je n’ai pas vu les numéros de “matricules”. Les autres portaient des vêtements de tous les jours. Nous sommes restés là couchés sur le sol pendant longtemps... peut-être une heure, trop effrayés pour bouger. Lorsque nous nous sommes enfin relevés, ils étaient partis. C’est vraiment très dangereux maintenant.

Beaucoup de victimes ont expliqué être tombées malades suite à ce qu’elles ont qualifié de stress, ou être incapables de sortir ou d’aller travailler normalement après une attaque. D’autres ont déclaré qu’elles sont effrayées de quitter leur village pour rejoindre leur ferme après avoir été attaquées sur des chemins voisins. De nombreux conducteurs ont aussi dit qu’ils étaient effrayés, mais qu’ils continuaient à conduire parce que c’était leur moyen de subsistance. Un chauffeur de taxi rural a décrit l’impact psychologique sur les conducteurs :

Il y a tellement de bandits et nous nous attendons à tomber dessus tout le temps. Si un conducteur n’est pas tué, il est tout simplement reconnaissant. Cela fait partie de notre travail ; nous sommes dans un milieu où les ennemis nous prennent en chasse. Notre travail est très risqué et les conducteurs ont peur.

Un jeune homme visiblement traumatisé par une attaque récente au cours de laquelle il a été témoin du meurtre de son ami a expliqué à Human Rights Watch : « C’était mon ami, nous travaillions ensemble. Si cela avait été quelqu’un d’autre, cela aurait été difficile. Mais voir son meilleur ami se faire tuer devant vous, c’est trop difficile. Et il avait une femme et trois enfants. »

Un fermier dont la moto a été volée pendant une attaque en 2013 a souligné les conséquences plus larges des vols réguliers commis sans discernement sur le bord des routes : « Cela nous affecte bien au-delà du danger immédiat pendant une attaque. Nous ne sommes plus en mesure d’aller à la banque, nous ne pouvons même pas envoyer nos enfants à l’école parce qu’on nous vole alors que nous allons payer les frais de scolarité ! »

De nombreux chauffeurs d’autobus et de camions ont expliqué qu’ils pensent que les assaillants travaillent avec des informateurs sur les marchés et dans les gares routières, qui repèrent les passagers qui voyagent avec des sommes d’argent importantes ou des objets de valeur et communiquent avec les attaquants en embuscade sur la route. Les chauffeurs et les voyageurs ont également indiqué que les véhicules partaient souvent avec un retard de plusieurs heures parce que, lorsque les chauffeurs soupçonnent une attaque sur la route, ils attendent que les attaquants partent avant de poursuivre leur itinéraire.

Des dizaines de milliers d’hommes armés qui ont combattu avec les rebelles connus sous le nom de Forces Nouvelles pendant le conflit armé de 2002-2004 et qui ont ensuite soutenu les forces pro-Ouattara pendant la crise politique de 2010-2011 n’ont toujours pas été désarmés ou réintégrés au sein des structures civiles ou militaires.

Les résidents, les représentants des autorités locales et les experts internationaux de la sécurité interrogés par Human Rights Watch ont indiqué qu’ils pensaient que les attaquants sont des anciens combattants. Ils ont cité les types d’armes utilisées, l’organisation des attaques et l’incidence élevée des attaques près de fortes concentrations d’anciens combattants, notamment autour du lac Kossou et de la ville de Béoumi, à 65 kilomètres à l’ouest de Bouaké, où beaucoup d’anciens combattants se sont installés et qui a été un bastion des forces rebelles pendant la crise.

Les témoins et les victimes ont tous souligné que la lenteur du rythme du désarmement et de la réintégration est un facteur clé contribuant au problème. Des dizaines de milliers de jeunes ont soutenu les rebelles des Forces Nouvelles pendant la guerre civile de 2002-2003 qui a touché le pays et l’impasse politique qui s’en est suivie, ou ont pris les armes en 2010 pour destituer l’ancien président Laurent Gbagbo, ce qui a grandement contribué à une prolifération d’armes légères, en particulier des fusils d’assaut Kalachnikov.

Le gouvernement a réalisé certains progrès dans le désarmement des anciens combattants. En date d’octobre dernier, le gouvernement avait désarmé et démobilisé plus de 21 000 anciens combattants, avait apporté un soutien à 30 000 d’entre eux pour retourner à la vie civile et avait collecté 7 429 armes. Mais un grand nombre d’anciens combattants – 43 000 personnes selon les Nations Unies – sont toujours armés et au chômage. Le processus a été largement contrôlé par les anciens commandants des zones rebelles, désormais intégrés dans l’armée, qui conservent des liens étroits avec les combattants armés non officiellement enregistrés dans les forces armées, mais loyaux envers leurs anciens commandants.

Manque de protection de la population

Trois ans après les violences postélectorales de 2011, le gouvernement ivoirien, actuellement composé en partie d’anciens combattants des Forces Nouvelles, a fait certains progrès dans le redéploiement et l’équipement de la police, des gendarmes et des fonctionnaires de justice dans le Nord.

Cependant, des analystes, des victimes et des représentants du gouvernement local ont indiqué à Human Rights Watch que les forces de sécurité ne parviennent généralement pas à protéger la population contre les attaques des criminels, parce que les forces de sécurité sont mal équipées pour gérer l’ampleur du problème et dans une moindre mesure, en raison de ce qui est perçu comme de l’indifférence par les personnes interrogées.

Plusieurs gendarmes et policiers ont expliqué qu’ils manquent de véhicules et d’essence pour répondre au banditisme généralisé, et que leurs budgets de fonctionnement sont bien en deçà de ce qui serait nécessaire pour remplir leur mandat. Ils ont précisé que plusieurs brigades de gendarmerie n’ont qu’un seul véhicule, alors que d’autres manquent totalement de véhicules.

