Né à Bayonne d’un père ingénieur des travaux publics et fonctionnaire international des Nations Unies au Moyen Orient, Francis


Freddy Mulongo, Francis Lalanne et Wedia lors de la conférence de presse au Cape
 

Né à Bayonne d’un père ingénieur des travaux publics et fonctionnaire international des Nations Unies au Moyen Orient, Francis Lalanne est un artiste pluridisciplinaire.

 

Citoyen du monde, il déclare :

“quand j’écris des chansons, des poèmes, c’est une façon de m’engager mais qui ne m’engage pas tellement en fait. Aujourd’hui, on a le devoir de s’engager nous devons être les artisans de notre propre destin nous battre  nous mêmes pour nous –mêmes”.

 

Dans son best of 2007, disque d’or en mai 2007, il a glissé un tract qui ne va pas sans déranger : “Dépolluer la planète”. La Chanson “Des casques bleus pour le Dafour” est très engagée, elle dénonce les tueries au Darfour dans l’indifférence générale. Les artistes congolais y ont placé leur voix : Abby Sourrya, Mymy Mavatiku, les filles de maitre Jym Makekele.... ; et le texte de la partie en swahili a été écrit par moi  sous le regard bienveillant de Lilo Miango,journaliste congolais.

 

Pourquoi le swahili ? le swahili est l’une des belles langues africaines, elle fait partie de trois groupes langagières qui permet aux africains de mieux communiquer entre eux sur le continent :

-         le Haoussa en afrique occidentale,

-         le Xosas en afrique australe

-         le swahili en afrique de l’Est et centrale.

 

Trois raisons ont poussés les artistes congolais à se mobiliser pour la chanson “Les casques pour le Dafour” :

-         d’abord l’indifférence de la communauté internationale pour les quatre millions des congolais qui sont morts durant les successives guerres d’agression - invasion depuis 1996 dont la République démocratique du congo est victime.

-         Le congo démocratique a une frontière commune avec le Soudan dans sa partie nord-est.

-         Finalement, sans la présence des casques bleus sans aucune doute on ne parlerait plus de la RDC aujourd’hui. Leur intervention a été cruciale pour sauver ce géant aux pieds d’argile placé au coeur du continent.

 

Francis lalanne qui a visité Kinshasa dans les années 80 garde encore l’image  de la capitale mouventée mais une ville sans bruits lorsqu’on la regarde depuis Brazzaville. Les deux capitales sont séparé du fleuve Congo.

 



Francis Lalanne, Mymy Mavatiku et Lilo Miango (en arrière plan) en studio
 
  Ecoutez la chanson "Les casques bleus pour le Darfour" :
  
 

Les enjeux  pétroliers de Darfour

 

Lors du sommet France-Afrique de février dernier, le Soudan, le Tchad et la Centrafrique s’étaient engagés à respecter la souveraineté de leurs voisins. Depuis 2003, environ deux millions de personnes ont fui le Darfour, et depuis août 2006, deux cent cinquante mille. Le Tchad voisin est destabillisé par l’afflux de deux cent vingt cinq mille réfugiés. En quatre ans, le conflit aurait fait quatre cent mille morts. Les équipes humanitaires des Nations unies et des organisations non gouvernemntales ont du changer plus d’une trentaine de fois l’implantation de leur camps afin d’échapper aux violences.

 

M. Jan Pronk, ancien représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au soudan expulsé en octobre 2006 par Khartoum pour avoir publiquement critiqué l’armée soudanaise, dans son blog , a levé la voile “Des hauts responsables du gouvernement soudanais m’ont plus d’une fois déclaré avoir comparé les risques que présentait  pour eux le fait d’obtempérer aux adjurations du conseil de sécurité avec les risques  que présentait de refuser. Ne pas obéir impliquait de risquer la confrontation avec la communauté internationale. Mais obéir représentait un autre risque , celui de voir monter en puissance l’opposition intérieure avec le danger de perdre le pouvoir . Ils m’ont dit avoir examiné ces risques et en avoir conclu que ceux qu’ils avaient courus du fait d’obtempérer était beaucoup plus grands que ceux qu’ils prenait en refusant . Et M.Pronk de conclure «  Ils avaient raison ».

 

Acteur majeur de la géopolitique soudanaise, la chine n’est pas pour rien dans l’inertie internationale au Darfour . La situation commence à évoluer  avec les menaces de boycott de jeux olympiques en Chine. Khartoum est le deuxième partenaire commercial chinois  sur le continent noir . les échanges bilatéraux représentent 2,9 milliard de dollars en 2006 et Pékin achète 65% du petrole soudanais.La chine est le premier fournisseur d’armes du régime de M ; Al-Bachir. Et ce sont  ses fusils qui tuent au Darfour.

