1. Réveil FM: La chambre basse du Parlement congolais avait donné un moratoire de 3 mois aux députés, sénateurs, et à tous les acteurs politiques de se choisir une nationalité, la congolaise étant exclusive. 2 ans après rien n’a été fait, pourquoi la motion Makila n'a jamais été appliqué ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: Comme vous le savez, il est important d’avoir une vision globale, approfondie et réaliste des faits en politique, en évitant le piège dangereux de court terme et de sur mesure pour un Etat. Pour votre gouverne, il y a plus d’un an que Monsieur José Makila, alors Honorable Député pour le compte du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC), a provoqué un véritable séisme au Palais du Peuple en révélant qu'au moins une centaine de députés possédaient une nationalité autre que la nationalité congolaise qui est une et exclusive.

Ainsi, eu égard aux principes de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise tels que stipulés dans la constitution, l’intéressé avait demandé que l’Assemblée Nationale (chambre basse) puisse diligenter une enquête dans toutes les institutions, et jusqu’au sommet de l’Etat, afin de dénicher ces étrangers et, conformément à la loi, les traduire en justice.

La motion ravageuse de l’Honorable Makila était tellement forte et pertinente qu’elle pouvait conduire au chaos total du processus démocratique en gestation. La mise en œuvre élargie de la requête de notre Honorable allait ébranler toutes les institutions de la République sans exception, à savoir la présidence, le parlement, le gouvernement, les entreprises publiques, l’armée, la police, les services de sécurité et d’immigration. Il n’y avait pas d’autres alternatives, soit appliquer la constitution et aller tout droit vers un accident mortel dû à une vision sur mesure, voire parfois injuste et déséquilibrée, ou violer la constitution pour éviter un vrai étouffement ou suicide du processus démocratique en cours en République Démocratique du Congo.

Compte tenu de la complexité et du piège à plusieurs inconnus de ce dossier, le Président de l’Assemblée Nationale a jugé utile de décréter un moratoire de quelques mois afin de permettre aux députés, sénateurs et autres acteurs politiques de se choisir une nationalité.

Ce dernier a opté, en son temps, pour la transgression momentanée de la constitution en vue d’éviter de mettre la nouvelle démocratie en péril, voire l’existence même de l’Etat. Cette transgression momentanée tend à devenir une transgression permanente avec toutes les conséquences que cela suppose pour l’émergence d’un véritable Etat de droit congolais. Bien entendu, je n’encourage pas et n’accepte pas la transgression de la constitution que les parlementaires ont adoptée et soumise au référendum populaire.

La mise en œuvre vraie et sincère du moratoire reste un piège et devrait déboucher sur des cas scandaleux, si les séances du parlement étaient publiques. C’est le cas de le dire, il s’agit bien d’une équation à plusieurs inconnus qui peut nous ramener 10 ans en arrière et mettre sur la place publique des débats dangereux de vrais congolais et de faux congolais, de vrais congolais et des étrangers. Il faudrait qu’un jour, pour des raisons de l’histoire, que nous posions la question à l’Honorable MAKILA pour savoir sa motivation profonde et lointaine en lançant sa motion, en dehors de sa considération justifiée du respect de la constitution. Je ne dis pas qu’il avait nécessairement une autre motivation en plus.

Mais il devait aussi avoir dans sa tête l’image d’un scénario possible à l’issue de l’exécution de sa motion. N’est-ce pas là un véritable scénario où l’Etat devrait être en justice au niveau de toutes ses institutions ? N’est-ce pas aussi un procès en différé qui allait ébranler une partie de la classe politique congolaise ?

La motion de MAKILA est un piège qui allait rattraper non seulement les Congolais qui ont acquis une nationalité étrangère, mais aussi et surtout les étrangers qui ont acquis légalement, abusivement ou frauduleusement la nationalité congolaise, notamment nos frères et sœurs Banyarwanda (les Hutus et les Tutsi). J’ai cité nos frères et sœurs banyarwandas parce qu’ils constituent un grand enjeu et sont au cœur de toutes les questions et de tous les débats sur la nationalité en République Démocratique du Congo.

Ailleurs, avec d’autres pays voisins, notre pays n’a pas ce genre de conflits très attisés comme avec les banyarwanda. La motion de MAKILA est-elle un piège ou un obstacle pour les banyarwandas qui ont d’office la nationalité rwandaise ? En effet, lors de l’accession du Rwanda à l’indépendance, le législateur rwandais promulgua le 1er juillet 1962 une loi sur la nationalité rwandaise qui stipulait que « Est rwandais, tout individu né d’un père rwandais ou dont la possession d’état Rwandais est établie ».

Procédant du droit du sang, cette loi donna d’office la nationalité rwandaise à tous les immigrants rwandophones installés depuis longtemps au Congo sans le moindre besoin de demander leur avis. Aucun acte de protestation et de renoncement de ces immigrants à cette nationalité n’a été enregistré, d’où ils sont en fait rwandais. La nationalité rwandaise n’étant pas révoquée, l’unicité et l’exclusivité de la nationalité congolaise devraient exclure d’office beaucoup de banyarwandas qui sont dans toutes les institutions parce qu’ils ont d’office une autre nationalité d’origine. Je ne dis pas qu’un banyarwanda ne peut jamais devenir congolais dans le respect absolu de la loi.

Quelle orientation devrait alors avoir l’application du moratoire de l’Assemblée ? Je ne fais que soulever certaines difficultés parmi tant d’autres. Il y aussi un problème de la qualité et de la probité des acteurs qui devraient s’occuper de l’application du moratoire sans tomber dans des combats partisans, des actes de haine et d’intolérance, et des conflits d’intérêts ouverts et parfois manipulés au niveau national et international.

La mise en œuvre du moratoire pose donc problème et risque de ne pas recevoir une suite voulue au cours de cette législature. Pourquoi pose-t-elle problème ?

Nous pouvons identifier quelques éléments de blocage. Il y a entre autres :

- les conflits d’intérêts et le manque de courage de législateurs dans l’élaboration de la constitution dans son ensemble et sur mesure, en particulier dans les réalités concernant les problèmes brûlants de double nationalité dans le cadre de la réconciliation et de la reconstruction nationales ainsi que dans le contexte ambigu et désordonné de la mondialisation;

- le blocage délibéré de personnes concernées ayant les manettes du pouvoir ;

- la peur possible de manque de garanties juridiques et surtout sécuritaires pour abandonner la nationalité acquise à l’extérieur, notamment dans les pays occidentaux ;

- la peur de scandales politiques dans les toutes les institutions clés de la République, si tous les dossiers sont mis sur la place publique au travers des débats parlementaires, avec toutes les conséquences que cela pourrait impliquer pour la stabilité et la continuité du processus démocratique ;

- la pression de banyarwanda (surtout les Tutsi) craignant une vraie remise en question des avantages acquis et l’avènement possible des actes d’intolérance ;

- les intrigues politiciennes.

2. Réveil FM: Pourquoi la diaspora congolaise se sent flouée par cette histoire de nationalité devenue farfelue ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: La réaction de la diaspora congolaise est légitime. Celle-ci est flouée par les problèmes de nationalité, si l’on tient compte de sa contribution financière, sociale, économique et intellectuelle au niveau de la République Démocratique du Congo. Une partie de la diaspora congolaise, ayant acquis une autre nationalité étrangère, se sent exclue du pays par cette clause de la nationalité congolaise qui est une et exclusive.

Comment rester insensible à la situation terrible qu’avait vécue notre frère Congolais qui a acquis une nationalité canadienne et est parti du Canada pour aller enterrer sa mère qui était morte au Kasaï en République Démocratique du Congo ? Arrivé au Kasaï, il a été renvoyé sans avoir enterré sa mère parce qu’un étranger ne pouvait pas venir dans une zone minière. Et pourtant, il n’était pas étranger pour la terre de ses ancêtres.