Un gendarme a raconté : « Nous effectuons des patrouilles chaque jour en véhicule et les jours de marché, nous veillons à parcourir les routes. Mais nous n’avons pas suffisamment de moyens. Avec une seule voiture pour couvrir un large territoire, vous ne pouvez pas le parcourir entièrement et les bandits se déplacent rapidement. »

D’autres affirment qu’ils n’ont pas suffisamment d’armes pour répondre aux bandits armés. L’un deux a confié : « Nous n’avons pas suffisamment d’armes et les bandits sont lourdement armés avec des armes de guerre. Donc vous voyez les risques que nous prenons. »

Depuis plusieurs années, les forces de sécurité rejettent la faute du manque de matériel à l’embargo sur les armes imposé par l’ONU en 2004. Cependant, en avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a modifié les sanctions pour autoriser la vente de matériel non létal, l’assistance technique, la formation et l’aide financière afin de permettre aux forces de sécurité ivoiriennes d’assurer le maintien de l’ordre public. Mais la levée de l’embargo a apparemment eu peu d’impact sur la capacité des gendarmes et des policiers à répondre aux attaques armées.

Le préfet de Bouaké, Aka Konin, a exprimé des inquiétudes quant aux violences croissantes et à la capacité limitée des forces de sécurité pour répondre efficacement : « Il y a eu un pic de violence plutôt cette année (à proximité des grandes vacances) et nous avons réagi. Mais les bandits ont leur stratégie et ils refont surface. La police et les gendarmes n’ont pas suffisamment de matériel pour lutter contre les bandits. »

Ceci dit, de nombreux chauffeurs et passagers ont constaté que les patrouilles des forces de sécurité le long des grandes routes, y compris les efforts pour renforcer la sécurité en augmentant les patrouilles et en escortant les véhicules autour des périodes de vacances, semblaient faire reculer les attaques ; certains témoins ont décrit comment des patrouilles ont stoppé des attaques en cours. Un résident de Bouaké qui gère la compagnie d’autobus AVS, qui a été attaquée à plusieurs reprises en 2014, a expliqué :

Les gendarmes ont bien renforcé la sécurité autour de Tabaski [Aïd el-Kébir] cette année. Ils ont organisé des navettes à moto entre Bouaké, Yamassoukro et Tiébissou. Donc le gouvernement a mis en place des mesures après les attaques [se référant aux attaques contre les autobus AVS en 2014], mais ces mesures ont été exceptionnelles. Elles n’ont pas supprimé le problème, elles l’ont juste déplacé un peu plus loin sur la route.

De nombreuses autres victimes ont décrit un apparent manque de volonté de répondre aux attaques ou d’enquêter, y compris pour les attaques en cours ou venant juste de se produire. Elles ont précisé que la police et les gendarmes locaux ne réagissaient pas du tout ou appelaient des renforts auprès de brigades plus grandes qui arrivaient trop tard pour protéger les personnes ou pour poursuivre les criminels.

Une jeune propriétaire d’un commerce florissant de produits pour les cheveux à Djékanou, qui voyage régulièrement à Abidjan pour s’approvisionner, a raconté son expérience dans un autobus qui a été attaqué en août à un kilomètre d’un poste de gendarmerie :

Il a eu tellement de tirs, c’était comme dans les films occidentaux à la télé. Mais les gendarmes ne sont pas venus. Ils savaient ce qu’il se passait ; ils se trouvaient au carrefour voisin. Lorsque nous leur avons demandé ce qu’il se passait, ils ont répondu : « Nous n’avons pas suffisamment d’armes. » Ils ont appelé Yamassoukro et Dimbokro. J’ai entendu les [forces de sécurité] venir, mais les bandits étaient partis depuis longtemps à ce moment-là. En tout cas, nous ne sommes pas protégés.

Un jeune homme a vu les criminels tirer sur son ami pendant une attaque à 10 kilomètres à l’est de Bouaké. Il a raconté que pour chercher de l’aide pour son ami mourant, il a couru 6 kilomètres et a été pris en autostop sur une moto qui l’a conduit jusqu’au point de contrôle de la ville de Bouaké :

Il y avait environ 10 gendarmes, dont deux avec des Kalachnikov. Ils m’ont dit « Il n’y a pas de véhicule disponible pour les poursuivre. » Donc ils sont restés au point de contrôle. Un gendarme était choqué et en colère de ne pas pouvoir réagir... Je n’ai vu aucun véhicule. Il y avait des militaires sur place, mais aucun d’eux n’est venu apporter de l’aide.

Des résidents ont indiqué que des gendarmes, parfois avec le soutien de soldats armés, étaient postés la nuit dans les zones où les attaques se sont intensifiées, mais ont constaté que les criminels agissant entre les villages peuvent facilement échapper aux forces de sécurité qui n’ont pas les moyens ou la volonté de réagir.

Certains propriétaires d’autobus ont expliqué qu’ils embauchaient des soldats armés en uniforme pour accompagner leurs autobus, mais que l’arrangement n’entre pas dans le cadre d’un programme officiel de l’armée et est négocié avec des soldats individuels. Un convoyeur, escorte civile embauchée par les grands autobus pour gérer tous les problèmes sur la route, qui travaille sur un autobus de 70 places se déplaçant de Tai dans le sud-ouest jusqu’au Burkina Faso, a indiqué qu’il payait 50 000 CFA (95 USD) pour que deux soldats armés de Kalachnikov soient présents dans l’autobus.

Le droit à la sécurité est protégé par l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’article 6 de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, tous deux ratifiés par la Côte d’Ivoire. Ces dispositions exigent que les autorités prennent des mesures raisonnables pour protéger chaque personne en Côte d’Ivoire des violences commises par autrui, avec un devoir renforcé pour les autorités d’agir lorsqu’elles ont connaissance du fait que certains individus font l’objet d’un risque spécifique.

Absence d’enquêtes sur les actes criminels

Human Rights Watch s’est entretenu avec de nombreuses victimes qui avaient signalé des attaques aux gendarmes. La plupart ont affirmé que les autorités n’avaient pas mené d’enquêtes crédibles, encore moins traduit les attaquants en justice. De nombreuses victimes ont raconté qu’elles avaient cessé de rapporter les incidents parce que les forces de sécurité n’y donnaient pas suite.

