La République Démocratique du Congo à l'ombre du génocide rwandais: la responsabilité de l'Europe et de l'Amérique
Par Freddy Mulongo, samedi 17 janvier 2009 à 06:35 :: radio :: #266 :: rss
Le député Théodore Ngoy, dans une intervention devant la plénière du Parlement du Katanga
C'est le titre de l'ouvrage en gestation sous la plume de Me Théodore Ngoy,Pasteur, Avocat, Doctorant en droit à l'Université de Kinshasa, Politoloque licencié de l'Université de Kinshasa, Député élu du Katanga, en exil forcé à Oxford, en Grande-Bretagne.
Déjà, alors que l'ouvrage est en cours de rédaction, une série de conférences a été programmée dont l'une a eu lieu le 2 décembre 2008 à Oxford university, Department of International Developpement, sous le thème:"The Congo in the shadow of the rwandan genocide: the responsability of Europe and America, what must be done to bring about a final end to the crisis?"
Entre temps, c'est sous la forme d'un mémo qu'une synthèse de ce projet de livre a été envoyé au Président Nicolas Sarkozy, en sa qualité de Président en exercice de l'Union européenne, à charge pour lui de le transmettre, officiellement, à tous les responsables européens, américains et ceux de l'Organisation des Nations unies.
Le point capital du mémo du Pasteur Théodore Ngoy, c'est que depuis 1885 jusqu'à ce jour, la population congolaise n'a aucune importance aux yeux des européens et des américains. Au contraire, pour les leaders euro-américains voire africains, la population congolaise a le tort de posséder et de vivre sur une terre considérée comme un scandale géologique et qui devait appartenir à tout le monde.
Par conséquent la population doit être massacrée si elle n'est pas utilisée dans l'exploitation des richesses congolaises convoitées par le monde entier, le peuple congolais devant, en tout temps, rester le grand perdant. Ses dirigeants doivent être, sans envergure,incompétents, féroces, capables de les massacrer, de les terroriser tout en affaiblissant l'Etat.
Le dirigeant qui ose protéger la population et défendre son pays est traité de la même façon que la population elle-même: on le massacre, on le découpe et on le jette au mieux dans une fosse commune au pire dans de l'acide sulfurique. C'est ainsi qu'à été traité Emery Patrice Lumumba.A travers lui, c’est le peuple congolais que l’on découpait.
Et,cet acharnement contre le corps de Lumumba et de ses compagnons n'est pas une invention de 1960. Léopold II en son temps faisait couper les mains à ceux qui n'apportaient pas la quantité voulue de caoutchouc et de l'ivoire. Tous les résistants subissaient un sort horrible: déportation, travail forcé, mains coupées jusqu'à ce jour.
En effet, affirme Théodore Ngoy, Mobutu fit mutiler Pierre Mulele. Alors que Mulele était vivant, on lui arracha ses membres, un à un. Aujourd'hui à l'ombre du génocide rwandais,kagamé, Nkundabatwaré, en accord avec Joseph Kabila, sous la protection des européens et des américains font la même chose: ils dispersent les congolais, les massacrent, les découpent en morceaux, pendant que le coltan, et d'autres ressources congolaises sont exploitées au détriment des congolais et du Congo.
Une attitude des députés Nazem(congolais d'origine libanaise) et Théodore Ngoy, dans le hall d'entrée du Parlement du Katanga (Bâtiment du 30 juin) à Lubumbashi
Théodore Ngoy révèle que Patrice Lumumba avait entrevu clairement ce destin maccabre du Congo et des Congolais, bien avant 1960, dans son livre prêt à être publié le 17 décembre 1956 sous le titre: "Le Congo terre d'avenir est-il menacé ?”
Le livre a finalement été édité à Bruxelles, en 1961, par l’Office de Publicité. La version anglaise du Manuscrit de “The Congo, land of the future, is it threatened?” a, selon le Pasteur Théodore, été publié, sous le titre, “Congo my country”, par “The Pall Mall Press Ltd”, London.
Et pour nous en convaincre, le Pasteur Théodore Ngoy nous a fait parvenir une lettre en français portant la signature de Lumumba et une autre en anglais, toutes deux extraites du livre suscité.
Ainsi, écrit le Pasteur Théodore, Lumumba ne fut pas tué à cause de son brillant discours du 30 juin 1960, que les belges considerèrent de mauvaise foi comme une véritable phillipique mais bien parce que déjà, longtemps avant 1960, il avait compris que pour les américains et européens, la vie des congolais ne compte pas mais seulement leurs richesses.
En effet, comme on peut le lire dans l’ouvrage de Jean Van Lierde, préfacé par Jean Paul Sartre, la pensée politique de Patrice Lumumba était en avance sur son temps. Lumumba disait, en effet,: “Et c'est grâce au Congo que la Belgique est ce qu'elle est aujourd'hui. Pour elle, ce ne sont pas des vies humaines qui comptent, c'est l'Union Minière, c'est l'argent du Congo qui comptent.Les Occidentaux ont voulu que notre gouvernement soit à la solde des impérialistes.
Des traités nous ont été proposés. J'ai décidé de ne point signer ces accords, parce qu'ils ne signifient rien d'autre que la domination économique du Congo par les groupes financiers de la Belgique.Comme nous sommes un gouvernement nationaliste, qui ne vise que l'intérêt de la patrie, ceux qui convoitent nos richesses tentent de provoquer l'anarchie, pour finalement monter la population contre nous et faire tomber notre gouvernement.
Ils se serviront alors de marionnettes qui n'hésiteront pas à signer aveuglément n'importe quel accord pour placer le Congo sous une domination étrangère. Voilà la vérité(Lierde J, V, la Pensée politique de Patrice Lumumba, Présence Africaine,2000, p.286).
C'est cette vérité de Lumumba que Bernard Kouchner appelle, aujourd’hui, la réalité effrayante qui empêchera toujours l'établissement de la paix au Congo.
Pour bien comprendre le contour de cette réalité effrayante et les solutions envisageables , Réveil FM invite les congolais en 17 janvier 2009 à lire le mémo du Pasteur Théodore Ngoy, sur la crise et qui, indiscutablement, s'inscrit dans la ligne droite de Patrice Lumumba.
Effectivement, Jésus-Christ de Nazareth, le Fils de Dieu, son sauveur et son Seigneur, Patrice Lumumba, Martin Luther King, sont les modèles politiques, lesquels, selon lui-même, inspireront toujours le Pasteur Théodore dans sa lutte contre le mensonge et l’injustice contre le Congo.
Théodore Ngoy croit fermement aux paroles de Cynthia McKinney, ancienne Congresswoman américaine lorsqu’accusant Bill Clinton et Madeleine Alrigth d’etre responsables de la guerre au Congo, elle affirme “basically, the fundamental issue is truth, and from truth we can get justice and from justice then we can get peace” (Phil Taylor The Taylor Report).
Lisons donc ce mémo et soutenons-nous les uns les autres pour etre forts ensemble au lieu de toujours, tirer, pour l’affaiblir et de ce fait, affaiblir la lutte, sur quiconque veut se présenter comme Lumumba,: “To govern people is to guide and educate them...for the people I have no past, no parents, no family. I am an idea...I have no right to sleep as long as the people are not masters of their own destiny...”(Lire Patrice Lumumba, Congo my country, London, 1962,pp x, xi. Ce que le Pasteur Ngoy traduit, pour nous, comme suit: “Gouverner consiste à guider le peuple, à l’éduquer...pour l’intéret du peuple,je n’ai ni passé, ni parents, ni famille. Je suis une idée...Je n’ai pas le droit de me reposer, de dormir, tant que le peuple n’est pas devenu maitre de son propre destin”.
Député provincial du Katanga
Oxford, le 12 décembre 2008
N/Réf. :
V/Réf. :
H/TNIWNS/P/A/DP/AM/ 035/08
A Son Excellence Monsieur le Président de la République française, Président en exercice de l’Union Européenne, Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-honoré
75008 Paris
Excellence Monsieur le Président, Concerne : Le Congo à l’ombre du génocide rwandais, la responsabilité de l’Europe et des Etats-Unis : memo pour une sortie définitive de la crise.
Le 10 décembre 1948, il y a 60 ans, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée Générale des Nations Unies, réunis à Paris, au Palais de Chaillot, ont adopté la Déclaration Universelle des droits de l’homme, considérant, dans son préambule, notamment, que la « méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité ».
Permettez-moi, de vous prier de regarder la photo ci-après et essayer de dire à ces enfants congolais que, conformément à l’article 3 de la Déclaration Universelle, « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».
Peut-être leur direz-vous la même chose que l’un de vos illustres prédécesseurs, Jules Ferry, que les droits de l’homme n’ont pas été écrits pour eux. Et qu’à cause du génocide du Rwanda, des hutus accusés collectivement de ce génocide (toutes générations confondues) et amenés au Congo par l’opération turquoise, œuvre de la France et de l’ONU, le régime de Kagamé et les tutsis, victimes du génocide, peuvent se permettre « tous les excès et toutes les atteintes aux droits de l'Homme sans que quiconque ne bouge ou presque dans la communauté internationale » (Colonel Jacques Hogard, ancien commandant dans l’opération turquoise, « la désinformation : le cas concret du Rwanda », Libre opinion, Cahiers du CESAT, numéro 13, Septembre 2008).
Bernard Kouchner ne vient-il pas de confesser qu’il y a une « contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France ».
En fait, au nom de la politique étrangère euro-américaine convenue pour traiter les questions relatives au Congo et dans la région des grands lacs, pour ces pauvres enfants, dont la photo m’arrache chaque jour d’abondantes larmes, les droits de l’homme n’existent pas. Leur « avenir c’est la guerre », ainsi que l’a avoué, un autre enfant victime, Louis. A moins que les européens et les américains n’arrêtent cette guerre économique et hégémonique qu’ils ont imposée au Congo et les massacres qui en sont l’une des conséquences.
Excellence Monsieur le Président,
Vous le savez, en effet, « le Général tutsi Rwandais/Congolais, Laurent Nkunda (CNPD), le bras droit du Président rwandais Paul Kagamé et ses Forces Rwandaises de défense », (C’est ainsi que l’identifie, avec raison, le journaliste espagnol, Jordi Palou-Loverdos, dans le texte ci-après) terrorise les congolais, dans l’Est du Congo, en les massacrant et/ou en les obligeant délibérément de fuir dans tous les sens, faisant d’eux des refugiés dans leur propre pays. Entretemps, il transfère des populations du Rwanda sur les terres abandonnées dans le but bien connu de revendiquer une zone de protection , puis un Etat autochtone, pour les « Tutsis congolais en danger » au Congo.
Déjà, à l’appui de cette perspective, des écrits paraissent, soudain; de petites phrases sont lâchées, affirmant, in tempore suspecto que N’kundabatwari est « chez lui », sur ses terres. Dans une question qu’elle pose à Kagamé, la journaliste belge, Collette Braeckman, insinue que N’kundabatwari serait un « Munyarwanda congolais » entrain de faire légitimement face à « l’insécurité que connaîtraient les Banyarwanda (Congolais d’expression rwandaise) » (Braeckman, C, Le Soir, 06 septembre 2008).
Effectivement, le commissaire européen belge, Louis Michel, après avoir soutenu, comme tous les occidentaux, que seuls l’Accord de Lusaka, le Dialogue inter congolais et, in fine, les nouvelles institutions, qui naîtraient des élections générales, mettraient fin à tout conflit en RDC et, en conséquence, rétabliraient, l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire congolais, soutient, paradoxalement, que« tant que les revendications de M. Nkunda portent sur(…) les préoccupations de la population de l’Est, c’est légitime ».