Il est important de régler de la manière la plus juste et la plus efficace ce problème de double nationalité pour les Congolais d’origine, car cette question de double nationalité conditionne la pérennité ou la dislocation du lien de la nation avec une importante partie de sa population éparpillée dans les cinq continents. Ils sont tous des enfants du pays de Papa Simon Kimbangu.

Nous devons être justes et réalistes en créant des conditions qui permettent à toute la diaspora congolaise de participer activement et harmonieusement à la reconstruction et au développement de la République Démocratique du Congo. Point n’est besoin de souligner le niveau du soutien financier de la diaspora congolaise aux membres de famille restés au pays, sans compter sa contribution intellectuelle.

Mais il faut signaler ici qu’il est important pour les autorités congolaises de sortir des sentiers battus tenant à combattre et à exclure la diaspora dans la gestion de la chose publique, étant entendu que la diaspora représente toujours une partie de la population la plus informée et la plus outillée face au pouvoir en Afrique. La diaspora est souvent redoutée, combattue et exclue. A l’époque du régime Mobutu, l’unicité et l’exclusivité de la nationalité congolaise (Zaïroise) était conçue de manière à exclure totalement la diaspora congolaise considérée comme le vrai danger ou adversaire à combattre pour le régime.

Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) que je préside préconise l’adoption du principe de l’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine et pose ainsi le principe de la suprématie de la nationalité congolaise d’origine sur la nationalité acquise ailleurs. L’autorité congolaise constate la nationalité congolaise d’origine, mais ne la donne pas et ne la retire pas.

Les enfants de Papa Simon Kimbangu ne rentreront pas comme des étrangers dans leur pays ou sur le sol de leurs ancêtres. Les Congolais sont des juifs d’Afrique et, dans ce sens, restent congolais dans tous les pays du monde.

C’est ainsi que nous devrions nous préparer à parler sans exception de Congolais d’Afrique du Sud, d’Allemagne, d’Amérique, de Belgique, de Canada, de France, de Suisse, de Russie, ainsi de suite. Il faudra réformer notre diplomatie et notamment le fonctionnement de nos ambassades pour permettre demain aux Congolais de voter à partir de l’étranger ou de poser tout acte civique.

3. Réveil FM: Lors de votre intervention au Congrès de la FCE à Paris en novembre 2008, vous avez proposé deux types de nationalité : d’origine et de conquête, pouvez-vous nous expliquer en long et en large ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: En fait, le vendredi 28 et le samedi 29 novembre 2008, la Fédération des Congolais de l’Etranger (FCE), véritable laboratoire congolais de haut niveau, a organisé à Paris un congrès et une conférence sur les thèmes : mondialisation et migration, mondialisation et double nationalité, mondialisation, décentralisation, développement local et emploi, mondialisation, décentralisation et démocratie locale.

Il faut reconnaître d’emblée que cette rencontre a été un franc succès. Invité à intervenir, mon exposé était intitulé « Vision politique du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), enjeux de la mondialisation et formulation des politiques relatives à la nationalité et à l’immigration.

Dans mon exposé, j’ai insisté sur le fait que la formulation des politiques congolaises de la nationalité et de l’immigration, comme toute autre politique, devrait se fonder sur une vision claire, pertinente et ambitieuse de la nation congolaise, eu égard aux enjeux confus et désordonnés de la mondialisation qui précipite l’humanité d’un même mouvement vers l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Sur la base de la vision ambitieuse du Grand Congo du XXIème siècle, Siècle de la Justice, du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), vision étalée sur tout un siècle, j’ai explicité l’approche audacieuse du MPDC du problème de double nationalité. Tout part donc de la vision du MPDC.

Je ne donne ci-après que quelques indications de la vision. Le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) est un mouvement des bâtisseurs, des rénovateurs, des conciliateurs, des kintuadistes et des pacificateurs de la nation congolaise dont la devise est : « Justice, Paix et Développement ». Le MPDC est très attaché à son engagement de « bâtir une nouvelle et vraie République Démocratique du Congo, une République réconciliée avec Dieu et avec elle-même, unie, pacifique, solidaire, fraternelle, démocratique, juste, équitable, riche, forte, puissante et prospère. »

Cette nouvelle et vraie République Démocratique du Congo sera une Grande Nation Culturelle et Multiculturelle au cœur de l’Afrique. Cette Grande Nation sera le Grand Congo du XXIème siècle, Siècle de la Justice. Ce Grand Congo sera sans aucun doute le Grand Congo de Papa Simon KIMBANGU, une nation vitrine de l’Homme Noir, lumière et partenaire des peuples et des nations, le Rocher de l’Afrique et la première puissance africaine.

Le Grand Congo sera membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies au XXIème siècle. Il sera aussi le Grand Congo de la Prophétesse Kimpa Vita, de Maman Marie Muilu Kiawanga Nzitani, de la Sœur Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta et de tous ses enfants comme Patrice Emery Lumumba, Okito, Mpolo, Anani, Bamba, Evariste Kimba, Mahamba, Joseph Kasa-VubuA, Nzeza Nlandu, Vital Moanda, Moïse Tshombe, Mulopwe Kalonji, Pierre Mulele, Cardinal Albert Malula, Monseigneur Christophe Munzihirwa Mwene-Ngabo, Joseph-Désiré Mobutut, Monseigneur Bokeleale, Philippe Mbumba, Simon Mpadi, Mzée Laurent-Désiré Kabila, Monseigneur Emmanuel Kataliko, Marcel Lihau, Révérend Pasteur Albert Lukusa Luvungu, Pascal Kabungulu, Kibassa Maliba, Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamunguabi, Lomami Tshibamba, Roger Bolamba, Zamenga Batukezanga, Joseph Kabasele (Kallé Jeef), Franco Luambo Makiadia et Wendo Kolosoy.

Il sera le Grand Congo de tous ses dignes fils qui ne peuvent tous être cités ici. Il sera aussi le pays de tous nos martyrs et héros qui ont payé de leur sang et sacrifice l’avènement de cette grande nation. En dernier ressort, il sera le pays de nouveaux prophètes des nations et de tous les Congolais sans exception dans un élan extraordinaire de justice et de réconciliation nationale. Le MPDC prône la justice pour tous et la réconciliation nationale.

A ce titre, il s’est donné la mission de « réconcilier le Peuple Congolais avec Dieu et avec lui-même, avec son sol, son sous-sol, ses ancêtres et son pays, avec ses voisins et les peuples du monde ». Le Grand Congo sera construit en se fondant sur ses grands esprits. Dans ce contexte, Papa Simon KIMBANGU est le symbole qui nous met tous ensemble dans le cadre d’une véritable réconciliation nationale, en dehors de toute considération de religions, que nous soyons lumumbistes, mobutistes, abakistes, kasa-vubistes, kabilistes, mulelistes, tshombistes, kalondjistes, bembistes, kintuadistes, kengistes, afrocentristes ou membres de nouvelles familles politiques.

Ce Grand Congo sera d’abord une puissance culturelle africaine parce qu’il sera construit avant tout sur sa nature de scandale culturel avec la richesse de ses ethnies et tous ses talents. Il est clair que la République Démocratique du Congo ne peut assumer sa nature de scandale géologique sans avoir assumé préalablement sa nature de scandale culturel.

Il faudra sortir du piège d’exploitation convoitée des richesses naturelles, notamment minières, pour s’orienter vers la création des nouvelles richesses durables. Comme le Président Nicolas SARKOZY et le Pape Benoît XVI, le MPDC s’inscrit dans le cadre de la laïcité positive. La philosophie politique du MPDC est le « Kintuadi » qui signifie en langue kikongo unité, union et communion totales pour la libération, la dignité et le progrès tous azimuts du Peuple Congolais et de l’Homme Noir.

