Réveil-FM: Livres 04
Par Freddy Mulongo, vendredi 10 octobre 2008 à 15:38 :: radio :: #198 :: rss
L'espace Livres de Réveil FM vous permet de découvrir, d'apprécier et d'aiguiser votre curiosité, vous inciter à lecture des ouvrages publiés qui parlent de la République Démocratique du Congo, de l'Afrique notre cher continent avec répercussion sur notre patrie. Les auteurs sont très divers pas nécessairement Congolais. Les livres que nous proposons sont édités par Les Editions de l'Harmattan. Etre internaute va de paire avec être bouquiniste. Les livres que nous nous proposons sont informatifs et peuvent vous aider à l'évasion face aux réalités moroses.
Durant des siècles, les congolais ont subi le joug de leurs occupants ; vendus comme du bétail, mutilés pour du cuivre, fouettés pour du coton ou encore utilisés comme de la chair à canon. Suite à l'humiliation et à la restauration, le XXIè siècle doit être pour le Congo, le siècle de l'hégémonie. Tel est le rêve de Kashemukunda Kasongo-Numbi.
Pourquoi l'Afrique a-t-elle échoué dans l'édification des sociétés modernes, libres, démocratiques et développées ? A l'heure où les pays-continents et les grands ensembles pèsent de tout leur poids sur la scène politique, économique et culturelle internationale, les pays africains restent, hélas, désunis. N'est-ce pas le moment de se doter d'un projet collectif, capable de fédérer leurs Etats, leurs ressources, leurs intérêts vitaux, leurs énergies ?
Au-delà des analyses juridico-institutionnelles, anthropologiques, ethnologiques et socio-historiques des conflits politiques qui transforment le développement dans de nombreux pays africains en mythe de Sisyphe, cet ouvrage démontre que les conditions dans lesquelles les pays africains ont obtenu leur indépendance les exposaient aux violences actuelles. En effet l'Etat postcolonial a été pensé et conçu pour servir les intérêts des puissances impériales à travers une élite politique africaine sélectionnée sur la base de sa loyauté à la métropole.
Cet Etat est juridiquement indépendant mais ne l'est pas encore politiquement, économiquement ni stratégiquement. Pendant le processus de décolonisation forcé, les puissances coloniales attachées à ne rien perdre de leurs avantages ont manoeuvré pour une indépendance en trompe-l'oeil. C'est le cas dans le processus de décolonisation français au terme duquel les premiers dirigeants africains cooptés par l'ancienne puissance impériale, conscients de leur insuffisante légitimité politique, mais déterminés à se maintenir au pouvoir, ont utilisé les accords de coopération, et notamment les accords militaires, comme des «assurances-vie politiques».
Ils s'en sont servis pour construire des régimes autoritaires, réfractaires à toute idée de réformes démocratiques et encore moins d'alternance pacifique au pouvoir. Outre les raisons liées au déficit démocratique, l'Afrique souffre d'une cécité stratégique caractérisée par son absence d'autonomie politique. Aussi la politique interne des pays de ce continent tout comme leur sécurité dépendent-elles des rivalités géostratégiques entre grandes puissances et entre multinationales à visée stratégique.
Le problème de l'environnement se pose avec acuité à travers plusieurs villes de la République démocratique du Congo. Mais l'auteur, Francis Lelo Nzuzi, se limite cependant à la ville de Kinshasa, en ce début de troisième millénaire. L'objectif global de ce livre est de décrire la manière dont Kinshasa se dégrade rapidement au fil des ans parce que les autorités urbaines n'assument plus leurs responsabilités.
Kinshasa connaît de sérieux problèmes environnementaux consécutifs à sa croissance spatiale rapide et anarchique. Les érosions, les inondations, l'insalubrité et la pollution de l'air qui en résultent sont à l'origine de graves cas de maladies. Conséquence d'une croissance spatiale rapide et anarchique, Kinshasa connaît de sérieux problèmes environnementaux : érosions, inondations, pollution de l'air. Face à la défaillance du pouvoir, de jeunes kinois contribuent à l'assainissement. Une formation en éducation environnementale pour un développement urbain durable basé sur un urbanisme participatif s'impose.
L'objectif global de ce livre de Francis Lelo Nzuzi est de décrire la manière dont Kinshasa se dégrade rapidement au fil des ans parce que les autorités urbaines n'assument plus leurs responsabilités. Face à cette démission, les populations, plus particulièrement les jeunes, se prennent en charge dans plusieurs circonstances. Mais ils interviennent, à l'instar de l'Etat, plutôt dans le 'curatif' que dans le 'préventif'. C'est pourquoi, estime l'auteur, « tous ont besoin d'une formation en éducation environnementale pour un développement urbain durable fondé sur l'approche de l'urbanisme participatif ».