Un gendarme a expliqué à Human Rights Watch qu’ils sont débordés par les appels sur le terrain et que, souvent, ils ne finissent pas de remplir les rapports : « Nous sommes forcés de choisir entre la justice et la protection des personnes. »

Bernard N’Guessan, un fermier, a indiqué qu’à la mi-2013, des voleurs armés l’ont attaqué alors qu’il se rendait à sa ferme avec sa femme et ses enfants et lui ont volé sa moto. Il a déclaré qu’il a porté plainte auprès des brigades de gendarmerie à Bouaké et à Djébunoua, où l’incident s’est produit : « Ils m’ont demandé d’être patient, nous allons mener une enquête. Je n’ai vu ni entendu personne venir ici, à l’endroit où cela s’est passé, pour mener une enquête. Le manque de résultats m’a découragé, donc je ne suis jamais retourné [chez les gendarmes]. Si vous y retournez trop souvent, ils vous disent que vous les agacez. »

Une femme qui a été attaquée le 28 septembre alors qu’elle marchait avec sa sœur et son fils jusqu’à son village près de Bouaké a décrit son expérience : « Vous allez signaler [un incident] et vous payez votre transport aller et retour, mais il n’y a pas de suivi, pas de suivi, pas de suivi. Donc nous n’y allons plus. »

Le Centre de Coordination des Décisions opérationnelles (CCDO), une unité de sécurité spéciale basée à Abidjan composée de policiers, de gendarmes et de soldats très entraînés et bien équipés, semble avoir plus de succès dans les enquêtes et les arrestations de suspects. Son intervention a conduit à l’arrestation et la condamnation de sept hommes pour plusieurs attaques sur la route Bouaké-Tiébissou en juillet et à l’arrestation de 12 suspects pendant une opération de juillet 2013 avec l’aide de l’ONU à Abidjan, Daloa, Bouaké et Korhogo. De nombreuses victimes et des responsables ont suggéré de déployer une unité du CCDO à Bouaké pour aider les autorités là-bas à répondre aux attaques.

Jusqu’à présent, les criminels armés agissent dans le Nord en quasi-impunité, semblant peu inquiétés par d’éventuelles interventions des forces de sécurité, arrestations ou poursuites judiciaires. Comme constaté par un cultivateur de cacao qui a été volé dans une attaque contre plusieurs véhicules près de Djékanou : « Ils ont mis une heure à nous voler – ils prenaient leur temps. J’en ai entendu un dire « Aujourd’hui, nous sommes prêts ! Vos forces [de sécurité] devraient arriver à l’instant ! »

Recommandations

Au Ministère de l’Intérieur et au Ministère de la Défense

Établir une unité du CCDO à Bouaké chargée de répondre à la criminalité dans le Nord. Pendant l’intérim, les forces de sécurité légalement mandatées pour maintenir la sécurité intérieure – la police et les gendarmes – ainsi que le système judiciaire devraient développer la capacité adéquate pour protéger les résidents et répondre aux attaques.

S’assurer qu’une ligne d’assistance téléphonique soit opérationnelle 24 h/24 à Bouaké pour signaler les attaques et d’autres activités criminelles dans le Nord ; s’assurer que les résidents en connaissent l’existence, en particulier ceux qui vivent dans les districts du Nord les plus isolés ; garantir une communication efficace et rapide entre le personnel de la ligne d’assistance téléphonique et les commandants des forces de sécurité dans les centres régionaux.

Enquêter sur les lacunes en matière de sécurité pour la population locale dans le nord de la Côte d’Ivoire et garantir une meilleure protection aux communautés face aux attaques des bandits.

Renforcer la réponse aux plaintes déposées aux points de contrôle concernant les attaques de bandits à proximité, y compris en poursuivant activement les attaquants.

Garantir l’affectation efficace des ressources aux points de contrôle et pour les patrouilles, y compris du personnel et du matériel, et sanctionner les agents qui refusent de répondre aux plaintes.

Organiser des patrouilles les jours de marché, à Noël, au Nouvel An, à Pâques et à l’Aïd el-Kébir et pendant la saison des récoltes, en particulier sur les routes secondaires autour de Bouaké.

Développer des plans pour éliminer de manière systématique les éléments criminels, y compris en menant des opérations dans les communautés et les quartiers qui servent de base connue aux bandits et aux gangs criminels.

Renforcer considérablement les effectifs et la logistique de la police et des gendarmes, ainsi que les forces mixtes déployées dans le nord de la Côte d’Ivoire, afin qu’ils puissent répondre efficacement à l’incidence élevée d’actes criminels contre les résidents.

Établir un comité de supervision indépendant par région dans tout le pays, pour surveiller et évaluer la réponse apportée aux crimes par la police et les gendarmes.

Au Ministère de la Justice, des Droits de l’homme et des Libertés publiques

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Reporters sans frontières-Archives-18 septembre 2000: République démocratique du Congo "Six stations de radio et quatre chaînes de télévision interdites" !

Réveil FM, la première radio associative et communautaire de Kinshasa 1999-2007

A Kinshasa, de 1999-2007, Réveil FM fut ne radio de proximité, pluraliste, où jeunes, travailleurs, chômeurs, femmes, personnes âgées, handicapés, artistes, entrepreneurs étaient invités à prendre la parole, c’est-à-dire tous les citoyens sans exclusion ni titre ni mérite. Réveil FM était au service de la population locale tout en faisant la promotion de son identité et son expression culturelle. C'est la seule dans la capitale qui avait des émissions en langues vernaculaires: Kimbala, kiyombe, Kisakata, Tshiluba, Kingombe, Kilubakat... Réveil FM était une radio comme la ville, une radio pour tous où ceux qui croient tout savoir et ceux qui pensent ne rien comprendre avaient la parole. Mais aussi un lieu de rencontre de toutes les forces vives, toutes les ethnies et tribus de la République démocratique du Congo. Enfin, un instrument de participation de la population au développement de la vie locale. Réveil FM faisait la promotion de la paix, la compréhension entre communautés congolaises et combattait avec force le tribalisme, le racisme, l’apartheid, la guerre et autres maux.