La stratégie de base du MPDC est fondée sur le développement et le renforcement des capacités nationales endogènes d’assimilation, d’adaptation, de création, de construction, de production, de promotion, de protection et de maintenance dans tous les domaines ».

A une maladie d’un siècle, il faut une thérapie appropriée d’un siècle. Une pensée chinoise peut nous inspirer : « Si ton projet porte sur un an, plante du riz ; s’il porte sur 10 ans, plante un arbre ; s’il porte sur 100 ans, éduque les hommes ». Je ne doute pas que le MPDC et moi serons traités de fous initiant des projets utopiques. Le commun de mortels ne s’imagine pas comment la République Démocratique du Congo actuelle, devenue un petit Congo réservoir et ustensile, peut devenir le Grand Congo du XXIème. Nous nous sommes à l’écoute de l’Esprit. Notre utopie n’est pas de l’idéalisme, mais une approche tendant à dénoncer et à annoncer : dénoncer les structures déshumanisantes et annoncer des structures humanisantes.

Notre utopie utilise des méthodes utopiques pour résoudre l’utopie. Il est tout à fait clair que c’est l’Enfant Congolais qui sera au centre de toutes les préoccupations de cette vision de tout un siècle, au travers notamment le Grand Chantier transversal de « Priorité Enfant Congolais ». C’est cette grande vision que je compte porter très haut, au nom du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), pour le bien et le bonheur total du Peuple Congolais, de la République Démocratique du Congo et de la diaspora congolaise à travers le monde. Demain n’est pas à attendre, mais à inventer et c’est donc aujourd’hui que nous devons commencer à nous mobiliser tous comme les doigts d’une même main pour l’accomplissement de cette vision. Celui qui porte une telle vision avec un chantier transversal du siècle « Priorité Enfant Congolais » sera appelé « Papa ».

Il s’agit donc de Papa Armand Mavinga Tsafunenga. Un Papa appelé à être ainsi un vainqueur de géants comme David.

Le MPDC s’inscrit dans le cadre du millénaire de la justice dont le XXIème siècle est un siècle décisif de la justice. En effet, en 1996 et 1997 à Kinshasa, j’avais annoncé en ma qualité de Prophète de la Justice que le troisième millénaire sera le Millénaire de la Justice et que le XXIème siècle sera un grand Siècle de la Justice avec deux premières décennies décisives. Ce sera le siècle que Dieu a choisi pour rendre justice à Papa Simon KIMBANGU dont la mission fut la libération, la dignité et le progrès tous azimuts de l’Homme Noir et, par surcroît, à Révérend Dr. Martin Luther King qui s’est référé à Papa Simon Kimbangu dans son ouvrage posthume publié en 1974 à Oxford (Prophet Simon Kimbangu and his church). Spirituellement, la mission de Papa Simon Kimbangu est déjà accomplie et nous vivons maintenant l’accomplissement progressif de sa mission sur le plan matériel. Le 23 mai 2001, dans ma chambre haute de Pré St Gervais en France, l’Eternel m’a annoncé clairement qu’il commencera par les Etats-Unis d’Amérique. Le phénomène Barack Obama ne m’a pas surpris du tout et surtout pas qu’un noir comme Michael Steele prenne la tête du Parti Républicain américain. J’ai annoncé tout cela dans mon livre écrit en 2006 et qui sortira cette année : « La prise de possession des bénédictions par l’Homme Noir au troisième millénaire ».

Une telle vision ne peut se concrétiser sans la participation directe de tous les Congolais du monde entier. Papa Simon Kimbangu a de manière prophétique annoncé le phénomène de migration de Congolais à travers le monde et le contexte de leur retour pour rebâtir le Congo et bâtir cette grande nation. Gloire soit rendue au Seigneur qui m’a révélé le 17 mars 2001 à 19h30 à Paris 19ème que « les Congolais sont des Juifs d’Afrique ». Un Juif reste toujours un Juif, comme un Congolais reste toujours un Congolais.

Tous les Congolais éparpillés à travers le monde rentreront bâtir le Grand Congo de Papa Simon Kimbangu comme ses fils et non comme des étrangers. Dieu qui a utilisé le Peuple Juif, a choisi maintenant le Peuple Congolais et fera surgir en son sein beaucoup de grands Prophètes. Tous les Congolais éparpillés à travers le monde sont obligés d’être des bénédictions qui rayonnent pour leur pays et en fin de compte pour tout le monde. Une bénédiction qui ne rayonne pas n’est pas une bénédiction.

Quand ton peuple meurt de faim, toi aussi tu meurs de faim ; quand ton peuple est nu, toi aussi tu es nu ; quand ton peuple est malade, toi aussi tu es malade ; quand ton peuple est ignorant, toi aussi tu es ignorant ; quand ton peuple est violé, toi aussi tu es violé. Quand ton pays est agressé, toi aussi tu es agressé ; quand ton pays est pillé, toi aussi tu es pillé. Tous les Congolais, peu importe la nationalité acquise à l’étranger, sont donc des Juifs qui ont vocation d’être des bénédictions qui rayonnent pour leur pays.

C’est ainsi que le MPDC stipule qu’un Congolais, quelle que soit la nouvelle nationalité acquise à l’extérieur, ne peut pas être un étranger sur le sol de ses ancêtres, surtout pas travailler comme un étranger sur le sol de ces derniers.

Fort de cette vision, le MPDC, par ma personne, a proposé deux concepts, à savoir le concept de la « nationalité de l’habitant » et celui de la « nationalité du conquérant ». La nationalité de l’habitant est la nationalité congolaise d’origine héritée de ses ascendants ou ancêtres habitant le Congo et la nationalité du conquérant est la nationalité étrangère acquise par un Congolais. La nationalité de l’habitant ou la nationalité congolaise d’origine est irrévocable parce qu’elle est liée aux ascendants ou ancêtres.

L’Etat Congolais constate la nationalité de l’habitant ou la nationalité congolaise d’origine, mais ne la donne pas. D’où il ne peut pas la révoquer. La nationalité du conquérant peut être révoquée. C’est ainsi que le MPDC soutient les principes de l’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine ou de la nationalité de l’habitant et de la primauté de la nationalité de l’habitant sur la nationalité du conquérant.

Quand un Congolais foule le sol de ses ancêtres, il est Congolais. A l’étranger, un Congolais peut voter car sa nationalité de l’habitant ou nationalité d’origine est irrévocable et a primauté sur la nationalité du conquérant. Une loi ad hoc règlera sans ambiguïté l’irrévocabilité et la suprématie de la nationalité congolaise d’origine ou nationalité de l’habitant. Même quand il est à l’étranger, le Congolais habite spirituellement son pays.

Le MPDC s’impliquera dans un processus irréversible où tous les Congolais, sans exception au pays comme à l’étranger, jouiront de tous leurs droits civiques, politiques, sociaux, culturels et économiques.

Il sied de souligner que dans cet exposé, j’ai aussi abordé les aspects de l’immigration qui est corollaire des problèmes de la double nationalité. En effet, la République Démocratique du Congo devrait avoir une politique forte et ferme de l’immigration pour éviter d’être frappée de plein fouet par les pièges de la mondialisation dictée par le marché et les puissances financières. Dans le contexte actuel grave de l’économie de prédation, un pays faible et infecté totalement par la corruption comme le nôtre court des risques très graves.

