Me Richard Kwebe a fait visionner une k7 vidéo dans laquelle, M. Donat Mbaya, président de Journalistes en Danger (Jed) a indiqué que le témoin numéro 9, un caméraman de Tropicana Tv à Kinshasa avait reçu l'argent pour aller filmer les preuves contre Jean Pierre Bemba à Bangui, en République centrafricaine. Ce caméraman a porté ces allégations devant Jed et un organisme Hollandais qui soutient les journalistes.

Notre confrère a indiqué qu'il était parti avec Kabeya Pindi Passy, ex-président de l'Union Nationale de la Presse Congolaise (Unpc) et directeur de Tropicana TV. Il témoigne, pour filmer les images pouvant être utilisées par la CPI, avoir reçu 2000 dollars de la part de l'ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bangui. Ce détail de Donat Mbaya, président de Jed a boulversé la cours du procès et l'ensemble des personnes qui participent à l'audience à La Haye.

On se demande pourquoi Kabeya Pindi Passy a amené ce cameraman à Bangui ? Pourquoi l'ambassadeur de la RDC à Bangui a-t-il payer une somme a des journalistes congolais pour une affaire centrafricaine ?

Les écailles commencent à tomber à la Haye.

Accusations contre Bemba

"Jean-Pierre Bemba voulait traumatiser et terroriser la population afin de la décourager de soutenir les rebelles", a accusé le procureur Fatou Bensouda : "il a utilisé les viols comme une arme de guerre (...) les viols de mères en présence de leurs enfants et d'enfants devant leurs parents forcés à regarder".

Selon l'accusation, le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba a commis sur les instructions de ce dernier des viols, meurtres, tortures et pillages entre octobre 2002 et mars 2003, lorsque ses soldats sont venus appuyer les troupes du président centrafricain Ange-Félix Patassé menacé par une rébellion. "Les hommes de Bemba allaient de maison en maison, pillant la propriété des civils, violant les mères, épouses et filles, sodomisant les chefs des communautés et d'autres hommes, tuant ceux qui résistaient ou essayaient de se protéger", a déclaré Mme Bensouda.

Karim Asad Ahmad Khan, avocat de la défense, a rejeté les accusations portées contre Jean-Pierre Bemba en faisant valoir qu'il ne pouvait être tenu responsable de crimes commis par ses soldats parce que ceux-ci étaient placés sous "le commandement et le contrôle" du gouvernement de Patassé. "Les uniformes, la nourriture et l'argent, tout cela était fourni aux soldats du MLC, non par les autorités de la RDC, non par M. Bemba (...), mais par le chef d'Etat de la République centrafricaine", a dit Khan, ajoutant que l'accusation n'avait pas pu établir d'intentions criminelles imputables à l'accusé.

La Cour pénale internationale tient jusqu'à jeudi des audiences dites "de confirmation des charges", durant lesquelles la chambre préliminaire s'assure que les accusations du procureur contre un suspect "présentent des éléments de preuve suffisants". Après les quatre journées d'audiences préliminaires à un éventuel procès, l'équipe de trois juges aura soixante jours pour décider de mettre sur pied un procès ou non.