Laurent Nkunda Batwaré: " Il suffit d'oser ..."
Par Freddy Mulongo, mercredi 1 octobre 2008 à 11:34 :: radio :: #189 :: rss
Les réfugiés congolais dans leur propre pays. Photo Archive
Inféodé aux intérêts étrangers de la République Démocratique du Congo, Laurent Nkunda Batwaré qui lui même affirme être un officier de l'armée patriotique rwandaise est un cynique plein de mépris. Il méprise pratiquement tous les congolais y compris les " Banyamulengés " qu'il prétend défendre et qui ne lui ont rien demandé. Qu'il y ait des Tutsi au Congo cela est une évidence, la République Démocratique du Congo doit sécuriser tous les peuplades qui résident sur son territoire, sans distinction aucune. Nous vivons une époque où le fait accompli est décisif: il suffit d'oser ! occupez le terrain militairement: on criera ici et là que c'est " inacceptable " (on dit toujours cela avant d'accepter); on fera voter une résolution vague dans une instance internationale généralement sans pouvoir, au pire on organisera une conférence de paix " bidon " pour distraire les populations. Au bout de quelques jours, au maximum de quelques semaines, les criailleries s'éteindront comme le feu au petit matin. Appendice du RCD-Goma, le CNDP de Laurent Nkunda est soutenu et encouragé par le Rwanda de Paul Kagamé. Laurent Nkunda a d'ailleurs pris la précaution d'entonner la chanson du RCD-Goma: " Il n'y a pas des troupes Rwandaises en République démocratique du Congo ", cette chanson est chantée depuis que notre pays a connu sa première agression Ougando-Burundo-Rwandaise, jusqu'à ce jour.
Pourquoi Laurent Nkunda Batwaré croit-il qu'il a peut être raison ?
Voici 6 raisons:
1. Tant que les familles congolaises surtout ceux habitants les territoires occupés du Nord-Sud Kivu, seront dans le même état d'esprit qu'aujourd'hui, n'importe qui est en mesure de les manipuler à sa guise.
2. Tant que les autorités de la République Démocratique du Congo, ou qui que ce soit, estiment possible et désirable de négocier avec Laurent Nkunda Batwaré en se mettant sur son terrain, de la défense de l'ethnie Banyamulengé comme ethnie minoritaire en RDC, elles confortent la thèse cynique du fait accompli payant et contribue à détruire la morale, l'ordre nationale et internationale.
3. Tant que les dirigeants congolais croiront que la politique d' "apaisement " de Laurent Nkunda et de semi-soumission à ses caprices suffit à les prémunir contre ses visées, ils alimenteront ses " rêves-projets " de " fait accompli ", d'un " Tutsiland ", un Etat-croupion à l'Est de la République Démocratique du Congo.
4. Tant que les autorités congolaises ne dénonceront pas avec la dernière énergie, l'implication du pays voisin en l'occurrence le Rwanda; elles flirteront avec la balkanisation de notre pays.
5. Tant que les dirigeants congolais n'auront pas réglé les problèmes internes-qui ne sont pas ethniques, mais économiques, sociaux, culturels et politiques-, ils donneront à Laurent Nkunda l'image de la proie tentante.
6. Tant que les autorités congolaises vont continuer à pratiquer "la politique de Nicodème ", tripatouiller avec Laurent Nkunda Batwaré la nuit, et le jour faire semblant en prenant des propos incendiaires, tonitruants contre lui pour tromper les congolais.
Mais que faire face à un Laurent Nkunda Batwaré ?
Lorsqu'un redresseur d'injustice devient un cynique, adepte invétéré de la force et de la ruse, il n' y a qu'une chose dont il faut se garder: croire qu'on peut négocier, finasser, conclure des accords avec un tel personnage. C'est qu'aucun accord n'a la moindre valeur à ses yeux s'il dresse un obstacle devant son but.
Reste alors les choix entre deux attitudes :
1. Se soumettre si l'on est beaucoup trop faible, c'est qui est le cas de la RDC aujourd'hui. Nkunda a osé hissé son drapeau sur le territoire nationale sans que le gouvernement de Kinshasa ne lève un petit doigt pour le dissuader; attendre que le cynique fasse un jour ou l'autre-cela ne manque jamais-un pas de trop qui le brise.
2. Ou bien, si l'on est capable, combattre en sachant que le " type Laurent Nkunda " est une menace permanente et multiforme. Qui n'est tenue en respect que par la force coalisée et la vigilance permanente de ses victimes. Alors que leur devoir est de le dissuader de l'aventure.
