Christian Badibangi: " Le Katanga, une fois encore piégé comme en 1960 "
Par Freddy Mulongo, jeudi 28 août 2008 à 18:12 :: radio :: #178 :: rss
Christian Badibangi est le Président de l'Union Socialiste Congolaise (USC) dont les positions patriotiques sont connues de tous. L'ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement sorti de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) est un acteur politique-stratège qui maîtrise l'histoire de notre pays. IL est compté parmi les vertébrés de l'opposition congolaise. Les Congolais se souviennent encore de la campagne politique lancée par lui et son ami Gabriel Mokia, devenue le slogan de toute l'opposition: " la transition des composantes et entités en RDC s'arrête le 30 juin 2005 à minuit ". La mayonnaise avait tellement pris, que le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, faisait une descente remarquée à Kinshasa le 27 juin 2005, pour calmer l'opposition et signifier que la prolongation de 6 mois n'était plus renégociable par les animateurs repus de la Transition. En France, pour soins médicaux, après la tentative de son assassinat à Kinshasa, Christian Badibangi a accepté de nous faire une réflexion sur les vrais enjeux du refus d'annulation des deux arrêtés municipaux qui imposent un visa aux Congolais non-katangais par Dikanga kazadi, ministre provincial de l'Intérieur du Katanga.
Une vue de la Lubumbashi
Images de la ville de Lubumbashi. Kabambe, www.luboom.com
La constitution issue du référendum soutenu par le Comité International d'Accompagnement de la Transition (CIAT) et les 4 composantes belligérantes issues des Accords de Sun-City city en Afrique du Sud; Constitution rédigée pour le compte des Congolais, par une petite équipe des experts autoproclamés de l'Université de Liège en Belgique, dont un Belge d'origine congolaise un dénommé Bob Kazadi Kabamba de triste mémoire.
Aujourd'hui, cette Constitution est interprétée différemment par ceux-là même qui couraient toutes les rues et avenues pour intimider le peuple à voter "OUI".
Principalement les provinces qui ont obtenu plus d'inscrits sur les listes électorales en République Démocratique du Congo.
Aujourd'hui, cette loi fondamentale opposable à tous, même à moi, devient objet d'interprétation diverse de la part des animateurs des institutions à tous les niveaux, national que provincial.
Le danger est permanent et les pièges sont multiples pour le peuple congolais.
Tenez, au Katanga on fait croire à la population katangaise que la faillite de la province est due à la présence des autres congolais venus du Nord, du Sud, du Centre, de l'Ouest et de l'Est qui viennent au Katanga prendre les richesses pour s'enrichir et enrichir ailleurs c'est-à-dire leurs provinces.
Et pourtant tous les congolais qui sont au Katanga: les katangais de naissance comme les non-originaires sont utilisés comme une main d'oeuvre à bon marché. Au Katanga, il n'y a aucun Congolais investisseur dans le domaine minier à grands capitaux. Que cela soit dans l'exploitation du cobalt, du cuivre ,du zinc,de la manganèse, du cadmnium, les divers minérais...si ce n'est que Moise Katumbi, gouverneur du Katanga et fils de la province qui s'est nouvellement orienté dans le secteur.
Au passage, le silence de Moïse Katumbi est interpellateur. Ce dernier n'a été élu comme gouverneur de la province du Katanga que parce qu'il avait tenu un discours fédérateur de toutes les communautés vivant au Katanga.
Sa victoire sur Gabriel Kyungu provient de cette réalité historique de prôner la paix entre tous les Katangais et de ne pas céder à l'élan xénophobe et incendiaire de son challenger.
En dehors de Moïse Katumbi qui a investi dans les mines, les différents chefs d'orchestres sont connus, ces sont les multinationales, Forrest et quelques katangais cités dans le rapport panel, en combinaison d'affaires avec des représentants du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda, de l'Angola, du Zimbabwe et de la Tanzanie qui sont des vrais envahisseurs.
Les Congolais, hormis cette approche des leaders katangais corrompus qui essayent de contourner la conscience katangaise, doivent savoir que la République Démocratique du Congo n'a jamais été responsable de ses richesses du sol et du sous sol, il suffit de faire un effort en observant les différents accords signés:
Depuis 1885, lors de la Conférence de Berlin où l'Afrique fut partagée comme un gâteau par les puissances coloniales, le Congo ira à la Belgique, jusqu'en 1908, l'Etat Indépendant du Congo, propriété du Roi Léopold II: aucun accord n'a bénéficié au Congo jusqu'en 1959.
De l'Etat indépendant du Congo jusqu'à 1960, lorsque le Congo a arraché son indépendance politique non économique aux Belges: aucun accord n'a profité aux Congolais.
