Face aux énormes défis à relever, le gouvernement devrait commencer par prendre la décision certes moins coûteuse mais dont l'impact positif sur la gouvernance du pays serait incommensurable. Accompagner la Société civile-Forces Vives qui, en juin 2005, avait décidé de créer , à tous les échelons de gouvernance ( local, urbain, provincial et national) une structure non gouvernementale de contrôle dénommée " Parlement Citoyen ". Véritable " Centre d'excellence ", cette structure tout à fait inédite serait composée d'hommes et de femmes qui, en vue de mettre fin à la médiocrité institutionnalisée, à la mauvaise gestion généralisée, à l'injustice et à l'arbitraire dans notre pays, accepteraient de consacrer " bénévolement " une partie de leur temps au triomphe de cet idéal. Destiné à structurer, à systématiser et à opérationnaliser les actions des gouvernés à chaque échelon de gouvernance, le Parlement Citoyen jouerait l'important rôle d'écoute et de surveillance, de plaidoyer et de lobbying au bénéfice des faibles et des victimes de l'arbitraire, des marginaux et des défavorisés, soit 99% des Congolais. Qu'il soit local, urbain, provincial ou national, le Parlement citoyen compterait en son sein autant de " Sous Commissions " qu'il y aurait de Services ou Ministères soumis à son monitoring, à son contrôle ou à son observation. Prenant appui sur les Princes de l'Eglise, les Pasteurs, les Imams, les Chefs coutumiers, les Médecins, les Avocats, les Ingénieurs, les Cadres et agents dans le secteur privé comme dans le secteur public, les Chefs d'entreprise, les Commerçants et autres opérateurs économiques, opérateurs culturels (musiciens, griots, conteurs...), les professionnels des médias, les animateurs sociaux, les leaders des jeunes, les leaders des associations féminines, les leaders des étudiants, les fonctionnaires actifs et retraités, les leaders syndicaux, les Enseignants, les Chercheurs..., cette structure rassemblerait cinquante personnalité de premier plan à l'échelon local, cent au niveau de la ville, deux cents à l'échelle provinciale et trois cents au niveau national.

Le rôle de ce Parlement Citoyen serait d'autant plus déterminant que l'indispensable révolution de gouvernance et l'éthique dans le chef des gouvernants dépend, en grande partie, de son efficacité. Condition sine qua non de la renaissance du Congo.

Il faut programmer une batterie de mesures à prendre pour asseoir une double transparence: celle des gouvernants et celles des institutions étatiques. Parallèlement, des actes législatifs devraient être édictés pour mettre le pays au diapason de la mondialisation et de la modernisation. Des mesures urgentes devraient être minutieusement préparé par des commissions disciplinaires chargées de réaliser et de proposer, sous la responsabilité du ministère du Plan, des diagnostics et des programmes d'action plus élaborés dans différents secteurs de la vie de la Nation (agriculture, industrie, enseignement, recherche, tourisme, territoriale, diplomatie, infrastructures, sécurité et défense, santé, affaires sociales, environnement,...)

A. TRANSPARENCE DES GOUVERNANTS

Avant de prendre ses fonctions, chaque élu, mandataire public ou autre autorité publique devrait rendre public le dossier complet de son patrimoine personnel et ou familial comprenant notamment:

-Ses comptes bancaires au Congo ou à l'étranger; son patrimoine immobilier au pays ou à l'étranger et son patrimoine mobilier (actions, obligations et autres stocks de biens meubles) au pays ou à l'étranger.

-Ses intérêts dans le secteur privé ( soit dans l'administration ou à la direction de telle ou telle entreprise privée, soit dans la possession d'actions d'une entreprise privée ou d'économie mixte ).

-Une attestation fiscale remise ou à remettre chaque année au président de la cour des comptes.

-La nécessité d'adopter un code de " tolérance zéro" en matière de bonne gouvernance et de conduite éthique. En cas de doute ou de suspicion suffisamment avérée, accepter de démissionner de son poste jusqu'à ce que la preuve de non-lieu ait été établie.

-La sanction impliquant la perte du droit d'éligibilité, pendant au moins cinq ans, à tous les responsables politiques condamnés pour faits de mauvaise gouvernance.