Des études en cours des experts du MPDC tendent à nous mettre en garde, car si les tendances actuelles de l’immigration ne sont pas maîtrisées, il y a lieu de prévoir la disparition définitive de la République Démocratique du Congo d’ici la fin du siècle. A côté du système colonial et néocolonial de pillage et d’exploitation de notre pays, s’ajoute un système d’exploitation de nos ressources qui devient une colonisation de peuplement des asiatiques et notamment de chinois qui pourront dans 100 à 150 ans déverser une population chinoise égale ou supérieure à la population africaine actuelle. Il faut impérativement prendre des dispositions rigoureuses pour ne pas subir une colonisation de peuplement qui sera fatale pour le Congo. Je ne suis pas contre les asiatiques qui ont leurs stratégies par rapport aux enjeux de la mondialisation. Il nous appartient d’élaborer des stratégies alternatives et protectrices dans notre partenariat, pour tirer le meilleur profit sans subir une colonisation fatale de peuplement. La Chine est un bon partenaire, si nous savons comment nous positionner face à cet éléphant et rouleau compresseur.

4. Réveil FM: La diaspora a été écartée des élections présidentielles et législatives de 2006. Aujourd’hui, le gouvernement congolais fait des yeux doux à cette même diaspora, quelles en sont les vraies raisons ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: La diaspora congolaise a été écartée malheureusement des élections et nous ne pouvons que le regretter. Une question peut aussi être soulevée objectivement : Est-ce que notre gouvernement, dans le contexte de fonctionnement difficile, minimum, voire parfois catastrophique de nos ambassades, avait-il les moyens matériels, humains et financiers pour organiser les élections à l’étranger ? Le processus électoral congolais étant un processus exogène financé par la communauté internationale, notamment par l’Union Européenne, le vote de la diaspora congolaise était-il une priorité pour cette dernière ? Je ne pense pas, compte tenu des objectifs immédiats qu’elle s’était fixés.

Pour revenir à la question, le gouvernement congolais ne peut pas se permettre de fermer les yeux face à la diaspora congolaise qui pèse d’une manière ou d’une autre sur la vie sociale en République Démocratique du Congo, d’où une certaine capacité d’influence de cette diaspora sur la population congolaise. En outre, cette diaspora constitue aussi une force politique dans la mesure où elle est constituée de personnes bien informées, maîtrisant les rouages politiques de puissances occidentales qui tentent toujours de faire main basse sur les richesses du Congo. Beaucoup de changements de régimes en Afrique partent aussi de la mobilisation et de la sensibilisation de la population par la diaspora.

Dans le contexte qui a prévalu et qui prévaut dans notre pays, associer la diaspora aux élections aujourd’hui signifierait se faire sanctionner soi-même. Le gouvernement accepterait-il de se faire sanctionner lui-même ?

Ce dernier est donc obligé de faire des yeux doux à la diaspora au moment où une partie de la diaspora est en train de se radicaliser petit à petit en un véritable mouvement de résistance qui pourrait apporter demain un coup dur au régime en place et à la mise en œuvre du programme du gouvernement actuel.

La diaspora peut aussi apporter une certaine légitimité populaire au gouvernement qui a lancé cinq chantiers et se bat comme il peut pour trouver des moyens et de petits et grands partenaires. La mobilisation de la diaspora est importante pour la mise en œuvre de 5 chantiers lancés par le Président Joseph Kabila, car la diaspora congolaise est importante, regorge d’excellentes ressources humaines et peut mobiliser ou faire mobiliser des ressources matérielles et financières. La diaspora est aussi efficace dans la diplomatie de coulisses et peut, dans ce contexte, rendre des services énormes au Gouvernement dans les domaines de la diplomatie, de la coopération et de la sécurité.

La diaspora est aussi importante pour la préparation des échéances électorales futures, 2011 est pour demain. Il faut déjà commencer à cajoler la diaspora aujourd’hui, car des concurrents redoutables viendront probablement de la diaspora. En fin de compte, la diaspora congolaise est composée de congolais qui méritent l’attention, le soutien et la protection des autorités congolaises sans considération partisane et politicienne.

5. Réveil FM: Pourquoi le gouvernement "légitime" n’est jamais arrivé à mobiliser les Congolais contre la guerre à l'Est de la République Démocratique du Congo, alors même que cette guerre menace le destin du Congo ?

La guerre de l’Est est une épine de plus en plus difficile à maîtriser sous le pied du gouvernement congolais. Un système savamment monté de rébellions et milices fondées sur la revendication ethnique a été mis en place pour tenter de démontrer à tout moment qu’il s’agit de conflits interethniques à l’est du pays et non de l’invasion de la République Démocratique du Congo par ses voisins, notamment par le Rwanda.

Les faits aujourd’hui illustrent clairement le rôle joué par des Etats voisins dans le pillage du Congo et les massacres de ses populations. Nous avons vu avec le CNDP que ce dernier peut unilatéralement proclamer le cessez-le-feu. Nous avons vu qu’il suffisait d’une intervention ouverte du Rwanda pour que Nkundabatware soit remplacé à la tête du CNDP et que cette rébellion cesse de faire la guerre dans sa forme actuelle, intègre l’armée congolaise et devienne un parti politique qui devrait immédiatement partager le pouvoir avec les institutions en place sur leur demande. Il n’y a plus de moindre doute que le CNDP est une émanation du Rwanda pour un processus d’exploitation et de colonisation de peuplement.

Pour répondre précisément à votre question de savoir pourquoi le gouvernement congolais n’arrive pas à mobiliser les Congolais sur cette guerre de l’est, je peux avancer les éléments suivants, sans préjuger des problèmes internes de celui-ci : la mobilisation de Congolais ne peut se faire que sur la base de la sincérité, de la transparence, de la vérité et des principes de la bonne gestion de la situation de guerre.

Comment arriver à mobiliser le Peuple Congolais quand il y a des contradictions entre les dires du Ministère des Affaires Etrangères et le Porte-parole du gouvernement ?

Comment mobiliser les Congolais quand des scandales éclatent avec les vols des soldes de militaires qui sont au front ? Comment mobiliser les Congolais quand les uns estiment que toutes les institutions congolaises sont infiltrées par des ennemis et que toute tentative est d’office vouée à l’échec ?

Comment mobiliser les Congolais quand beaucoup d’entre eux n’ont plus confiance au gouvernement ?

Comment mobiliser les Congolais quand leur quotidien est un enfer avec le chômage, le non paiement des salaires et la misère sociale.

En outre, le gouvernement congolais fait montre d’une carence d’un plan super élaboré de communication avec le Peuple Congolais. Au niveau international, les stratégies de communication du gouvernement congolais sont encore à leur balbutiement. La communication partisane du pouvoir n’est pas nécessairement une bonne communication. Comment le gouvernement gère les graves contraintes et contradictions de l’information et de la communication ? En dépit de certaines atteintes à la liberté d’expression et d’opinion, les forces de l’opposition et de la résistance mettent le gouvernement en mal dans la mobilisation des Congolais.

L’action aussi de certaines forces politiques de la diaspora congolaise perturbe l’action de mobilisation du gouvernement. Sur le plan interinstitutionnel, bien que la gestion de la guerre relève notamment de l’exécutif, les contradictions entre les institutions sont aussi un obstacle à une bonne mobilisation de Congolais. En outre, quand la gestion de la guerre devient une affaire juteuse d’intérêts, il devient impossible d’arrêter des stratégies appropriées de communication, quand il y a des conflits d’intérêts.

En fin de compte aussi, la mobilisation de Congolais est aussi un problème de compétences et de moyens. Est-ce que le gouvernement utilise les hommes qu’il faut et met les moyens conséquents pour mobiliser les Congolais ?

6. Réveil FM:Dans vos propos, vous ne parlez pas de "guerre d'agression-invasion", c'est une expression que vous réfutez ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: Avant de répondre à cette question, je voudrai faire au préalable une petite mise au point. En ma qualité de leader spirituel, de Prophète de la Justice et d’Ambassadeur de Paix, je prêche le message d’amour, de justice et de paix, et suis très attaché aux valeurs qui fondent le droit international. Nous soutenons tous la coexistence pacifique des peuples et des Etats et le respect absolu du principe sacré de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Principe cher aux pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en son temps et de l’Union Africaine aujourd’hui. Sans la justice, il n’y a pas de paix et de réconciliation nationale. La réconciliation ne précède jamais la justice, mais elle est un acte et une recherche de la justice.