De 1965, lors de la prise du pouvoir par le coup d'Etat par Joseph Désiré Mobutu jusqu'en 1997 lors de la fuite de ce dernier par l'entrée de l'Afdl: les Congolais ont été roulés dans la farine.
De 1997 jusqu'en 2001, lors de l'assassinat de Laurent Désiré Kabila: Le Congo a toujours été le dindon de la farce de tous les accords.
De 2001 à nos jours: rien n'est fait pour les Congolais.
Il faut que les leaders Katangais à des différentes époques cessent de faire porter innocemment, directement ou indirectement la responsabilité au peuple du Katanga de leurs égarements mercantilistes qui n'a rien à voir avec les katangais qui payent le prix de l'exploitation abusive de la richesse de leur sol et sous sol, comme tout autre congolais. Est-ce que depuis l'installation des institutions issues des urnes, les katangais moyens touchent-ils déjà les allocations de chômage ou sociales ?
Kamoto à Kolwezi
Les katangais savent très bien que certains leaders du Katanga ont fait porté gratuitement aux katangais innocents le poids gratuit de l'histoire qui n'avait rien à voir avec eux.
Exemple la mort de Simon kimbangu le 12 octobre 1951 à Élisabethville, actuelle Lubumbashi; Patrice Emery Lumumba exécuté le 18 janvier 1961 au village Shilasimba, à 55 kilomètres de Lubumbashi; Dag Hammarksjöld, le Secrétaire général de l’Onu en 1964, de Masasu Nidanga et de tant d'autres que je n'ai pas cités.
La grande erreur de nous autres congolais, est de croire que la réponse à nos problèmes sera trouvée dans la culture occidentale.
ll n 'y a pas de culture universelle pour tout le monde, chaque culture doit trouver sa voie et répondre spécifiquement au besoin de son peuple.
Malheureusement, nous Congolais agissons par un amalgame de choix en optant pour des copies conformes, des solutions provenant de la civilisation occidentale comme voie obligée de notre développement. Les Congolais croient qu'ils doivent imiter les Blancs, faire comme eux.
Or savent-ils que les colonisateurs d'hier se sont transformés en anges des lumières d'aujourd'hui ? La colonisation a changé des visages. Tantôt les colonisateurs sont des coopérants, tantôt délégués de la Banque Mondiale, délégués du Club de Paris et de Club de Londres etc. Rien n'empêche que les nouveaux colonisateurs reviennent dans la peau des investisseurs potentiels et acheteurs de premier plan des matières premières, des représentants des Organisations non-gouvernementales des droits de l'homme, des Organisations non-gouvernementales de développement social...
Bref, Ce sont toujours les colonisateurs, sous un manteau nouveau, qui tirent les ficelles et les dividendes de la manipulation. Réfléchissons par absurde que le visa pour aller au Katanga soit une réalité pour Jean-Marie Dikanga Kazadi et consorts (katumba Mwanke, Moïse katumbi, Yav, kyungu wa kumwanza ) dans un Katanga isolé et resté seul comme province.
Comment résolveraient-ils le problème des Tshokwés qui aimeraient joindre leurs terres à celles des Tshokwés d'Angola qui partagent avec eux les affinités biologiques, linguistiques et coutumières ?
Quelle solution vont-ils trouver aux Karunda et Ndembo du Lualaba dont la congénitalité s'étend du Bandundu au Congo à la Zambie par l'histoire de ce grand Empire Lunda qui se reconstitueraient pour raison d'intérêt surtout possédant les terres les plus riches du Katanga en différentes ressources et en ayant derrière eux un ancêtre commun Tshibind Irung ?
Comment vont-ils résoudre les problèmes de Basanga, de Kamilungu, de Babemba qui renoueront avec leurs frères Zambiens au nom du symbole sacré saint " de Mwashilukeni" ?
Quel sera le scénario de Bahemba, les Songyes, et des Balubat de Bena Kaseki et de Tubeya qui désireraient renoués avec leurs frères du Nord ( kasaïens) à cause de la même culture ?
Que dirions-nous des Pendés qui partiraient de Bandundu, de Tshikapa, et en Angola non seulement à la recherche d'unification de terre mais à une nouvelle cartographie de partage de l'Afrique sous prétexte d'un rassemblement ethno-tribalo-fétichiste ?
Nous vous épargnons l'attitude bantoue lorsqu'ils aimeraient se regrouper contre les Berbères, les Soudano-Berbères, les semi-Bantous, et les Nilothiques ainsi que les Pygmées que restera-t-il de la République Démocratique du Congo en tant qu' Etat-Nation ?
Alors même que les autres se constituent dans le grand sous-ensemble pour peser, nous, nous réduisons nos chances de participer à la mondialisation ?
Voilà ce qui justifie cet enjeu qui n'est pas katangais mais plutôt une démarche étudiée minutieusemment pour placer au coeur du Congo, au Katanga une crise permanente , qui justifierait l'instabilité politique et démocratique qui ouvriraient la voie à l'instabilité et à la balkanisation de notre pays.
