CNECO, interpellation d'un congolais-citoyen du monde et fils de l'Eglise !
Par Djamba Yohé, L'Encrier de l'Atlantique du Nord, mardi 26 août 2008 à 09:51 :: liens :: #175 :: rss
Palais du Peuple, Mgr Laurent Monsengwo, président du Haut-Conseil de la République et M.Etienne Tshisekedi, Premier ministre élu magistralement par la plénière de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), dans la nuit mémorable du 14 au 15 août 1992
En cettte année 2008, l'Europe, l'Amérique et le Japon doivent, sans se détourner la face, se souvenir de la guerre importée au Zaïre par les armées criminelles de Paul Kagamé du Rwanda et Yoweri Museveni de l'Ouganda. Ces Présidents tueurs, l'un du FPR et l'autre de l'Ugandan Army ont joué au Führer et au Mussolini à la barbe et au nez du monde entier. Le 2 août prochain de cette année, il y aura exactement dix ans qu'a commencé, l'extermination massive des Congolais à l'Est de la RDC. Au final de cet assaut macabre, il sera enregistré dans le déficit de la population congolaise massacrée, plus de 6.000.000 de morts et plus de 500.000 femmes violées et sodomisées*.
Le sort du Nord-Kivu
je commence par exprimer ma frustration et ma colère contre les Autorités de l'Église catholique congolaise réunies dans la CENCO, autrement nommée Conférence Épiscopale Nationale du Congo. S'il nous reste une élite capable de dénoncer les injustices et les mascarades de la déraison dans la gestion et la gouvernance de la RDC, ce sont les Évêques qui sont les acteurs de dernier rempart. La Conférence Épiscopale a choisi délibérément de se taire devant les crimes, la profanation et les sacrilèges en s'abstenant d'élever la voix contre les assassins de leurs collègues Prêtres, religieuses et religieux, en demeurant observatrice contre l'asservissement du peuple et les contre les crimes contre l'humanité à répétition, en laissant partir des morceaux du territoire national sur lesquels se trouvent les paroisses catholiques comme à Kahemaba, au Bandundu; à Kaniabanyonga et dans tous les massifs de Rutsuru dans tout le Kivu au sens large.
Les Évêques catholiques du Congo, à part quelques personnalités qui ont manifesté leur puissance apostolique et, n'eut été le courageux et sacrifié, feu le Cardinal Joseph Albert Malula de vénérable mémoire, Archevêque de Kinshasa, se taisent et prennent l'option du silence depuis bientôt cinquante ans. Ils ne sont en rien différents au laxisme qu'affiche la MONUC et continuent d'exhorter le peuple de Dieu à encaisser des coups béatement sans explication spirituelle aux agressions dont il est l'objet.
La guerre dite des Grands-Lacs a fauché des vies en Église, désacralisé le sanctuaire du Christ par des vols doublés de pillage de la vaisselle sacristine et violé les religieuses. Le Juge espagnol, Baltasar Garzon, poursuit Paul Kagamé, ses généraux, ses bataillons et ses combattants pour la mort des prêtres et religieux de son pays et du Québec. Dans l'Église congolaise, la mort des Évêques Christophe Munzihirwa et Kataliko n'a pas de suivi. Pourtant, ces Messeigneurs, par l'audace de leur réaction pour la sauvegarde de la dignité de l'Église et des Congolais, sont parmi les plus héroïques Pasteurs qui ont osé, devant l'épée, lever la voix dans les ténèbres de la violence kagaméenne en RDC, sur le brasier du Kivu et les volcans des Grands-Lacs.
La CENCO ne se signale comme présence d'actualité dans le Congo endeuillé et meurtri qu'avec des Déclarations d'intention qui ne font peur à personne et n'interpelle point les voyous de Kigali et les bandits de Kinshasa. Ces hordes qui ont massacré plus des six millions des Congolais, tué et sodomisé, avec viol et orgies, plus de 300.000 femmes congolaises et leurs progénitures et se partagent le Congo en se le dépeçant à leur gré et se la coulant douce en font la fête au quotidien sur la dépouille de leur conquête barbare.
La RDC n'est plus qu'un minable lambeau déchirés en fiefs nommés provinces alors que ce ne sont là que des frontières des Accords secrets issus du partage des territoires en concessions minières. Un jeune et rare Évêque du Katanga, Monseigneur, Fulgence Muteba, de Kilwa-Kasenga, a constaté ces magouilles au plus haut niveau des transactions internationales s'est insurgé contre cet état de chose en dehors de la courroie de la CENCO.
