RDC: L'insécurité à contre courant de la constitution
Par Pathy Kobanghe, vendredi 18 juillet 2008 à 17:45 :: liens :: #142 :: rss
Pathy KOBANGHE à Bandalunga dans la ville de Kinshasa lors de la campagne législative 2006
L’Analyse à laquelle je me soumets aujourd’hui sur l’insécurité dans mon pays est le résultat d’un constat effectif et dramatique que vit le peuple Congolais. Sur toute l’étendue du territoire de la République Démocratique du Congo nous constatons l’incapacité du gouvernement en place à assumer la tranquillité et la protection de ses citoyens. Or, la constitution de la République prévoit dans ses articles - je reproduis ici quelques uns - qui sont, pour moi prioritaires et fondamentaux comme base d’une Nation parce que je crois fermement que s’il y avait un gouvernement responsable, le peuple Congolais peut vivre dans la paix. La protection des citoyens et des biens sur l’ensemble du territoire national n’est pas respectée et appliquée, d’où toutes ces violations.
Alors que dit la fameuse constitution.
Chapitre 1er : Des Droits civils et politiques
- Article 11
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Toutefois, la jouissance des droits politiques est reconnue aux seuls Congolais, sauf exceptions établies par la loi.
- Article 12
Tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois.
- Article 14
Les pouvoirs publics veillent à l'élimination de toute forme de discrimination à l'égard de la femme et assurent la protection et la promotion de ses droits. Ils prennent, dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation.
Ils prennent des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites à la femme dans la vie publique et dans la vie privée. La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L'Etat garantit la mise en œuvre de la parité homme-femme dans lesdites institutions.
La loi fixe les modalités d'application de ces droits.
- Article 16
La personne humaine est sacrée. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger. Toute personne a droit à la vie, à l'intégrité physique ainsi qu'au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l'ordre public, du droit d'autrui et des bonnes mœurs.
Nul ne peut être tenu en esclavage ni dans une condition analogue.
Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Nul ne peut être astreint à un travail forcé ou obligatoire.
- Article 22
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Toute personne a le droit de manifester sa religion ou ses convictions, seule ou en groupe, tant en public qu'en privé
- Article 23
Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit implique la liberté d'exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l'écrit et l'image, sous réserve du respect de la loi, de l'ordre public et des bonnes mœurs.
- Article 30
Toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d'y circuler librement, d'y fixer sa résidence, de le quitter et d'y revenir, dans les conditions fixées par la loi. Aucun Congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l'exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle.
- Article 33
Le droit d'asile est reconnu. La République Démocratique du Congo accorde, sous réserve de la sécurité nationale, l'asile sur son territoire aux ressortissants étrangers, poursuivis ou persécutés en raison, notamment, de leur opinion, leur croyance, leur appartenance raciale, tribale, ethnique, linguistique ou de leur action en faveur de la démocratie et de la défense des Droits de l'Homme et des Peuples, conformément aux lois et règlements en vigueur.
Il est interdit à toute personne jouissant régulièrement du droit d'asile d'entreprendre toute activité subversive contre son pays d'origine ou contre tout autre pays, à partir du territoire de la République Démocratique du Congo. Les réfugiés ne peuvent ni être remis à l'autorité de l'Etat dans lequel ils sont persécutés ni être refoulés sur le territoire de celui-ci. En aucun cas, nul ne peut être acheminé vers le territoire d'un Etat dans lequel il risque la torture, des peines ou des traitements cruels, dégradants et inhumains.
La loi fixe les modalités d'exercice de ce droit.
- Article 52
Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national que international. Aucun individu ou groupe d'individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d'activités subversives ou terroristes contre l'Etat congolais ou tout autre Etat.
- Article 60 Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales consacrés dans la Constitution s'impose aux pouvoirs publics et à toute personne.
- Article 66
Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d'entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l'unité nationale, le respect et la tolérance réciproques. Il a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée.
Que constatons-nous encore ?
Le peuple congolais dans son ensemble ne connaît aucun moment de tranquillité et vit dans l’angoisse permanente de se voir assassiner ou tuer par des soldats qui sont sensés garantir sa protection et sa paix.