Professeur d'université, Francis Nzuzi voudrait, à travers son ouvrage, sensibiliser l'opinion à la destruction de la ville par les catastrophes naturelles et inviter les populations et les autorités à bénéficier d'une formation en éducation environnementale et en urbanisme participatif pour un développement urbain durable.
« La lecture de 'Kinshasa, ville et environnement' ne laissera pas indifférent » ; écrit Léon De Saint Moulin S.j. dans sa préface. L'auteur est moins un théoricien qu'un homme de terrain. Il nous invite à partager son regard et ses analyses pour reconnaître avec lui que la dégradation actuelle de l'environnement n'est pas une fatalité. Elle trouve son origine dans des comportements irresponsables, souvent par inconscience, mais aussi par la démission ou les fautes des autorités. « Mon hypothèse est que, sans une réelle prise de conscience et un engagement réel à lutter contre les érosions, la ville de Kinshasa comme bien d'autres du Congo-Kinshasa sont menacées de disparition à long terme », écrit-il.
En ce qui concerne sa structuration, hormis l'introduction, le livre comprend huit chapitres. Le premier est consacré aux préliminaires. Le deuxième présente le site topographique et la dynamique urbaine. Le troisième aborde la croissance spatiale et le déboisement urbain. Le quatrième traite de l'occupation spontanée et des érosions urbaines. Le cinquième explique l'anarchie foncière et les inondations urbaines. Le sixième étudie les déchets solides municipaux et l'insalubrité urbaine. Le septième décrit les eaux usées et la nuisance urbaine. Le huitième analyse l'air insalubre et la pollution urbaine.
Le livre se termine par une conclusion générale qui est l'objectif de tout le livre: un appel à la mobilisation pour une éducation environnementale et un urbanisme participatif. L'auteur y voit la seule solution aux problèmes de l'environnement à Kinshasa. Sans la participation de la population et le renforcement de ses connaissances en matière d'environnement, les programmes les plus coûteux d'aménagement urbain ne pourront contrôler les érosions, les inondations, l'accumulation des immondices et la dégradation des conditions de vie.
La population, par contre, et les jeunes particulièrement, déjà présents et actifs sur le terrain en de nombreux endroits comme « ingénieurs aux mains nues », réussissent, avec des moyens limités, à lutter contre les dégâts causés par la dégradation de l'environnement urbain. Les résultats sont particulièrement appréciables là où leur action est soutenue par des appuis et l'accompagnement de groupes ou d'institutions qui les dotent d'un minimum d'équipement.
« Puisse le regard original et engagé qui inspire ce livre amplifier l'attention des gestionnaires de la ville de Kinshasa et susciter une mobilisation plus large pour trouver des solutions aux problèmes si fondamentaux de l'environnement urbain! », souhaite le préfacier.
LA DIPLOMATIE CIVILE ET HUMANITAIRE
La dynamique Genre et Paix en Afrique
Sous la direction de Anatole Collinet Makosso et Michel Mongo
Comptes Rendus
GÉOPOLITIQUE, RELATIONS INTERNATIONALES, DIPLOMATIE AFRIQUE NOIRE
Dans ce livre, des experts africains livrent leurs réflexions sur une dialectique d'actualité: "la diplomatie civile et humanitaire et la dynamique genre dans la préservation de la Paix en Afrique". Les communications scientifiques réunies dans cet ouvrage, augmentées des allocutions des Premières dames d'Afrique présentes à la Conférence de Brazzaville, constituent un outil historique, indispensable pour tout chercheur de ces chantiers nouveaux que sont la diplomatie civile et humanitaire.
La mission de paix des premières dames d'Afrique (MIPREDA), qui s'est réunit à Brazzaville du 12 au 15 février dans le cadre de sa 6ème assemblée générale a fermement condamné les conflits survenus au Tchad et au Kenya. La "Déclaration de Brazzaville" qui condamne également les violences commises aux Comores trace des perspectives fédératrices pour les actions en faveur de la paix des femmes en Afrique.
Les premières dames d'Afrique qui se sont réunies à Brazzaville, en république du Congo, pour la 6e assemblée générale de leur organisation, la MIPREDA, ont fermement condamné les conflits qui déchirent le Tchad, le Kenya et les Comores à travers la "Déclaration de Brazzaville".
Par ailleurs, la Déclaration de Brazzaville met en exergue la diplomatie civile et humanitaire comme outils d’intervention de la MIPREDA et salue la conférence de paix récemment tenue à Goma, à l’Est de la République démocratique du Congo entre le gouvernement et le mouvement du général déchu Laurent Kunda.
Dans la perspective de fédérer leurs actions afin de peser dans la résolutions des conflits africains, les premières dames d’Afrique ont décidé de mettre en place un réseau africain des femmes négociatrices de paix et de travailler avec les organisations non gouvernementales (ONG) internationales et les associations féminines existantes aux niveaux national, sous-régional et international.