-La diminution des " per diem " et autres frais pour les missions de service tant à l'étranger qu'à l'intérieur du pays et l'encadrement de celles-ci (alignement sur les barèmes des autres pays africains).

-Interdiction d'ouvrir ou de continuer à actionner un compte bancaire à l'étranger pour tout fonctionnaire de l'Etat et pour tout mandataire public aussi longtemps que court son mandat.

B. TRANSPARENCE INSTITUTIONNELLE

Cette transparence institutionnelle devrait commencer par:

-La mise en service d'une chaîne de télévision et d'une station de radio apparteneant à la Société Civile-Forces vives chargées de retransmettre en direct les travaux parlementaires ( plénières et travaux en commissions ) pour permettre au Peuple Patron d'exercer un contrôle permanent sur ses représentants.

-La publication hebdomadaire par le Ministère des Finances de la totalité des recettes et des dépenses enregistrées par le Trésor public.

-La publication hebdomadaire par le Ministère du Budget de tous les transferts effectués par le Trésor public en direction des ministères et autres institutions bénéficiaires des lignes budgétaires (exception faite de certains transferts dits de souveraineté qu'il faudrait du reste redéfinir de façon plus stricte);

-La publication hebdomadaire par chaque Ministère ou institution étatique des montants détaillés effectivement reçus et du relevé complet de leur utilisation.

-La publication mensuelle, par la Banque Centrale du Congo, de toutes les recettes d'exportation (spécialement celles portant sur les minerais et du pétrole brut) et des réserves de change.

-L'adoption immédiate d'un règlement de gestion transparente des grands organismes étatiques notamment ceux à vocation sociale comme le Fonds Social de la République, Institut National de Sécurité Sociale, etc.

-L'organisation, dans la transparence la plus totale, des relations entre les autorités politiques et des institutions dites stratégiques telles que la Banque Centrale du Congo, la Congolaise des hydrocarbures, la Régie des voies Aériennes, etc.

-La définition, de façon plus pointue, des fonctions publiques (ou privées) qui sont incompatibles par exemple avec l'exercice correct d'un mandat public dans les institutions publiques; dans l'élaboration des procédures de passation des marchés publics; dans l'approvisionnement concurrentiel, etc.

-La définition non équivoque et bien délimitée des attributions ministrielles notamment pour les portefeuilles ou l'aide internationale est importante.

-La priorité accordée aux dépenses essentielles de l'Etat, génératrices de croissance et à la minimisation des dépenses de prestige.

-La détermination exacte de la ligue de démarcation entre l'emploi légitime et l'usage abusif des moyens étatiques, notamment en ce qui concerne les voyages de service, les frais de représentation, l'utilisation des véhicules de l'Etat, etc. Ceci suppose une plus grande responsabilisation de ceux qui établissent et détiennent les inventaires.

-L'adaptation de la taille des Cabinets politiques aux seuls besoins de bonne gouvernance. dans les circonstances actuelles obligation devrait être faite aux responsables politiques de former leurs cabinets en s'adressant à une " Banque des cadres ". Celle-ci serait alimentée par une structure non gouvernementale indépendante à mettre immédiatement en place. Connectée sur des cabinets de "chasseurs de tête", sa tâche serait de tenir constamment à jour le fichier des meilleurs cadres de la République tant au niveau académique et professionnel qu'au plan moral et éthique.

-La mise en place du mécanisme "Initiative de transparence dans la gestion des industries extractives".

C.MODERNISATION et MONDIALISATION

L'Etat devrait moderniser ses méthodes de gestion à tous les niveaux et dans tous les domaines. D'où la nécessité et l'urgence de prendre des mesures notamment pour:

-Modifier les modalités de tous les paiements à l'Etat et par l'Etat en limitant au strict nécessaire les paiements "cash". S'imposer le principe qui commande la nécessaire déconnexion du lien entre " agent demandeur " et " agent encaisseur ".

-Adopter une législation faisant obligation à tout débiteur de l'Etat à refuser tout paiement en espèces à des agents publics pour régler des créances dues à l'Etat sous quelques circonstance que ce soit.

