Le fonctionnaire congolais complice de son malheur !
Par cesar Ntangu, lundi 22 septembre 2008 à 15:33 :: liens :: #186 :: rss
Photo d'archive. Cédrik Kalonji
« Je mange, tu manges et il mange ». Détrompez – vous, je ne suis pas entrain de conjuguer le verbe manger ; je paraphrase par contre le fonctionnaire public congolais dans sa perception erronée de scier l’arbre sur lequel il est assis. Mais seulement voilà que cette absurdité est partagée entre l’employeur, l’Etat congolais qui ne cesse d’avilir son fonctionnaire, et ce dernier qui vole du jour au lendemain son propre salaire par la magouille érigée en système dans tous les offices des ministères en RDC.
Malheureusement dans cette pratique devenue « sport préféré » du Gouvernement et des fonctionnaires congolais le résultat est la déliquescence de la vie sociale de celui qui est le symbole même de l’Etat, le fonctionnaire. C’est d’ailleurs une injure que d’être traité avec cette épithète.
A l’heure actuelle, les choses ne marchent plus, l’asphyxie devient totale. Il faut en appeler à une solution pour débloquer le système rouillé il y a plusieurs années. Dans l’entre – temps, on observe des mouvements de grève dans plusieurs secteurs et corps de métiers.
Le Syndicat des enseignants du Congo, le Syndicat des enseignants des écoles conventionnées catholiques ainsi que la Confédération démocratique du travail/ Fédération de l’Epsp ont demandé aux enseignants s’identifiant en eux de poursuivre la grève pendant qu’ils sont en train de faire pression aux autorités gouvernementales.
Ils étaient le mardi 16 septembre 2008 au siège du parlement congolais pour déposer le mémorandum relatif à leurs revendications. Dans ces derniers, ils exigent notamment l’uniformisation du barème salarial, le traitement de base pour les enseignants et le personnel de l’éducation à Kinshasa et dans les provinces, la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents conformément aux instructions officielles en vigueur accordant par ailleurs la gratuité de l’enseignement au niveau primaire et afin la mise en exécution du budget des rémunérations 2008.
Un autre mouvement est celui des professionnels de la santé qui regroupe en son sein le personnel administratif et les infirmiers des institutions publiques de santé. Ils ont entamé une grève après avoir tenu leur assemblée générale à Kinshasa. Dans leurs discussions, les professionnels de santé ont déploré la négligence du Gouvernement congolais à résoudre de manière globale et durable leurs revendications contenues dans le cahier des charges déposé depuis plus d’une année au siège de leur ministère de tutelle. Le cahier revendique la correction de la grille salariale, l’actualisation de la prime de risque de tous les infirmiers en RDC, le paiement des arriérés des salaires de cinq mois des primes de risque pour ceux de l’intérieur du pays ainsi que l’augmentation de l’enveloppe salariale assortie du manque à gagner sur la paie des professionnels de santé du Bas – Congo, de l’Equateur et du Katanga.
Alors que les uns préfèrent faire la grève, les médecins optent pour la fin de celle – ci au motif qu’ils ont pris acte de l’effort gouvernemental à répondre positivement à leurs sollicitations et autres revendications. Réunis au sein du Syndicat national des médecins, les hommes et les femmes à la blouse blanche s’engagent à reprendre rapidement les négociations pour la conclusion à la belle manière des dossiers restés pendants notamment ceux relatifs à la maîtrise de l’effectif de médecins et à l’application du nouveau barème pour l’exercice 2009 et de leur statut spécifique.
Ecoutez ! Pour arrêter la grève des médecins, le Gouvernement congolais avait accepté dans les limites de ses contraintes budgétaires de prendre en compte les revendications sociales de médecins en signant un accord ; mais pourquoi l’Etat congolais se donne – t – il à ce jeu dangereux d’opter pour une politique de deux poids deux mesures. Est – ce le chantier santé est prioritaire au chantier travail ?


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