L’impunité institutionnalisée est un virus qui tue le régime ou le pouvoir qui l’entretient et constitue un élément clé du diagnostic de l’état de l’Etat de non droit ou de Non Etat d’un pays.

En République Démocratique du Congo, la justice vaut mieux que la vengeance et la revanche. La paix et la sécurité d’un peuple et d’un Etat ne peuvent jamais être assumées à moyen et à long termes par des armées étrangères. La justice est une valeur essentielle de la démocratie et de la paix. Il est heureux de constater petit à petit le développement de la justice internationale, notamment dans le cadre du Système des Nations Unies. La République Démocratique du Congo doit relever le défi mortel de l’impunité et de la corruption.

La Cour Pénale Internationale (CPI) continue de susciter des espoirs en dépit de certaines déceptions et devrait éviter de devenir une institution de prélèvement des échantillons africains et notamment congolais au gré de certains intérêts, en laissant totalement libres certains criminels et génocidaires avérés. Le Sénateur Jean-Pierre Bemba est-il plus criminel que les autres ?

Je n’ai jamais réfuté l’expression « guerre d’agression-invasion » tant il est vrai que la République Démocratique du Congo est agressée depuis 1996 et qu’il y a un véritable holocauste de 6.000.000 de Congolaises et Congolais morts dans la plus triste tristesse. Mais j’appelle l’attention du Peuple Congolais sur le piège de tomber naïvement dans une messe populaire permanente sans issue de l’agression téléguidée de notre pays par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi pour dissimuler nos propres fautes et faiblesses. Il s’agit d’éviter une approche qui nous déculpabilise totalement et de ce fait nous rend irresponsables. Il nous faut une nouvelle pédagogie fondée sur une analyse lucide des responsabilités et sur notre pouvoir d’agir. Il est important d’utiliser une approche qui nous permettra de nous en sortir du cercle vicieux savamment monté depuis notre accession à l’indépendance en 1960.

Il ne fait aucun doute aujourd’hui que la République Démocratique du Congo est agressée, voire envahie par ses voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Cette guerre d’invasion a été planifiée dès le démarrage de la transition en 1990 en République Démocratique du Congo (Zaïre), plus particulièrement en 1993, à partir de grandes capitales occidentales et des pays voisins que sont le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Cette guerre d’invasion non encore maîtrisée répond aux besoins toujours actuels de pillage des ressources naturelles de notre pays, de déstabilisation et de balkanisation du Congo, de massacre des populations congolaises pour permettre l’occupation étrangère de l’est et du nord-est de notre pays.

Nous ne pouvons que condamner fermement ce processus criminel et barbare qui a conduit au plus grand holocauste après la deuxième guerre mondiale avec 6.000.000 de morts et mis plus de 2.000.000 de Congolais dans la rue, vivant comme des réfugiés sans soutien sur le sol de leurs ancêtres.

La communauté internationale tente d’esquiver toujours cet holocauste en l’entourant d’un silence le plus étonnant au XXIème siècle. Mais il est grave de souligner que tout cela se fait avec la complicité et la naïveté de Congolais eux-mêmes. Et c’est ce dernier aspect qui m’interpelle parce que s’il n’est pas résolu, la République Démocratique du Congo serait condamnée de disparaître dans un meilleur délai.

La première guerre d’agression a été lancée le 29 octobre 1996 par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi en utilisant l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération (AFDL) de Mzee Laurent- Désiré KABILA qui était piloté par les rwandais et accompagné de plusieurs congolais. Cette agression a été savamment maquillée par la création d’une tension sociale sous forme de révolte des Banyamulenge. La suite est révélatrice, car le Président Laurent-Désiré KabilaA s’est trouvé pris au piège et n’a pas hésité ainsi de qualifier l’AFDL de conglomérat d’aventuriers. Le Président Laurent-Désiré Kabila sera obligé d’expulser, à ses risques et périls, ses anciens alliés rwandais. Nous retenons toutefois le patrimoine qu’il nous a légué de « Ne jamais trahir le Congo ».

En août 1998 éclate la deuxième guerre d’agression du Rwanda et de l’Ouganda rendue possible par la création de deux mouvements rebelles. Il s’agit pour le Rwanda du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) pour l’Ouganda. Des congolais vont servir de charnières à ces deux mouvements rebelles pour camoufler l’agression ou l’invasion de la République Démocratique du Congo et éliminer le Président Laurent-Désiré Kabila devenu incontrôlable. Outre les multinationales, certaines puissances occidentales et nos trois voisins, certains congolais sont eux-mêmes aussi au centre de ce dispositif d’invasion, de pillage et d’extermination des populations congolaises.

Ce sont des congolais aussi qui donnent la nationalité congolaise aux mercenaires venus envahir leur pays. Le 16 décembre 2002 à Sun City en Afrique du Sud, dans un véritable élan de course au pouvoir et de partage du butin, des leaders congolais ont aussi signé l’Accord Global et Inclusif qui institutionnalisait la prise du pouvoir par les armes, les viols massifs, le pillage et le massacre des populations congolaises.

Il s’agissait donc, pour le Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), d’un processus injuste et déséquilibré qui sort ses effets jusqu’à nos jours. D’où la transition ne pouvait pas atteindre totalement ses objectifs de pacifier le pays, de réunifier le territoire national, de réconcilier la nation, de restaurer l’autorité de l’Etat sur tout le territoire et de former une armée nationale restructurée et intégrée.

Les élections ne devaient être qu’un couronnement final de l’atteinte de ces objectifs. Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), en demandant son entrée directe dans l’armée et la gestion politique de la République Démocratique du Congo, s’inscrit dans le suivi du processus de Sun City et non dans celui de l’actuel ordre politique, d’où il y a problème.

En effet, tout récemment, une troisième guerre a éclaté avec la rébellion du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) de Laurent Nkundabatware. Les différents faits ont montré que, comme le RCD-Goma, le CNDP est un montage du Rwanda.

La tragicomédie de l’éviction de Nkundabatware et de son arrestation est éloquente. La conversion subite du CNDP en parti politique nous plonge dans un cercle vicieux infernal. Un Nkundabatware qui part en appelle un autre.

Une rébellion qui devient parti politique appelle une autre rébellion pour la remplacer, et ainsi de suite. Et là aussi des congolais ont joué leur rôle pour masquer la mainmise du Rwanda.

Tous les mercenaires du CNDP sont d’office intégrés dans l’armée et le seront peut-être bientôt dans la gestion au plus haut niveau de la vie politique congolaise. La mainmise étrangère sur toutes les institutions congolaises sera bientôt totalement acquise grâce à la complicité de certains congolais eux-mêmes.

Le Rwanda veut résoudre son problème de génocide, d’espace, de haine insensée des Tutsi et des Hutus sur le sol congolais grâce à la maudite bénédiction de certains congolais, notamment des leaders politiques et militaires véreux, corrompus, pilleurs et sans le moindre scrupule. Toutes les agressions étrangères de notre pays s’appuient sur des congolais. Que dire des fonctionnaires et responsables qui vendent tous les documents d’état civil congolais aux étrangers ? N’est-ce pas là de l’irresponsabilité grave et de la trahison ?

C’est ici le lieu de lancer un appel à l’exigence du discernement des responsabilités individuelles et collectives pour trouver de bonnes réponses aux problèmes qui se posent en République Démocratique du Congo. Le gouvernement congolais, bien avant et durant les récents rounds de négociation avec le CNDP à Nairobi, a toujours défendu la thèse de l’agression de la République Démocratique du Congo par l’Ouganda et notamment le Rwanda.

