Urgence pour le Darfour, les congolais se mobilisent avec Francis Lalanne.
Par Freddy Mulongo, mercredi 20 juin 2007 à 10:34 :: radio :: #3 :: rss
Ecoutez la chanson "Les casques bleus pour le Darfour" :
Freddy Mulongo, Francis Lalanne et Wedia lors de la conférence de presse au Cape
Né à Bayonne d’un père ingénieur des travaux publics et fonctionnaire
international des Nations Unies au Moyen Orient, Francis Lalanne est un artiste
pluridisciplinaire.
Citoyen du monde, il déclare :
“quand j’écris des chansons, des poèmes, c’est une façon de m’engager mais
qui ne m’engage pas tellement en fait. Aujourd’hui, on a le devoir de s’engager
nous devons être les artisans de notre propre destin nous battre nous mêmes pour nous –mêmes”.
Dans son best of 2007, disque d’or en mai 2007, il a glissé un tract qui ne
va pas sans déranger : “Dépolluer la planète”. La Chanson “Des casques
bleus pour le Dafour” est très engagée, elle dénonce les tueries au Darfour
dans l’indifférence générale. Les artistes congolais y ont placé leur
voix : Abby Sourrya, Mymy Mavatiku, les filles de maitre Jym
Makekele.... ; et le texte de la partie en swahili a été écrit par moi sous le regard bienveillant de Lilo
Miango,journaliste congolais.
Pourquoi le swahili ? le swahili est l’une des belles langues
africaines, elle fait partie de trois groupes langagières qui permet aux
africains de mieux communiquer entre eux sur le continent :
-
le Haoussa
en afrique occidentale,
-
le
Xosas en afrique australe
-
le
swahili en afrique de l’Est et centrale.
Trois raisons ont poussés les artistes congolais à se mobiliser pour la
chanson “Les casques pour le Dafour” :
-
d’abord
l’indifférence de la communauté internationale pour les quatre millions des
congolais qui sont morts durant les successives guerres d’agression - invasion depuis 1996 dont la République démocratique du congo est victime.
-
Le
congo démocratique a une frontière commune avec le Soudan dans sa partie nord-est.
-
Finalement,
sans la présence des casques bleus sans aucune doute on ne parlerait plus de la
RDC aujourd’hui. Leur intervention a été cruciale pour sauver ce géant aux
pieds d’argile placé au coeur du continent.
Francis lalanne qui a visité Kinshasa dans les années 80 garde encore
l’image de la capitale mouventée mais
une ville sans bruits lorsqu’on la regarde depuis Brazzaville. Les deux capitales
sont séparé du fleuve Congo.
Francis Lalanne, Mymy Mavatiku et Lilo Miango (en arrière plan) en studio
Ecoutez la chanson "Les casques bleus pour le Darfour" :
Les enjeux pétroliers de Darfour
Lors du sommet France-Afrique de février dernier, le Soudan, le Tchad et la
Centrafrique s’étaient engagés à respecter la souveraineté de leurs voisins. Depuis
2003, environ deux millions de personnes ont fui le Darfour, et depuis août
2006, deux cent cinquante mille. Le Tchad voisin est destabillisé par l’afflux
de deux cent vingt cinq mille réfugiés. En quatre ans, le conflit aurait fait
quatre cent mille morts. Les équipes humanitaires des Nations unies et des
organisations non gouvernemntales ont du changer plus d’une trentaine de fois
l’implantation de leur camps afin d’échapper aux violences.
M. Jan Pronk, ancien représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au
soudan expulsé en octobre 2006 par Khartoum pour avoir publiquement critiqué
l’armée soudanaise, dans son blog , a levé la voile “Des hauts
responsables du gouvernement soudanais m’ont plus d’une fois déclaré avoir
comparé les risques que présentait pour
eux le fait d’obtempérer aux adjurations du conseil de sécurité avec les
risques que présentait de refuser. Ne
pas obéir impliquait de risquer la confrontation avec la communauté
internationale. Mais obéir représentait un autre risque , celui de voir monter
en puissance l’opposition intérieure avec le danger de perdre le pouvoir . Ils
m’ont dit avoir examiné ces risques et en avoir conclu que ceux qu’ils avaient
courus du fait d’obtempérer était beaucoup plus grands que ceux qu’ils prenait
en refusant . Et M.Pronk de conclure « Ils avaient raison ».
Acteur majeur de la géopolitique soudanaise, la chine n’est pas pour rien
dans l’inertie internationale au Darfour . La situation commence à
évoluer avec les menaces de boycott de jeux olympiques en Chine. Khartoum
est le deuxième partenaire commercial chinois
sur le continent noir . les échanges bilatéraux représentent 2,9
milliard de dollars en 2006 et Pékin achète 65% du petrole soudanais.La chine
est le premier fournisseur d’armes du régime de M ; Al-Bachir. Et ce
sont ses fusils qui tuent au Darfour.