-Procéder, en ce qui concerne les entreprises publiques en difficultés, à une sélection rigoureuse (par appel à candidatures) de véritables managers (nationaux ou expatriés) qui arriveraient à proposer le meilleur plan de redressement de telle société d'Etat. Appliquer des critères similaires pour le recrutement de tout le personnel dirigeant et même pour la cooptation des administrateurs. Soumettre les dirigeants des entreprises publiques aux mêmes normes éthiques que tous les autres autres gestionnaires publics.

-Mettre sur pied une centrale d'achats ( à l'image des magasins généraux de l'époque) pour approvisionner toutes les structures ou services étatiques et paraétatiques.

-Soumettre à la procédure d'appel d'appel d'offres toute opération d'achat de fournitures et autres biens d'équipement au bénéfice de l'Etat.

-Liquider, dans le strict respect des normes internationales (type BIT-OIT) toutes les entreprises étatiques reconnues non viables;

-Rompre les monopoles des entreprises publiques là où ces monopoles ne peuvent assurer la couverture des besoins essentiels.

-Moderniser le système de recouvrement des redevances pour prestation de services au bénéfice de la Snel, de la Regideso, etc. Obliger l'Etat à régler effectivement et promptement ses charges et celles de ses agents en commençant par les charges récurrentes comme l'eau et l'électricité.

-Mettre en place un système de gestion informatisée du cadastre foncier, minier et forestier.

-Etablir l'inventaire détaillé et chiffré de toutes les opérations administratives génératrices de recette réalisées par toutes les administrations publiques du pays en mentionnant le tarif réellement en vigueur. Publier ces tableaux par voie de presse et d'affichage dans les administrations.

-Supprimer toutes les taxes non économiquement justifiées en commençant par celles qui n'arriveraient pas à destination.

-Supprimer les visas d'entrée sur le territoire national pour les hommes d'affaires dûment répertoriés par les chambres de commerce et autres structures habilitées.

-Supprimer les autorisations administratives pour tout déplacement à l'intérieur du pays y compris le permis de "visite en zone minière".

-Supprimer toute autre réglementation étouffante et obsolète et favoriser la généralisation des Nouvelles Technologies de l'Information et de la communication.

-Accélérer la démobilisation-insértion avec l'encadrement financier du programme MDRP.

-Initier de grands travaux à haute intensité de main d'oeuvre peu qualifiée.

D.MESURES URGENTES EN MATIERE DE SALAIRES

Depuis l'indépendance jusqu'à ce jour, une question fondamentale est soit occultée, ignorée ou négligée: c'est celle relative à la grille de répartition des fruits de la production nationale. Quel devrait être le salaire minimum à consentir au dernier des salariés de la fonction publique compte tenu du niveau actuel de notre économie ? Comment garantir une certaine équivalence de rémunérations entre " les hauts gradés " de la fonction publique en général (L'enseignement et la recherche, la santé publique, l'armée et les services de sécurité, la Magistrature et l'Administration publique stricto sensu) ? Comment contenir le niveau des émoluments des mandataires publics en général (Président de la République, Premier Ministre, Ministres, Managers et autres Administrateurs des entreprises publiques...) dans des limites acceptables et compatibles avec la réalité économique de notre pays ? Comment ramener les tensions salariales à des proportions telles que la rémunération mensuelle du Président de la république, du président de l'assemblée Nationale, du président du sénat, du Président de la Haute cour de justice ne puisse jamais dépasser celle de son homologue africain-encore moins celle de son homologue américain, français ou belge !

A titre illustratif, si la dotation " Président de la République " était ramenée de 500.000 dollars Us à 15.000 dollars Us (soit une enveloppe annuelle de 180.000 dollars Us)- notons que le Président des Etats-Unis, la première puissance mondiale n'a que 250.000 dollars us de dotation annuelle !. et si, sur le solde ainsi dégagé, s'ajoutaient les 480.000 dollars affectés mensuellement durant les 4 ans de la transition, aux frais de fonctionnement des 4 vices-présidents, il se dégagerait une économie de 965.000 dollars Us;Ce montant pourrait largement couvrir la paie de tous les Sécretaires généraux et un bon nombre de hauts fonctionnaires civils ( professeurs ordinaires, hauts magistrats, médecins, Chefs de service...) et militaires (officiers Généraux de l'Armée et de la police...).En définitive, la règle d'or devrait désormais être la suivante : capter d'abord toutes les ressources dues à l'Etat et traquer en même temps le gaspillage ou de détournement afin de dégager les moyens importants à affecter à cette rubrique.