Kinshasa 2000, Freddy Mulongo, fondateur de Réveil FM. Photo Réveil FM International, archives

Kinshasa 2000, Ricky Mapama, directeur des programmes. Photo Réveil FM International, archives

Kinshasa 2000, Augustin Kalonji Kamulele, directeur administratif et financier. Photo Réveil FM International, archives

Photo de famille. Réveil FM international, archives

Des journalistes et animateurs de toutes les origines et provinces de la République démocratique du Congo: Gérôme Bokolongo Nkolombe, Nelly Assina, Karine Ngalibaya, Edmond Ngoie Mukendi, Justin Yumba, Françoise Mukuku, Voka Mule, Karine Mafuta Mbo, Chantal Koshi Poloto, Nana Mbala, Mimi Engumba, Ebengo, Joe Barry Kassanda, Adam Shemisi, Docteur Ndoki, José Kalumire, Mathieu Tshilumba, Auguste César Kanku, César Ntangu Lihau, Amani Kingombe, César Tshiamala, Michel Ndiku, Pathron Mulongo, Michel Otto, Felly Mukendi, Tony Mwepu, Kiki NKulu, Héritier Sidiakala, Ben Kalunga

Il y a plus aberrant qu'un ministre qui ment publiquement comme il respire. Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta", fieffé menteur restera dans l'histoire de la République démocratique du Congo comme l'un des prédateurs de la liberté de la presse. Nommé ministre de l'information par M'zée Laurent-Désiré Kabila, celui qui fut le Goebbels de Mobutu cru bon de réchauffer les méthodes mobutistes de propagande, formatage et envoûtements des esprits. Le 14 septembre 2000, il convoqua tous les responsables des médias audiovisuels de Kinshasa à l'Institut Congolais de l'audiovisuel (ICA) dans l'enceinte de la RTNC. Arrivée en retard, Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta" se mit à menacer tout le monde, il qualifia le pluralisme médiatique du paysage audiovisuel congolais de la "Cour du roi Pétaud", "où chacun est maître et agit comme bon lui semble". Le 16 septembre 2000, Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta" ferme six stations de radio et quatre chaînes de télévision interdites". Pour la radio catholique Elikya, il évoqua le manque d'attestation de bonne vie et mœurs du Cardinal Etsou, quant à Réveil FM, à cause de nos informations de proximité, non institutionnelles, il nous qualifia de radio subversive...Des raisons politiques maquillées en serpent de mer administratif. Nous publions le communiqué de Reporters sans frontières de l'époque.

Reporters sans frontières

18 septembre 2000

République démocratique du Congo

Six stations de radio et quatre chaînes de télévision interdites

Dans une lettre adressée au ministre de la Communication, M. Dominique Sakombi, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre l'interdiction de diffusion de dix entreprises de presse audiovisuelles. L'organisation a demandé au ministre de "bien vouloir revenir sur [sa] décision afin de permettre à ces dix médias de recommencer à émettre normalement". "On peut s'étonner que, moins de deux semaines après sa prise de fonction à la tête du ministère de la Communication, M. Sakombi prenne une telle mesure qui réduit au silence la quasi-totalité des médias privés audiovisuels. Cela montre, une fois encore, le peu de volonté des autorités de ce pays, à laisser se développer une presse libre et indépendante", a ajouté Robert Ménard, le secrétaire général de l'organisation. RSF a également rappelé que la République démocratique du Congo a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantit, dans son article 19, la liberté de "recevoir et de répandre des informations". Selon les informations recueillies par RSF, le ministre de la Communication a pris un arrêté, le 14 septembre 2000, interdisant la diffusion des médias suivants : Radio Elikya, Radio Réveil FM, Radio Malebo Broadcast Channel, Radio TKM et Television TKM, Radio Sentinelle, Radio Kintuadi, Antenne A Television, Canal Kin 1 et Canal Kin 2. Le ministre a affirmé que ces médias ne respectaient pas "les dispositions finales du cahier des charges pour les stations de radio et/ou de télévision privées". En dehors de la Radio-télévision nationale du Congo (RTNC - organe d'Etat), un seul groupe privé, Raga TV et Raga FM, peut continuer à émettre.

Jean-François Julliard

Bureau Afrique / Africa desk Reporters sans frontières

Réveil FM fut fermé par Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta" arbitrairement et abusivement durant 28 jours. Au lieu de nous abattre les 28 jours de radio silence affermirent notre détermination pour la défense la liberté de la presse au Congo. C'est chaque jour, que nous montions les 17 étages sans ascenseur de la Tour de la RTNC jusqu'au bureau de Sakombi pour réclamer notre récépissé. C'est aussi grâce à cette fermeture que nous avons eu la lumineuse idée d'organiser à Kinshasa, le festival Fréquences libres ou le pluralisme radiophonique qui a eu lieu du 21 au 24 mars 2001 au Palais du peuple avec des radioteurs du Tchad, Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo et France. Plus tard, j’apprendrais que Dominique Sakombi Inongo "Buka Lokuta" n'avait pas apprécié que je l'ai "Frère Jacob", nom qu'il avait emprunté lors de sa fausse conversion à la foi chrétienne, après avoir été un fétichiste-sataniste !

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dimanche 14 décembre 2014

L’expérience et les idées clés de Patrice Emery Lumumba, une réflexion proposée par Jean Kalama-Ilunga

Jean Kalama-Ilunga n'est pas un inconnu, l'ancien conseiller culturel de M'zée Laurent Désiré Kabila est membre du Directoire du Front Civil de Résistance Populaire. Nous publions la réflexion qu'il avait faite à Paris en 2003 sur L’expérience et les idées clés de Patrice Emery Lumumba.

Jean Kalama-Ilunga. Photo Réveil FM International, archives

Préambule

Lorsqu’en janvier 1961, tous les médias du monde annoncèrent la disparition tragique, par assassinat, de Patrice-Emery Lumumba, l’émotion dans le monde qui s’en suivit, n’avait d’équivalent que la propagande de diabolisation impérialiste et néocolonialiste qui avait précédé cet acte odieux.

Cet événement a suscité deux types d’attitude :

- d’une part , les suppôts de l’impérialisme, sablant le champagne de victoire, ont exprimé leur satisfaction d’avoir eu éradiquer le facteur nuisible à la construction du système néocolonial et à sa pérennité au lendemain de la proclamation de l’indépendance ;

– d’autre part, l’émoi et la consternation avaient envahi le peuple progressiste du monde entier et,particulièrement de la R.D.Congo. Ensemble, ils avaient vécu cette injustice, comme l’illustration une défaite cuisante !

