C'était vraiment encourageant de constater que les garants rythmiques de la sonorité de Victoria Eleïson soient demeurés les mêmes: Willy Ebondaki Wanzio surnommé "But na filet", un soliste talentieux, avec sa coiffure particulière; Adé Lokela Bipomi, le plus gentil et sympathique de tous. Il est le guitariste rythmique et chef des répétitions de l'orchestre. Il y a deux ans, Adé Lokela a été victime d'un accident qui lui est très fatal sur sa carrière musicale. En partance pour une production à Bulungu dans la province du Bandundu, il avait perdu son pouce droit dans un tonneau spectaculaire; Passy Ngiangi Bazeidio, sa virtuosité au synthétiseur n'est plus à démontrer; Yves Tshum Maswebe, bassiste de son état. Si l'équipe des chanteurs à été renouvelé de fond en comble, les jeunes ont été à la hauteur de la prestation. Il faudrait féliciter Emeneya d'avoir accepté de faire chanter Swet Ellesse à ses côtés malgré quelques murmures dans la salle.

Le clou de la soirée restera la prestation de deux vielles chansons "Sans Préavis et Ata Mpiaka" avec Safro Mazangi, venu spécialement de Londres.

La qualité du son et l'orchestration de Victoria Eleison Dream Team, Dream Band avait emballé plus d'un. La salle était euphorique

Les chansons: "Kikaya", "Daisy", "Didi Kinuani" de l'album "Le jour le plus long" ont été exécuté comme sur le CD. Le public aurait voulu entendre des vieilles chansons: Kimpiatu, Nzinzi, Ngonda, Okosi Ngai Mfumu, Surmenage...Ce n'est qu'une partie remise pour 04 octobre au Zénith.

King Kester Emeneya a réussi à inscrire son nom à l'Arc de triomphe de la musique congolaise en s'imposant avec sa voix, son style, sachant innover et ayant apporté aussi sa pierre de contribution dans cet art noble qu'est la musique. Emeneya a toujours cherché à se distinguer par sa voix pentatonique, comme il le dit lui-même.

Certains chroniqueurs musicaux, devenus des attachés de presse de tel ou tel autre musicien ne donnent pas chère la peau de King Kester Emeneya. Ils sont décidés à le trainer dans la boue.

Tribaliser, ethniser, et régionaliser la musique congolaise, c'est faire perdre à notre musique sa vraie saveur et sa diversité.

Au delà des humeurs et rumeurs: " Est-ce que l'arbitre siffle-t-il la fin du match lorsque le ballon est troué ?"

Non, la rencontre sportive doit continuer; la musique aussi.

Appliquer des embargos aux artistes-musiciens suite aux agressions de certains chroniqueurs musicaux patentés, donnent certainement du zèle et des ailes pour pourfendre les artistes en foulant aux pieds l'éthique et la déontologie journalistique.