Fait rarissime, Mgr Muteba a écrit au gouvernement canadien à travers l'Agence catholique, "Développement et Paix" pour sensibiliser Ottawa à contrôler les compagnies canadiennes qui font de la prédation sur les richesses du Congo. Entre-autres remarques formulé par ce Prélat, le Pasteur de Kilwa Kasenga a montré que nos paysans ne dorment plus, tous les jours et toutes les nuits, pour les chasser de leurs terres, les compagnies minières font exploser de la dynamite à toute heure et la poussière du TNT dégagé par le souffle des bombes se déposent sur les feuilles de manioc. En d'autres mots, Monseigneur Muteba a dit au gouvernement canadien que ses opérateurs économiques empoisonnent la vie des Congolais en bruit et en intoxication de leur nourriture quotidienne. Faut-il être un Évêque extraordinaire pour dénoncer ces crimes visibles des puissances financières, lesquelles, après avoir financé la guerre se mettent à promouvoir pour entraîner la mort en série des Congolais chez eux ?
La CENCO paraît ne pas avoir en vue les droits de Dieu, ceux du Règne de sa Souveraine Majesté qui consiste à dominer tout l'univers et le Congo en particulier. Le Christ est privé de mouvement dans la Pastorale de la RDC, il ne peut plus disposer du Nord Kivu ni accéder aux victimes des agressions, c'est-à-dire se rendre aux adresses où les violeurs des femmes et les pilleurs des richesses congolaises ont soustrait à la RDC sa souveraineté nationale. Les Évêques sont devenus aveugles et sans mordant alors qu'ils sont l'armée du salut du peuple de Dieu et le fer de lance de la sagesse divine et humaine dans la missiologie perpétuelle de leur envoi dans le monde.
Les Congolais assistent à la création en direct d'un protectorat du Rwanda par une falsification parrainé par la MONUC et à la modification des frontières que la Conférence de Kamapala du 9 novembre 2007 a consacré en présence de la Secrétaire d'État américaine, madame Condoleeza Rice, en Ouganda, rencontre à laquelle, Joseph Kabila s'est signalé absent. Les guerres qui déchirent les Caucase ne sont pas nées autrement que par des arragements farfelus comme ceux qui arrachent, lentement et sûrement le Nord-Kivu aux Congolais.
On se souviendra que c'est dans un contexte un peu analogue que la guerre a éclaté au Nagorni Karabach, en Arménie; en Ossétie du sud, en Abkazie, toujours en Géorgie et dans d'autres républiques des Caucases . Les crises et la tension armée dans ces régions résultent des contentieux dus aux détachement graduels des territoires par rapport à leurs centre névralgiques qu'étaient leurs gouvernements centraux.
Kisangani, 5 mai 1980, salutation de Jean-Paul II à l'Eglise de Kisangani: "Je vous salue, chers habitants de Kisangani, et je vous dis ma très grande joie d’être parmi vous. A travers vous, je salue avec affection tous mes fils catholiques et tous les habitants de la région ".
Les Évêques réunis dans la CENCO refusent de s'impliquer pour exiger le retour de l'ordre institutionnel du Nord-Kivu, ils affichent par cette latence réticente une faiblesse qui condamne l'Évangile dans la prison de leur peur. a.. Quelle est la force de Laurent Nkundabatuare devant l'Évangile ? ; b.. Ce bandit, parrainé par Paul Kagamé, peut-il contraindre le Christ à aller à Jérusalem ? c.. Les pierres témoins du courge de Jésus ne vont-ils pas crier si rien n'est fait par la CENCO pour retourner aux Congolais cette partie de leur pays, le Nord-Kivu ?
Il y a quelques temps j'ai repris dans ma rédaction l'interrogation intra-personnelle de quelqu'un qui s'interrogeait sur les possibles actions que la CENCO pouvait envisager pour aider le Congo à se prendre en charge avec ses propres forces par les autorités de l'Église.
Et j'ai écrit :
"Un compatriote, Julien Afata doute de l'engagement des Évêques congolais auprès du peuple. En tous cas je ne disconviens pas avec son point de vue, celui-ci dit en s'interrogeant par l'affirmative :
"En quoi les Évêques du Congo Kinshasa dont a fait partie Mgr Monsengwo, se sont-ils illustrés pour prouver qu'ils sont réellement en colère cette fois-ci ? Quand on est en sainte colère, on agit.
Le peuple congolais dont ils prennent la défense en tant que Bergers, ne sait plus a quel saint se vouer. Qu'ils prennent les choses en main (!). Au Congo-Brazzaville, au Bénin et ailleurs, leurs homologues ne s'en sont pas démordu. Les discours pieux ne suffisent plus a étancher la soif du peuple congolais en détresse. SOS !"
En effet, les Évêques de l'Église catholique romaine du Congo sont évasifs dans le dossier de la souffrance du peuple. Leurs déclarations sont plus des intentions exprimées sans incidences d'actions ayant un suivi conforme à l'idéal d'une engagement soutenu.
Pourtant, ils sont héritiers du Cardinal, Joseph Albert Malula, ce Prince de l'Église qui n'a jamais trahi son implication dans les questions de la justice sociale. Celui-ci est mort déterminé en laissant un exemple à ses collègues de défendre sans faiblir dans l'oeuvre de la mission au service des pauvres et des opprimés.