Son compatriote, Herman De Croo, ancient président de la chambre des représentants, intervenant au cours d’une rencontre avec le collectif des femmes congolaises, a osé affirmer qu’ « à voir l’espace qu’occupe Nkundabatware, il n’y a pratiquement plus qu’une seule ethnie. Il est véritablement « chez lui»…En attendant, il faut une concertation pour la répartition de vos richesses» (http://cheikfitanews.over-blog.net/article-25645873.html).
Dans un article récent, qu’il vient de faire publier dans un des grands journaux européens, « The Guardian », l’auteur de « Last King of Scotland », le professeur britannique Giles Foden, n’a-t-il pas osé écrire qu’ « à plus long terme, étant donné que le Congo oriental paraît ingouvernable de Kinshasa, je ne vois aucune option sinon la création d'un État tampon sur les rivages occidentaux des lacs Kivu et Tanganyika. Ceci pourait être réalisé par les forces régionales avec l’appui de la Monuc et de l’Union Européenne » « in the longer term, as eastern Congo seems ungovernable from Kinshasa, I see no option but the creation of a buffer state on the western shores of Lakes Kivu and Tanganyika. This could be achieved by regional forces with Monuc-EU backup» (Foden, G, Act now or Congo could be Rwanda all over again, The Guardian, Tuesday 16 December 2008).
Ainsi l’Europe soutient un nettoyage ethnique et un génocide contre le peuple congolais, pour, plus tard, prouver, que « Laurent Nkunda est ici chez lui », comme l’écrit Jean-philippe Rémy, du Journal “le Monde”, tout en indiquant que « ses troupes viennent de commettre un massacre » (Jean-Philippe Rémy, le général Nkunda prêche, la Bible dans une main, une kalachnikov dans l'autre, le monde 10.12.08 mis à jour le 11.12.08 ).
C’est pourquoi, Jordi Palou-Loverdos, le journaliste espagnol se demande si le monde ne serait pas entrain de faire face à une « barbarie néo-esclavagiste » plutôt qu’à une crise humanitaire.
Il identifie, en effet, à charge de Nkunda et Kagamé, des actes hostiles, agressifs et d’humiliation, contre les populations congolaises, qui sont constitutifs « d’actes d’extermination », au cours d’une guerre qui a fait plus de victimes, depuis la deuxième guerre mondiale (El Congo: ¿Crisis humanitaria o neo-esclavismo bárbaro? Este diario se hacía eco de las palabras del reciente Premio Príncipe de Asturias de Ciencias Sociales Tzvetan Todorov en su libro “El miedo a los bárbaros” en el que se habla de la barbarie como “actos humillantes, hostiles, agresivos que en casos extremos llegan al exterminio”. Si hay que poner cuerpo a la barbarie y al exterminio debemos mirar a la cara a los seres humanos que ¿viven? en África Central, en el conflicto que ha producido más víctimas desde la Segunda Guerra mundial. Y volvernos entonces frente a los que están ejecutando dicha barbarie y exterminio. Esta semana empiezan a llegar a los diarios imágenes de inacabables hileras de refugiados congoleses huyendo despavoridos de los ataques del General tutsi rwandés/congolés Laurent Nkunda (CNDP), brazo derecho del presidente rwandés Paul Kagame y sus Rwandan Defence Forces (RDF) en el este de la RD Congo (¡hasta EEUU ha admitido ahora que Nkunda y sus 4000 acólitos utilizan el territorio de Rwanda para sus ataques! http://www.elplural.com/opinion/detail.php?id=26662).
En effet, au lendemain du génocide du Rwanda, et à l’ombre de ce génocide, la République Démocratique du Congo est redevenu le théâtre d’un massacre de plus. Mais cette fois-ci, au moins, l’Europe ose avouer que « c’est un massacre comme il n’y en a probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux, avec plus d’un million de réfugiés, avec des attaques très précises, des mutilations sexuelles qui font partie des actes élémentaires de la guerre dans cet endroit » (déclaration du Ministre des Affaires Etrangères de la République française, le 31 octobre 2008 sur la radio Europe 1, mise en ligne le jour 01 novembre 2008 par « Libération.fr »).
Sur ce même registre, un haut fonctionnaire de l’ONU, qui a exercé d’importantes responsabilités en Bosnie, au Cambodge, au Rwanda et au Congo, a écrit sans ambages qu’ « il est probable que plus de personnes soient mortes(directement ou indirectement) en raison du conflit en République Démocratique du Congo (RDC) de 1996 à ce jour, que dans les génocides rwandais et cambodgiens » (« It is likely that more people have died (either directly or indirectly) as a result of the conflict in the Democratic Republic of Congo (DRC) from 1996 to the present, than in the Rwandan and Cambodian genocides», B. Reid , T., “killing them softly: has foreign aid to Rwanda and Uganda contributed to the humanitarian tragedy in the DRC?”, in Africa Policy Journal, John F. Kennedy School of Government, Harvard University, Spring 2006, volume 6, www.hks.harvard.edu).
« Il n’est pas question de laisser ça se perpétrer» s’est écrié le Ministre, Bernard Kouchner. Cependant, accompagné de son collègue Britannique, David Miliband, il ne s’est rendu au Congo qu’ «avec l’espoir de rétablir la paix » et non d’imposer la paix, en exigeant aux occupants de cesser le feu et de regagner leur pays, comme l’Europe l’a récemment fait en Géorgie, sous votre présidence.
Parce qu’en en effet, selon l’aveu du Ministre français, il s’agit, au Congo, d’« une paix qui a déjà été rétablie plusieurs fois et qui hélas se brise sur une réalité effrayante».
Dès lors, à moins d’être comprise, sa cause, ses formes périodiques et ses auteurs mis en lumière (I), avant d’envisager les mesures logiques qu’elle appelle pour mettre définitivement fin à la crise (II), cette « réalité effrayante », se dressera à toujours en obstacle sur le chemin de la paix en RDC et, en conséquence, dans toute la région dite de Grands Lacs. Le présent memo se veut une réponse à cette problématique.
Et, c’est précisément à cette fin que je me fais l’honneur de vous le destiner, au nom du peuple congolais, et en ma qualité d’élu de mon pays, contraint à l’exil, par la violence du général John Numbi et du Président Joseph Kabila, lesquels ont, le 23 mars 2007, fait incendier mon cabinet d’avocat, ma résidence et l’Eglise de la Gombe dont je suis le Pasteur, pour me punir du fait que je ne partage pas leurs opinions politiques. J’étais alors en visite en Europe et en Grande Bretagne, avec l’autorisation du bureau de mon Parlement.
Excellence Monsieur le Président
A travers vous, je destine ce mémo à toutes les autorités des Etats membres et des Institutions de l’Union Européenne, des Etats-Unis d’Amérique, du Canada et des Nations Unies, et vous saurais gré de bien vouloir le leur transmettre, officiellement.
Pour ma part, je le communiquerai aux médias et à tous les hommes et les organisations qui luttent contre l’injustice dans le monde, afin que la vérité soit rétablie sur les causes de la présente guerre au Congo, sa nature et ses buts ; la vérité de la quelle naîtra la justice qui conduit à la paix.
Ce fut aussi ce point de vue que défendit Madame Cynthia, alors membre du Congrès américain devant la commission, point de vue sur lequel nous revenons en introduction des mesures correctives, que nous proposons pour mettre fin à la guerre.
I. La « réalité effrayante » et sa principale cause
En avril 2001, commentant son rapport devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le groupe d’experts de l’ONU sur le pillage et l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la RDC, par la voix de sa Présidente, Mme SAFIATOU BA-NDAW, avait révélé au monde la « réalité effrayante » et sa principale cause en de termes simples, clairs mais tragiques: « la vie des populations civiles de la RDC est exposée au jeu du hasard par le fait de cette guerre du pillage des richesses de leur pays. Leur vie tient au fil du rasoir ». “Le Petit Robert” traduit à juste titre l’expression “fil du rasoir” par « une situation instable et dangereuse ».
En effet, selon ces experts de l’ONU, la richesse de la République Démocratique du Congo suscite une convoitise à laquelle les chefs des armées étrangères, et les associations des criminels ayant des ramifications et des liens dans le monde entier, ne peuvent résister. Les chefs, les hommes d’affaires, de différents pays, soutenus par des sociétiés multinationales avaient et continuent d’avoir besoin ce conflit en RDC pour avoir « accès à cinq ressources minérales de première importance – colombotantalite, diamant, cuivre, cobalt et or. Le contrôle et le commerce de ces matières sont « les principaux motifs du conflit en République Démocratique du Congo”.
S’étant rendu compte que la guerre s’entretient d’elle-même, ils ont créé ou protégé des réseaux criminels qui prendront vraisemblablement le relais si les armées étrangères quittent un jour la République Démocratique du Congo… ». De tous les acteurs du drame ainsi décrit, précisait le groupe, « seul le peuple congolais est PERDANT au regard de cette gigantesque entreprise » (Rapport du Groupe d'Experts, sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesse en République démocratique du Congo (RDC), 12 avril 2001, p. 42 § 217, 218).
De son coté, dans son rapport annuel 2001, Human Rights Watch affirmait que « l’occupation ougandaise aggrave les problèmes du Congo» et que « l’exploitation illégale des ressources minérales et autres a aussi exacerbé la souffrance de la population dans les provinces du Kivu occupées par le Rwanda et le Burundi ». L’organisation appelait alors le Conseil de Sécurité à « agir de façon décisive pour arrêter les carnages »(http://www.hrw.org/legacy/reports/2001/drc).
Ainsi, cette « réalité effrayante » n‘est autre chose que “les carnages” (le fait de tuer, de mettre en pièce une grande quantité d’hommes) cycliques des congolais sur leur propre territoire en vue de s’assurer le contrôle et l’exploitation, au rabbais, des ressources naturelles, immenses et variées, de leur pays.
A cet objectif principal, s’est joint, au lendemain du genocide rwandais, celui de l’occupation des espaces par les tutsis, au moyen du nettoyage ethnique et/ou de la dispersion des autochtones congolais , qui, terrorisés , fuient dans la forêt. Ils y sont poursuivis, violés, hommes, femmes,enfants, jeunes, vieux, vieillards, comme dans un film d’horreur, sous les yeux de la communaute internationale, à travers les médias occidentaux.
L’un d’eux, le journal “Libération”, évoquant le massacre du 05 novembre 2008 à “Kiwanja” , perpétré sciemment par les Tutsis, parle du “nettoyage qui embarrasse les Nations-Unies”(http://www.liberation.fr/monde/0101267755-au-nord-kivu-le-nettoyage-qui-embarrasse-les-nations-unies, 21 novembre 2008)
II. Les formes intermittentes de la « réalité effrayante » et ses auteurs
1 La traite négrière, la déportation et le massacre des congolais
La traite négrière transocéanique fut la première forme de la « réalité effrayante ». La découverte du nouveau monde, l’Amérique, la culture de la canne à sucre, du coton, de la banane, la construction de l’Europe, nécessitèrent rapidement une main d’œuvre qui fut essentiellement puisée dans le continent noir. C’est dans ce contexte que les populations de l’Afrique furent pendant cinq siècles traquées et déportees loin de leurs contrées, le père vers la Louisiane, la mère en Haiti, l’enfant à Cuba ou au Brésil, portant chacun juste un numéro matricule. Plusieurs furent massacrés : 50 à 100 millions de deportés, dont 10 tués pour un captif.
A lui seul le Congo fut privé, selon le père Rinchon, de plus de 13 millions des vies, dont plusieurs s’éteignirent en route (Rinchon, D, « La Traite et l’esclavage des Congolais par les Européens : Histoire de la déportation de 13.250.000 Noirs en Amérique », Bruxelles, 1929).
2. L’Etat Indépendant du Congo et l’holocauste oublié des congolais
En 1885, les pays européens, (l’Autiche-Hongrie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Belgique, le Danemarque, l’Empire Ottoman (la Turquie), L’Espagne, la France, l’Talie, le Portugal, la Russie, les Pays-Bas (la Hollande), la Norvège-Suède) et les Etas-Unis d’Amérique décide d’inventer la nouvelle forme de cette réalité effrayante. Ils se réunissent, à cet effet, dans la ville de Berlin. Aucun chef africain n’y était invité .La France fut représentée par Jules Ferry, alors Président du Conseil.
