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« Le roman de Pauline », c’est la France contemporaine qui se croise, s’entrecroise, se regarde, s’épie, s’évite, calomnie, insulte, envie, embrasse, s’embrasse. Mais, il reste cet amour indécelable du premier abord, lorsqu’on entre de plain-pied, dans ce monde de la banlieue, trituré, critiqué et même parfois, jalousé. Enchaînement d’évènements féconds et trépidants. Triptyque : naissance-amour-drame.

Pauline a eu le malheur d’être issue d’une famille à problème. Une mère acariâtre et absente, madame Moundimbé. Un frère délinquant, Fabien. Un père mort puis ressuscité…en prison. Un beau père, Dieudonné, qui disparaît du jour au lendemain du logis. Une famille de psychopathes comme elle aime si bien le dire. Description allégorique de l’auteure, qui utilise l’imagerie animale pour décrire tel acte, telle attitude, telle action.

On est vite emporté par les beaux mots, les intrigues, la violente logorrhée de ces personnages épiques du 21e arrondissement de Paris et/ou Pantin. Pêle-mêle, Madame Moundimbé, Dieudonné, Mademoiselle Mathilde, Fabien, Nicolas, Pégase, Dr Bensoussian, Dr Mamadou, Mina, Moussa, Mohamed, Jacob, Karlsfeld, M. Denisot, Madame Jamot, Madame Boudois la concierge ou encore M. Dupontiel le délateur en chef, etc. Entre explosion zonale, ouragan frontal et cataclysme conjugal, l’échec scolaire, les petits larcins puis les grosses arnaques et emmerdes, le décor est planté. Eh là, l’irréparable.

Née à Douala en 1961, issue d'une famille des plus modestes, Calixthe Beyala passe son enfance au Cameroun avec ses onze frères et soeurs. Loin de ses parents, c'est sa soeur aînée qui se charge de son éducation. Calixthe se découvre une véritable passion pour les mathématiques. Elève ambitieuse, elle étudie au Cameroun jusqu'à l'âge de 17 ans, avant d'aller à Paris. Elle passe alors son Bac, se marie et se consacre à des études de gestion et de lettres. S'imprégnant de la culture ambiante, Calixthe Beyala se sensibilise également aux civilisations environnantes : l'Europe, l'Afrique...

Elle s'installe avec son mari à Malaga puis en Corse. Inspirée, elle s'adonne à l'écriture, entreprise qui se verra récompensée à moult reprises : Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour son roman 'Maman a un amant', Grand prix du roman de l'Académie Française pour 'Les Honneurs perdus', Grand Prix de l'Unicef pour 'La Petite fille du réverbère'.

Calixthe Beyala cumule les titres et non les moindres, elle est consacrée Chevalier des arts et des lettres, consécration ultime. Mais ces gratifications ne tarissent en rien sa volonté première: militer en faveur des femmes, et des droits des Minorités Visibles. Elle est d'ailleurs la porte-parole de l'association le Collectif Egalité.