Le pasteur Martin Luther King assassiné le 4 avril 1968

Son action commence en 1955, lors de l'affaire du boycott des transports publics de Montgomery et se poursuit dans la revendication des «Civil Rights» (droits civiques). Arrêté, injurié, menacé de mort, sa maison dynamitée, il ne cesse de prôner le recours à la non-violence : Rassemblements, marches (comme celle de Washington - plus de 250'000 marcheurs de la paix -), sit-in, manifestations et désobéissance civile. Il se bat également pour l'obtention des «Social Rights» (droits sociaux), car les Noirs se trouvent trop souvent dans la misère.

En 1964, il est le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la paix a être récompensé : il n'a que 36 ans. Cette récompense traduit bien l'importance de l'engagement de cet homme charismatique en faveur des droits de l'homme et de la paix. En 1968, à Memphis (Tennessee), M.L. King est assassiné, alors qu'il vient soutenir une grève des éboueurs de la ville. L'enquête est menée de façon hâtive, son assassin est rapidement arrêté, jugé et condamné à la prison à perpétuité (en 1996, alors qu'il est atteint d'une maladie incurable, il affirme qu'il faisait partie d'une conspiration…!).

« Nous sommes une nation meilleure qu'il y a quarante ans », déclare cette semaine, dans le magazine Time, le révérend Jesse Jackson, trois fois candidat malheureux à l'investiture démocrate. « Désormais nous devons nous concentrer sur le développement économique pour refermer la plaie », poursuit l'ancien leader noir des Droits civiques.

Si, depuis l'assassinat du pasteur Martin Luther King, à Memphis, le 4 avril 1968, par un repris de justice (James Earl Ray), les États-Unis ont réalisé d'indéniables progrès pour la reconnaissance des populations afro-américaines, le fossé reste pourtant énorme, notamment en matière économique et sociale. Et si, pour la première fois de toute l'histoire du pays, un métis, Barak Obama, né de père kényan, a de bonnes chances de représenter le camp démocrate pour la présidentielle de novembre prochain, les tensions sont toujours vives entre communautés noires et blanches.

Moins centrale que dans les années 1960, la question raciale est donc toujours d'actualité aux États-Unis. Tant il est vrai que la très grande majorité des Afro-Américains - qui représentent moins de 15 % de la population - font encore partie des catégories les plus défavorisées : un quart d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, leurs revenus sont en moyenne 40 % inférieurs à ceux des Blancs et moins d'un quart des 18-24 ans étudient à l'université.

Une candidature Obama représente évidemment un espoir immense pour tous ces gens. Même si certains avouent craindre qu'il ne subisse le même sort que Martin Luther King s'il devait entrer à la Maison-Blanche.