Plus que tous les autres pays, c’est le Congo qui est au cœur des rivalités et de la convocation de ladite conférence à la demande du Portugal. Il s’agit, en fait, de départager ce dernier, la France et l’Association Internationale du Congo (une compagnie privée de Léopold II), qui se disputent le contrôle du riche bassin du Congo. Le Royaume-Uni en a bloqué l’accès à cette dernière, à la demande du Portugal.
Présidée par le chancelier allemand, Bismarck, la conférence internationale de Berlin, divise le Congo en trois parts : 666000 km pour la France (c’est-a-dire le Congo-Brazzaville et la République Centrafricaine) 909 km pour le Portugal (l’Angola) alors que 2.344.000 km deviennent la possession personnelle de Léopold II. C’est par une fiction (mensonge) juridique et pour l’apparence l’« Etat Indépendant du Congo ».
Mais en réalité, le Congo un comptoir au service de toutes les puissances en présence dont est le gardien est Léopold II. En effet, le bassin conventionnel du Congo est soumis aux principes de la liberté de navigation (tout comme le fleuve Niger) et du commerce.
Les habitants de ce comptoir euro-américain devinrent des enclaves au service des agents de Léopold II. Ceux-ci avaient le droit de les vendre, de les mutiler, ou de les tuer, en rasant des villages entiers, s’ils ne leur apportaient pas la quantité de caoutchouc et de l’Ivoire exigée. En juillet 1890, un noir américain, Georges Washington Williams, lors de sa visite au Congo, accusa Leopold II d’être «coupable des crimes contre l’humanité » dans un rapport qu’il adressa au président américain de l’époque.
Par son système, le roi des belges, «faucha cinq à huit millions de vies ». Les congolais ne furent plus que des « fantômes » errants, victimes d’ « un holocauste oublié » (Hochschild A, « Les fantômes du roi Léopold, un holocauste oublié » Ed. Belfond, Paris, 1998, pp 11,136).
Pour l’aider dans son entreprise macabre, Léopold II n’hésita pas à s’adjoindre les services d’un mercenaire étranger, Tipo Tip. Celui-ci, « qui était, le premier parmi d’autres, l’expression la plus cruelle de la traite », devait être normalement saisi par les émissaires du roi Léopold et livré à la justice. Mais Stanley, l’envoyé du roi, avait besoin de passeurs. «Léopold II n’y alla pas par quatre chemins : il autorisa Stanley à offrir à Tippo Tip, en échange de ses services, le poste de gouverneur de la province des Stanley Falls. Le marchand d’esclaves accepta d’autant plus volontiers que devenir le représentant d’un « roi civilisé » légalisait en quelque sorte son sordide commerce. D’ailleurs l’accord conclu avec Léopold II autorisait expressément Tippo Tip à continuer de commercer pour son propre compte. En Europe, la nouvelle fit le scandale qu’on imagine. Le roi des Belges, qui aimait à se présenter sous les traits flatteurs de l’antiesclavagisme militant, venait de nommer le gouverneur de l’une de ses provinces africaines celui-là même qui personnifiait l’esclavagisme ! » (Galle, H & Thanassekos, « Le Congo de la découverte à l’indépendance », Ed. J.M. Collet, Bruxelles, 1983, p. 26).
Les congolais vivent alors une vingtaine d’années dans la terreur : Esclavagisme, déportations, guerres, massacres, pillages, captures, emprisonnements, mutilations, chicottes sont le lot des autochtones des les régions de l’Équateur, de l’Aruwimi, du Lomami, du Mai-Ndombe, de l’Itimbiri, de l’Uele, du Kasaï et de la Mongala.
En 1919, une commission officielle du gouvernement belge estima que, depuis l’époque où Stanley avait commencé à établir les fondations de l’Etat de Léopold, la population du territoire avait été réduite de moitié » (http://www.africamaat.com/Discours-de-Patrice-LUMUMBA-le-30).
Aucun missionnaire européen ne dénonce l’horreur mais au contraire la justifie au nom de l’obéissance à Dieu et aux lois de la colonie. La chicotte, par exemple, est un fouet applicable sur les fesses à raison de 100 coups dont 50 par séance. Elle déchirait les fesses. Mais les prêtres la justifiait devant leurs adhérents, celle-ci étant une peine imposée par les textes officiels depuis 1888, pour « atteinte aux règlements ». Elle ne fut abolie qu’en 1959.
3. Le Congo Belge, les travaux forcés, la déportation, et le massacre des congolais
Ainsi, en 1908, quand Léopold II légua « ses possessions du Congo » à la Belgique, celle-ci poursuivi l’oeuvre « civilisatrice suscitée par le génie léopoldien » que vanta son petit fils, le roi Baudouin en 1960, une version que contesta farouchement, et à raison le Premier Ministre, Patrice Lumumba. En fait, l'administration belge fit aussi pire que Léopold II. Les congolais travaillaient 120 jours par an, gratuitement. Ils etaient massivement déportés pour des travaux d'urbanisation ou pour la culture du cotton, de plantations d' hévéas ou de palmiers à huile.
“Les travailleurs étaient emmenés jusque dans les mines ou ils travaillaient pour 10 à 15 francs par mois. Plus de 44 000 travailleurs furent « importés » d' Angola et de Rhodésie du Nord pour grossir les rangs. De nombreux travailleurs mouraient de fièvre à tiques, de grippe, de pneumonie, d'épuisement ou d'éboulement” (http://www.africaciel.com/afrique/portail/index/Congo_belge.html). Pendant ce temps, la Belgique obtient des matières premières sans rien payer sinon la vie et le sang des congolais. Et, elle exporte l’uranium pour les Etats-unis.
La vie quotidienne des congolais est aussi dure. La ségrégation sépare leurs efants de ceux des blancs qui fréquentent des établissements scolaires distincts. Les Congolais étaient astreint à vivre dans les banlieues, souvent organisées en « cités indigènes », tandis que les centres-villes étaient réservés aux seuls Blancs. Les congolais n'avaient pas le droit de sortir de leur habitation de 21 h à 4 h du matin.
Dans la Force publique , les congolais ne pouvaient dépasser le grade de sous-officier. Cependant, ce sont ces noirs congolais qui constituent les troupes congolaises de la colonie africaine belge. Celle-ci “enregistra d'énormes victoires sur les troupes italiennes durant la Seconde Guerre Mondiale, faisant 15.000 prisonniers, dont neuf généraux. Appelée "la Force Publique" - un nom qui excluait avec bonheur le fait que ces héros étaient des Congolais noirs - l'armée mobilisa 13.000 soldats et civils pour combattre les colonies françaises de Vichy en Afrique et elle se déploya au Proche-Orient - où elle fut positionnée pour défendre la Palestine - ainsi que la Somalie, Madagascar, l'Inde et la Birmanie.
Un très grand nombre de soldats britanniques et Américains traversèrent le Congo tandis que sa richesse fut transférée dans les coffres de la guerre des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Une base américaine fut construite à Kinshasa pour envoyer le pétrole aux troupes combattant au Proche-Orient. Mais - Croyez-Le ou Pas - lorsque les syndicats congolais, dont les membres furent réquisitionnés pour effectuer le dur labeur à l'intérieur de la colonie belge et transporter les biens agricoles et industriels et l'équipement militaire, souvent sur leurs dos, exigèrent de meilleurs salaires, les autorités belges firent face à leurs manifestations avec desfusils, tuant50 de leurshommes. Au moins 3.000 prisonniers politiques furent déportés pour le travail forcé vers une zone isolée du Congo. C'est ainsi que furent récompensés ceux qui donnèrent leur sang pour la victoire Alliée.
Ou plutôt ne furent pas récompensés. Les quatre milliards de francs belges qui étaient dus au Congo - environ 750 millions d'euros en monnaie actuelle - n'ont jamais été remboursés” (Fisk, R, Mensonges et scandales… l'auriez-vous cru ? The Independent, le 9 juin 2007, article original: "Robert Fisk: Lies and outrages... would you believe it?").
Il est important d’indiquer que pendant la seconde guerre mondiale le Congo est dans la zone sterling et, par conséquent, dirigé de facto par le Royaume uni, la Belgique ayant été affaibli par l’occupation allemande.
4. L’indépendance, le massacre de Lumumba et le soutien au dictateur Mobutu
En 1960, le Congo Belge devient la République du Congo, pour la forme. L’Europe et l’Amérique cherchent un gardien de leurs intérêts. Mais c’est un homme libre, un leader d’une très grande dignité qui est démocratiquement élu. Le 30 juin, le jour de la proclamation de l’indépendance, le roi des Belges insulte les congolais. Il magnifie l’œuvre de Léopold II alors que ses contemporains l’accusaient déjà de crimes contre l’humanité, voire de génocide, contre le peuple congolais. Le roi Baudouin tient des propos paternalistes par lesquels il demande aux congolais d’apprendre à bien gérer le « bien » de son illustre père que la Belgique leur cède de son gré. Il ne fait aucune allusion aux sacrifices des congolais pendant la guerre.
Il dit : « "L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'œuvre conçue par le génie du roi Léopold II(…) Pendant 80 ans la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils.(…)Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement il ne s'est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur.(…)Nous sommes heureux d'avoir ainsi donné au Congo malgré les grandes difficultés, les éléments indispensables à l'armature d'un pays en marche sur la voie du développement."(…)"Les dangers principaux qui vous menacent sont : l'inexpérience des populations à se gouverner, les luttes tribales qui, jadis, ont fait tant de mal et qui, à aucun prix, ne doivent reprendre, l'attraction que peuvent exercer sur certaines régions des puissances étrangères prêtes à profiter de la moindre défaillance (…)"
En réponse, le Président Kasavubu gorifie les Belges en ces termes : « Le Congo indépendant que vous avez créé, vous dit avec émotion sa gratitude infinie et vous assure solennellement que jamais vous ne serez oubliés....La Belgique a su, fait sans précédent dans l'histoire d'une colonisation pacifique, faire passer directement et sans transition notre pays de la domination étrangère à l'indépendance dans la pleine souveraineté nationale.(…) Nous saurons également, dans tout le pays, développer l'assimilation de ce que 80 ans de contact avec l'Occident nous a apporté de bien.».
Excellence Monsieur le Président,
Vous en conviendrez, les faits, l’histoire de la traite négrière, de l’esclave léopoldien, de la colonisation et de la lutte glorieuse pour l’indépendance du Congo venaient d’être dangereusement déformés par ces deux discours.
Alors le premier Ministre démocratiquement élu se leva, rétablit courageusement la vérité cruelle de la colonisation et défendit la dignité du peuple congolais qui avait lutté pour obtenir l’indépendance. La presse du monde entier était présente. Pour la première fois, un nègre, prenant au mot les défenseurs des valeurs de « liberté, fraternité, égalité », s’adressa fermement à eux, avec, cependant, beaucoup de courtoisie : "Congolais et Congolaises, Combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieuse, Je vous salue au nom du gouvernement congolais. A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date que vous enseignerez à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd'hui dans l'entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d'égal à égal, nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c'est par la lutte qu'elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n'avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances ni notre sang. Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu'au plus profond de nous-même, car se fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l'humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d'élever nos enfants comme des êtres chers.
Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu'à un noir on disait "tu", non certes comme à un ami, mais parce que le "vous" honorable était réservé aux seuls blancs ? Nous avons connu que nos terres furent spoliées, au nom des textes prétendument légaux qui ne faisait que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un blanc ou un noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même».
Le président, américain traita le nouveau « gardien » de « un chien enragé ». Il fallait donc l’abattre et, naturellement, à travers lui, la démocratie et l’Etat naissants.