A l'image de Diogène le Cynique qui, en plein midi, déambulait une lanterne à la main dans la rue d'Athènes en déclarant: "je cherche un homme", Nkunda court après " le légitime " et choisit le droit à la force en lieu et place de la force du doit que lui impose la République Démocratique du Congo.
L'affrontement est l'expression d'un mal endémique, pernicieux, plus difficile à combattre que la pauvreté, l'analphabétisme, l'arriération, pire que la dictature: le cancer des nations. Ce mal le plus terrible de tous est en train de prendre prendre pied en République Démocratique du Congo, accueilli ici, encouragé là. Il a un nom affreux qui couvre une réalité encore plus horrible: la guerre civile.
Elle se déclare, insidieusement, comme un bouton ou un furoncle sur le corps. Si l'on ne reconnaît pas aussitôt le mal, si l'on ne fait pas tout de suite ce qu'il faut pour le guérir, en une nuit, d'autres vilains boutons envahissent l'organisme dont l'équilibre se disloque en peu de mois, irrésistiblement. L'harmonie cassée, tous les remèdes qu'on en prend aggravent le mal, les interventions extérieures empoisonnent le corps au lieu de l'aider à se rétablir. De même l'Etat, colonne vertébrale d'un pays, se brise. La nation qui en est le corps plus ou moins constitué se déchire, le sang coule interminablement, les pertes sont immenses, la cruauté règne.
Comment alors reconstituer ce qui a été défait ?
Il faut des lustres, de la patience, la lassitude puis l'abstention de tous les " amis ".
Jetez un coup d'oeil en arrière sur l'histoire des nations. Regardez autour de vous le Cambodge, en Asie du Sud-Est, le Salvador et le Nicaragua en Amérique centrale, le Liban au Moyen-Orient, un peu plus loin en Afghanistan. Dans chaque cas, le feu a pris à l'intérieur et il s'est toujours un petit voisin ou un grand pays, souvent les deux, pour souffler dessus, verser de l'huile, ajouter des braises...!
La guerre en République démocratique du Congo dure depuis 12 ans et a fait 5 millions de morts. C'est le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale et il n'est pas prêt de s'arrêter. La République Démocratique du Congo, le troisième pays d’Afrique en termes de population, a eu le triste privilège d’ être le principal champ de bataille: 7 armées étrangères se sont battues au Congo:l’Ouganda, le Rwanda , le Burundi, l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie et le Tchad. Le Soudan et l’Érythrée étant intervenu indirectement dans le conflit. Cette guerre, que d’aucuns qualifièrent de « Troisième Guerre Mondiale », a affecté directement ou indirectement environ 100 millions de personnes
A l'heure actuelle, l'homme qui déstabilise le Nord-Sud kivu s'appelle Laurent Nkunda, il se bat pour soi-disant débarrasser la région, de miliciens hutus, responsable du génocide de 1994. Selon lui, ces troupes (les FDLR) continuent de massacrer ses frères tutsis. « Nous nous battrons jusqu'au dernier pour assurer la protection des nôtres. » se plait-il à répéter. Avec Nkunda, les villages sont devenus fantômes, les routes désertes, les populations cachées en forêts, l'afflux massif des réfugiés dans les pays voisins etc. Nkunda pratique la politique de la terre brûlée en terre congolaise.
Que l'élite congolaise ne tombe pas dans le panneau de l'inconscience ni de l'irresponsabilité
La désagrégation des nations provient souvent de la guerre civile. Quelques-uns, individus ou groupes, y gagnent hélas car la guerre civile les fait exister. Ils en vivent comme les microbes vivent de la maladie; et ils la font vivre, parce que sans elle, ils rentreraient dans le néant. D'où la difficulté de venir à bout de ce mal-là. Mais si quelques-uns y gagnent et en vivent, beaucoup trop meurent, tandis que le pays agonise interminablement.
Il faut le dire avec force à tous ceux qui éprouvent la tentation facile de prendre les armes contre un gouvernement inique:mieux vaut résister à la tentation, épuiser tous les autres moyens, éviter celui-là qui ne conduit qu'au massacre si l'on échoue et, en cas de réussite , à une dictature nouvelle et tout aussi inique.