Le gouvernement congolais est tombé dans le piège flagrant de ces négociations avec ses voisins qui, de façon bien rusée, ont toujours dit que notre pays héberge des forces négatives à leur sécurité et qu’ils peuvent se permettre à tout moment de les pourchasser sur notre sol en nous agressant. C’est ce qu’ils ont toujours fait en violant manifestement le droit international et en nous humiliant.

Le piège devient grave et inévitable quand le gouvernement congolais invite officiellement ses agresseurs à venir traquer les forces négatives sur son territoire, se reconnaissant ainsi incapable avec son armée d’appliquer les clauses des engagements qu’il a pris avec ses voisins sous la pression ambigüe de la communauté internationale. Ainsi maintenant, l’armée ougandaise est entrée officiellement le 14 décembre 2008 dans notre pays pour traquer les rebelles de LRA de Joseph Kony et l’armée rwandaise le 18 janvier 2009 pour liquider les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) et faire retourner tous les réfugiés rwandais au Rwanda. Savons-nous que signifie le fait que la communauté internationale qui a permis l’arrivée sur notre territoire de millions de rwandais après le génocide rwandais de 1994, n’a jamais aidé sincèrement notre pays à faire retourner ces rwandais chez eux dans le respect strict du droit humanitaire international ?

Le fonds de commerce du génocide rwandais et le plan de déstabilisation volontaire et de balkanisation de la RDC se vendent bien. Pourquoi il ne peut y avoir de dialogue rwando-rwandais pour un retour pacifique de tous les réfugiés au Rwanda et pour éviter que le pouvoir rwandais actuel soit plus monoethnique?

Est-ce un fait du hasard que les autorités ougandaises promettent de soutenir l’autonomie ou l’indépendance provinces du Kivu et Orientale, si Kinshasa l’acceptait ? A quoi rime une telle provocation ? Est-ce une coïncidence fortuite que le CNDP se débarrasse à sa tête de Nkundabatware, proclame la fin de la guerre, intègre l’armée congolaise sans aucune forme de procès et d’identification préalable et se transmue subitement en parti politique pendant que l’armée rwandaise est officiellement sur le territoire congolais ? Le gouvernement congolais, voulant définitivement enlever à ses voisins les raisons de leur agression répétée, n’a pas évité le piège qui pourrait le rattraper dans l’avenir. Comment se fera la sortie des armées rwandaises et ougandaises sur notre sol ? Avec ce que comporte comme conséquences l’entrée fracassante et officielle des armées étrangères sur le sol qu’elles envient et veulent, sans le dire clairement, l’occuper définitivement dans sa partie très riche.

Une question nous interpelle : pourrions-nous encore parler un jour de l’agression de la République Démocratique du Congo par le Rwanda et l’Ouganda dans la mesure où le gouvernement congolais vient d’autoriser officiellement la rentrée des troupes militaires de ces deux pays sur notre territoire ? Sur le plan juridique et stratégique, le deal diplomatique et militaire signé par le gouvernement congolais avec les gouvernements ougandais et rwandais sera dans l’avenir un coup dur pour le Peuple Congolais et pour lui-même en ce qui concerne l’exigence des dédommagements dus aux agressions graves de ses voisins.

Dans la grande douleur, le Peuple Congolais doit chercher à s’armer d’autres arguments juridiques pour constituer des dossiers solides visant la justice à nos 6.000.000 de morts et à plus de 2.000.000 de Congolais qui errent comme des bêtes sauvages sur le sol de leurs ancêtres pour le grand bonheur d’exploitants et pilleurs étrangers et de fils égarés du pays.

Un peuple qui n’honore pas ses morts est voué à la disparition. Sur le plan de la justice, le gouvernement congolais tombe dans le piège de sacrifier totalement l’éthique nationale et internationale de la justice en couvrant des génocidaires, des criminels de guerre et contre l’humanité. Sur le plan de la défense, le gouvernement congolais tombe dans le piège de ne jamais avoir une armée congolaise républicaine et disciplinée parce qu’il est obligé d’intégrer des rebelles criminels, violeurs et pilleurs, des mercenaires représentants de ses voisins agresseurs dans son armée et ses services de sécurité.

Par ce deal avec ses deux voisins, le gouvernement congolais veut résoudre les problèmes de la paix et de la sécurité et adopte le principe de la fin justifie les moyens. Mais il y a lieu d’être honnête et de reconnaître que ce deal consacre la victoire de l’Ouganda et du Rwanda, en attendant que nous ayons la paix et la sécurité promises.

Par où sommes-nous passés pour avoir aujourd’hui une certaine peur de rwandais et de rwandophones ? Par où sommes-nous passés pour avoir une bonne partie de la classe politique et militaire congolaise manipulée ou téléguidée aujourd’hui par le Rwanda ? Par où sommes-nous passés pour que notre pays tombe très bas ? N’est-il pas venu le temps de nous réconcilier rapidement avec nous-mêmes ? Le Peuple Congolais a compté, à sa grande déception, sur la communauté internationale et notamment sur la force des Nations Unies (MONUC) pour sa paix et sa sécurité.

Il se sent aussi trahi par certains de ses fils. Dès lors la vraie solution à la crise grave que connaît la République Démocratique du Congo ne peut provenir que des Congolais eux-mêmes.

J’ai eu l’honneur de préfacer un ouvrage révolutionnaire de l’Homme de Culture Mawete Makisosila intitulé « C’est la faute de nos Chefs d’Etats. C’est faux ! L’exemple vient d’en bas ! Le peuple restera toujours souverain » qui sortira bientôt. Ma préface est intitulée « Chaque peuple a l’élite et les leaders politiques qu’il mérite ».

Un vrai peuple est la fondation inamovible de sa communauté, de sa nation ou de son pays ; il n’accepte jamais d’être aliéné, esclave, vendu, pillé et dépossédé de ses terres et de son patrimoine naturel et culturel. C’est un lion qui ne se laisse pas dévorer.

C’est lui-même le fondement de son élite et de ses leaders dans tous les domaines. Aucune arme, quelle que soit sa puissance destructrice, ou aucun Chef d’Etat ne peut empêcher ou arrêter un peuple qui est déterminé à assumer son destin. Le peuple est une force d’en bas qui monte en haut. Un grand peuple crée les conditions d’émergence de l’élite et des leaders politiques d’exception. Un peuple irresponsable aura des leaders irresponsables. J’ai toujours aimé l’interpellation du Peuple Congolais par notre compatriote, l’écrivain et journaliste-reporter, Fita Fita DibweI, communément appelé Cheik Fita, quand il écrit en 2002: « Peuple Mokonzi que dis-tu ? Olobi nini ? ». « Mokonzi » en langue lingala signifie souverain, le vrai chef et « olobi nini ? » que dis-tu ?

La solution se trouve entre les mains de chaque Congolais et du Peuple Congolais qui doivent utiliser leur pouvoir. Il faut connaître et savoir utiliser son pouvoir. Si un peuple tombe dans le piège d’une mauvaise élite ou d’un mauvais leadership, il a le pouvoir d’agir pour relever le défi. Il faut une nouvelle classe politique congolaise débarrassée de tous les délinquants et prostitués politiques.

Une élite est même considérée par le Président Sekou Toure comme la partie la plus saine d’une population. Le Peuple Congolais doit prendre son destin entre les mains et un verset biblique peut nous servir d’exhortation : « Si l’on forme des complots, cela ne viendra pas de moi ; quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir » (Esaïe 54 :15). Si un peuple n’utilise pas son pouvoir, on lui ôte tout son pouvoir.

Le Peuple Congolais doit utiliser son pouvoir reçu de Dieu pour relever le défi du complot international et de la trahison de ses fils égarés. Personne ne le fera à sa place et surtout pas la MONUC ou une force européenne.