E. CHANGEMENT RADICAL DE L'IMAGE DU CONGO

L'négative d'un pays chroniquement instable où règnent en permanence le tribalisme, le provinccialisme, la corruption, les d'tournements en cascade des deniers publics, les violations massives des libertés fondamentales et des droits élementaires de la personne humaine, la prédation à grande échelle, le cannibalisme économique exercé par les gouvernants.. doit être effacée au plus vite grâce aux réformes politiques, sociales et institutionnelles.

Le gouvernement devrait procéder d'urgence à la réqualification de sa représentation diplomatique afin de commencer à donner du Congo une image tout à fait nouvelle.Tous les diplomates actuellement en poste devraient- à travers une formation sanctionnée par un concours-subir un profond recyclage, une sorte de réarmement moral et éthique dans tous les domaines en rapport avec la mission qu'ils ont à remplir pour " vendre " le nouveau Congo auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Il faudrait, en outre, attirer dans ce secteur les meilleurs de nos filles et fils actuellement éparpillés aux quatre coins du monde en vue de profiter au maximum de leur double connaissance du pays d'accueil et du pays d'origine pour plaider efficacement et dans des termes appropriés la cause du nouveau Congo.

DE LA REFORME AU DECOLLAGE

Après une période de maximum douze mois consacrée aux réformes structurelles et "structurantes" visant à provoquer une véritable révolution de gouvernance et d'éthique dans le sphère étatique, le décollage effectif du Congo pourrait enfin commencer.

En s'imposant une discipline de ferau plan interne notre pays n'aurait en effet aucune peine à mobiliser annuellement , à à partir de l'an 2, 10 milliards de dollars Us (Eh oui !)-au titre des ressources propres et de l'aide publique au développement- pour financer un vaste programme de développement multisectoriel. Pour la première fois, la principale source de financement de cet ambitieux programme serait, en sus des recettes étatiques " classiques ", l'ensemble des ressources nationales-connues et reconnues-qui devraient désormais être évaluées et chiffrées.

PILLIERS D'UN VRAI DECOLLAGE

1.Un système éducatif et de recherche entièrement repensé

Afin que le Congo de demain nous appartienne encore, nous devons, dès aujourd'hui, préparer correctement ses filles et ses fils à pouvoir faire face aux grands défis qui les attendent. Parmi ceux-ci, il y a , pour l'écrasante majorité des congolais, la non maîtrise des en jeux au niveau mondial, la méconnaissance du monde qui nous entoure alors que tout se " mondialise ". la question centrale devriat être, dès lors, être celle de savoir comment- malgré ce lourd handicap et dans un monde de plus en plus impitoyable envers les faibles- organiser au mieux les atouts du Congo en vue de tirer , de l'exploitation "mondiale " des ressources de ce pays, le meilleur parti possible pour les Congolais.

Il faudrait mettre tout en oeuvre pour que l'école soit enfin le lieu où se forge non seulement le travailleur qualifié mais aussi et surtout un citoyen d'un nouveau type. Un citoyen qui, par sa maîtrise des en jeux et sa capacité revendicative, inspirirait crainte et respect à ceux qui gouvernent ou ambitionnent de le faire.>

Voilà pourquoi il faudrait immédiatement lancer un vaste programme d'alphabétisation dite " conscientisante " afin que, dans les 10 ans qui viennent, chaque congolais adulte soit au moins capable de lire et d'écrire en Lingala, Swahili, Tshiluba ou Kikongo. >p> Lire dans l'une des quatre langues nationales et surtout, comprendre les grandes articulations de notre Constitution devrait désormais être l'objectif minimum à atteindre dans les 10 ans qui viennent pour espérer continuer à exister en tant qu'Etat digne de ce nom.Il est en revanche à peu près certain qu'en magnifiant le savoir, le savoir faire et le savoir-être, les réformes à entreprendre provoqueraient une véritable rage d'apprendre dans le chef des adultes.2.Un programme décennal de construction routière