Voici 3 propositions urgentes:
1.La corruption et concussion rendent les sénateurs et députés congolais sourds, aveugles et muets aux vraies aspirations de paix du peuple congolais. Ils se sont distribuer des avantages abracadabrantesques, ils n'éprouvent aucune gêne à dilapider les fonds de la République, pour s'octroyer des somptueux avantages, pendant que les congolais crèvent dans cette satanée République bananière! Ils doivent revenir à leur décision " d'amnistier Laurent Nkunda, ses miliciens et tous les seigneurs de guerre qui sèment la terreur, désolation et mort d'hommes sur le sol congolais". Tous les criminels contre l'humanité doivent répondre de leurs actes. Il faut imposer à Laurent Nkunda et aux seigneurs de guerre, la force du droit contrairement au droit à la force qu'ils exercent sur les populations congolaises.
2.Mettre en place la Commission Vérité et Réconciliation "CVR " qui ne va pas obstruer la justice à faire son travail. Les Congolais ont besoin de la "Réconciliation par la vérité", les Congolais doivent tirer profit de pouvoir de guérison du pardon de la vérité pour cicatriser les plaies du passé. Il faut refuser la haine, ne pas confondre la confondre la perte subie et la punition qu'elle paraît devoir entraîner.
La "CVR" doit avoir une compétence générale sans entrave mais c'est la justice qui doit cimenter la solidarité et la cohésion nationale. La "CVR" ne doit pas se substituer à la justice et il faudrait éviter d'instrumentaliser la justice aux fins de la volonté d'exclusion. La "CVR" ne devrait pas se transformer en appareil judiciaire ni privilégié la logique judiciaire. Elle doit faire son travail de raccommodage du tissu social relationnel de manière à permettre aux juridictions de faire convenablement leur travail. La réconciliation est à l'opposé de la vengeance. la réconciliation exige une pédagogie du pardon, tâche ardue qui exige une rigoureuse maitrise de soi, un contrôle permanent de nos instincts les plus profonds, la capacité de retenir sa langue et le ferme refus de se laisser aller à la bassesse de sentiments propres. Nous sommes conscient que n'est pas Desmond TUTU qui veut mais le titre de son ouvrage "No Future Without forgiveness" qui signifie "Pas d'avenir sans pardon" est un programme que nous pouvons appliquer à notre pays. Cela est une nécessité voire une urgence pour la paix durable en République Démocratique du Congo.
Le programme Amani de Malu Malu est trop politique et politisé. Il faut faire confiance à la société civile du Nord-Sud Kivu qui connait mieux les réalités du terrain et non pas aux vautours et calculateurs qui gravitent dans les sphères du pouvoir, qui en plus reçoivent les injonctions des politiques de kinshasa. Les ressortissants des Kivu-Kinois et ceux de grandes villes non encore touchées par la guerre, repus, heureux, riches, embourgeoisés et " ndombolisés " par les 4 ans de la transition et les élections de 2006 n'ont rien en commun avec ceux qui vivent comme réfugiés dans leur propre pays.
3.Les FARDC souffrent de " haute trahison " de la part de leur hiérarchie militaire. La défaite de Mushake ne doit pas entamer le moral des troupes. Il faut le crédibiliser. Il faut donner des moyens conséquents aux FARDC pour sécuriser le territoire congolais et mettre hors d'état de nuire, Nkunda, ses miliciens et les autres Seigneurs de guerre.
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Commentaires
1. Le mercredi 1 octobre 2008 à 12:42, par Jean Paul
2. Le mercredi 1 octobre 2008 à 13:16, par Olivier Eyenga
3. Le mercredi 1 octobre 2008 à 16:21, par Djamba Yohé, l'Encrier du Rédacteur de l'Atlantique Nord
4. Le mercredi 1 octobre 2008 à 16:25, par Mazemba Anatole Nzwanga, Ohio (Usa)
5. Le mercredi 1 octobre 2008 à 16:26, par Pr Armand Mavinga Tsafunenga
6. Le mercredi 1 octobre 2008 à 16:52, par Jean-Eric Badibanga
7. Le mercredi 1 octobre 2008 à 17:09, par Mambu
8. Le mercredi 1 octobre 2008 à 17:29, par Astra
9. Le mercredi 1 octobre 2008 à 20:39, par claude fakan
10. Le mercredi 1 octobre 2008 à 22:47, par Kennedy
11. Le jeudi 2 octobre 2008 à 13:03, par AIR WAY HENRY
12. Le jeudi 2 octobre 2008 à 14:28, par godefroid ng
13. Le jeudi 2 octobre 2008 à 16:05, par Maurice-Blondel BOKOKO
14. Le jeudi 2 octobre 2008 à 19:40, par GERARD MANDEVU
15. Le jeudi 2 octobre 2008 à 20:34, par Der aus Koln
16. Le samedi 4 octobre 2008 à 14:23, par Kivutien
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