L'actuel Archevêque de Kinshasa, Monseigneur Monsengwo Pasinya, a été commissionné par la Conférence Nationale Souveraine et a été retribué à prix fort pour apporter à la nation le changement auquel elle aspirait, mais il n'a rien donné de cette attente. Il y a lieu de se demander en quoi la "Déclaration de la Conférence de la CENCO" à l'occasion du 48ème anniversaire de l'indépendance de la RDC peut dépasser les échecs des intellectuels engagés en Église et qui laissent voir partir le patrimoine des richesses nationales du Congo par les décisions d'un intrus doublé de tueur qui dirige la République, Joseph Kabila.
Ceci ne se passerait pas comme cela au Brésil ou au Pérou, on a vu en Amérique latine des Évêques comme Dom Elder Camara et Monseigneur Romero s'opposer à la trop grande puissance de l'État par des prises de position radicale, mais juste dans l'intérêt du peuple. Les Évêques, semblent avoir abandonné les Congolais, eux qui enseignent si intelligemment les vertus et les principes de la rectitude morale, politique et sociale. La SNEL est en train de s'échapper des mains tutélaire de l'État pour devenir une propriété privée, les Autorités de mon Église se taisent, or s'il en sera ainsi, c'est pour bientôt que les multinationales et la Banque Mondiale vont prendre possession des rivières et de quelques espace forestiers qui restent à brader sous peu.
C'est à nous, Congolais de réveiller les Instituteurs de nos Églises, toute confession confondues, en particulier les Catholiques, pour susciter la fin de l'hémorragie du patrimoine entre les mains des voleurs internationaux**.
Pourquoi les Congolais ne peuvent plus sereinement compter sur leurs Évêques. Je m'interroge aussi pourquoi ces Grands prêtres ont si peur et laissent les voyous disposer de ce joyau qu'est le Congo. Ceux qui défendent directement les Congolais sont des Juges occidentaux, en l'occurence Baltasar Garzon et Jean-Louis Bruguière.
Je ne connais pas un prêtre d'Europe qui oublierait facilement et sans interpeller le pouvoir la mort de ses compagnons presbytéraux et de prière. Pourtant, à ce que je sache, les religieux sont de cette race des héros que rien n'arrête dans le zèle de la foi, de l'espérance, de la charité et de la contrition. Le Pape Jean-Paul II disait aux jeunes et à toute l'Église, n'ayez pas peur en paraphrasant le Christ. Il l'a prouvé, il n'avait pas peur.
Les Évêques, au sein de la CENCO doivent être plus que courageux parce que le souvenir que le Pape polonais leur laisse est d'une magistrale noblesse. C'est un prêtre qui a vaincu le Communisme, ce ne sont pas les États-Unis, c'est Jean-Paul II, la mondialisation lui doit tout.
Celui qui a classé les planètes dans le système solaire le premier et avant Galilée est un prêtre polonais, c'est Copernic; celui qui a découvert les lois de l'hérédité, c'est un prêtre autrichien, le père Mendel; celui qui a élaboré la théorie des big bang dans l'origine mathématique qui explique la naissance de l'univers, c'est un prêtre belge, Georges le Maître de l'Université de Louvain, celui qui a dit non à Mobutu, c'est un prêtre, Monseigneur, le Cardinal, Joseph Albert Malula, ceux qui ont composé le "Debout Congolais" sont des prêtres, les Pères Boka et Lutumba, celui qui a crée l'opérette à Kinshasa est un prêtre, c'est le père Buffalo.
Les prêtres se sont illustrés dans tout et partout. Comment se fait-il que les actuels Évêques du CENCO, héritiers d'une si grande histoire d'héroïsme se font tirer le bout du nez par un inconnu venu des horizons flous et dont la nationalité et la congolité sont questionnables ?
Je demande modestement à ceux qui ont la charge de veiller sur la bergerie de venir vite à la ferme. Les pseudo-bergers qui se tiennent devant la cour des ouailles congolaises, les brebis de la RDC ne les connaissent pas. Ce sont des loups qui tuent et déviergent les femmes. Il est temps que la CENCO se réveille et demande à ce que l'État restaure la souveraineté du Congo au Nord Kivu et qu'il retournent les Congolais se trouvant dans les camps de réfugiés à l'étranger de revenir dans leur pays. Il faut également que ces Religieux, établis au sommet de la hiérarchie catholique du Congo, apprennent à vivre avec les prêtres qui ne sont pas d'accord avec leur position en créant le dialogue avec eux. Des prêtres comme José Mpundu ont été éloigné de la tribune pastorale à cause du fait de leurs interventions jugées virulentes contre une CENCO qui ne fait que se présenter qu'avec des intentions, souvent, sans effets sur la collectivité en souffrance.
Je ne critique mon Église que j'aime bien, je veux seulement voir les Pasteur venir à la rescousse des Congolais désemparés et spoliés. Le silence n'est pas la langue du Chrsit.
*Source : les écrits de Djamba yohé, "Le G-8, doit ajouter à l'ordre du jour l'inculpation de Paul Kagamé"
** Source : Djamba Yohé, dans "La Banque Mondiale est en train de privatiser la SNEL", le 15 juillet 2008.


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