La taille du Congo le condamne à voir et à tout envisager en grand. Il faudrait par exemple arriver à mobiliser annuellement et ce , pendant toute une décennie, au moins 1 milliard de dollards Us afin de pouvoir construire chaque année 2.500 à 3.000 kilomètres de routes bitumées ( dont le coût moyen au kilomètre varierait, selon la banque Mondiale, entre trois cents et quatre cents mille dollars Us). Ouvrir simultanément au moins une dizaine de chantiers sur différents sites du territoire national pour progressivement et adéquatement répondre aux exigences d'aménagement ordonné de l'espace national, telle devrait être l'ambition décennale du gouvernement dans ce domaine.

3. Une exploitation optimale du potentiel hydroélectrique

A l'heure où le développement de nombreux pays est hypothéqué par manque d'énergie disponible en quantité suffisante, notre pays dispose d'un considérable potentiel hydroélectrique (100.000 mégawatts) dont l'exploitation progressive permettrait de couvrir, dans les 10 ans qui viennent, les besoins en énergie de tous les Congolais-citadins et ruraux, industriels et simples particuliers-sans parler d'un substantiel de surplus destiné à l'exportation.

4.Mise en place d'un véritable réseau de voies ferrées

L'abondante disponibilité au Congo-Kinshasa de l'énergie hydroélectrique (la moins chère du monde) ouvre des perspectives insoupçonnées dans tous les domaines de la vie. La mise en place programmée d'un réseau national de centrales hydroélectriques aurait comme comme conséquence la possibilité d'installer un véritable réseau de chemin de fer alimenté exclusivement par l'énergie d'origine hydroélectrique. En matière d'infrastructures de transport, il faut naturellement avoir une vision globale intégrant aussi la construction d'aéroports, ports maritimes, fluviaux et lacustres.

5. réhabilité et moderniser l'infrastructure sanitaire

La santé publique est le secteur qui devrait bénéficier de la plus grande attention du gouvernement. L'effort financier à consentir annuellement par le gouvernement serait d'au moins 500 millions de dollars Us au titre des ressources publiques propres.

6. Une armée efficace et motivée

L'absence d'une armée efficace et motivée est à l'origine de beaucoup des difficultés rencontrées au cours des dernières années. L'armée de demain devrait être une armée véritablement nationale et républicaine, à la fois capable d'authentiques exploits en temps de guerre et productrice de multiples biens et services en temps de paix. Il s'agirait de mettre sur pied l'armée la plus intelligente et la plus professionnelle, à répondre à toutes les sollicitations des nations Unies ou de l'Union Africaine en matière d'opérations de maintien de la paix. Le budget annuel d'une telle Armée devrait être d'au moins 500 millions de dollars Us.

7. Une magistrature digne d'un Etat de droit

Une justice indépendante, une magistrature digne et incorruptible (par ce que protégée par un statut valorisant), un pouvoir judiciaire entièrement séparé du pouvoir exécutif, la mise en service des tribunaux de commerce et des tribunaux administratifs...,tout cela a un coût: au moins 300 Millions de dollars par an.

8. Une police performante

Il faudrait moderniser les services de renseignements, la police des frontières, la police économique et toutes les autres branches spécialisées. D'où la nécessité de ne recruter que les éléments de la jeunesse congolaise ayant un bagage intellectuel conséquent. Cet effort coûterait annuellement au moins 300 Millions de dollars Us.

9. Une "territoriale de développement "

La sous administration du territoire a aujourd'hui comme conséquence la sous rentabilisation du patrimoine national. Une administration de proximité aurait comme effet d'ouvrir l'ensemble de l'espace national à la production des richesses entièrement comptabilisées et, donc, entièrement fiscalisées. il faudrait y affectait chaque année au moins 200 Millions de dollars Us.

10. De l'eau potable pour tous

Il n'est plus acceptable que la majorité des congolais soient aujourd'hui privée d'eau potable. Des moyens conséquents devraient être mobilisées pour mettre rapidement fin à cette situation au plus tard dans 5 ans. Effort annuel: 200 millions de dollars Us.