Toutefois, dans un sursaut de volonté, les progressistes s’étaient redressés pour faire de Patrice Emery Lumumba le symbole de la lutte pour la liberté, l’indépendance, la souveraineté des peuples . Les nationalistes congolais, en particulier, avaient repris le flambeau pour continuer sa lutte jusqu’à ce jour.

Ainsi donc, celui dont la propagande impérialiste affublait de tous les noms d’oiseaux afin de le salir avant de le faire assassiner est devenu un mythe plus fort mort que vivant, et plus vivant bien que mort !

En effet, 42 ans après la disparition de Patrice Emery Lumumba n’ont pas entamé le patrimoine qu’il a légué au peuple congolais en particulier et aux progressistes du monde en général :

les gardiens de l’impérialisme et du néocolonialisme en prenant l’option de l’élimination physique du leader charismatique congolais, ils avaient , par cet acte odieux, planté les germes de leur pire cauchemar : les idées de Patrice Emery Lumumba.

Tout ceci nous amène à nous interroger sur ce qu’était cet homme et comment en 3 mois seulement d’exercice comme chef du tout premier gouvernement issu des élections libres de la R.D.Congo avait-il pu susciter tant de passions de haine pour les uns et d’espoir pour les autres à la dimension de la planète ?

Pour donner une explication à ce phénomène en vue d’en faciliter la compréhension, j’ai divisé mon exposé en 2 points :

- La métamorphose d’un homme simple pour un destin national.

– L’état d’esprit de Lumumba et ses idées clés.

1. La métamorphose d’un homme simple pour un destin national

1°) un homme simple

La propagande impérialiste et néocolonialiste avait occulté, dans son action de diabolisation contre le phénomène politique Lumumba, le fait que ce dernier était avant tout un être humain constitué de chair et de sang. Dans la perception collective délibérément faussée, pour les uns, il était un mythe , l’illustration du diable ! et pour les autres pourquoi pas un extraterrestre ?

Cette propagande avait caché le fait que Lumumba était avant tout un homme simple , un homme du peuple qui était né quelque part en R.D.Congo! Qu’il avait de la famille ! Qu’il était marié ! Qu’il avait des enfants qu’il aimait ! Qu’il travaillait et payait se impôts à l’administration coloniale !

Par ailleurs, comme la plupart des évolués de l’époque, il avait été formé dans les écoles coloniales avec en toile de fond comme base d’enseignement, la soumission à l’ordre colonial diffusée par les missionnaires catholiques principalement !

Son esprit étant forgé et modelé par cet enseignement programmé, Lumumba n’était pas une exception, il était devenu le parfait produit d’endoctrinement colonial, un parfait laquais pour qui devenir blanc et belge était l’idéal !

En bien- pensant modèle de l’époque, on n’avait pas fait allusion à ses réflexions parues dans un ouvrage intitulé :«Le Congo, terre d’avenir est-il menacé ? » qu’il acheva en 1957 et dans lequel il écrit ceci :’’ le désir essentiel de l’élite congolaise n’est pas de méconnaître le bien réalisé, mais d’être belges et d’avoir la même aisance et les mêmes droits compte tenu des mérites de chacun…’’

Ou , envahi par l’esprit d’esclave et de soumission, il dit, concernant le roi Baudouin :’’ nous vous rappelons avec plaisir la déclaration qu’a faite le roi Baudouin, notre roi bien aimé que la Belgique et le Congo ne forment qu’une seule Nation… Notre roi peut-il se tromper ?Avons-nous le droit de douter de son amour à notre égard, de ses intentions très humanitaires ?’’

Pourquoi sa position pour la non-violence dans la démarche pour l’indépendance n’était jamais évoquait? Pourtant il avait écrit :’’…que les pays occidentaux ont dû pour obtenir l’indépendance, se battre… Ce serait commettre un acte de la plus grande barbarie, du banditisme que de sacrifier des vies humaines, nos membres de famille qui nous sont chers, pour la soif de l’indépendance !’’

Jusqu’ en 1957, pendant qu’il rédigeait son ouvrage, Patrice Emery Lumumba croyait dans la bonne foi de l’ordre colonial, c’était un homme profondément honnête, endoctriné , par l’enseignement subi, à l’idéologie coloniale. Ce sont son intelligence, son grand dynamisme et sa largesse de vue qui l’ont fait remarquer si bien qu’en 1954-1955, il a pris la direction de l’association des évolués de Kisangani.

2° La métamorphose

30 juin 1960, le monde entier est abasourdi lorsque Patrice Emery Lumumba prit la parole pour le discours officiel d’accession de la République Démocratique du Congo à l’indépendance. Son contenu ci-après fit capoter la première scène du premier acte du scénario élaboré pour une recolonisation par procuration après la proclamation de la dite indépendance, il dit :

Cet homme simple qui était noyé dans l’idéologie coloniale il y avait 3 ans, étaient méconnaissable! Il était apparu un autre personnage débarrassé des liens coloniaux et leurs séquelles par un effort révolutionnaire sans précédent !

Son discours avait montré qu’il était prêt à sacrifier sa vie pour que les congolais jouissent de la véritable indépendance quel qu’en soit le prix à payer !

Pour les uns, Lumumba était-il devenu fou en cherchant à affronter les maîtres et en les humiliant? Pour les autres, la question était comment a-t-il pu changer en si peu de temps ?

Voici ce qui s’était passé en 3 phases :

1° phase: Les mouvements pour l’indépendance devenant de plus en plus radicaux, La Belgique commença à comprendre que pour maintenir sa domination économique et politique, il fallait désormais s’appuyer sur des congolais dévoués aux intérêts belges.

Dans cette optique, Ileo, Ngalula, Adoula, et Lumumba, tous des évolués fondèrent le MNC, un parti qui se voulait loyal vis à vis de la Belgique et regroupant des congolais proches des courants catholique, libéral et social démocrate belges.

Du 5 au 14 décembre 1958, dans le cadre du parti, Lumumba participa à la Conférence du Rassemblement des peuples Africains qui se tint à Accra. Sa rencontre avec Kwame N'krumah bouleversa sa vision du monde.