Cette démarche est souhaitée par le groupe de Paul kagamé, Laurent Nkunda Batwaré et le pouvoir de Kinshasa donne du flanc à ce jeu, tout en faisant semblant d'être des compatriotes.
Une manière de reconnaître nos espaces territoriaux réclamés à tort ou à raison par les Banyamulenge comme étant leurs contrées (Minembwe, Masisi, Rutshuru, Uvira, Minova) sont en droit de se rattacher au Rwanda.
Une autre manière de reconnaître le combat de Bundu dia kongo dans sa démarche de revoir les frontières héritées de la colonisation pour permettre la réunification de tous les Ne kongo, de se mettre ensemble dans un vaste pays de l'Afrique centrale fédérée. Dans un tel contexte que deviendra le Congo si l'ennemi du peuple est le congolais lui même ?
Les Congolais étalent leurs faiblesses auprès de leurs destabilisateurs.
Si l'actuel Président de la République, Joseph Kabila Kabangé, est ressortissant du katanga, censé faire respecter la Constitution de la République, censé porter la couronne de la République, censé protéger la démocratie et l'Etat de droit, l'attitude de cette province devrait être celle de consolider les acquis actuels de manière à peser dans les enjeux futurs du Congo.
J'insiste là-dessus, la province du Katanga bénéficie déjà de l'attention de l'actuel Président de la République.
Depuis 18 ans, Christian Badibangi confère avec ceux qui font l'histoire de la République Démocratique du Congo: M. Etienne Tshisekedi, Prof. Lihau Kanza, Freddy Kibasa Maliba et Christian Badibangi à la Conférence Nationale Souveraine (CNS)
Acteur politique de proximité, Christian Badibangi le ministre des Affaires étrangères n'hésitait à se rendre dans le Congo profond pour vivre et expérimenter la diplomatie du développement
J' invite tous les congolais à soutenir le peuple katangais victime expiatoire de ses leaders politiques corrompus, qui croient que le Katanga est à vendre et croient que nous allons regarder sans rien dire, brader le patrimoine commun.
Cette démarche est faite pour distraire les congolais afin que soit bradé une partie du territoire national au profit de Laurent Nkunda et Paul Paul kagamé pour constituer la République du volcan.
Comment accepter que Jean-Marie Dikanga Kazadi, qui est devenu Ambassadeur de la RDC en Zambie par la volonté de Katumba Muanké, Dikanga Kazadi qui convoyait des fortes sommes d'argent par route de Lusaka à Harare au Zimbabwe sans qu'il puisse montrer un seul papier d'identité, n'est-ce pas le résultat positif de la SADC, dont la RDC est membre, qui permet cette circulation libre des personnes?
Pourquoi Dikanga Kazadi veut refuser aux autres Congolais de circuler librement au Katanga ?
Le comportement de Dikanga Kazadi n'apporte rien à la diplomatie du développement dont le Katanga a besoin. Puisqu'il a été ambassadeur putatif sans grandes expériences diplomatiques, peut-il nous dire les provinces zambiennes qui vivent en marge d'autres provinces cuprifères ?
Le Katanga est une province de la République Démocratique Démocratique du Congo
Une pétition sera lancée très rapidement pour un processus de rayer son nom dans le rang des chercheurs Congolais. Assistant à l'Université de Lubumbashi, les étudiants de l'Unilu doivent refuser d'assister au cours d'un xénophobe introverti comme Dikanga Kazadi qui sera poursuivi comme d'autres acteurs politiques Congolais pour les actes insensés, les catastrophes posés au sein de nos populations.


Commentaires
1. Le jeudi 28 août 2008 à 20:09, par Franck-MWEPU "Black Chinese"
2. Le vendredi 29 août 2008 à 12:11, par Marie Muana Congo
3. Le vendredi 29 août 2008 à 14:21, par Patrick M. Mutupeke
4. Le vendredi 29 août 2008 à 14:29, par Aimé OMARI
5. Le vendredi 29 août 2008 à 14:38, par Aimé OMARI
6. Le vendredi 29 août 2008 à 16:02, par KALALA
7. Le vendredi 29 août 2008 à 20:07, par MASIKINI
8. Le samedi 30 août 2008 à 04:24, par Franck-MWEPU "Black Chinese"
9. Le samedi 30 août 2008 à 13:26, par Pierrot Ngadi Muller
10. Le samedi 30 août 2008 à 15:14, par Mouflon kabongo
11. Le samedi 30 août 2008 à 20:42, par albert Mukulubundu Muké
12. Le mardi 2 septembre 2008 à 21:14, par Tshibambe
13. Le jeudi 4 septembre 2008 à 18:40, par Nawej
Ajouter un commentaire