La Belgique exécuta la sale besogne. Et les exécuteurs, ses fils s’en vantent publiquement sans aucune condamnation de l’Europe et de l’Amérique même quarante ans après les faits. Juste une responsabilité « morale » reconnue par la Belgique alors que, paradoxalement, son ministre des Affaire Etrangères ose publiquement dire qu’il a un droit moral sur le Congo.
Pourtant, Lumumba a été découpé en morceaux, lui et ses compagnons et leur corps dilués dans l’acide sulfurique. A travers cet acharnement gratuit et les raisons invoquées pour justifier la barbarie, il est facile de comprendre comment et pourquoi la population congolaise a subi le même sort avant et après Lumumba. En effet, quarante ans après, le découpeur de Lumumba, le Belge Gerard Soete, a fait, placidemnt, le récit suivant de la « réalité effrayante» :
"Est-ce que la législation me le permettait ?" "Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bienfait".
Après avoir abattu Lumumba et ses deux compagnons, l’homme transporta les trois corps à 220 kilomètres du lieu d'exécution, pour les enfouir derrière une termitière. La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait gênant. “Le pèlerinage sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans. Je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus". Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m'ont pas dit de ne rien faire".
Munis, épuisés "d'une scie à métaux, de deux grandes dames-jeannes et d'un fût d'acide sulfurique, en pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper" avant de verser l'acide; Il n'en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l'odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare". Pour préserver leurs intérêts miniers et géostratégiques, les européens et les américains incitèrent les congolais à s’entretuer, provoquèrent la mutinerie de la force publique, les sécessions du Katanga et du Sud Kasaï.
En 1965, Mobutu, l’un des exécuteurs de Lumumba fut établi « gardien » des intérêts euro-américains, rôle qu’il a joué parfaitement à la satisfaction des leaders européens, principalement, français, belges, américains et britanniques . Il fut l’ami de Pompidou, de Jacques Chirac, de Reagan, des Bush, de la Reine d’Angleterre.
Mais le seul grand perdant fut la population congolaise dont des leaders furent publiquement pendus, assassinés, emprisonnés ou exilés alors que le pays était pillé, ruiné politiquement et économiquement.
Toutefois Mobutu, le bastion de l’anticommunisme se fit vieux. En plus, il était malade. Dans le même temps, le communisme s’était désagrégé avec l’effondrement de l’Union soviétique et l’écroulement du mur de Berlin. Il fallait changer de gardien. Bill Clinton, le Président Américain, choisit Kagamé et le Ruanda comme le prochain « gardien » des intérêts euro-américains de la Région des Grands lacs, particulièrement de la République Démocratique du Congo, alors « Zaïre ».
En 1994, le 6 avril, un missile tiré de Kigali atteignit l’avion du Président Habyarimana qu’accompagnait son collègue burundais. C’est le déclenchement du Génocide, à l’ombre duquel le Congo devient le théâtre de mêmes massacres qu’en 1885 : massacres, nettoyage ethnique, mutilations, viols systématiques, transmission délibérée du sida, déplacement et/ou dispersion préméditées des populations et leur remplacement par des populations tutsie du Rwanda dans le double but d’exploiter au rabais les richesses d’un Etat affaibli à dessein et l’occuper afin de diviser.
C’est la forme actuelle, abominable, cynique de « l’effrayante réalité ». L’opération turquoise, mise en place par la communauté internationale, à l’initiative du gouvernement français, dont vous étiez le porte parole, en avait posé le fondement qui, depuis, sert de prétexte et de justification à la guerre à la fois économique et hégémonique que le Ruanda mène, par procuration, contre la Congo. Vous qualifiez poutant cette operation
5. L’opération turquoise et les massacres successifs des congolais
L’assassinat, le 06 avril 1994, du Président Rwandais, est, sans conteste, l’élément déclencheur du génocide du Rwanda de 1994. Le monde a accusé les Hutus du Rwanda non seulement d’avoir perpétré le génocide mais aussi de l’avoir planifié. Cependant la planification, élément-clé de l’accusation n’a pas encore été démontrée par le Tribunal Pénal International sur le Rwanda. Entretemps, le Président Kagamé est ouvertement suspecté, notamment par la justice française et espagnole d’être l’auteur de l’assassinat du Président Habyarimana et donc d’avoir délibérément provoqué le génocide dans le dessein de prendre le pouvoir par la force.
A ce jour donc une vaste ombre plane sur le génocide rwandais, sur ses auteurs intellectuels, ses auteurs matériels, ceux qui avaient intérêt à le provoquer ou à l’encourager, sinon, à le commettre, en se cachant.
Sous cette ombre, la communauté internationale a mis en place l’opération turquoise. A travers les couloirs humanitaires de cette opération, plus de deux millions de rwandais ont quitté le Rwanda pour le Congo, dont les anciens dirigeants et toute une armée. Depuis un cycle de guerres caractérisé par de viols massifs, des pillages systématiques des ressources naturelles et autres richesses de la RDC, de mutilations, de déportations, des massacres, comme avant 1885, et, dans la suite, s’est abattu sur le Congo.
En effet, en 1996, à travers la prétendue guerre de libération du Congo (Zaïre) de nombreux hutus ont été victimes des maasacres de l’armee rwandaise qui portait Laurent Desire Kabila au pouvoir. La Communauté Internationale a cet effet mis en place une commission d’enquête qui a cessé curieusement sa mission après l’assassinat de Laurent Désiré Kabila.
En 1998, le Rwanda et l’Ouganda ont tenté de renverser le Président Kabila en envahissant le Congo, avant de créer des fausses rebellions, le RCD et le MLC. Le conseil de Sécurité dans sa Résolution 1234 a dit clairement que “ des forces d’Etats étrangers demeurent en RDC dans des conditions incompatibles avec les principes de la Charte des Nations-Unies et demande à ces Etats de mettre fin à la présence de ces forces non invitées et de prendre immédiatement des mesures à cet effet ”.
Après les trois affrontements rwando-ougandais sur le sol congolais, à Kisangani, la résolution 1304 a confirmé les faits constitutifs de l’agression en se déclarant indigné par la reprise des combats entre les forces ougandaises et les forces rwandaises à Kisangani (République Démocratique du Congo) le 5 juin 2000, ainsi que par le manquement de l’Ouganda et du Rwanda à l’engagement de mettre fin aux hostilités et de se retirer de Kisangani a déploré les pertes en vies civiles et les dommages matériels infligés à la population congolaise par les forces de l’Ouganda et du Rwanda. Le conseil de sécurité s’est dit alarmé par les conséquences funestes de la prolongation du conflit pour la sécurité de la population civile sur tout le territoire de la République Démocratique du Congo, et par toutes les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire et les atteintes qui y sont portées, en particulier dans l’est du pays, notamment dans le Nord et le Sud Kivu et à Kisangani.
Il a condamné à nouveau sans réserve les combats entre les forces ougandaises et rwandaises à Kisangani, en violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo et demandé que l’Ouganda et le Rwanda, qui ont violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, retirent toutes leurs forces du territoire de la République Démocratique du Congo sans plus tarder. Le conseil de sécurité a été aussi “ d’avis que les gouvernements ougandais et rwandais devraient fournir des réparations pour les pertes en vies humaines et les dommages matériels qu’ils ont infligés à la population civile de Kisangani.
Le Secrétaire Général de l’ONU affirme à cette époque que : “ la République Démocratique du Congo est la proie de plusieurs conflits armés. Certains sont internationaux, d’autres internes et quelques-uns sont des conflits nationaux qui ont pris une tournure internationale (voir E/CN.4/2000/42, par. 20). Au moins huit armées nationales et 21 groupes armés irréguliers prennent part aux combats. Le conflit se déroule entièrement en territoire congolais, dont la population a été décimée et les richesses pillées par les forces d’occupation et les rebelles ”.
Il en conclut que “ le conflit qui a été provoqué le 2 août à la suite de l’invasion de la République Démocratique du Congo par le Rwanda est le plus grave à ce jour. Il a des conséquences politiques et économiques sur l’ensemble de la région ( Nations-Unies, Assemblée Générale, 56e session, Point 114 c) de l’ordre du jour, situation des droits de l’homme en RDC, Note du Secrétaire Général, 20 septembre 2000, p. 4).
“ La guerre a détruit le pays. Plus de la moitié des congolais en ont souffert. Des terribles épidémies se sont propagées… le peuple congolais est impuissant face à cette situation car ceux qu’il appelle les agresseurs, se sont emparés de toutes les richesses et ont provoqué d’énormes dommages écologiques. On dénombre plus de 1.300.000 personnes déplacées, dont beaucoup sont dépourvues de toute assistance. Elles sont pour la plupart originaires des territoires occupés de l’est ” (Nations-Unies, Assemblée Générale, 56e Session Point 114 C) de l’ordre du jour, Situation des droits de l’homme en RDC, Note du Secrétaire Général, 20 septembre 2000, p. 6).
Paradoxalement, pour mettre fin au conflit le Conseil de sécurité en appelle à la signature d’un accord de cessez-le feu. Cet accord est signé en juillet 1999. Le conseil de sécurité affirme alors dans les résolutions 1279 du 30 novembre 1999 et 1297 du 24 février 2000 que : “ l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka représente la base la plus viable ” pour la résolution ou le règlement du conflit en République Démocratique du Congo. L’Union Européenne, à son tour affirme son attachement à l’Accord de Lusaka, qu’elle considère comme le seul instrument consensuel de référence servant aujourd’hui de fondement à une solution négociée du conflit et à l’action de la Communauté internationale.
Dès lors, pour la Communauté Internationale l’Accord de Lusaka est le seul instrument de gestion de la crise en RDC par les Nations-Unies, pour le moment. Du reste, le déploiement des forces des Nations-Unies en RDC n’a eu pour but essentiel, selon le chapitre 8.1 de l’annexe A à l’Accord, que d’“ assurer la mise en œuvre du présent accord ” tout en incluant aux termes du point 8.2 “ les opérations de maintien et de rétablissement de la paix ”.
En fait, le but ultime selon le chapitre 5 de l’annexe A à l’Accord est“ la mise en place d’un nouvel ordre politique en RDC ” matérialisé par la signature à Pretoria le 16 décembre 2002 de l’Accord Global et Inclusif sur la transition en République Démocratique du Congo dont les objectifs principaux sont :
- la réunification, la pacification, la reconstruction du pays, la restauration de l'intégrité territoriale et le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national;
- la réconciliation nationale;
- la formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée;
- l'organisation d'élections libres et transparentes à tous les niveaux permettant la mise en place d'un régime constitutionnel démocratique;
- la mise en place des structures devant aboutir a un nouvel ordre politique. Il sied de noter que le premier point de cet accord dont la Communauté Internationale est la garantie est la cessation des hostilités et la disparition des rebellions devenues des partis politiques. C’est pourquoi le Conseil de Sécurité des Nations Unies, agissant conformément aux dispositions du chapitre VII de la Charte des nations Unies a constitué et déployé une force de maintien de la paix en RDC (la MONUC) afin d’assurer la mise en œuvre de cet Accord et le mandat de poursuivre tous les groupes armés en RDC.
Enfin, aux termes de cet Accord et à l’issue des négociations politiques inter-congolaises, l’autorité administrative de l’Etat devait être rétablie sur l’ensemble du territoire national de la République Démocratique du Congo par la mise en place des institutions démocratiques issues des « élections libres, transparentes et démocratiques ».
Cependant lesdites élections ne furent ni libres ni démocratiques, encore moins transparente et, contrairement à l’opinion fausse délibérément répandue, elles n’étaient pas les premières du genre.
En effet, sous l'égide du gouvernement colonial belge, le Congo a connu trois scrutins, deux municipaux ou communaux en 1957 et en 1959 et un troisième, général, en mai 1960 qui fit de Patrice Emery Lumumba, le chef de la majorité parlementaire.