A son retour, lorsque le 28 Décembre 1958, il tint son premier meeting à Kalamu à Kinshasa, il déclara entre autre : « L’Afrique est irrésistiblement engagée pour sa lutte sans merci contre le colonialisme et l’impérialisme » Lumumba venait d’ intégrer son combat pour la liberté et l’indépendance dans une perspective de lutte globale pour toute l’Afrique.

La conférence d’Accra l’a libéré du joug mental qui l’enfermait dans une vision modulaire des réalités du monde. Patrice Emery Lumumba y avait effectivement appris que pour faire de ce continent africain , un continent libre , heureux , dégagé de toute domination néocoloniale, il était impérieux de mener la lutte contre les facteurs internes et externes qui constituaient un obstacle majeur à l’émancipation de nos pays et à l’unification de l’Afrique.

Des facteurs internes et externes, il s’agissait entre autre du tribalisme, du séparatisme religieux, du colonialisme , de l’impérialisme qui constituaient, tous, une entrave sérieuse à l’éclosion d’une société africaine harmonieuse.

Au départ d’Accra au Ghana, Lumumba avait cessé d’être un ‘’évolué’’ pour devenir un nationaliste radical. Le journaliste Ludo Martens dit à ce sujet que pour ôter même aux sourds tout moyen de feindre ne pas comprendre , il y exprima sa solidarité avec la lutte armée en Algérie, au Cameroun , au Kenya, en Afrique du Sud, en Rhodésie, en Angola et au Mozambique.

2° phase. Du 4 au 5 janvier 1959, l’administration coloniale donna l’ordre à la Force Publique de tirer sur la population innocente civile regroupée pour une revendication et il y eut beaucoup de morts. Cette tragédie bouleversa encore plus la vision que Lumumba avait du monde et elle constitua un tournant dans l’histoire politique de la R.D.Congo par l’irruption des mouvements de masses sur la scène politique.

Lorsque le 1er juillet 1959, Lumumba exprima publiquement sa solidarité avec les travailleurs et les chômeurs en demandant avant son discours 5 minutes de silence à la mémoire de ses frères tombés sous les balles durant la révolte du 4 janvier, cette prise de position provoqua l’éclatement du M.N.C.

En effet, ses collègues Iléo, Ngalula et Adoula le démirent de ses fonctions, mais la masse populaire s’était rangée derrière lui pour lui apporter son soutien au dépens de ses pourfendeurs qui tenaient à l’isoler pour l’éloigner définitivement de la scène politique.

Lors de son premier discours politique du 28 Décembre 1958, juste après la conférence d’Accra, sentant l’énergie et la force de la masse populaire, Lumumba avait compris que, pour avoir l’indépendance totale, seule la masse constitue cette force capable de réaliser cette idéal.

Ainsi à ses collègues qui lui reprochaient cette nouvelle attitude , il dit : «Vous êtes tous endormis.Vous pensez que l’indépendance vous sera offerte sur un plateau d’argent, mais il faudra lutter pour l’obtenir et je suis décidé à me battre pour arracher notre indépendance.

3° phase. A l’approche de l’indépendance, les masses populaires derrière LUMUMBA exigent l’indépendance totale et un changement radical de leur situation . Beaucoup d’évolués le rejoignirent dans le MNC Lumumba parce que l’essence du colonialisme était la domination économique et qu’à la base des malheurs du Congo se trouvait la soif du profit de grands capitalistes. La mobilisation et l’organisation des masses s’avéraient donc inéluctables.

Pendant toute l’année 1959, des campagnes de désobéissance aux autorités coloniales se développèrent ; il y eut de fréquentes confrontations entre les forces de l’ordre et la population qui refusaient de payer les impôts. Le sang coula à Matadi, Mbanza-Ngungu, Jadothville… et Lumumba, plus que jamais déterminé à arracher l’indépendance, était arrêté et emprisonné pour avoir provoqué les émeutes.

La métamorphose était déjà complète et la lutte sans merci en vue d’arracher l’indépendance, la souveraineté et la liberté était pleinement engagée bien qu’en vain, l’administration coloniale usa de toutes les artifices pour éloigner le leader charismatique de l’échiquier politique.

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Méga Marche à Zurich: Non au tripatouillage constitutionnel pour un troisième mandat pour alias Joseph Kabila

Kabila muss weg ! Kabila doit partir ! Plus d'une dizaine de jours après la Méga Marche à Zurich du "Non au tripatouillage constitutionnel pour un troisième mandant pour alias Joseph Kabila"les congolais de Suisse et les étrangers en parlent encore. Et comment ? La réussite du Méga Marche a été époustouflante ! D'ailleurs en Suisse, les congolais de la Suisse alémanique sont très dynamiques, ils ont toujours été mobilisateurs sur les grandes causes du Congo que les autres. A Zurich, le 29 novembre dernier, la mobilisation fut à son comble dans la capitale économique. Plus de mille personnes ont défilé dans les rues de Zurich, les congolais qui avaient organisé la marche ont été accompagnés par toutes les communautés des indignés en Suisse, des palestiniennes, angolais, ivoiriens, iraniennes...Un coup de chapeau Jean Claude Kalala, Chick Munduki de Kongo Telema, Bienvenu Silulundi, Achille Ibula et toutes les personnes impliquées pour la réussite du Méga Marche à Zurich. Méga Marche qui s'est accompagnée de la distribution des tracts pour mieux informer les Zurichois sur la situation réelle de la République démocratique du Congo.

Kabila doit partir !

Kabila doit partir !

Kabila doit partir !

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Droit d'asile en France: Les Congolais de la République démocratique du Congo primo-demandeurs !