11.Accompagner les paysans, les pêcheurs et les éleveurs

Quel Congo à l'horizon 2020 en matière de production agricole, halieutique ou de l'élevage ? Avec les atouts qui sont les siens, le Congo pourrait légitimement ambitionner de produire chaque année au moins un million de tonnes de café, un million de tonnes de cacao, cinq millions de tonnes d'huiles de palme, dix millions de tonnes de riz, dix millions de tonnes d'arachides, trente millions de tonnes de manioc, cinquante millions de pommes de terre, cinquante millions de tonnes de haricots, quinze millions de tonnes de petits pois, trois millions de tonnes de coton, cinquante millions de tonnes de soja, cent millions de tonnes de maïs, etc.

Les eaux du fleuve, des rivières et des lacs, seraient quant à elles, capables d'offrir pas moins de deux millions de tonnes de poissons par an.

Le Congo serait à même de viser une production annuelle de 500 millions de poulets, 500 millions de lapins, cinquante millions de canards, 100 mille tonnes de poissons produits par les étangs..Les chèvres, les moutons et les porcs pourraient également faire l'objet d'une production industrielle. Il existe par ailleurs d'importantes zones propices à l'élevage du gros bétail tant à l'Est (Nord-katanga, Nord-Kivu, Ituri...)qu'à l'Ouest (Kongo central, Bandundu...) et même au centre.

En amont, il faudrait veiller à rendre disponibles des engrais, des produits vétérinaires, des semences améliorées etc. En aval, il faudrait aider à construire d'immenses silos de stockage des produits vivriers secs tels que le riz, le maïs, les haricots, les arachides et autres céréales; installer le long du fleuve, des cours d'eau et autour des lacs poissonneux des chaînes de chambres froides, des structures de salaison, des unités de conserverie, etc. Avec, au titre d'accompagnement, une affectation annuelle de 200 millions de dollars us, ce secteur serait progressivement relancé.

12. Des logements décents

Une véritable politique de l'habitat fondé sur le choix des technologies les plus performantes en la matière devrait être mise sur pied. Comment font les autres pays pour parvenir à mettre sur le marché mondial un sac de ciment de 50 kilos au coût unitaire de ... 2 dollars Us ?

une dotation annuelle d'au moins 200 millions cents millions de dollars Us devrait être affectée à ce secteur.

13. Une " Diplomatie de développement "

La diplomatie de développement devrait en fait déployée dès l'an I de la 3èeme République car c'est grâce à elle que le gouvernement pourrait convaincre les partenaires bilatéraux et multilatéraux du changement de cap opéré au pays. Effort annuel: 150 millions de dollars Us.

14. Investir dans la culture et banaliser l'internet

L'implantation des bibliothèques pratiquement dans chaque commune, collectivité, secteur et chefferie, la généralisation de l'audiovisuel et la banalisation de l'internet sont autant de supports indispensables au développement de l'homme. Tout l'homme et tout homme. L'alphabétisation généralisée aurait, entre autres, pour conséquence une formidable demande des savoirs. d'où l'importance de ces bibliothèques de proximité et la nécessité de traduire dans les quatre langues nationales les principaux ouvrages et manuels présentant un évident intérêt pour le développement national. voilà pourquoi, au cours des 10 ans qui viennent, tous les matériels informatiques destinés au développement d'internet devraient bénéficier de l'exonération douanière. Effort annuel: à consentir par l'Etat: 150 millions de dollars us.

15. Valoriser et développer le sport: 150 millions de dollars Us.

Au total, 10 Milliards de dollars américains de ressources publiques à mobiliser chaque année soit sur 10 ans, une enveloppe de 100 Milliards !. A en croire Jacques Attali dans son livre Verbatim,I,première partie,coll " Livre de poche ", pour financer son plan quinquennal au début des années 80, l'Algérie avait prévu, un montant de cette hauteur !

Il n'est donc pas inutile de répéter que c'est la perspective d'une mise en valeur programmée et ordonnée du territoire national qui engendrerait, au niveau de l'Etat, des rentrées fiscales maximales et libérerait, par anticipation, de multiples initiatives d'investissements tant dans le secteur public que dans le secteur privé.