CONGO: Pour tuer l'information, on assassine les professionnels des médias !
Par Freddy Mulongo, mardi 25 novembre 2008 à 10:43 :: radio :: #222 :: rss
Les marches, les sit-in, les journées "médias silence" fléchiront-ils les bourreaux des professionnels des médias en RDC ?
Les professionnels des Médias congolais pour ceux qui l'ignorent encore,doivent savoir qu'ils vivent en sursis et sont des rescapés. Ils sont journalistes et professionnels des médias en danger car comme le dit si bien l'adage des Peuls dans l'extrême Nord du Cameroun: "Si on rase ton camarade. Mouille-toi la tête, ton tour arrive ! " A qui le tour ? Qui sera le prochain victime ? En apprenant l'assassinat de Didace Namujimbo, 34 ans, journaliste à la Radio Okapi devant son domicile, c'est la consternation. Chacun de nous est extrêmement de la terreur que font régner certains hommes en uniforme sur les confrères en République Démocratique du Congo. L' atteinte à la Liberté de la Presse est plus que flagrante, avec l'assassinat de Didace Namujimbo, cette fois on n'interdit pas la radio de diffuser, mais on assassine son présentateur !
Les discours larmoyants des politiques congolais après chaque assassinat d'un professionnel des médias ne convainquent plus.
Les scénarios sont les mêmes: tous les journalistes congolais sont tués la nuit, à proximité de leur domicile, on retrouve sur eux l'argent mais leur appareils téléphoniques...Et après on arrête des "innoncents" que l'on présente comme des assassins. On organise une mascarade de procès souvent dans un auditorat militaire, il arrive parfois que les présumés assassins se rebiffent, pendant ce temps les vrais commanditaires courent toujours et jouissent de l'impunité.
Didace Namujimbo est le deuxième journaliste de la Radio Okapi tué par balle à Bukavu en l’espace d’une année et le sixième professionnel des médias tué en RD Congo au cours des trois dernières années presque dans les mêmes circonstances.
Franck Kangundu Ngycke, le chef de la rubrique politique du quotidien «la Référence Plus», a été abattu dans la nuit du 2 au 3 août 2005 devant la porte de sa maison, au quartier Mombele, commune de Limete-Kinshasa peu après que ses assassins, qui l’y attendaient, eurent abattu sa femme Hélène Mpaka qui était venu le chercher, à son bureau, après avoir pris part à un deuil… La veille, il revenait d’un reportage dans l’arrière-pays, dans la province de Bandundu dont il était originaire, avec deux dignitaires du parti présidentiel PPRD, le gouverneur de la ville de Kinshasa Jean Kimbunda et la secrétaire générale adjointe Marie-Ange Lukiana, tous deux du Bandundu. Il revenait de sa rédaction de «la Référence Plus», quartier Matonge, comme tous les soirs lorsqu’il était «de marbre» ou avait un «papier» à faire.
Louis Bapuwa Muamba, un ancien journaliste de Jeune Afrique Economie et de l'Agence Congolaise de Presse, agé de 64 ans, il avait laissé sa famille en France. Il était rentré en République Démocratique du Congo pour couvrir les élections dites "libres, démocratiques et transparentes" de 2006. Il travaillait pour plusieurs journaux à Kinshasa et en particulier pour le quotidien "le Phare". Pour la première fois il avait proposé de l'argent aux assassins et était laissé en vie. Trois après, sa proposition fut refusé, tentant la fuite, il n'a jamais eu le temps d'escalader la clôture de la maison familiale à Matete-kinshasa.
Mutombo Kayilu, le technicien du Renatelsat, a été tué au poignard le 29 mars 2006 au Katanga (Sud-est).
Serge Maheshe, 31 ans, journaliste de la radio Okapi, parrainée par l'ONU, a été tué à Bukavu en juin 2007. Il a été tué dans la rue alors qu'il se trouvait avec deux amis. Ils étaient sur le point de remonter dans une voiture, marquée du sigle des Nations unies, devant le domicile d'une troisième personne à qui ils venaient de rendre visite. Serge Maheshe a été tué de plusieurs balles. Ses deux amis n'ont pas été blessés.
Patrick Kikiku Wilungula,35 ans, marié et père de huit enfants, le photographe collaborait à plusieurs journaux, L'Hebdo de l'Est paraissant à Kinshasa dont en tant que photojournaliste et reporter indépendant. Il travaillait aussi pour l'agence congolaise de presse (ACP, officielle). Il a été tué en août 2007 d'une balle au quartier Katoyi, au nord-ouest de Goma.Ni son téléphone, ni l'argent en sa possession n'a été emporté. Le photographe a été abattu à environ 100 mètres de son domicile alors qu'il revenait d'une manifestation foraine au centre-ville de Goma. Il a été "abordé par plusieurs hommes armés" qui ont emporté son appareil photo. Une année après l'odieux assassinat, l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) a mené plusieurs investigations et a conclu que la mort de Patrick Kikuku à Goma ne s’agissait pas d’un crime crapuleux, mais plutôt d’un acte prémédité. Les assaillants de Patrick Kikuku voulaient s’accaparer de l’appareil photo qui contenait des images compromettantes sur l’assassinat en 2007 de Bwana Cui, Secrétaire général du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD/ Nord Kivu) et cadre à l’Office congolais de contrôle (OCC).
A l'heure où les autres garçons dans le monde jouent aux billes, au Congo les "kadogos" jouent au Kalachnikov. La kalchnikov se retrouvent aux mains des miliciens, rebelles , mercenaires et soldats loyalistes. Et le gouvernement "légitime" ne sait pas protéger ses citoyens.
Dans une République bananière où seuls les seigneurs de guerre sont respectés et accèdent au pouvoir doit-on s'étonner des assassinats des journalistes ? Dans un pays où chaque acteur politique à sa station de radio et chaine de télévision, le pluralisme médiatique est-il encore de mise ?
Avant les élections, la Haute Autorité des Médias (HAM) avait eu la lumineuse sombre idée de recueillir les adresses des professionnels des médias pour qu'ils soient protégé. Fort heureusement l'Union nationale de la presse congolaise (Upc),l' observatoire des médias congolais (Omec), l'Association des radios associatives et communautaires (Arco), Journalistes en danger (Jed)... s'y étaient opposé. A supposer que cette idée de l'étouffoir des libertés (HAM) ait été mis en application et que par ricochet, l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) et tous les services civiles et militaires soient en possession les adresses physiques des professionnels des médias congolais, ce ne sont pas six assassinats qu'on déploreraient aujourd'hui mais plusieurs.


Commentaires
1. Le mardi 25 novembre 2008 à 11:28, par Pierrot Ngadi
2. Le mardi 25 novembre 2008 à 13:04, par Congolaise
3. Le mardi 25 novembre 2008 à 14:34, par MWINDA VICTOIRE
4. Le jeudi 27 novembre 2008 à 14:18, par Malonga Miatudila"
5. Le jeudi 27 novembre 2008 à 14:21, par Serge Musasilwa
6. Le jeudi 27 novembre 2008 à 16:37, par Marie Muana Congo
7. Le jeudi 27 novembre 2008 à 21:43, par Maurice-Blondel
8. Le vendredi 28 novembre 2008 à 11:25, par Badylon Kawanda, Kikwit
9. Le vendredi 28 novembre 2008 à 14:58, par bokoul
10. Le lundi 1 décembre 2008 à 21:16, par Nzuzi
11. Le mercredi 3 décembre 2008 à 16:48, par ka
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