Barack Obama: "Yes, we can !" ("Oui,nous pouvons !")
Par Freddy Mulongo, mercredi 5 novembre 2008 à 16:28 :: radio :: #212 :: rss
Sans doute l'une des images marquantes de cette soirée électorale : les larmes du pasteur noir Jesse Jackson, compagnon de Martin Luther king Jr, lui même ancien candidat à la présidence, au milieu de la foule (240.000 personnes ) réunie à Grant Park, à Chicago.
L'élection d'Obama est historique, dans un pays où les Noirs n'avaient de facto pas accès aux bureaux de vote il y a encore un demi-siècle. Qui aurait cru qu'un Noir d'une quarantaine d'années, nommé Barack Obama, deviendrait un jour le candidat du parti démocrate? Après l'annonce de la victoire de Barack Obama, des scènes de liesse ont éclaté dans plusieurs villes américaines. Une immense clameur a fusé dans le parc de Chicago où le candidat démocrate avait donné rendez-vous à ses partisans. Des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le Grant Park ont laissé éclater leur joie et leur émotion, brandissant des drapeaux américains et des pancartes frappées du slogan "Yes we can" du sénateur de l'Illinois.
"L'Amérique change de couleur", estime le quotidien algérien arabophone El-Khabar. "L'Amérique a montré que tout est possible!", exulte le quotidien populaire allemand Bild. La venue d'un "Kennedy noir à la Maison Blanche", mots du quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar, va "transformer à jamais le pays de l'Oncle Sam", estime l'Al-Mustaqbal, proche de la majorité pro-occidentale libanaise. "L'Amérique tourne une page", croit lui aussi le journal grec Kathimerini (centre-droit). A l'instar de nombreux journaux, le quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung (NZZ) souligne que les Américains ont "franchi un pas supplémentaire en laissant derrière eux les anciennes barrières raciales". Mais la portée du vote ne s'arrêtera pas aux frontières des Etats-Unis, prédit le Guardian britannique (centre-gauche): "le peuple américain ... a fait le choix net d'un changement pour lui-même et pour le monde"."Victoire historique", titrent le magazine allemand Spiegel et le quotidien conservateur néerlandais Trouw. "Obama historique", barre la Une du Diario de Noticias portugais. "Obama change la couleur de l'Histoire", renchérit le quotidien espagnol El Mundo (centre-droit), tandis que son concurrent de centre-gauche El Pais souligne un "avant et un après" Obama.
Il étonnant de constater que même les dinosaures africains, les dictateurs au pouvoir,les tricheurs aux élections ont salué la victoire de Barack Obama ! Quelle hypocrisie ? Ne soyons pas dupes ni amnésiques, ne nous laissons pas rouler dans la farine par l'euphorie électorale du 44ème président des Etats-Unis, sans penser à nos propres pays. Ne profitons pas de la couleur de la peau d'Obama pour nous réjouir si vite et passant sous silence ce qui se passe sur le continent ? Quel est ce pays où les élections se tiennent sans effussion de sang ? Où les autres candidats ne sont pas pourchassés voire arrêtés ?
Savez-vous que pour les élections dites libres, démocratiques et transparentes de 2006 en République Démocratique du Congo, pour être candidat-président de la République, la commission Electorale Indépendante (CEI) n'avait exigé que le paiement de 50.000 dollars américains, aucune exigence sur le niveau d'études, sur son parcours personnel, sur les ambitions du candidat pour le pays, sur son programme politique...Les journalistes ont été muselés, les acteurs politiques baillonnés et les médias fermés par l'étouffoir des libertés: la Haute Autorité des Médias (HAM).
John Mc Maïn, le candidat républicain ira-t-il en exil pour avoir perdu les élections aux Etats-Unis ? L'exil, n'est-ce pas le sort de la majorité des acteurs politiques congolais aujourd'hui ?
Ni coup de feu, ni arrestations arbitraires intempestives et inopportunes des journalistes, la vie de deux candidats a été passé au peigne fin. Les débats entre les deux candidats n'ont pas été occulté. 3 grands débats ont permis aux américains de faire une idée sur le candidat de leur choix. Modeste Mutinga et tous les museleurs de la HAM, qui contre espèces sonnantes et trébuchantes et des postes au gouvernement, ont privé 60 millions des congolais du débat-républicain entre joseph Kabila et jean Pierre Bemba, applaudissent-ils Barack Obama pour sa victoire ? Yes, we can "Change ", l'Afrique n'a- t-il pas besoin aussi des dirigeants cultivés, engagés, novateurs, volontaristes, fédérateurs et sincères qui rassemblent tout le monde ?