Dieu a fait sa part en nous dotant du pouvoir d’être maîtres de nous-mêmes et d’assumer ainsi notre destin. Il est inutile maintenant d’embêter Dieu, mais il faut agir judicieusement en utilisant le pouvoir qu’il nous a donné. Il y a 88 ans, les Belges nous ont montré l’arme et la voie de la libération, à savoir Papa Simon Kimbangu qui nous a légué l’arme fatale de combat qu’est le « Kintuadi ».

Kintuadi, en Kikongo, signifie « unité, union et communion totales pour la libération, la dignité et le progrès tous azimuts du Peuple Congolais et de l’Homme Noir ». Les Congolais doivent être une seule personne dans ce combat farouche contre le complot international et la trahison de certains fils.

Il nous faut donc une nouvelle pédagogie et stratégie de combat et de libération fondée totalement sur le Congolais lui-même appelé d’abord à se réconcilier avec lui-même en bannissant la peur, l’ignorance, les divisions, le mensonge, la corruption, l’égoïsme, la trahison, le vol et l’esprit du pillage .

7. Réveil FM: Les 5 chantiers de Joka sont devenus par la magie verbale des joséphistes ceux du gouvernement. Les fameux chantiers battent de l’aile, quels sont selon vous les vrais enjeux prioritaires de la République Démocratique du Congo aujourd’hui ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: Avant toute chose, qu’il nous soit permis de souligner que nous répondons à cette question comme un expert au dessus de tout sentiment. Les gouvernements africains tombent généralement dans le piège du court terme souvent inefficace et de la mauvaise hiérarchisation des priorités, car tout semble prioritaire et que le rang de priorités peut changer du jour au lendemain.

Le piège du court terme empêche une vision globale, systémique et large à long terme. Ce piège du court terme est le fait aussi des conflits armés, de l’incertitude et de l’instabilité de plusieurs régimes politiques. C’est le cas du gouvernement congolais.

En plus, à très peu d’exceptions près, l’approche est souvent exogène. Des plans et programmes importants de reconstruction ou de développement sont élaborés en comptant sur l’appui de la communauté internationale et notamment sur les bailleurs de fonds. Grosso modo, la plupart des pays africains ne font pas de la planification stratégique. Et quand ils reçoivent des financements, une bonne partie de financements peut être engloutie dans des études très très coûteuses de certains cabinets nationaux et internationaux d’experts sans que les objectifs ne soient atteints par la suite.

A l’époque du Zaïre, des cas sont légion et ces études offraient une opportunité inouïe à une certaine classe politique zaïroise de se remplir les poches au détriment de la population. Après de grandes études excellentes, il n’y avait pas souvent de suivi. Et la dette tombait sur le dos du pauvre Peuple Zaïrois (Congolais).

Les 5 chantiers lancés par le gouvernement congolais devraient tomber dans le piège du court terme pour une suite rapide à donner aux promesses électorales. Le gouvernement congolais n’a pas de ressources lui permettant de faire de la planification stratégique et utilise une approche exogène fondée sur un deal avec la Chine.

Ce sera le plus grand crime de l’histoire de la République Démocratique du Congo que d’avoir de l’argent de Chinois et de tomber dans les erreurs de système et d’hommes du régime Mobutu. Nous n’avons pas actuellement à notre disposition un document de politique globale de reconstruction et de développement de la République Démocratique du Congo du gouvernement fondée sur le long terme, assorti d’un vade-mecum vertical, horizontal, diagonal et hiérarchisé de mise en œuvre de 5 chantiers dans leur cohérence, souplesse et interpénétration.

Il est très difficile de résoudre les problèmes graves actuels de la République Démocratique du Congo par une approche à court terme fondée sur une recherche de visibilité politique sur le terrain, voire parfois politicienne, ou sur une réponse très rapide à donner aux promesses électorales à n’importe quel prix.

Il nous faut une approche globale, systémique et transversale à court, à moyen et à long terme de la société congolaise dans la définition et la mise en œuvre des chantiers. Nous ne sommes pas contre le vrai deal gagnant-gagnant avec les Chinois, mais il faut que cela se fasse dans la plus grande transparence, clairvoyance et anticipation pour épargner au Peuple Congolais un nouveau chemin de la croix ou du calvaire, comme à l’époque du régime Mobutu.

Nous n’avons pas d’éléments plus détaillés pour l’instant qui nous permettent d’évaluer à mi-chemin, dans les normes voulues, la mise en œuvre de 5 chantiers lancés par le Président de la République Démocratique du Congo. Mais d’ores et déjà, nous pouvons dire que la vision à court terme sera un handicap pour la mise en œuvre réussie de ces chantiers qui dépendra aussi d’autres facteurs qui ne sont pas encore totalement maîtrisés.

Il ne faut pas se leurrer, aucun pays ne peut aider notre pays à devenir une grande nation, surtout pas les grandes nations conquérantes, d’où le deal avec les Chinois devait se fonder d’abord sur une vision à long terme consacrée au développement des chantiers stratégiques ayant une grande impulsion intégratrice, transversale et multiplicatrice.

Vous me demandez quels sont les vrais enjeux prioritaires aujourd’hui pour la République Démocratique du Congo. D’abord, pour rappel, les 5 chantiers lancés par le gouvernement congolais sont :

- Infrastructures, rails, routes, ponts et agriculture ;

- Création d’emplois et investissements ;

- Education : écoles primaires, secondaires, professionnelles, enseignement supérieur et universitaire ;

- Eau et électricité ;

- Santé. Nous proposons, à titre indicatif, 6 chantiers qui nous renvoient à des enjeux prioritaires sur le plan d’une approche globale, systémique et transversale. Cette présentation n’est pas nécessairement la même dans le cadre de l’Agenda du MPDC du XXIème siècle pour le Grand Congo. Il s’agit de :

a.Fondement culturel et réforme de l’Etat Congolais, Justice et Réconciliation nationale, sécurité des biens et des personnes :

- Défense inaliénable de l’unité et de l’intégrité territoriale ;

- réconciliation du peuple congolais avec lui-même, avec ses voisins et les peuples du monde ;

- la constitution exogène doit devenir une constitution endogène consacrant le fondement culturel de l’Etat Congolais ;

- réforme des institutions et autorité de l’Etat (exécutif, législatif, judiciaire, armée, police, sécurité-renseignements, immigration, administration publique) ;

- révision de la vision de l’opposition politique ;

- lutte contre l’impunité et la corruption ;

- stratégie et nouvelle approche de sécurité des biens et des personnes et institutionnalisation du combat contre les viols des enfants, des jeunes filles et des femmes et l’utilisation des enfants soldats.

b.Education, recherche, nouvelles technologies de l’information et de la communication et nouvelle économie :

- Education de qualité et à portée de tous est un domaine prioritaire absolu ;

- investissement important dans la recherche notamment stratégique pour faire face efficacement aux énormes besoins de la société (santé : sida – paludisme – mortalité infantile – développement pharmaceutique, agriculture, alimentation, eau, etc.) ;

- création des bases solides de la société et de l’économie du savoir ;

- création des richesses en sortant du piège colonial et néocolonial d’exploitation des ressources naturelles notamment minières.

c.Développement global et systémique des capacités de maintenance, de production et de développement des infrastructures routières, agricoles, sanitaires, sociales, énergétiques et culturelles :

- Approche globale et sectorielle de développement des capacités ;

- approche stratégique et harmonisée de développement des infrastructures nationales ;

- promotion de la culture de maintenance et de production ;

- nouvelle approche de développement des ressources humaines ;

- identification prioritaire des chantiers intégrateurs, transversaux et multiplicateurs ;

- développement des industries culturelles à fort rendement économique.

d.Vision culturelle congolaise du développement durable, maîtrise de l’eau et des nouvelles sources d’énergie, protection du patrimoine national culturel et naturel :