Patrice Lumumba dont la Belgique s'est imputé moralement l'assassinat, et qui donc n’était pas aimé du gouvernement belge mena cependant sa campagne, et gagna démocratiquement les élections législatives dans le pays et devint le Chef de la majorité parlementaire qui le désigna premier Ministre. La même majorité élit au sein du Parlement, avec l’accord de Patrice, Joseph Kasavubu, Président de la République.
De même, nonobstant les mésententes entre politiciens, le Président Kasavubu ne put, en 1965, empêcher ses adversaires de mener une campagne électorale libre et démocratique qui consacra la victoire de la Convention Nationale Congolaise (CONACO) de son adversaire politique, Moise Tshombe.
Mais les élections organisées en 2006 avec l’appui manifeste des européens et des américains étaient faites d’une violence politique et physique notoire, stigmatisée, du reste dans le « Rapport final de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne en RDC 2006 ». C’est pourquoi, peu avant sa mort inopinée, l’archevêque de Kinshasa a demandé “à la communauté internationale de s’abstenir de toute tentative consistant à imposer au peuple congolais celui qu’il l’a pas choisi comme Président».
Il a dit « non a toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ses commanditaires étrangers des ressources du sol et sous-sol congolais ».
Nonostant, la communauté a soutenu le Président élu et affirmé que les institutions nouvelles étaient démocratiques. Son adversaire du second tour a été évacué du pays avant d’être arrêté à la demande de la Cour pénale internationale pour des faits qu’auraient commis ses troupes en RCA du temps de la rébellion contre Laurent Désiré Kabila.
Cependant, lorsque le Président « élu » décide de signer un contrat léonin avec la chine permettant à cette dernière d’investir au Congo au moins 8 Milliards de dollars, en termes d'autoroutes et d'usines à créer, sans études de faisabilité préalable, sans coût précis chiffré, sans évaluation des valeurs réelles du sol et du sous-sol congolais, les européens et les américains considèrent qu’il est devenu incontrôlable. Kabila ne se rend pas compte, qu’aux yeux des occidentaux, il vient de céder à la Chine la clé de la quasi-totalité des matières premières recherchées par l’industrie moderne comme l’énergie nucléaire, l’armement, l’aérospatiale, l’informatique, la fabrique des piles des téléphones mobiles, de fusées de lancement de satellites de télécommunication, des stations terriennes.
En effet, Kabila ignore que le Congo constitue au cœur de l’Afrique “ cette importante ressource de minerais stratégiques ” qui “ jusqu’au début des années 80 ” “ fut un élément – clé de la politique américaine et européenne ”. “ Les interventions militaires, lors de la sécession du Katanga en 1960, ou des deux guerres du Shaba à la fin des années 70….. permettaient aux militaires et aux gestionnaires de la sécurité industrielle de l’occident de faire cause commune pour “ sauver la route du cap ” et éviter que le coffre-fort minéral du monde libre ne tombe entre les mains des “ rouges ” (Misser, F, & Vallée, O, “ Des Matières Premières toujours convoitées : Les nouveaux acteurs du secteur africain ”, in Le monde diplomatique, www.monde-diplomatique.fr, mai 1998, pp. 1,2).
Les Européens décident alors de casser l’Etat, et s’il le faut, de laisser assassiner le nouveau gardien, devenu, a son tour un chien enragé. Soudain, on voit l’Human Right Watch annoncer au monde que Kabila a assassiné au moins 500 congolais depuis les élections. Mais l’on a attendu la fin de 2008 pour le révéler, quelques jours après les massacres de Kiwanja par les soldats de Laurent Nkunda, la dernière pire forme de « la réalité effrayante ».
6. Laurent Nkunda, la dernière pire forme de « la réalité effrayante ».
Cinq ans après la signature de la signature de l’Accord global et inclusif nee de l’Accord de Lusaka et la tenue des élections générales, la Monuc n’a pas mi fin aux groupes armes et n’a pas aidé l’Etat congolais à rétablir son autorité sur l’ensemble de son territoire. Au contraire, la Communauté Internationale, l’Union Européenne, les Etats-Unis, à travers la conférence de Goma et le programme Amani, soutiennent curieusement un autre prétendu rebelle et un nouveau mouvement ou groupe armé, le CNPD, de Nkundabatwari.
Ce dernier est présenté comme un tutsi congolais qui a pris les armes pour defendre ses frères tutsi qui seraient en danger au Congo, du fait de la présence sur les territoires congolais des génocidaires, que l’opération turquoise y a emmenés 11 ans auparavant, a travers les couloirs humanitaires pour les protéger contre le nouveau pouvoir de Kigali.
Cependant, les américains, les européens, les nations-unies n’ignorent en rien la personnalité de Nkunda ni ses véritables maîtres et leurs motivations. Décrivant, la personnalité de Nkunda, le Président américain, Georges Bush, dans un document officiel daté du 31 Octobre 2006, l’« Executive Order : Blocking Property of Certain Persons Contributing to the Conflict in the Democratic Republic of the Congo», le présente comme suit, a l’annexe du document : « Laurent Nkunda, born February, 6, 1967 ; Founder, National Congress for the Peole’s Defence, 2006 ; Senior Officer, Rally for Congolese Democracy_goma (RCD_G), 19998-2006 ;Officer, Rwandan Patriotic Front, 1992-1998 ».
Dans ce document, Georges Bush situe clairement les racines rwandaises de Nkunda, qui clame aujourd’hui être un tutsi congolais en danger, se servant ainsi du génocide du Rwanda pour justifier ses crimes en utilisant l’émotion que suscite l’évocation de ce génocide dans l’opinion mondiale. Il sied de noter que c’est depuis l’attaque de Bukavu par les Rwandais, en 2003, en pleine exécution de l’Accord Global et Inclusif, qu’apparaît soudainement, dans les medias occidentaux, l’appellation « Tutsis congolais ». Jusqu’avant cette période, on parlait tantôt des « Banyamulenge », tantôt des Congolais d’expression « kinyarwanda » ou de la « Communauté rwandophone » du Congo. Mais compte tenu de la reference au geneocide rwandais auquelle elle renvoie, l’expression « tutsis congolais » est desormais mise en avant que les autres.
Cependant, jusqu’en 1976, date de la création du vocable »Banyamulenge » par un refugiée rwandais tutsi vivant au Congo, les Belges, les Nations-Unies désignaient les refugiés tutsis et Hutus du Congo par le vocable « ressortissants du Ruanda-Urundi ».
En effet, pendant la période de l’Etat Indépendant du Congo, les agents de Léopold II identifiaient les congolais selon leurs territoires respectifs, leurs tribus, leurs clans, leurs villages. Conformément au décret du roi souverain de 1892, était congolais, l’indigène né d’une mère et d’un père congolais, sur le territoire congolais. C’était une nationalité liée à la tribu, au sang (jus sangini) et au sol (jus solis). A l’annexion du Congo a la Belgique, en 1908, les congolais devinrent des belges.
En 1919 a la suite de la défaite allemande, le Conseil Supérieur des Puissances Alliées confia à la Belgique le Mandat sur le «Ruanda-Urundi». En 1923, la Société des Nations (S.D.N, ancêtre de l'O.N.U ) ratifie le Mandat, lequel sera transformé en «Tutelle» en 1946.
Par la loi du 21 août 1925, l’administration coloniale belge distingue le Rwanda-Urundi, territoire, sous mandate, du Congo belge dont la personnalité juridique international est celle d’une colonie.
En 1931, le roi du Rwanda Yuhi V Musinga est destitué et remplacé par son fils Rudahigwa Mutara III, alors âgé de 20 ans. MUSINGA est exilé au Congo Belge à Moba (près de Kalemie) où il meurt le 25 décembre1944).
A partir de 1937, la Belgique organise l’immigration banyarwanda (celle des poupulations du Rwanda, essentiellemnet des hutu et du Urundi) au Congo pour cultiver la terre et travailler dans les mines.
Mais en 1959, des violents politiques au Rwanda entraînent en exil au Congo(et ailleurs) de nombreux tutsis dont la classe dirigeante qui a perdu le pouvoir au profit des hutus soutenus par les Belges. Le flux de réfugiés se poursuivra jusqu’avant la reprse de pouvoir au Rwanda par les tutsis dans le contexte du génocide.
Traitant de la question de la nationalité, des refugies hutus et tutsis du Rwanda et du Burundi, tous officiellement désignés sous le vocable des ressortissants du Ruanda-Urundi (lire l’ordonnance legislative 25/554 du 6 novembre 1959), l’administration coloniale belge affirme que « ces ressortissants ne sont pas des Belges, des Congolais ou des étrangers. Ils sont des « ressortissants du Ruanda – Urundi », conservant leur nationalité distincte. » (HEYSE Th ; Notes de Droit Public et Commentaires de la Charte coloniale, Vol. II, Fasc. XIV, 1955, p 449) alors qu’elle declare, s’agissant des Congolais, qu’ «Ils n’auront pas la plénitude des droits des Belges métropolitains, mais ayant la qualité de Belge,… ils jouiront de la plénitude des droits civils et des droits publics. Seuls leur seront refusés les droits politiques », (HEYSE Th ; Notes de Droit Public et Commentaires de la Charte coloniale, Vol. II, Fasc. XIV, 1995, p 458).
Lorsqu’en 1971, Mobutu signa une ordonnance octroyant la nationalité d’acquisition aux « personnes originaires du Ruanda-Urundi », nul n’opposa le statut de tutsis congolais ou autres.
En 1960, l’administrateur de l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo en 1960, aujourd’hui c’est la MONUC), les délégués de Croix-Rouge et du Haut Commissariat aux Réfugiés, instruisirent les réfugiés rwandais installés sur les collines de Lemera, de Mulenge et de Katabo, dans une lettre commune en ces termes:
« En attendant, nous vous demandons de rester STRICTEMENT NEUTRES. Vous avez obtenu asile au Congo à condition que vous ne vous occupiez en aucune façon de politique. Si quelqu’un vient solliciter votre appui, vous devez répondre qu’en tant qu’étrangers, réfugiés et hôtes de la République du Congo, vous ne pouvez pas. VOUS NE DEVEZ PAS prendre part à quelque mouvement politique que ce soit… SURTOUT RESTER EN DEHORS DE TOUTE POLITIQUE ».
Ces refugies ont vécu au Congo en harmonie avec les congolais, occupant de hautes fonctions de directeur de cabinet du chef de l’Etat, ministre, etc., jusqu'à ce qu’ils rendent en grand nombre au Rwanda y occuper les mêmes fonctions ou d’autres. Mais chaque fois qu’ils en ont eu besoin, ils ont revendiqué la qualité de Congolais avant de redevenir rwandais, une fois leur mission accomplie. Les cas de l'archevêque de Kigali, Kolini Mbona et du chef de l'armée rwandaise, James Kabarebe sont fortement illustratifs.
« En 1982 l'évêque Diropka Balufuga a été élu le deuxième évêque diocésain de Bukavu avec évêque auxiliaire Kolini Mbona responsable du secteur de Lubumbashi. Quatre ans après le diocèse missionnaire du Shaba (Katanga) a été créé avec Kolini en tant que son premier évêque” ( “In 1982 Bishop Diropka Balufuga was elected the second Diocesan Bishop of Bukavu with Assistant Bishop Kolini Mbona responsible for the area around Lubumbashi. Four years later the missionary Diocese of Shaba (later Katanga) was created with Kolini as its first bishop”.Congo mission archives: the papers of bishop ridsdale (1916-2000) missionary to the eastern congo from the henry martyn centre,Cambridge; http://www.adam-matthew-publications.co.uk/digital_guides/congo_mission_archive/Editorial-Introduction.aspx).