Se contenter de la couleur de la peau de Barack Obama pour s'extasier de sa victoire aux Etats-Unis sans une volonté de changement dans les valeurs électorales sur le continent serait une grave erreur et un non sens.Or le ridicule ne tue pas sur le continent, cela le malheur des populations africaines.
Intense émotion encore au moment ou le futur président arrive sur scène, accompagné de sa femme Michelle et de ses deux filles, Malia et Sasha. Barack Obama, devenu ce mardi 4 novembre 2008, le premier Noir élu président des Etats-Unis, a fait chavirer l'Amérique, à 22h00. Il a déclaré devant la foule : "Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir"
Une immense clameur a fusé mardi soir (mercredi matin en France métropolitaine) dans le parc de Chicago où le candidat démocrate Barack Obama avait donné rendez-vous à ses partisans, à l'annonce de sa victoire à la présidentielle américaine.
Ce sont environ 65.000 personnes qui étaient présentes à Grant Park à Chicago
Parmi les nombreux supporters du sénateur Obama, un homme prend des photos. Il s'agit du réalisateur américain, Spike Lee
Scène de joie à Philadelphie
Le président élu qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain va hériter d'une situation économique extrêmement difficile. Les Etats-Unis, et le monde dans leur sillage, traversent la plus grave crise financière depuis celle de 1929. Le pays est engagé dans deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Obama a promis de baisser les impôts pour 95% des salariés, d'engager une politique de grands travaux et de garantir une couverture santé pour tous. Sur le plan international, il a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. La participation a atteint un niveau "sans précédent" dans plusieurs États clés. Certains experts estimaient qu'entre 130 et 135 millions d'électeurs pourraient avoir voté, contre 120 millions en 2004. Victoire écrasant dans les chiffres Non seulement, Obama a conservé les États remportés par John Kerry il y a quatre ans, mais il a conquis plusieurs fiefs républicains comme l'Ohio et la Floride qui avaient voté pour M. Bush en 2000 et 2004 ainsi que la Virginie qui n'avait pas voté pour un démocrate à la présidentielle depuis 1964. Il a également remporté les États du Nouveau-Mexique, du Colorado, et de l'Iowa, trois États remportés par le républicain George W. Bush en 2004. McCain est donné vainqueur dans le Kentucky, la Caroline du sud, le Tennessee, l'Oklahoma, l'Arkansas, l'Alabama, la Géorgie, le Dakota du Nord, le Wyoming, la Louisiane, la Virginie-Occidentale, le Texas, le Mississippi, Missouri, l'Utah, le Nebraska et le Kansas. Ambiance morose à Phoenix Avant même l'annonce de la victoire de M. Obama, l'ambiance était morose au Biltmore, un hôtel chic de Phoenix où les partisans de M. McCain s'étaient rassemblés. Les "McCain", "McCain", "McCain" répétés en boucle au début de la soirée avaient cédé la place au fil des heures à un sentiment mêlant calme, résignation et anxiété parmi la foule de plus d'un millier de personnes, composée dans une écrasante majorité de Blancs. Les Américains étaient aussi appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon des résultats partiels, les démocrates avaient ravi quatre sièges mardi soir aux républicains au Sénat américain ce qui leur permettrait d'être majoritaires. Les démocrates étaient également donné majoritaires à la Chambre des représentants.
Une puissante clameur s'élève au-dessus du Grant Park, un vaste jardin public cerné de buildings au bord du lac Michigan. Les résultats viennent de tomber: Barack Obama est élu président, et quelque 240.000 personnes, rassemblées pour fêter l'événement, laissent éclater leur joie.
Certains s'embrassent, dansent, d'autres applaudissent à tout rompre. Les larmes de joie coulent sur des dizaines et dizaines de visages. "Votre cœur palpite, palpite", explique Shirley Vaughn, peinant à trouver les mots pour exprimer sa joie de voir un Noir parvenir à la plus haute fonction élective de son pays. "C'est vraiment un moment historique, d'être ici avec tous ces gens", ajoute-t-elle.
"Je veux être capable de regarder en arrière dans 20 ou 30 ans et me dire que j'y ai pris part", affirmait Michelle Culpepper, 40 ans, arrivée sans billet mais ravie d'être là, à l'unisson d'une foule joyeuse.