Un congolais demandeur d'asile avec son récépissé de la préfecture de police

Il n'y a que l'écervelé, mythomane et thuriféraire du régime tortionnaire de Kinshasa, Freddy Mulumba Kabwayi du fameux "Le Potentiel" pour penser tout haut que les congolais en France sont tous des réfugiés économiques. A force de manger dans la bassine du pouvoir, de s’agenouiller pour ramasser les miettes qui tombent de la table d'alias Joseph Kabila, l'incapacitaire de Kingakati, Freddy Mulumba Kabwayi a des œillères et il fait l'autruche sur la calamiteuse situation de la République démocratique du Congo. Lui et son fourbe, roublard, dribbleur, grand requin d'oncle Modeste Mutinga Mutuishayi qui ont vécu des "Mayi Ya Mabulu" à Ngaba-Makala, depuis qu'ils devenus des mangeristes-mangercrates attitrés du régime dictatorial de Kinshasa ont oublié d'où, ils sont venus. Si la République démocratique du Congo était mieux dirigée y aurait-il autant des congolais réfugiés en France ? Malgré les ressources que regorge le Congo, les Congolais sont devenus de sous-hommes, ils sont chosifiés, clochardisés, le viol est utilisé comme arme de guerre, les populations civiles sont abandonnés à elles- mêmes, les enfants sont exploités dans des mines comme des "creuseurs". Les rebelles tirent sur tout ce qui bouge, les congolais errent avec leurs baluchons, ils sont devenus des clandestins et réfugiés dans leur propre pays, les assassinats des journalistes et activistes des droits humains, s'agit-il d'un problème économique ou politique ? Le jour où Freddy Mulumba Kabwayi, obscure individu au cerveau de moineau, n'aura plus son bifteck du régime de Kinshasa, son langage va changer. Pauvre type qui voit le Grand Congo à travers le coupage de sa feuille de choux "Le Potentiel" qui ne tire qu'à 2500 exemplaires pour toute la République, avec 1500 invendus ! "Kabwayi" en Tshiluba signifie "Maison sans chaume", Freddy Mulumba mérite bien son post-nom !

Le rapport de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides)

Dans son rapport annuel, l'Ofpra dresse la liste des pays de provenance de demandeurs d'asile. Si l'on se focalise sur les primo-demandeurs, la République démocratique du Congo (RDC) reste en tête avec environ 4000 demandes plus précisément (3966), devant le Kosovo (3514) et l'Albanie ( 3288). Le Bangladesh (2921), Russie (2609), Chine (2123), Guinée (1891), Sri Lanka (1771), Géorgie (1757), Pakistan (1683).

L'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides)

POLITIQUE - A l'Assemblée nationale depuis le mardi 9 décembre 2014, les députés entament en effet l'examen du projet de réforme du droit d'asile. D'un côté, l'UMP et le FN dénoncent "une approche trop naïve" et "une dérive immigrationniste" du droit d'asile et réclament un durcissement des conditions d'octroi. Le gouvernement veut pour sa part "redonner sa force au droit d'asile, constitutif de notre identité républicaine", selon les mots du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le texte, préparé par Manuel Valls quand il était ministre de l'Intérieur doit permettre à la France de s'adapter à une directive européenne. Il s'appuie notamment sur un rapport rendu à l'automne 2013 par deux parlementaires (la sénatrice UDI Valérie Létard et le député PS Jean-Louis Touraine) qui étaient arrivés au constat partagé que le système d'asile est à bout de souffle.

Ce point, personne ne le conteste, et l'affaire Leonarda l'avait parfaitement mis en lumière. Pour autant, parmi les idées reçues sur la question, certaines méritent d'être écartées.

Il n'y a jamais eu autant de demandeurs d'asile: FAUX

Entre 2007 et 2013, le nombre de demandes a connu une augmentation constante. L'an passé, 65.894 adultes ont demandé l'asile en France, dont 60.095 l'ont fait pour la première fois. En 2007, ils n'étaient que 35.520, ce qui représentent une hausse de près de 85%. Ce chiffre n'est pourtant pas inédit dans l'Hexagone. Au début des années 2000, un tel pic avait déjà été atteint, tel que le montre ce graphique fait à partir des chiffres de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Et le cap des 60.000 (hors mineurs) a même été franchi largement dans les années 80.

Par ailleurs, le phénomène que connait la France n'est pas un cas isolé. Un rapport d'Eurostat publié en mars 2014 montrait que l'Allemagne avait enregistré plus de 125.000 demandes d'asile en 2013. Ramené au nombre d'habitants par pays, la France enregistre même cinq fois moins de demandes que la Suède et deux fois moins que la Belgique. Reste qu'avec un stock d'environ 30.000 dossiers qui peine à se résorber, les démarches des demandeurs se compliquent sérieusement.

Demander l'asile, ça prend du temps: VRAI

C'est notamment en raison de ce stock de dossiers que la procédure des demandeurs est engorgée. "Il faut 24 mois entre le moment où on dépose sa demande d'asile et le moment où on a une réponse", déplore le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Aujourd'hui, un demandeur doit faire une démarche à la préfecture (demande d'admission au séjour) avant que le dossier soit examiné par l'Ofpra qui donne un avis de première instance. En cas de refus, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) prend position.

Avec son projet, le gouvernement espère ramener le délai à neuf mois. Pour cela, il va permettre aux deux organismes (Ofpra et CNDA) d'instruire des procédures accélérées, quitte à ce qu'elles ne soient plus forcément collégiales. De plus, les dossiers évidents tels ceux "des Syriens ou des minorités chrétiennes d’Irak", pour lesquels "le statut de réfugié est acquis" seront instruits encore plus rapidement. Les dossiers manifestement abusifs seront aussi classés plus vite.

"Il ne faut pas qu'accéléré rime avec expéditif", a néanmoins mis en garde Geneviève Jacques, la présidente de la Cimade, association d'aide aux migrants. "Nous craignons une normalisation de ces procédures au détriment d'un examen des situations complexes, et qui le seront de plus en plus", a-t-elle ajouté.

Les conflits géopolitiques pèsent sur les demandes: VRAI

Mais l'institution note aussi une réelle incidence des conflits internationaux. "Au-delà des dix principaux pays de provenance, trois pays sont en forte hausse en 2013, en raison des événements ou conflits ayant lieu dans ces Etats", écrit l'Ofpra. C'est le cas du Mali avec plus de 1350 premières demandes (+135%), de la Syrie avec près de 900 premières demandes (+95%) et de la République centrafricaine avec près de 300 demandes (+342%).