Lors des De l'élection de l’évêque de Bukavu, Kolini nia être un Rwandais. Il affirma, sa main droite sur la Bible, être un Congolais.
Curieusement, en 1997 il a secrètement laissé sa chair au Congo pour devenir l'archevêque primat de l'Église Anglicane pour la province du Rwanda et l’Archévêque de Kigali et, par conséquent, le conseiller spirituel du Président Kagamé jusqu'à aujourd'hui.
A son tour James Kabarebe se présenta en qualité de congolais au public congolais et dirigea l’armée nationale en qualité de chef d’Etat-major General, de 1997 à 1998. Rentré au Rwanda, il organisa l’attaque du Bas-cono en vue de la prise de Kinshasa en 1998. Au cours d’une confrence a l’Unversitee de Kigali, il declara, en precence de L’ancien Vice President de la Repubique, Ruberwa, Qui affirme etre congolais Bayamulenge, que ceux-ci n’existent pas, ce sont des Rwandais opportunistes.
Tel est manifestement le cas de Nkunda, officier de l’armee rwandaise. En fait, lui et le CNPD sont l’œuvre du même Kagamé, à l’origine de l’agression de 1996 et du 2 août 1998, de l’attaque de Bukavu en 2003. Kagamé a en effet affirmé récemment dans son interview à Collette Braeckman sa connaissance de l’arsenal militaire de Nkunda.
Justifiant sa présence militaire en terre congolaise par l’impératif sécuritaire l’ex Vice-président et Ministre de la Défense rwandais Paul Kagamé, devenu depuis avril 2000 Président de son pays, après la démission du Président Pasteur Bizimungu, déclarait ce qui suit: “ Nous avons un problème de sécurité qui vient du Congo et nous ne pouvons permettre que cela continue.
Notre intervention au Congo peut continuer des années sans problème… Le Rwanda occupera le Congo jusqu’à l’extirpation du dernier des interahamwe appelés à regagner leur pays d’origine de gré ou de force ” (Cité par Ludo M, “ Les plans américains pour la division du Congo et la mise sous tutelle ”, Kinshasa, Inédit, le 27 septembre 1999, p. 12).
Ndahiro, le porte parole de l'armée rwandaise a été encore plus explicite en affirmant qu'il n'y aura pas de paix aussi longtemps que ces interahamwe existent ! La paix est impossible sauf si les interahamwe sont désarmés et dissous. Et le Lieutenant-colonel Rutayisire a fait comprendre que l'armée rwandaise compte encore rester pendant des années au Congo : “ les forces génocidaires des ex-FAR et interahamwe doivent être désarmées et neutralisées avant même de chercher à négocier le retrait de nos troupes régulières du Congo ”.
Tous ces arguments sont des mensonges ainsi que l’a écrit Johann Hari :
“There are two stories about how this war began – the official story, and the true story. The official story is that after the Rwandan genocide, the Hutu mass murderers fled across the border into Congo. The Rwandan government chased after them. But it's a lie. How do we know? The Rwandan government didn't go to where the Hutu genocidaires were, at least not at first. They went to where Congo's natural resources were – and began to pillage them. They even told their troops to work with any Hutus they came across. Congo is the richest country in the world for gold, diamonds, coltan, cassiterite, and more. Everybody wanted a slice – so six other countries invaded. These resources were not being stolen to for use in Africa. They were seized so they could be sold on to us. The more we bought, the more the invaders stole – and slaughtered. The rise of mobile phones caused a surge in deaths, because the coltan they contain is found primarily in Congo. The UN named the international corporations it believed were involved: Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers and more than 100 others. (They all deny the charges.) But instead of stopping these corporations, our governments demanded that the UN stop criticising them”(The Independent, 30 October 2008, p.35).
Et,lorsque le journaliste Johaan évoque N’ Kunda (qu’il croit a tort être congolais) et ses allégations pour justifier sa guerre, il est catégorique dans sa position, a raison : « As with the first war, there is a cover-story, and the truth. A Congolese militia leader called Laurent Nkunda – backed by Rwanda – claims he needs to protect the local Tutsi population from the same Hutu genocidaires who have been hiding out in the jungles of eastern Congo since 1994. That's why he is seizing Congolese military bases and is poised to march on Goma. It is a lie. François Grignon, Africa Director of the International Crisis Group, tells me the truth: "Nkunda is being funded by Rwandan businessmen so they can retain control of the mines in North Kivu. This is the absolute core of the conflict. What we are seeing now is beneficiaries of the illegal war economy fighting to maintain their right to exploit." At the moment, Rwandan business interests make a fortune from the mines they illegally seized during the war »
Nkunda, officier de l’armée rwandaise est donc au service de l’occupation du Congo en vue de poursuivre l’exploitation illégale et réaliser la balkanisation pour donner un espace aux visées hégémoniques tutsies.
A ce sujet Collette écrivait déjà ce qui suit“ Un tel schéma s'accorde parfaitement avec la thèse, souvent répétée en Amérique du Nord, selon laquelle le Congo serait ingouvernable car trop vaste et trop divers, et qu'il devrait, ou pourrait, imploser pour permettre soit une très lâche fédération de provinces, soit une constellation de micro-Etats. Ces derniers entretiendraient des relations privilégiées moins avec un pouvoir central très affaibli qu'avec les pays limitrophes.
Le Rwanda, l'Ouganda et, dans une moindre mesure, l'Angola et l'Afrique du Sud établiraient ainsi une sorte de protectorat sur leur voisin congolais et exerceraient un droit de regard sur certaines de ses provinces. De tels projets, … sont évoqués sans retenue dans la presse américaine ainsi que dans les milieux dirigeants à Kigali et Kampala ” (Braeckman, C, “ La RDC dépecée par ses voisins ” in, le monde diplomatique, octobre 1999, p. 6).
C’est la raison pour laquelle NKunda fait du nettoyage ethnique; il chasse des familles entières et les pousse à vivre dans l’errance en forêt, baluchon sur la tête, enfants pleurnichant de terreur et de faim dans les bras ou sur le dos, pieds nus, en haillons. Nkunda en tant que création du Rwanda et des sociétés multinationales européenne constitue donc la forme la plus abjecte de la « Réalité effrayante » Et, « statistiquement les Congolais devraient être morts depuis longtemps”(Pourtier, R, L’Afrique centrale dans la tourmente : les enjeux de la guerre et de la paix au Congo et alentour, http://www.herodote.org/article.php3?id_article=109).
Il est donc plus que temps d’arrêter les carnages. A cet effet, seuls les Européens et les Américains, les vrais responsables de l’anéantissement de l’Etat congolais et des carnages humains qui en sont les conséquences répétitives depuis 1885, et même avant, jusqu'à ce jour, devraient immédiatement prendre les mesures qui s’attaquent à la « réalité effrayante » en partant de sa racine.
III. Les mesures correctes pour enrayer la « réalité effrayante
Excellence Monsieur le Président,
Comme vous le savez, la plupart des guerres dans le monde se sont servies d’un prétexte pour leur justification. Selon Paul O’Neill, ancien collaborateur de Georges Bush et auteur du livre « Le prix de la fidélité », afin d’envahir l’Irak, le président américain leur disait : « trouvez-moi un prétexte ». Alors le gouvernement américain et la presse du monde entier accusèrent Sadam Hussein et l’Irak de détenir les armes de destruction massive. Mais c’était un mensonge.
A ce sujet, a dit O’Neill au magazine Time « Pendant les 23 mois de présence à la Maison-Blanche, je n’ai jamais vu rien que je caractériserais comme une preuve d’existence d’armes de destruction massive ». C’est que la presse du monde se fait souvent le complice de la désinformation au service des objectifs réels des guerres ou des accusations formulées sans fondement à charge d’individus, des leaders politiques, voire des populations entières pour justifier des mesures politiques, des guerres ou même la partition d’un pays.
A titre exemplatif, le 12 juin 2002, le Journal « Le Monde » titrait :« Les Etats-Unis déjouent un complot à la “bombe sale” », sous la signature de son correspondant à Washington Patrick Jarreau. « Tous les médias américains et occidentaux reprenaient, sans vérification, les accusations formulées par Washington : Jose Padilla, arrêté à l’aéroport de Chicago en mai 2002, était accusé de préparer un attentat. John Ashcroft, ministre de la justice américain, expliquait que Padilla « échafaudait un plan visant à fabriquer et à faire exploser » une « bombe sale ». Washington a donc décidé de le considérer comme un « combattant ennemi », en le privant du droit à un avocat, comme les détenus de Guantanamo.
Trois ans et demi après son arrestation, les autorités américaines le transféraient à la justice « normale » et il était inculpé pour avoir aidé des terroristes d’autres pays, mais l’affaire de la « bombe sale » était oubliée… » (Les mensonges de la « guerre contre le terrorisme » le Monde diplomatique ,vendredi 25 novembre 2005 http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2005-11-25-Les-mensonges-de-la-guerre-contre).
Une manière d’agir qui corrobore la théorie de Friedrich Hegel, philosophe allemand : «Créez un problème et vous vous arrangez pour placer la responsabilité sur d’autres personnes ou pays; vous vous assurez que les médias que vous contrôlez reportent le problème sous forme de propagande mensongère et erronée de manière à manipuler l’opinion publique pour qu’il voit cette situation comme vous l’aurez voulu enfin de réagir comme prévu, puis vous proposez une solution qui est en fait le but que vous visez afin d’asseoir le système de terreur et de destruction par la spoliation ».
De même, alors que les hutus présumés génocidaires ont été amenés au Congo par la France et la Communauté Internationale sous la résolution 928 du conseil de Sécurité et qu’ensuite le Rwanda s’en est servi comme prétexte pour agresser le Congo, de gros mensonges sont rapportés chaque jour au sujet de la guerre au Congo, à travers les médias européens et américains, pour accréditer la thèse d’une guerre ethnique fondée sur une haine que nourriraient les congolais contre les tutsis congolais. Ces médias agissent en fait en parfait accord avec cette «hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte » (Césaire, A, Discours sur le colonialisme ; http://www.lmsi.net/spip.php?article745).
Parmi les odieuses solutions à la crise congolaise, outre l’Accord de Lusaka, le dialogue dit inter congolais, alors qu’il s’agissait de capituler devant l’agresseur rwandais soutenu par les américains et les européens au nom du génocide de 1994, l’Accord global et Inclusif, l’Accord de Goma, qui place un criminel au service de l’armée patriotique rwandaise, N’kunda, sur le même pied d’égalité qu’un gouvernement « démocratiquement élu », selon la Communauté Internationale, avec le soutien massif de l’Europe et de l’Amérique, l’autre prétendu dialogue inter congolais imposé au gouvernement élu avec le criminel n’kunda, il y a lieu de stigmatiser la danse insensée et cynique de l’envoyé spécial des Nations Unies, Olegun Obasanjo, avec N’kunda.
Obasanjo dansait, en effet, avec N’kunda, alors que les troupes de ce criminel venaient de commettre des massacres à Kiwanja, et pendant que des congolais blessés, violés, dispersés dans la forêt se mourraient de faim, de dénuement, d’humiliation, d’insupportables pleurs d’enfants qui ne comprennent rien aux souffrances qui leur sont imposées par le Rwanda avec le soutien de la Communauté internationale.
Une autre soulution odieuse, cynique est celle de soutenir que la fin de la guerre au Congo nécessite le renforcement des troupes de la Monuc de 3000.000 hommes là où 17000 hommes disparaissent quand les troupes de N’kunda sont sur le terrain, tuent, occupent un peu plus d’espace et réapparaissent lorsque le Gouvernement reprend le contrôle des lieux pour le contraindre au nom des accords odieux à se retirer ("la MONUC desaparece con frecuencia cuando Nkunda lleva la voz cantante y, a la inversa, interviene y hace de moderador cuando Nkunda está muy presionado por las fuerzas congoleñas". Nkunda es el "gendarme" de "grupos poderosos" opuestos a la entrada de China en la RDC, Agencias/Rebelión; http://www.rebelion.org/noticia.php?id=75897).