A Chicago : "Le premier jour d'un nouveau chapitre"
Dans tout le pays, les mêmes scènes de liesse se répètent. A Seattle (Washington, nord-ouest), Philadelphie (Pennsylvanie, est) ou encore Atlanta (Géorgie, sud-est), des foules envahissent les rues.
A Hollywood (Californie, sud-ouest), la fête a des airs de jour de l'An: les gens s'embrassent et dansent au son des klaxons des voitures qui retentissent dans toute la ville.
"Ce soir, c'est le premier jour d'un nouveau chapitre de l'histoire de notre grand pays!", exulte John Richardson, un homme de 43 ans. Dans la banlieue ouest de Hollywood, bastion de la communauté gay en Californie, des centaines de personnes défilent dans une ambiance de carnaval.
Sur Times Square à New York, le carrefour le plus animé de Manhattan, ils sont des milliers à crier leur joie, devant les écrans géants qui relaient la victoire de Barack Obama. "Obama, Obama !": par des cris, des chants, des danses et des slogans, les Américains saluent chaque nouvelle. A Times Square :
"C'est un moment étonnant, historique pour l'Amérique. J'ai connu des périodes bien sombres pendant ces huit dernières années", commente Andrew Bernard, un producteur de film venu participer à la liesse avec son fils de 10 ans, Lincoln. "Je voulais que mon fils vienne et voit la lumière", dit-il.
La liesse à Brooklin : "L'Amérique lui a donné le meilleur job du pays!"
Tish Howard, 50 ans, une femme noire qui a grandi dans l'Etat d'Alabama et a connu la ségrégation : "Cette nuit veut dire beaucoup pour moi. Les Noirs à l'époque étaient laissés en dehors du processus politique". "Dans un grand nombre de communes rurales, les noirs ne pouvaient même pas voter", rappelle-t-elle.
Au "Body", un bar lounge de Harlem au nord de la ville, la victoire, annoncée sur des écrans plasma, libère la tension et toute l'émotion contenue. Une femme d'une trentaine d'années lâche: "L'Amérique lui a donné le meilleur job du pays!".
"En une génération, nous sommes passés d'esclaves à un président noir", dit-elle en décrochant son téléphone pour "appeler sa grand-mère de 95 ans" qui n'en revient sûrement pas.
"C'était génial"
Un dernier moment de recueillement pour le discours du vainqueur Obama, et une voix langoureuse entame "Yes we can" (le slogan d'Obama) version R'n'B. Le rythme s'accélère, la soirée continue sur la piste de danse.
A Washington, des jeunes scandant "Obama, Obama" sont rassemblés par centaines devant la Maison Blanche. Venus pour la plupart des universités proches, agitant des ballons aux couleurs américaines, ils reprennent le slogan de la campagne d'Obama: "Yes, we can !" ("Oui, nous pouvons !"). Une jeune femme, Laura Kiefer se réjouit d'être originaire de l'Ohio (nord), un Etat qui a joué un rôle essentiel dans la victoire de Barack Obama. "Tout le monde m'est tombé dans les bras. C'était génial", raconte-t-elle.


Commentaires
1. Le mercredi 5 novembre 2008 à 17:27, par Marie Muana Congo
2. Le mercredi 5 novembre 2008 à 17:38, par Djamba Yolé, le rédacteur de l'encrier de l'Atlanique Nord
3. Le mercredi 5 novembre 2008 à 17:47, par Prince Zeka Kangela
4. Le mercredi 5 novembre 2008 à 19:19, par Celine BUTUENA, Usa-Georgia
5. Le mercredi 5 novembre 2008 à 19:39, par atésolid'ére
6. Le mercredi 5 novembre 2008 à 20:54, par Pascal Kapella
7. Le jeudi 6 novembre 2008 à 10:08, par Agneau
8. Le jeudi 6 novembre 2008 à 13:22, par Philippe Mengi Lutete wa Lutete
9. Le jeudi 6 novembre 2008 à 14:21, par Steve Mukunda
10. Le jeudi 6 novembre 2008 à 15:11, par jack
11. Le jeudi 6 novembre 2008 à 15:19, par MKM
12. Le jeudi 6 novembre 2008 à 15:22, par MKM
13. Le jeudi 6 novembre 2008 à 16:04, par bendo felix
14. Le jeudi 6 novembre 2008 à 17:08, par Marie
15. Le jeudi 6 novembre 2008 à 19:54, par pertinence
16. Le vendredi 7 novembre 2008 à 07:50, par daddy dala
17. Le samedi 8 novembre 2008 à 11:05, par Moustapha
18. Le mardi 11 novembre 2008 à 10:32, par Mercur
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