Presse privée en Afrique Francophone: Entre "coupage", "corruption", "lobbying" et "dysfonctionnements" !
Par Freddy Mulongo, jeudi 12 février 2009 à 16:54 :: radio :: #288 :: rss
Sociologue des médias, Mor Faye analyse la presse privée d’Afrique francophone dans son ouvrage récemment publié aux éditions l’Harmattan, intitulé "Presse privée écrite en Afrique francophone, enjeux démocratiques ". L'oeuvre de Mor Faye est un pavé de 400 pages. Sur plus d’une centaine de pages, l’auteur, après avoir décliné et expliqué les différents mécanismes de la corruption d’une corporation, se propose de montrer qu’en Afrique, bon nombre d’organes de presse privée écrite sont devenus de véritables instruments de pression et de lobbying au profit d’intérêts occultes : couverture d’actes de détournement de deniers publics, défense d’hommes d’affaires douteux, accès d’opérateurs économiques et patrons de presse aux marchés publics sans respect des procédures, cristallisation des «clivages ethniques» à des fins politiques au profit des partis au pouvoir et des partis d’opposition...
«Les journalistes de la presse privée écrite africaine ne cessent d’expliquer la répression dont ils sont victimes par l’absence d’Etat de droit démocratique en Afrique», relève-t-on dans la postface.
Se fondant sur une enquête menée au Bénin, au Sénégal et au Togo, ce livre révèle un autre phénomène tout aussi négateur de la liberté de la presse : la corruption d’une bonne partie de la presse privée écrite africaine par les pouvoirs politiques et des hommes d’affaires. Après avoir décliné et expliqué les différents mécanismes de cette corruption, cet ouvrage se propose de montrer qu’en Afrique, bon nombre d’organes de presse privée écrite sont devenus de véritables instruments de pression et de lobbying au profit d’intérêts occultes : couverture d’actes de détournement de deniers publics, défense d’hommes d’affaires douteux, accès d’opérateurs économiques et patrons de presse aux marchés publics sans respect des procédures, cristallisation des «clivages ethniques» à des fins politiques au profit des partis au pouvoir et des partis d’opposition...
Cet «activisme médiatique», comme en rend compte ce livre sur la base de cas concrets, expose les journalistes de la presse privée écrite africaine à davantage de violence.
Mor Faye, enseignant à l’Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal, a mis l’accent sur les manquements et dysfonctionnements qui gangrènent les médias et en donne les causes. Ce chercheur, docteur en sociologie de la communication à l’Université de la Sorbonne (Paris), met à nu les manquements, les tares et les turpitudes des journalistes de la presse privée des trois pays cités plus haut. « La corruption est le même fléau qui gangrène la profession de journalisme dans ces trois pays ouest africains », écrit-il dans son ouvrage.
L’enseignant de la sociologie des médias à l’Université Gaston Berger de Saint Louis a, par ailleurs, tenté de comprendre pourquoi cette presse dont on attendait tant il y a quelques années, s’est révélée en fin de compte aussi médiocre.
Mor Faye souligné que « ces journalistes mal formés sont mal payés et, pour survivre, ils développent un ensemble de pratiques ». En effet, a-t-il insisté, de nombreux journalistes de la presse privée écrite n’ont pas de formation. « La formation sur le tas ne permet pas véritablement d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier », souligne l’auteur de l’ouvrage.
Dans la préface du livre, Monique Hirschhorn, professeur à l’université René Descartes Paris V-Sorbonne, soutient que « la presse privée ne serait qu’un leurre idéologique, un moyen de faire croire aux citoyens qu’ils vivent en démocratie. Est-ce à dire qu’il n’y a aucun espoir ? ». En Afrique la liberté de presse n'est qu'apparente. Le journaliste qui veut rester en accord avec la déontologie de son métier s'expose à des brimades diverses et peut même payer de sa vie l'exercice de son droit à la liberté d'expression
Les pays de l'Afrique centrale ne sont exempte de la corruption active et passive. En République Démocratique du Congo, le coupage est "Roi". Rien ne peut s'écrire sans le dessous de table. Nous avons aussi des anciens-journalistes qui continuent, pour se donner un peu de conscience s'ils en ont encore, puisqu'ils sont en plein à "la mangeoire pprdienne", d'écrire des articles dans leurs propres journaux: Modeste Mutinga (le potentiel), kin key Mulumba (le Soft) alors que l'un est devenu par la force des choses, rapporteur AMP au Sénat et l'autre est député PPRD...D'autres sont dans les cabinets ministériels, tout en continuant de présenter les journaux télévisés. Une confusion, un conflit d'intérêt qui se fait sans gêne, puisqu'il faut bien que la marmite puisse bouillir le soir !
Mor Faye, docteur en sociologie (Université René Descartes Paris V-Sorbonne), est enseignant/chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint- Louis du Sénégal. Il enseigne la Sociologie des Médias et la Communication des Organisations. Il coordonne actuellement le Master II en Réalisation Documentaire de Création de l’Ufr/Lsh en partenariat avec l’Université Stendhal de Grenoble III et le Programme gouvernemental de recyclage de journalistes et correspondants régionaux au sein du Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches de la Vallée (Cierval).


Commentaires
1. Le jeudi 19 février 2009 à 14:42, par Francine Nyembo - Centre lokole à Kinshasa
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