En vérité, ainsi que le disait Cynthia Mac Kinney, ancienne Membre du Congrès américain, fondamentalement, la solution à la crise au Congo pose l’exigence de la vérité; de celle-ci viendra la justice qui conduit à la paix (« basically, the fundamental issue is truth, and from truth we can get justice and from justice then we can get peace (Phil Taylor The Taylor Report).
Cette vérité qui doit être publiquement dite est que les Européens et les américains sont les auteurs de la plaie congolaise et doivent la guérir en établissant le vrai diagnostic.
C’est ce qu’a fait Cynthia Mac Kinney, alors Membre du Congres américain au cours de son audition, en Mai 2001 devant la sous-commission des opérations internationales et des droits de l’homme de la Commission des relations internationales de la Chambre des Représentants du Congres américain, en accusant l’ancien Président Bill Clinton et son Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Madeleine Albright ainsi que l’Europe , l’Ouganda et le Rwanda, comme étant les auteurs de la tragédie congolaise :
“The cost of their actions to the DRC and its people is almost beyond measure. The scale and savagery of the crimes committed by the Rwandan and Ugandan armies in DRC compares to the abhorrent actions of the Nazi assault upon Eastern Europe. What we do know is that the U.S. Special Forces and U.S. funded private military companies have been arming and training Rwandan and Ugandan troops to deadly effect. I think it is appalling that the U.S. taxpayer should be directly assisting the military efforts of Rwanda and Uganda, the aggressors in this tragic conflict and who are confirmed by Amnesty International and Human Rights Watch as the authors of terrible atrocities against Congolese civilians. Our efforts in Africa have amounted to nothing more than bankrolling belligerents and mass murders. What makes this conflict particularly sickening is the role of U.S. and European corporations, together with Rwanda and Uganda, in the plunder of DRC’s resources”.
Eline Briant tranchait dans un article du 30 octobre 2008, qu « Aujourd’hui, ce n’est plus un secret, tous ont conscience que la guerre au Congo est motivée par le désir d'extraire les matières premières, y compris les diamants, l'or, le colombo tantale (coltan), le niobium, le cobalt, le cuivre, l'uranium et le pétrole.
Au Congo, l'exploitation minière par les multinationales occidentales se fait à un taux sans précédent et il est estimé que quelques 6 millions de dollars, uniquement en cobalt brut — un élément des superalliages essentiels aux industries nucléaire, chimique, aérospatiale et de défense — sortent chaque jour de la RDC.
Toute analyse de la géopolitique au Congo nécessite une bonne compréhension du crime organisé perpétré au moyen des multinationales. Cela permet de mieux comprendre la raison pour laquelle le peuple congolais subit une guerre incessante depuis 1996 » (http://www.alterinfo.net/RD-Congo-Sombre-Dessous-des-Cartes-_a25440.html).
Au cours d’une conférence de presse d'IPIS (International Peace Information Service), tenue en janvier 2001 à Bruxelles, rapporte Pierre Baracyetse, “Jeroen CUVELIER a reconnu que certaines sociétés belges ont joué un rôle important dans la poursuite de la guerre en collaborant directement avec les rebelles ou leurs alliés du Rwanda. D'autres ont financé la guerre de façon indirecte par les impôts qu'elles ont versés aux factions belligérantes. Les sociétés comme Cogecom et Sogem (filiale d'Umicore, ex-Union Minière), le groupe allemand Masingiro, Chemie Pharmacie Holland des Pays-Bas et le groupe off-shore suisse, Finmining ont été citées dans le rapport d'IPIS” (http://www.inshuti.org/baracy.htm).
Toutes ces vérités sont aujourd’hui soutenues par le rapport final du Groupe d’experts sur la République démocratique du Congo du 10 décembre 2008. Celui-ci atteste que la guerre en Rdc est non ethnique mais économique et hégémonique: les mutinationales européennes et américaines souteneues par leurs médias et leurs ONG utilisent le Rwanda et aussi l’Ouganda et le Burundi pour affaiblir l’Etat congolais, le réduire et le maintenir au stade d’un comptoir d’extraction et d’exploitation illégale des resources naturelles. Ce rapport affrime, en substance, en effet, que:
-Le CNDP de Nkunda, est une organisation complexe qui s’est dotée d’un appareil comparable à celui d’un État avec des administrateurs, une fiscalité, un drapeau, deux sites Web, une station de radio, des cours de formation à l’idéologie et un hôpital militaire propre.
-Le CNDP s’appuie sur un réseau de soutien politique et financier qui opère dans l’ensemble de la région des Grands Lacs et couvre plusieurs continents. Ses représentants, qui, pour la plupart, collaborent volontairement pour des raisons idéologiques, sont déployés à Kigali et à Kampala où ils ont régulièrement des entretiens avec les ambassades.
- Le CNDP a deux sites Web (www.kivupeace.org et www.cndp-congo.org) Les deux sites Web considérés sont enregistrés auprès de la société Melbourne IT, Limited et hébergés sur le serveur de Yahoo!. Le Groupe a écrit à ces sociétés pour les informer que le soutien qu’elles apportent à ces sites pouvait être considéré comme une assistance à un groupe armé.
- Aux dires de nombreux ex-combattants du CNDP, plusieurs cargaisons d’uniformes auraient été expédiées aux rebelles à partir du Rwanda. Plusieurs soldats ont affirmé, dans des témoignages individuels, qu’ils avaient reçu de nouveaux uniformes avec le drapeau rwandais sur l’épaule et qu’ils avaient dû l’enlever avec un rasoir.
- En octobre 2008, les services de sécurité rwandais ont saisi une cargaison d’uniformes destinée au CNDP à l’aéroport de Kanombe, à Kigali. Selon des sources diplomatiques, un chariot élévateur à fourche aurait percé la caisse qui contenait les uniformes, après quoi la police aurait confisqué la cargaison et arrêtéplusieurs personnes. Cette expédition aurait été effectuée à partir de Boston (États-Unis).
- Le Groupe a reçu de nombreuses allégations selon lesquelles le CNDP réceptionnerait des cargaisons de munitions en provenance de pays voisins, notamment l’Ouganda et le Rwanda;
- Le Groupe a appris qu’il existait une caisse commune, complexe réseau financier constitué de Congolais et de Rwandais de la diaspora. Selon de nombreuses sources proches du CNDP, les membres de ce réseau se réunissent périodiquement à Kigali, Goma, Gisenyi, Kampala, Johannesburg et Arusha ainsi que dans autres villes d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord, où des particuliers versent des contributions volontaires. Des comptes placés sous le contrôle d’agents du CNDP ont également été ouverts au Rwanda pour recevoir les dons de cette caisse. Sont prélevées sur ces comptes des espèces qui sont ensuite confiées à des coursiers chargés de les remettre aux dirigeants du CNDP.
- Le Groupe a reçu des témoignages, provenant notamment de sources internes au CNDP et de trois anciens officiers supérieurs différents du CNDP, selon lesquels Tribert Rujugiro Ayabatwa, conseiller présidentiel et fondateur du Rwandan Investment Group, conglomérat du secteur privé qui a l’appui du Gouvernement, jouerait un rôle dans le financement du CNDP. Un ancien officier supérieur du CNDP a dit au Groupe qu’il voyait M. Rujugiro régulièrement en 2006 dans sa ferme de Kilolirwe, où il organisait des réunions avec des dirigeants du CNDP, notamment le général Nkunda. M. Rujugiro est originaire de la province du Nord-Kivu. Il est connu pour avoir été l’un des principaux bailleurs de fond du Front patriotique rwandais (FPR) au cours de la guerre civile rwandaise de 1990-1994.
En avril 2001, il a été expressément désigné (sous le nom de Tibere Rujigiro) dans le rapport du Groupe d’experts sur l’exploitation illégale des ressources naturelles et autres richesses de la République démocratique du Congo2. Il possède de nombreuses entreprises en Afrique et au Moyen-Orient, ou y a des intérêts, notamment dans les secteurs du tabac et du bâtiment ainsi que dans les secteurs immobilier et bancaire. Il a été arrêté à Londres en octobre 2008 en vertu d’un mandat d’arrêt pour fraude fiscale émis par l’Afrique du Sud. L’audience d’extradition devrait avoir lieu le 28 novembre 2008.
- Le Groupe a enquêté sur des allégations selon lesquelles le Gouvernement rwandais appuierait le CNDP. Il a trouvé des preuves indiquant que les autorités rwandaises avaient été complices du recrutement de soldats, notamment d’enfants, avaient facilité la fourniture de matériel militaire et avaient envoyé des officiers et des unités des Forces de défense rwandaises (RDF) en République démocratique du Congo pour appuyer le CNDP. Étant donné la nature de cet appui matériel, il existe très peu de preuves documentaires attestant son existence. Le Groupe a fondé ses conclusions sur des douzaines d’entretiens avec des témoins oculaires de cette collaboration, notamment d’anciens combattants et officiers du CNDP, des membres des milieux d’affaires, des responsables des services de renseignements régionaux et des témoins oculaires locaux. Ces témoignages se corroborent les uns des autres et décrivent de manière fiable la participation du Gouvernement rwandais. Le CNDP dispose de réseaux de recrutement au Rwanda. Dans certains cas, il aurait bénéficié de la complicité de responsables rwandais. Il est manifeste à tout le moins que le Gouvernement rwandais pourrait faire davantage pour mettre un terme à ces activités.
- D’après des informations communiquées par la MONUC et selon des sources locales, un bataillon de l’armée rwandaise en poste de l’autre côté de la frontière par rapport à Kibumba (territoire de Rutshuru) a fait plusieurs incursions ciblées en territoire congolais pour attaquer des positions des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) tout près de la frontière.
Le 1er mai 2008, une dizaine de soldats rwandais ont franchi la frontière pour se rendre au marché de Ruhunda où ils ont enlevé un officier des FDLR, le capitaine Kasereka, après avoir tué Issa Molimo, soldat appartenant à la 83e brigade des FARDC. Le Groupe a reçu confirmation de cet incident auprès de la MONUC et de la population locale. Le second incident a eu lieu en août 2008, lorsqu’un groupe de soldats rwandais a blessé un commandant des FDLR ainsi que la femme chez laquelle il se trouvait.
- Le Groupe a obtenu des relevés de conversations téléphoniques par satellite de membres du CNDP ainsi que de responsables des FRF pour la période allant d’août 2007 à septembre 2008. Ces relevés indiquent clairement que les deux groupes, en particulier les FRF, communiquent avec le haut commandement de l’armée rwandaise et avec la présidence rwandaise. Le Groupe ne peut pas garantir la teneur de ces conversations mais elles ont été suffisamment fréquentes et suffisamment longues pour indiquer qu’il y eut au moins un échange d’informations très soutenu. Il a versé ces relevés aux archives de l’ONU.
- Le Groupe dispose de preuves indiquant que l’armée rwandaise a appuyé le CNDP au cours de sa récente offensive du 26 au 30 octobre
-Conformément à l’alinéa d) du paragraphe 18 de la résolution 1807 (2008) et compte tenu de l’intérêt exprimé par les membres du Comité, le Groupe s’est employé à obtenir des informations sur les liens entre l’exploitation des ressources naturelles et le financement des groupes armés illégaux.
-Le Groupe affirme que la cassitérite, le coltan et le wolframite sont officiellement exportés par des entreprises installées en Belgique, au Rwanda, en Malaisie, en Thaïlande, au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, à Hong-Kong (Chine), en Chine, au Canada, en Fédération de Russie, en Autriche, aux Pays-Bas, en Suisse, en Inde, aux Émirats arabes unis et en Afrique du Sud. Les principaux points d’exportation de ces minerais sont Mombasa et Dar es-Salaam. La cassitérite et le coltan sont surtout utilisés dans l’industrie électronique, tandis que le wolframite entre dans la composition du tungstène. L’or sort en contrebande par les paysvoisins avant de rejoindre principalement les Émirats arabes unis et l’Europe.