Posons-nous la question et cherchons l’origine de cette insécurité qui règne, alors que le Congo RDC est doté de ses institutions. Cette tension au sein des familles, ces cris d’alarme et ces pleurs de la population laissent indifférent les gouvernants des institutions, surtout à l’Est du pays. Nous pouvons affirmer que cette partie du pays est en proie aux milices venues de nos pays voisins et sous contrôle d’une milice fabriquée pour maintenir cette partie en captivité dirigée par un Général mondialement connu déchu KUNDA BATWARE poursuivi par la CPI.
Ce dernier chef de guerre est aujourd’hui le maître incontesté d’une partie d’un territoire plus grand que la Belgique et commet des multiples exactions sur la population et sème des désolations dans cette partie du pays sans que personne ne prenne la décision draconienne de le déloger et de le traduire auprès du tribunal pénal International pour crimes sur les populations et autres…
Il n’est plus à chercher pour comprendre ce qui se passe au vu et au su de tout le monde aujourd’hui au Congo. La communauté Internationale représentée par la Monuc est complice depuis le début des hostilités au Congo et continue de laisser agir et soutenir les milices qui commettent des atrocités au Congo.
La réponse est au bout de la langue de tous les Congolais pour exprimer notre désarroi dans cette situation entretenue des parts et d’autres, soit par le gouvernement en place lui-même, soit par la communauté Internationale représentée par la Monuc qui de commun accord laissent perdurer la souffrance de notre peuple meurtri par des nombreuses exactions barbares, viols de femmes et par des déplacements des populations laissées pour compte.
Une chose me vient à l’idée de croire aujourd’hui que l’AFDL de Laurent Désiré Kabila avait condamné le Congo par ses accords avec les donateurs de sa rébellion et ses parrains Rwandais – Ougandais – Erythréens – Angolais – Burundais – Tanzaniens – Zimbabwéens – Sud-Africains – Les Anglo-saxons, les Européens, enfin toute la « smalah » réunie pour mettre notre pays par terre et son peuple.
Notre mémoire ne devra pas nous faire défaut, elle doit fonctionner merveilleusement pour sortir à chaque fois du fond du tiroir nos archives des accords conclus au Congo pour essayer d’élucider le malheur permanent et continuel qui gangrène le peuple Congolais.
Lors des accords de LEMERA de triste mémoire, Laurent Désiré Kabila avait signé et commandité avec ses paires l’extermination du peuple Zaïrois et donné en contre partie de son aide une partie des terres de notre pays convoitée par le Rwanda de Paul KAGAME. Reprenons une partie de ces accords pour se rendre compte de la gravité et l’irresponsabilité inouïe d’un homme qui prévoyait de diriger le Congo-Zaïre le Pays de Kimbangu, Lumumba, Mobutu...
Accords de Lemera signés le 23 Octobre 1996 par les camarades fondateurs de l'AFDL (NDLR : il s'agit de Laurent Kabila du PRP, Parti de la Révolution populaire" ", André Ngandu Kisase du MNC/L-CNRD "Mouvement national congolais/Lumumba - Conseil national de résistance pour la démocratie", de Anselme Masasu du MRLZ "Mouvement révolutionnaire pour la libération du Zaïre", de Deogratias Bugera de l'ADP "Alliance Démocratique des peuples", et de Bizima Karaha qui les a approuvés).
Art.1. Il est créé, en ce jour du 23 octobre 1996 à l'Hôtel Lemera, une Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo qui sera soutenue militairement par les forces combattantes de l'AFDL.
Art.2. Le sol et le sous-sol congolais appartiennent à l'Alliance.
Art.3. L'Alliance devra demeurer une institution de l'Etat canalisatrice de l'idéologie de libération.
Art.4. Prêchant le panafricanisme, l'Alliance s'engage à céder 300 kilomètres aux frontières congolaises, à l’intérieur du pays, pour sécuriser ses voisins ougandais, rwandais et burundais contre l'insurrection rebelle.
Art.5. Dès que l'Alliance aura gagné la victoire, une rétribution spéciale sera allouée aux Alliés. Sa détermination est de la compétence de l'instance supérieure de l'Alliance.