Les travaux de la MIPREDA ont également été recommander la mise sur pied un comité de paix visant à l’étude et la proposition de modalités pour le rapprochement des différentes structures dans l’optique de mettre en place une organisation commune des premières dames d’Afrique.
La MIPREDA a demandé le soutien de l’Union Africaine (UA), des organisations régionales ainsi que celui des Nations unies pour les initiatives de leur structure qui contribuent à préserver la paix, la stabilité, la sécurité et le développement durable sur le continent africain.
La 6ème assemblée générale de la MIPREDA a par ailleurs permis l’élection de la nouvelle présidente de la structure en la personne de la première dame nigériane, Mme Turaï Oumar Yar’Adua, portée à la tête du MIPREDA pour deux ans. Dans son discours d’investiture, la nouvelle élue a salué la présidente sortante, Mme Sassou N’Guesso, pour son action dans la mise en œuvre de la diplomatie civile et humanitaire en Afrique.
L’assemblée générale de la MIPREDA de Brazzaville a enregistré la participation de dix premières dames en provenance du Congo, du Mali, du Tchad, d’Afrique du Sud, du Burkina Faso, du Niger, des Comores, du Nigeria, de la Namibie et de la République centrafricaine.
Le Gabon, la Guinée Conakry, la Guinée-équatoriale, le Cameroun, la Gambie, le Sénégal, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie ont également envoyé des représentantes à ces assises.
La conférence doit recommander la tenue d'un colloque sur les questions de paix et les violences faites aux femmes et élaborer le niveau de la mise en oeuvre du plan d'action 2005-2008, envisager le plan d'action 2008-2010 et mettre en place un réseau continental de femmes pour la paix. La MIPREDA est née à la suite d'un long processus qui s'est inspiré de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU mettant en exergue le rôle important qu'est celui des femmes dans la prévention et la résolution des conflits.
Moins sollicités et peu représentées dans la prise des décisions sur les sorties de crises et généralement ignorées dans les négociations ou accords de paix, les premières dames d'Afrique ont pris la mesure du problème en 1997 au Nigeria en se dotant d'un cadre de concertation (le MIPREDA), afin de s'impliquer résolument dans la prévention et le règlement des conflits sur le continent.
La 5ème conférence du MIPREDA s'est tenue à Ouagadougou en 2005, la 4ème à Malabo, en Guinée Equatoriale, en 2004, la 3ème à Libreville, au Gabon, en 2003, la seconde et la première à Abuja, au Nigeria, en 1997 et 1999.
Cette oeuvre fort édifiante peut contribuer à la connaissance du cinéma congolais. On y trouve, avec détails et clarté, son histoire depuis l'ère coloniale jusqu'à nos jours. D'abord, avec les missionnaires catholiques : le père Alexandre Van Den Heuvel, le père De Vloo, l'Abbé Cornil et le père Van Haelst, dont le souci majeur était de propager au Congo leur fameuse «mission civilisatrice». Puis, naît en 1965, au Congo déjà devenu Zaïre, un cinéma tâtonnant tourné vers la morale du parti unique ou simplement vers les intérêts de la Révolution mobutiste. Enfin, commence la troisième période en 1997 quand les Congolais Kwami Mambu, Mwenze Ngangura et Balufu Bakupa réalisent des films d'un vif intérêt à l'étranger, mais, hélas, couronnés d'un simple succès dans le pays ! Le livre contient aussi quelques suggestions utiles pour la promotion du 7ème art en R.D.C.
Il existe peu de pays au monde qui sont à ce point tributaires d'un fleuve comme l'est la RDC du fleuve dont il porte d'ailleurs le nom. A dire vrai, beaucoup de Congolais eux-mêmes n'ont pas suffisamment conscience du fait que la colonne vertébrale de leur pays est constituée par ce fleuve mythique qui, avec ses affluents, aussi nombreux que variés, enserre et, en même temps, draine cet énorme territoire, recouvert d'un massif forestier parmi les plus importants du monde. Le mérite de ce livre est de nous faire prendre conscience de cette donnée fondamentale de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Pays d'eaux et de forêts, la RDC n'a jamais aussi justement mérité ce nom. [. ] Il sied de se réjouir de la parution de ce livre qui, à cet égard, nous propose de nouvelles pistes de réflexion en nous invitant à tourner nos regards vers le fleuve, ses eaux et ses ressources forestières. D'aucuns s'étonneront d'entendre que l'eau est en passe de devenir un bien économique aussi précieux que le diamant. Et pourtant, c'est la réalité, non pas dans un avenir lointain, mais de nos jours.


Commentaires
1. Le samedi 11 octobre 2008 à 14:09, par Luanga Adrien
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