-D’après les informations obtenues auprès de sources locales ainsi que de spécialistes de la protection de l’enfance, le recrutement d’enfants par le CNDP s’est intensifié en septembre 2008, en particulier sur le territoire de Masisi.
-Le Groupe a également reçu des informations faisant état de mauvais traitements infligés à des enfants au sein du CNDP.
- Des témoins oculaires ont rapporté au Groupe d’experts que, le 5 novembre 2008, le CNDP a procédé à des exécutions sommaires à Kiwanja (territoire de Rutshuru). Le Groupe d’experts a également reçu des informations sur la chaîne de commandement du CNDP à Kiwanja au moment des assassinats et poursuit son enquête à ce sujet :
a) Les informations reçues par le Groupe d’experts incluaient des images vidéo filmées par des journalistes étrangers à Kiwanja et Rutshuru, montrant des cadavres dans des rues et des maisons. Elles ont été confirmées par des informations émanant de témoins oculaires qui ont assisté aux exécutions sommaires menées par le CNDP. Les personnes visées par le CNDP étaient soupçonnées d’être des partisans des Maï Maï et du PARECO à Kiwanja et Rutshuru;
b) Le 7 novembre 2008, une mission de la MONUC s’est rendue à Kiwanja pour vérifier les allégations relatives à l’exécution arbitraire de civils. Des membres de la mission se sont rendus dans 11 cimetières, où étaient supposés se trouver les dépouilles de 26 victimes, dont des combattants. Deux enfants (âgés de un an et demi et de 2 ans, respectivement) et plusieurs jeunes adultes étaient au nombre des victimes.
Les autorités locales ont affirmé avoir enterré 62 civils depuis les affrontements. Les témoins oculaires interrogés par les membres de la mission ont confirmé que la majorité des civils trouvés morts chez eux avaient été victimes d’exécutions sommaires perpétrées par des éléments du CNDP, qui avaient procédé dans le village à des assassinats sélectifs et en représailles après le départ du PARECO. Les victimes, essentiellement des jeunes hommes, étaient accusées d’être des combattants ou des collaborateurs du PARECO. Les enquêtes de la MONUC ont été entravées par des contraintes de temps et des problèmes de sécurité, tenant en particulier à la présence d’éléments armés du CNDP à proximité.
Excellence Monsieur le President,
La racine du mal ayant été ausi clairement mise à nu, l’Europe et l’Amérique devraient sans atermoiements prendre les mesures suivantes :
- La fin de la géopolitique européene et américaine dans la région des Grands Lacs, celle décidée par Bill Clinton et Madeleine Albright, qui consiste à soutenir aveuglément le gouvernement rwandais en tout temps et en toutes circonstances y compris dans ses crimes au Congo, au nom du génocide de 1994 et qui est celle des pays de l’Europe, la Grande Bretagne, notamment, au point que Tony Blair, l’ancien Premier Ministre de ce pays, est devenu conseiller du Gouvernement rwandais alors qu’il devrait rester neutre à cause de sa participation dans les décisions sur la scène mondiale et au sujet du Congo, pendant ses dix années de pouvoir;
- La fin de toute aide financière en faveur du gouvernement rwandais. Les pays de l’Europe devraient, dans cette optique, suivre les exemples de la Hollande et de la Suède, qui viennent de prendre des measures dans ce sens;
- Le Rwanda, l'Ouganda , le Burundi et tous leurs associés doivent rendre compte devant une cour internationale ad hoc de toutes leurs actions au Congo après le génocide rwandais ;
- La fin immédiate de la guerre au Congo, qui doit être clairement reconnue comme une aggression pour des raisons économiques et hégémoniques; ;
- Les auteurs des crimes internationaux dont Nkunda, doivent être amenés devant le la Cour Pénale Internationale et/ou devant un tribunal ad hoc pour le Congo;
- La mission de la Monuc doit, dans ce cadre, être rétablie et accomplie: arrêter tous les chefs et membres actifs au sein de groupes armés, celui de Nkunda compris;
- La révendication de Nkunda selon laquelle il aurait pris les armes pour protéger les Tutsis doit être rejetée à l’instar de celle des Corses en France ou des Basques en Espagne. Ce qui est vrai en Europe est, a fortiori, vrai en Afrique: personne n’a le droit d'attaquer militairement le pays dont il a la nationalité ou s’en réclame;
- Le soutien international en faveur des procedures juridiciaires française et espagnole doit être clair afin d'établir les circonstances de la mort du Président Habyarimana ainsi le Parlement espagnol et Human Right Watch viennent de le faire. En effet, il est unanimement admis que cet assassinat a déclenché le genocide du Rwanda;
- Les dommages causés à l'Etat congolais et à sa population doivent être réparés;
- L'imposition de la réconciliation nationale au Rwanda, enOuganda, au Burundi et au Congo.
-Les droits de l'opposition doit être respectée;
- La vérité doit être dite dans les médias occidentaux qui ont clairement montré leur soutien au criminel Nkunda;
- Le gouvernement congolais doit être jugé responsable de toutes les violations contre l'opposition et réparer tous les dommages.
En fait, tandis qu'en Amérique et en Europe les adversaires d'hier travaillent ensemble dans l'intérêt de leur pays, il est incompréhensible que le président congolais, juste parce qu'il a été “élu”, ait le droit de tuer, arrêter ou forcer l'opposition à vivre en exil.
Excellence Monsieur le Président
Je voudrais, en guise d’introduction à la conclusion de ce memo, me référer aux notes de Collette Braeckman tirées de son carnet du 9 0ctobre dernier: « Un million deux cent mille réfugiés, plus qu’au Darfour et dans de pires conditions.
Deux Etats en voie de reconstruction, le Rwanda et le Congo, sur le point de partir en guerre. Des milliards de dollars, consacrés au maintien de la paix, à la pacification, aux élections démocratiques, dépensés en vain. Tout cela à cause d’une équation mortelle qui s’est nouée au Kivu au lendemain du génocide rwandais et que la communauté internationale a contribué à poser, comme une bombe à retardement. Après que le régime Mobutu, sous la pression internationale, a accepté d’héberger les auteurs du génocide et leurs suivants, le Rwanda se sentit en droit d’attaquer le Kivu et d’y poursuivre ses adversaires acharnés.
Aujourd’hui, quelques milliers de combattants hutus sont toujours là, ils terrorisent les populations congolaises, exploitent les ressources, les exportent via le Rwanda et servent de justification à Laurent Nkunda, un chef tutsi qui… terrorise les populations congolaises, exploite les ressources, les exporte vers le Rwanda et crée une zone tampon sur la frontière…
Pour tenter de briser ce cercle vicieux, les résolutions de l’ONU n’ont pas manqué, ni les Casques bleus aujourd’hui redéployés dans l’Est, ni les facilitateurs européens et américains, ni les humanitaires, et MM. Solana, De Gucht ou Ban Ki Moon ont fait connaître leur préoccupation. La seule chose qui manque, c’est la volonté de prendre le problème à bras de corps, de le résoudre une fois pour toutes : traquer les Hutus génocidaires et les envoyer chez eux ou ailleurs, neutraliser Nkunda, verrouiller la frontière, bloquer le commerce des minerais.
Qu’ils soient Indiens ou Pakistanais, les Casques bleus ne veulent prendre aucun risque : s’agit-il vraiment des seules troupes disponibles ? Pourquoi l’Europe, qui a financé les élections, n’achève-t-elle pas le travail de pacification en envoyant une force musclée et mandatée, comme naguère l’Opération Artémis dans l’Ituri ? Le peuple du Kivu, chassé de ses terres, est à nouveau en danger de mort (et fait quelquefois penser aux Palestiniens) : serait-il sacrifié, par qui et pourquoi ? Qui ne dit mot consent, qui ne fait rien est complice. Un jour, la communauté internationale devra s’expliquer”.
La communauté internationale devra effectivemnt expliquer pourquoi depuis la « Conférence Internationale » de Berlin, jusqu'à ce jour, les européens et les américains traitent le Congo comme leur bien commun dont les dirigeants doivent être avant tout des gardiens des leurs intérêts respectifs, sous peine de mort politique ou physique, exécutée à travers et/ou par leurs propres compatriotes.
Car, pour s’assurer le contrôle exclusif du coffre-fort minéral du monde libre (le Congo) et éviter qu’il ne tombe entre les mains des “rouges”, les européens et les américains n’ont pas hésité à recourir aux services des mercenaires ou des armées des pays étrangers voire à la transplantation des populations étrangères auxquelles l’on confère le droit de revendiquer la qualité de congolais y compris par les armes.
Le dessein est annihiler tout effort tendant à favoriser l’émergence d’un Etat dans le bassin du Congo, susceptible d’assurer la protection de sa population, de son territoire et ses ressources, en faveur de la population.
Dans cette vision géostratégique, la population est la grande victime ; elle a le tort de se trouver sur ce « coffre-fort ».
En effet, après le génocide du Rwanda, la population congolaise a été choisie comme victime expiatoire d’un crime qu’elle n’a pas commis, particulièrement dans le Nord et dans le Sud-Kivu : elle est terrorisée, déportée, dispersée dans la forêt, violée, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux. Sous, les yeux du monde entier, les congolais subissent un nettoyage ethnique, un génocide, des crimes contre l’humanité.
La Monuc, qui a la mission de proteger les congolais, accompagne en fait le génocide qui se perpètre en RDC à l'ombre du génocide rwandais. L'opération turquoise organisée par la Communauté Internationale à l'initiative de la France et soutenue par le Président Sarkozy, alors porte parole du gouvernement de son pays, a eu pours conséquences notamment, l'occupation du Congo par des hommes en armes venus du Rwanda et le génocide des civils hutus par les troupes de Kagame mises, apparemment, au service de la "libération" du Congo de la dictature de Mobutu. Depuis Kagame fait ce qu'il veut au Congo alléguant des motifs de sécurité en violation des principes et buts de la charte des Nations-Unies.
Si la Communauté Internationale ne décide revoir sa géostratégie qui se sert Kagame et couvre ses actes dans la région des grands lacs, le génocide se poursuivra dans le but ultime de réaliser l'implosion du Congo, le partage de ses miettes en vue de l'exploitation au rabais de ses immenses et innombrables ressources et autres richesses naturelles (Ce qui se fait depuis plus de dix ans). Au kivu, en particulier, il s'agit d'y maintenir un état de guerre permanent, en disperser les autochtones, y transférer tranquillement des populations du Rwanda aux fins d'accréditer in fine la thèse de la création internationale d'une zone de protection des rwandais "congolais" qui seraient menacés derechef de génocide sinon d'épuration ethnique par des congolais du Kivu ou d'ailleurs. Tel est le projet pour lequel Nkundabatwari a été chargé de porter les armes et la parole.
Alors qu’il s’agit d’une guerre à la fois économique et hégémonique, les medias européens et américains, parlent de guerre ethnique. Les congolais n’attendront pas l’extermination totale pour qu’une explication leur soit fournie. La vérité qui conduit à la justice et à la paix doit être solennellement proclamée maintenant par les européens et les américains afin d’arrêter les carnages.
C’est dans cette espérance que je vous prie, Excellence Monsieur le Président, de bien vouloir agréer l’expression de ma très haute considération.
Me Théodore NGOY, Pasteur.
United Kingdom : + 44 (0) 7852289538 E-Mail : theodorngoy@.yahoo.fr


Commentaires
1. Le samedi 17 janvier 2009 à 09:22, par Kelly Lwabo
2. Le samedi 17 janvier 2009 à 21:22, par dallas
3. Le dimanche 18 janvier 2009 à 15:56, par Bruno Nkumu
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