
Sans doute l'une des images marquantes de cette soirée électorale : les larmes du pasteur noir Jesse Jackson, compagnon de Martin Luther king Jr, lui même ancien candidat à la présidence, au milieu de la foule (240.000 personnes ) réunie à Grant Park, à Chicago.
L'élection d'Obama est historique, dans un pays où les Noirs n'avaient de facto pas accès aux bureaux de vote il y a encore un demi-siècle. Qui aurait cru qu'un Noir d'une quarantaine d'années, nommé Barack Obama, deviendrait un jour le candidat du parti démocrate?
Après l'annonce de la victoire de Barack Obama, des scènes de liesse ont éclaté dans plusieurs villes américaines. Une immense clameur a fusé dans le parc de Chicago où le candidat démocrate avait donné rendez-vous à ses partisans. Des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le Grant Park ont laissé éclater leur joie et leur émotion, brandissant des drapeaux américains et des pancartes frappées du slogan "Yes we can" du sénateur de l'Illinois.
"L'Amérique change de couleur", estime le quotidien algérien arabophone El-Khabar. "L'Amérique a montré que tout est possible!", exulte le quotidien populaire allemand Bild.
La venue d'un "Kennedy noir à la Maison Blanche", mots du quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar, va "transformer à jamais le pays de l'Oncle Sam", estime l'Al-Mustaqbal, proche de la majorité pro-occidentale libanaise. "L'Amérique tourne une page", croit lui aussi le journal grec Kathimerini (centre-droit).
A l'instar de nombreux journaux, le quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung (NZZ) souligne que les Américains ont "franchi un pas supplémentaire en laissant derrière eux les anciennes barrières raciales".
Mais la portée du vote ne s'arrêtera pas aux frontières des Etats-Unis, prédit le Guardian britannique (centre-gauche): "le peuple américain ... a fait le choix net d'un changement pour lui-même et pour le monde"."Victoire historique", titrent le magazine allemand Spiegel et le quotidien conservateur néerlandais Trouw. "Obama historique", barre la Une du Diario de Noticias portugais. "Obama change la couleur de l'Histoire", renchérit le quotidien espagnol El Mundo (centre-droit), tandis que son concurrent de centre-gauche El Pais souligne un "avant et un après" Obama.
Il étonnant de constater que même les dinosaures africains, les dictateurs au pouvoir,les tricheurs aux élections ont salué la victoire de Barack Obama ! Quelle hypocrisie ? Ne soyons pas dupes ni amnésiques, ne nous laissons pas rouler dans la farine par l'euphorie électorale du 44ème président des Etats-Unis, sans penser à nos propres pays. Ne profitons pas de la couleur de la peau d'Obama pour nous réjouir si vite et passant sous silence ce qui se passe sur le continent ? Quel est ce pays où les élections se tiennent sans effussion de sang ? Où les autres candidats ne sont pas pourchassés voire arrêtés ?
Savez-vous que pour les élections dites libres, démocratiques et transparentes de 2006 en République Démocratique du Congo, pour être candidat-président de la République, la commission Electorale Indépendante (CEI) n'avait exigé que le paiement de 50.000 dollars américains, aucune exigence sur le niveau d'études, sur son parcours personnel, sur les ambitions du candidat pour le pays, sur son programme politique...Les journalistes ont été muselés, les acteurs politiques baillonnés et les médias fermés par l'étouffoir des libertés: la Haute Autorité des Médias (HAM).
John Mc Maïn, le candidat républicain ira-t-il en exil pour avoir perdu les élections aux Etats-Unis ? L'exil, n'est-ce pas le sort de la majorité des acteurs politiques congolais aujourd'hui ?
Ni coup de feu, ni arrestations arbitraires intempestives et inopportunes des journalistes, la vie de deux candidats a été passé au peigne fin. Les débats entre les deux candidats n'ont pas été occulté. 3 grands débats ont permis aux américains de faire une idée sur le candidat de leur choix. Modeste Mutinga et tous les museleurs de la HAM, qui contre espèces sonnantes et trébuchantes et des postes au gouvernement, ont privé 60 millions des congolais du débat-républicain entre joseph Kabila et jean Pierre Bemba, applaudissent-ils Barack Obama pour sa victoire ? Yes, we can "Change ", l'Afrique n'a- t-il pas besoin aussi des dirigeants cultivés, engagés, novateurs, volontaristes, fédérateurs et sincères qui rassemblent tout le monde ?
Se contenter de la couleur de la peau de Barack Obama pour s'extasier de sa victoire aux Etats-Unis sans une volonté de changement dans les valeurs électorales sur le continent serait une grave erreur et un non sens.Or le ridicule ne tue pas sur le continent, cela le malheur des populations africaines.
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