Si Paris a longtemps protegé Khartoum de l’hostilité « Anglo-saxonne » la n’a toujours pas eu de rélations privilégiés avec le régime islamiste. Néamoins La  compagnie pétrolière française «  Total » est implantée dans le sud du Soudan.La France se démene dans l’ombre pour aider  ses alliers francophones que le régime soudanais ménace ( le tchad et la centrafrique).

 

Nettoyage ethnique ou génocide ?

 

Les Nations unies évoquent « un nettoyage ethnique » au Darfour mais à l’instar de l’Union africaine , n’emploient pas le terme « génocide « . Plusieurs arguments sont avancés pour justifier cette reserve, en particulier le mythe selon lequel il s’agirait «  d’affrontements tribaux » liés à la dégradation des conditions climatiques du sahel, laquelle amenerait les pasteurs nomades arabes à se battre avec les paysans sédentaires noirs pour le contrôle des patûrages. Comme tous les clichés, celui-là contient une part de vérité. Cependant , il ne resiste pas à un certain nombre des faits.

Primo, les bombardements aériens peuvent difficilement être dus à des pasteurs nomades  traditionnels. Secundo, les milices Janjawids sont armés , logées et equipées par l’armée regulière qui combat souvent à leur côté.tierso, la principale ethnie arabe du Darfour , les Bagaras Rezigats a crée sa propre guerilla , invoquant la misère du peuple et la négligence des autorités pourtant arabes de Khartoum.. Enfin les miliciens qui s’attaquent sysmatiquément aux tribus négro africaines sont loin d’être le simple expression armée des pasteurs nomades arabes. On y trouve des repris de justice de diverses origines ethniques liberés contre promesse d’un engagement milicien, des déserteurs de l’armée gouvernementale stationnée dans le sud et sans emploi depuis l’accord de Nairobi en 2006, des membres de petites tribus négro-africaines comme les Gimr qui espèrent en rejoignant la cause des génocidaires , être cooptés dans la grande famille «  arabe » dont l’ importance  leur parait promettre prestige social et avantages économiques.   

 

 Khartoum a t-il interêt  d’exterminer les populations négro africaines de sa province orientale ?

 

La cause ne peut être religieuse puisque tout le monde au Darfour , les tueurs comme les victimes , est musulman et sunnite.La raison est racioculturelle. Les arabes  sont minoritaires au Soudan.Et les islamistes ne sont que l’ultime incarnation historique de leur domination ethnorégionale.Or la paix entre le Nord et le sud est entrain de se deliter rapidement. Pour l’élite arabe de Khartoum, il ya urgence . Il faut donc manipuler le tracé frontralier Nord-Sud qui place  le plus grand part du pétrole au sud. Se préparer à la reprise éventuelle des hostilités ( on achète les armes), ancrer de solides alliances internationales ( la chine est acquise et l’Iran est en cours de séduction) et conserver la maitrise du territoir en créant un cordon sanitaire ethnorégional : les monts Nouba ou Kordofan et le Darfour en feraient partie. Or si les tribus noubas ont été ecrasées militairement entre 1992 et 2002, le darfour parait beaucoup plus menaçant.Les hiérarques arabes de khartoum veulent éviter à tout prix une brêche par laquelle les noirs de l’ouest s’alliéraient demain avec un sud négro africain indépendant ...et pétrolier. Par conséquent, il devient stratgique de mater le Darfour révolté par n’impoerte quel moyen . Or l’armée régulière qui compte dans ses rangs des représentants des ethnies négro-africaines de cette région , n’est pas suffisamant  fiable pour exécuter cette besogne. D’où le recrutement des milices « Janjawids  arabes «   largement composés de groupes minoritaires ou de déclassés sociaux..Cela permet en outre d’eviter à tout prix que les vrais arabes du Darfour, les diverses tribus Bagaras dont les Rezigats qui représentent entre 22 et 30 % de la population de la région ne versent à leur tour dans l’insurrection.



Francis Lalanne et Freddy Mulongo
 

Seule femme congolaise peintre en France, Wedia qui est la vice présidente de l’Association Apassassa s’est écrié lors de la conférence de presse au centre d’accueil de la presse étrangère (Cape) « Lorsque le coeur de l’autre saigne moi je pleure ».Wedia va plus loin elle propose la vente aux enchères de ses oeuvres pour que l’argent recolté soit versé aux organisations humanitaires pour le Darfour et que sa peinture de l’ange aux ailes de cerf volant fasse la pochette du single « Les casques bleus pour le Darfour ».