Si Paris a longtemps protegé Khartoum de l’hostilité
« Anglo-saxonne » la n’a toujours pas eu de rélations privilégiés
avec le régime islamiste. Néamoins La
compagnie pétrolière française « Total » est implantée dans
le sud du Soudan.La France se démene dans l’ombre pour aider ses alliers francophones que le régime
soudanais ménace ( le tchad et la centrafrique).
Nettoyage ethnique ou génocide ?
Les Nations unies évoquent « un nettoyage ethnique » au Darfour
mais à l’instar de l’Union africaine , n’emploient pas le terme « génocide
« . Plusieurs arguments sont avancés pour justifier cette reserve, en
particulier le mythe selon lequel il s’agirait « d’affrontements
tribaux » liés à la dégradation des conditions climatiques du sahel,
laquelle amenerait les pasteurs nomades arabes à se battre avec les paysans
sédentaires noirs pour le contrôle des patûrages. Comme tous les clichés,
celui-là contient une part de vérité. Cependant , il ne resiste pas à un
certain nombre des faits.
Primo, les bombardements aériens peuvent difficilement être dus à des
pasteurs nomades traditionnels. Secundo,
les milices Janjawids sont armés , logées et equipées par l’armée regulière qui
combat souvent à leur côté.tierso, la principale ethnie arabe du Darfour , les
Bagaras Rezigats a crée sa propre guerilla , invoquant la misère du peuple et
la négligence des autorités pourtant arabes de Khartoum.. Enfin les miliciens
qui s’attaquent sysmatiquément aux tribus négro africaines sont loin d’être le
simple expression armée des pasteurs nomades arabes. On y trouve des repris de
justice de diverses origines ethniques liberés contre promesse d’un engagement
milicien, des déserteurs de l’armée gouvernementale stationnée dans le sud et
sans emploi depuis l’accord de Nairobi en 2006, des membres de petites tribus
négro-africaines comme les Gimr qui espèrent en rejoignant la cause des
génocidaires , être cooptés dans la grande famille « arabe » dont l’
importance leur parait promettre
prestige social et avantages économiques.
Khartoum a t-il interêt d’exterminer les populations négro africaines
de sa province orientale ?
La cause ne peut être religieuse puisque tout le monde au Darfour , les
tueurs comme les victimes , est musulman et sunnite.La raison est
racioculturelle. Les arabes sont
minoritaires au Soudan.Et les islamistes ne sont que l’ultime incarnation
historique de leur domination ethnorégionale.Or la paix entre le Nord et le sud
est entrain de se deliter rapidement. Pour l’élite arabe de Khartoum, il ya
urgence . Il faut donc manipuler le tracé frontralier Nord-Sud qui place le plus grand part du pétrole au sud. Se
préparer à la reprise éventuelle des hostilités ( on achète les armes), ancrer
de solides alliances internationales ( la chine est acquise et l’Iran est en
cours de séduction) et conserver la maitrise du territoir en créant un cordon
sanitaire ethnorégional : les monts Nouba ou Kordofan et le Darfour en
feraient partie. Or si les tribus noubas ont été ecrasées militairement entre
1992 et 2002, le darfour parait beaucoup plus menaçant.Les hiérarques arabes de
khartoum veulent éviter à tout prix une brêche par laquelle les noirs de
l’ouest s’alliéraient demain avec un sud négro africain indépendant ...et
pétrolier. Par conséquent, il devient stratgique de mater le Darfour révolté
par n’impoerte quel moyen . Or l’armée régulière qui compte dans ses rangs des
représentants des ethnies négro-africaines de cette région , n’est pas
suffisamant fiable pour exécuter cette
besogne. D’où le recrutement des milices « Janjawids arabes
« largement composés de groupes
minoritaires ou de déclassés sociaux..Cela permet en outre d’eviter à tout prix
que les vrais arabes du Darfour, les diverses tribus Bagaras dont les Rezigats
qui représentent entre 22 et 30 % de la population de la région ne versent à
leur tour dans l’insurrection.
Francis Lalanne et Freddy Mulongo
Seule femme congolaise peintre en France, Wedia qui est la vice présidente
de l’Association Apassassa s’est écrié lors de la conférence de presse au
centre d’accueil de la presse étrangère (Cape) « Lorsque le coeur de
l’autre saigne moi je pleure ».Wedia va plus loin elle propose la vente
aux enchères de ses oeuvres pour que l’argent recolté soit versé aux
organisations humanitaires pour le Darfour et que sa peinture de l’ange aux
ailes de cerf volant fasse la pochette du single « Les casques bleus pour
le Darfour ».


Commentaires
1. Le jeudi 21 juin 2007 à 09:57, par Lisa
2. Le mardi 10 juillet 2007 à 15:10, par tod
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