La gauche octroie plus facilement l'asile que la droite: FAUX

Pour Bertrand Dutheil de La Rochère, conseiller de Marine Le Pen, cette "réforme renforcera le droit d’asile comme pompe aspirante de l’immigration". En clair, le Front national estime que le PS va confirmer son statut de parti laxiste en matière d'immigration. Et pourtant, jeudi, dans une tribune publiée dans Libération, les présidents de plusieurs syndicats de magistrats et du Syndicat des avocats de France ont dénoncé dans ce projet de loi "une machine à débouter et à expulser".

Alors qui dit vrai? Depuis 2007, les chiffres ont tendance à donner raison aux seconds, la taux d'admission étant inférieur en 2012 et 2013 par rapport à toutes les années précédentes.

Moins d'un dossier sur cinq débouche donc sur l'octroi du statut de réfugié. Mais le rapport de l'Ofpra permet de constater qu'il existe une vraie différence selon le pays d'origine des demandeurs. Ainsi, 95% des demandeurs provenant d'une ou d'un Syrien ont été acceptées en 2013. Les taux sont également supérieurs à 50% pour l'Iran, l'Afghanistan et l'Irak. En revanche, seulement 2,5% des personnes venant du Kosovo obtiennent gain de cause, 5,5% de Bosnie et 12,8% de Chine.

Toute la France est concernée dans les mêmes proportions: FAUX

Dans leur rapport rendu à l'automne 2013, Valérie Létard et Jean-Louis Touraine reprenaient un constat dressé par le ministère de l'Intérieur; certaines villes sont complètement "saturées" par les demandes. Ainsi, peut-on lire dans leur enquête, en 2012, 45% des demandeurs se trouvaient en Ile-de-France. En raison de cet afflux, les structures d'hébergement dédiées aux demandeurs d'asile (Cada) sont bondées, condamnant la moitié d'entre-eux à être logés dans des hôtels, ou à s'installer dans des squats plus ou moins salubres.

Ces situations créent de fortes tensions au niveau local, avec des amalgames entre populations roms, sans-papiers et demandeurs d'asile, parfois instrumentalisés par les représentants politiques. "Cela met en péril l'acceptabilité même de notre politique d'asile", écrivaient les parlementaires, qui se prononçaient alors pour "un pilotage directif des personnes dès leur entrée" dans le pays.

Une idée reprise par le gouvernement qui propose une sorte de quotas en répartissant les demandeurs sur le territoire et en supprimant les allocations aux étrangers qui refuseraient leur affectation. En parallèle, il est prévu d'améliorer les conditions d'accueil avec notamment la création de 5000 nouvelles places en Cada. Insuffisant, répondent en choeur les associations, selon qui le gouvernement ne se donne pas les moyens de sa politique. Déjà beaucoup trop pour ceux qui, à la droite de l'hémicycle, aimeraient durcir tous ces critères.

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samedi 13 décembre 2014

Prague: Malgré le froid, la bonne humeur des journalistes accrédités à Matignon en République Tchèque !

Prague, mardi 9 décembre 2014, Freddy Mulongo au palais Czernin, ministère des Affaires étrangères. Photo Réveil FM International

Le badge de Freddy Mulongo pour le déplacement de Manuel Valls à Prague

Après 21 jours de séjour à Dakar au Sénégal pour participer aux 43è Assises de l'Union de la Presse francophone, couvrir le Sommet de la Francophonie et effectuer plusieurs reportages dans d'autres villes sénégalaises, pour mieux découvrir le Sénégal, un pays pacifique et démocratique qui n'a jamais connu la guerre. En quittant Dakar le dimanche soir, il faisait 42 degré à l'aéroport Léopold Sédar Senghor. Arrivée le lundi 8 décembre 2014 matin à 6h35 à l'aéroport Charles-de-Gaulle, le temps de passer les contrôles de la frontière, récupérer mes bagages et je rejoins Paris. Une douche froide, je quitte mon gilet presse, m'habille chaudement pour retourner à l'aéroport Charles-de-Gaulle destination la République Tchèque, le Premier ministre Manuel Valls y va pour une visite officielle. Réveil FM International est accrédité à Matignon pour couvrir ce voyage officiel. La République Tchèque est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, elle est un pays d'Europe centrale sans accès à la mer, entouré par la Pologne au nord-est, l’Allemagne au nord-ouest et à l’ouest, l’Autriche au sud et la Slovaquie au sud-est.

L'ambiance est toujours bonne entre les journalistes accrédités de Matignon. On se parle, se file les informations, on s'entraide aussi. On vérifie que tout le monde est le bus presse, on veille aux matériels des uns et des autres. Un projecteur de caméra ne s'allume pas, c'est autre journaliste qui vient au secours avec sa batterie. Il faut dire qu'à Prague il fait très froid, mais les journalistes sont de bonne humeur. Depuis deux ans que je couvre Matignon, jamais un journaliste n'a perdu ses équipements, jamais aussi un journaliste n'a été laissé en rade. Le bus presse ne démarre que si tout le monde est là. Et on signale toujours au chauffeur si un confrère n'est pas présent.

Le Palais Czernin est le siège du Ministère des affaires étrangères de la République tchèque

C'est le comte Humprecht Jan Černín de Chudenice qui fit construire le palais Czernin, l'un des plus grand bâtiments baroques de toute la ville de Prague. L'édifice fut endommagé à deux reprises : pendant la Guerre de Succession d'Autriche, dans les années 40 du XVIIIe siècle, puis par l'artillerie prussienne, en 1757. C'est la raison pour laquelle le palais subit de nombreuses réfections baroques, et différentes reconstructions. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut réaménagé par les nazis. A partir de 1777, il sert, entre autres, de lazaret, de refuge pour les pauvres, de maison de louage, d'atelier, de caserne et même de galerie d'art. Dans l'histoire tchèque contemporaine, l'image du palais Czernin est plus sinistre : c'est ici que siègent les autorités du Protectorat de Bohême-Moravie instauré par Hitler entre 1939 et 1945. C'est aussi ici qu'en 1948, Jan Masaryk, alors ministre des affaires étrangères, perd la vie dans des circonstances encore non élucidées. C'est enfin dans ce bâtiment que fut signé, au début des années 90, le document qui mettait fin au Pacte de Varsovie.

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