Art.6. Tous les politiciens des années soixante en RDC et ceux ayant collaboré avec le régime de Mobutu seront mis en retraite politique.
Art.7. La nationalité congolaise sera accordée collectivement aux camarades Banyamulenge et aux autres populations d'origine rwandaise établies au pays avant la date de l'indépendance de notre pays (le 30 Juin 1960).
Art.8. L'Anglais et le Swahili devront concurrencer le français dans l'espace linguistique de notre pays.
Les Congolais qui gouvernent avec la complicité des étrangers commettent une grave trahison de leur pays et laissent délibérément les étrangers poursuivre leurs œuvres d’occupation du Congo.
D’ailleurs, sur ce qui précède, j’ai également compris une autre chose qui peut leur épargner le pire. S’ils ne font pas attention ils y passeront tous comme il était prévu aux accords de Lemera. Les assassinats sous plusieurs formes des Congolais ne se justifient plus, c’est l’œuvre d’une continuité, à eux de comprendre et de sortir de ce piège macabre contre les dignes fils et filles du Congo.
Après plusieurs milliers des morts, on ne se pose plus des questions.
Aucune réaction positive ou soutien concret à l’égard de notre peuple ne vient de la part de ce soit disant gouvernement et de cette soit disant Monuc protectrice attitrée des populations en détresse. La situation est tellement pourrie que le peuple se voit obligé de se soumettre à la seule protection divine pour se prémunir une garantie obsolète face à leurs bourreaux.
Personne n’est épargné, des journalistes, politiciens ou simples citoyens, tous sommes dans la ligne de mire de ce qui en veulent farouchement au Congo RDC et à son peuple.
Malgré les élections truquées et imposées à la marge des attentes du peuple Congolais un candidat impopulaire qui ne travaille que pour le compte de ceux qui l’ont placé à la tête de ce pays gigantesque au cœur de l’Afrique et richement lotis par la grâce de Dieu.
Il est impensable de voir la situation économique de ce pays se dégrader au pire de son histoire depuis l’indépendance en 1960 après une parodie d’élections qui ont données la légitimité à ce gouvernement ennemi du peuple Congolais, rien n’a changé dans le quotidien des Congolais, chaque jour à son drame. Le peuple broie du noir.
Ce gouvernement laisse sur son parcours bon nombre de ses fils et filles orphelins et pourrit la vie de nombreuses familles sans ressources, d’où la pauvreté galopante devient misère sans précédent en RDC avec plus de 3.000.000 des déplacés sans soutien gouvernemental, abandonnés à leur triste sort.
Imaginez vous au moins sur plus des 6.000.000 des disparus, combien des familles ou personnes sont restées sans soutien !! En plus de ceux qui meurent des maladies à cause de manque des moyens financiers pour se payer un médicament d’une valeur d’un ou deux dollars qui font nettement 450 à 800 francs Congolais.
L’insécurité dans l’ensemble du territoire est décriée sous toutes ses formes, mais le pouvoir en place se contente de se gaver sans vergogne en premier au détriment du peuple Congolais meurtri dans sa chair. Pour assouvir leur soif du pouvoir et le consolider, ils créent des tensions par-ci et par-là pour contraindre le peuple à la peur afin d’instaurer une dictature de pire espèce.
Dans notre Parti, le PAC, Le Parti de l’Alliance Chrétienne nous prônons le partage équitable des ressources, des terres et sous sols de notre pays pour éradiquer la pauvreté, la misère qui sévissent dans notre pays. Notre symbole est « UNITE – PAIX - TRAVAIL », le peuple Congolais devra retrouver son unité, recouvrer sa paix et reprendre le Travail pour garantir sa prospérité.
Nous ne devons pas baisser les bras et penser que notre libération totale viendra d’un tiers. Personne ne viendra lutter ou combattre à notre place. Levons nous pour cette unité et trouver cette paix perdue gage d’une Nation.


Commentaires
1. Le samedi 19 juillet 2008 à 09:20, par congolais
2. Le mercredi 23 juillet 2008 à 11:09, par Mukangoga Jacinthe
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