Il a, ainsi, décelé un fait notoire qu’est l’absence de formation au niveau de ceux qui animent ces médias. « Si l’on met de côté quelques transfuges de la presse d’Etat, ce sont soit des diplômés sans emploi, soit même des jeunes ayant arrêté leurs études », a-t-il fait remarquer.

Mor Faye souligné que « ces journalistes mal formés sont mal payés et, pour survivre, ils développent un ensemble de pratiques ». En effet, a-t-il insisté, de nombreux journalistes de la presse privée écrite n’ont pas de formation. « La formation sur le tas ne permet pas véritablement d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier », souligne l’auteur de l’ouvrage.

Dans la préface du livre, Monique Hirschhorn, professeur à l’université René Descartes Paris V-Sorbonne, soutient que « la presse privée ne serait qu’un leurre idéologique, un moyen de faire croire aux citoyens qu’ils vivent en démocratie. Est-ce à dire qu’il n’y a aucun espoir ? ». En Afrique la liberté de presse n'est qu'apparente. Le journaliste qui veut rester en accord avec la déontologie de son métier s'expose à des brimades diverses et peut même payer de sa vie l'exercice de son droit à la liberté d'expression

Les pays de l'Afrique centrale ne sont exempte de la corruption active et passive. En République Démocratique du Congo, le coupage est "Roi". Rien ne peut s'écrire sans le dessous de table. Nous avons aussi des anciens-journalistes qui continuent, pour se donner un peu de conscience s'ils en ont encore, puisqu'ils sont en plein à "la mangeoire pprdienne", d'écrire des articles dans leurs propres journaux: Modeste Mutinga (le potentiel), kin key Mulumba (le Soft) alors que l'un est devenu par la force des choses, rapporteur AMP au Sénat et l'autre est député PPRD...D'autres sont dans les cabinets ministériels, tout en continuant de présenter les journaux télévisés. Une confusion, un conflit d'intérêt qui se fait sans gêne, puisqu'il faut bien que la marmite puisse bouillir le soir !

Mor Faye, docteur en sociologie (Université René Descartes Paris V-Sorbonne), est enseignant/chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint- Louis du Sénégal. Il enseigne la Sociologie des Médias et la Communication des Organisations. Il coordonne actuellement le Master II en Réalisation Documentaire de Création de l’Ufr/Lsh en partenariat avec l’Université Stendhal de Grenoble III et le Programme gouvernemental de recyclage de journalistes et correspondants régionaux au sein du Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches de la Vallée (Cierval).