- Exploitation stratégique de l’eau et des ressources énergétiques – promotion des énergies renouvelables moins coûteuses (en relation étroite avec le point b) ;

- combat contre le bradage et le pillage du patrimoine national culturel et naturel ;

- plan culturel de l’aménagement du territoire, nouvel habitat et tourisme culturel ;

- développement d’ensemble des nouvelles approches du développement culturellement durable.

e.Lutte globale contre la pauvreté et la fracture sociale, plein emploi, solidarité nationale et programmes sociaux d’urgence :

- Travail en interaction avec les autres chantiers pour les programmes sociaux d’urgence;

- combat contre le fléau inhumain de la pauvreté au Congo ;

- approches nouvelles et renforcées de la solidarité nationale pour les personnes défavorisées, âgées, handicapées, orphelins notamment des guerres et du sida, enfants de la rue, veuves et orphelins militaires, chômeurs ;

- réforme et généralisation de la sécurité sociale ;

- spiritualité, églises, éthique sociale, nouveau contrat social et lutte contre l’ignorance, la pauvreté et les actes d’injustice, de corruption, d’obsession ethnique pour ne pas dire tribale, d’intolérance et de terrorisme.

f. Enjeux de la mondialisation, stratégies de la diplomatie et de la coopération, gestion de la crise internationale, vision et place de la République Démocratique du Congo en Afrique, dans les Grands Lacs et dans les institutions sous-régionales, régionales africaines et internationales comme dans le monde :

- Définition des nouvelles stratégies ad hoc de la diplomatie, de la coopération et de la protection ;

- Comité interdisciplinaire de lutte contre la crise internationale au Congo ;

- meilleur positionnement de la République Démocratique du Congo sur l’échiquier mondial et africain ;

- nouveau positionnement de la République Démocratique du Congo dans les institutions sous-régionales, régionales et internationales ;

- partenariat élargi et renforcé avec les institutions internationales de justice ;

- restructuration et relance de la Communauté Economique de Pays des Grands Lacs (CEPGL) sur de nouvelles bases et le respect du principe sacré de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.

8. Réveil FM: Les Congolais disent que le Congo doit rester un et indivisible, pourquoi ne se donnent-ils pas les moyens pour la défense de cette cause ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: Il est déjà intéressant de constater, à quelques exceptions près, que les Congolais ont toujours tenu à l’unité de leur pays et à la protection de son intégrité territoriale. N’eût-été ce sentiment patriotique fort de l’unité, la République Démocratique du Congo aurait déjà été balkanisée.

Mais l’ennemi du Peuple Congolais ne recule pas et tient à réussir son pari de balkaniser le Congo en une série de petits Non-Etats non viables pour avoir la mainmise totale sur ses ressources naturelles, notamment à l’est du pays. Vous soulevez à juste titre le problème de moyens d’action. Il ne faut toujours pas attendre les moyens des étrangers, mais il faut s’en donner dans le contexte de défense de son destin et de celui de ses enfants et petits enfants. Un verset biblique peut nous aider ici : « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister » (Marc 3 : 24).

La division profite à l’ennemi. Avons-nous oublié la devise de belges qui nous ont colonisés, à savoir : « L’union fait la force » ? Cette devise est devenue une expression courante, malgré leur division flamand-wallon que nous ne devons pas copier. Il est impossible de vaincre un peuple qui est uni.

C’est ce qui justifie la philosophie politique de Kintuadi du MPDC qui se réfère au puissant mouvement de Kintuadi de Papa Simon Kimbangu qui avait ébranlé les fondements de la colonisation belge dès 1921.

Les Congolais ont besoin des leaders éclairés qui peuvent les mettre ensemble en dehors de leurs intérêts personnels visant notamment le positionnement politique. Il leur faut un bon éclairage spirituel, car l’esprit domine et oriente la matière. Il faut développer leur sens patriotique pour le sacrifice de chacun.

Le premier moyen est le développement et le renforcement de l’Esprit Congolais qui va féconder l’esprit patriotique et l’esprit Kintuadi de l’unité, l’union et de la communion totales de Congolais.

Le deuxième moyen est d’amener chaque Congolais à comprendre, comme il se doit, que son salut ne viendra jamais de quelqu’un d’autre si ce n’est du congolais lui-même. Le Congolais doit se donner lui-même les moyens de sa libération.

En outre, il est important que chaque Congolais comprenne qu’il est un important dispositif de défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de son pays et que sa contribution, quel que soit le niveau, est toujours utile. Il faut une grande campagne d’éducation et de conscientisation pour que les Congolais se débarrassent des politiciens cupides, créant des conflits d’intérêts à leur guise, semant la division en utilisant leurs penchants égoïstes et ethnicistes, pour ne jamais dire tribaux.

Il faut vraiment équiper mentalement les Congolais pour qu’ils se donnent les moyens nécessaires.

Il s’impose aussi de combattre toutes les approches exogènes conduisant les Congolais, dans la distraction parfois ridicule, à attendre éternellement une aide étrangère qui pourrait les libérer de l’emprise de l’ennemi et du pilleur. Pour tout dire, le plus grand moyen dont dispose le Congolais aujourd’hui est le Congolais lui-même.

9. Réveil FM: On apprend que le Premier miinistre Adolphe MUZITO a corrompu les députés et sénateurs, chacun a reçu une enveloppe de 2000$ pour faire passer son budget. La corruption est-elle un mal congolais ?

Rév.Armand Tsafunenga: Depuis le régime de Mobutu, la corruption est un mal profond de la société congolaise. C’est un véritable cancer qui hypothèque l’avenir de notre pays et de tout un peuple. S’il s’avérait fondé cet acte de corruption des députés et sénateurs, nous ne pouvons que le condamner et le regretter amèrement, car cela signifierait que la récréation n’est pas encore terminée et même qu’elle s’est empirée.

Il est triste de constater que tout récemment notre pays était cité parmi les dix pays les plus corrompus au monde. Il est impossible de se réjouir d’un tel record. C’est ici le lieu de souligner que la corruption détruit le fonctionnement et le progrès d’un pays dès lors qu’elle est érigée en système de gestion et de gouvernance. C’est donc à juste titre qu’il n’y a pas longtemps la Conférence Episcopale Congolaise a demandé que l’on fasse de la lutte contre la corruption une cause nationale. C’est un véritable mal qui tend à s’enraciner dans nos mauvaises us et coutumes.

Il s’impose, cependant, de souligner qu’un bon leader politique doit avoir une vision ou servir une vision. Un bon leader politique ne fait pas de la politique comme un simple métier pour nourrir sa famille et satisfaire ses besoins personnels. C’est quelqu’un qui est engagé dans l’accomplissement d’une vision. Quand un leader politique n’a pas une grande vision ou ne la sert pas, il est très facilement corruptible parce qu’il fait de la politique pour nourrir sa famille et satisfaire ses besoins égoïstes ; un tel leader politique ne peut pas être patriote et ne sera qu’un patriote en photocopie.

Un leader politique qui a ou qui sert une grande vision est un patriote original difficile à corrompre. Des leaders politiques sans vision et ne servant pas une vision, réduits à l’état d’ouvriers politiques, deviennent facilement des gangsters de la corruption.

10. Réveil FM:On a décrié la dictature de Mobutu, l’AFDL a été rejetée, aujourd’hui on dénonce le déviationnisme dictatorial d’un pouvoir issu des urnes, les Congolais sont-ils des éternels insatisfaits ?

Rév.Armand Mavinga Tsafunenga: Les Congolais ne sont pas des éternels insatisfaits du tout. Les Congolais sont toujours à la recherche de la satisfaction qu’ils n’ont pas eue lors du régime de Mobutu. C’est dans ce contexte qu’ils avaient accueilli à bras ouverts l’AFDL en espérant des lendemains meilleurs. Nous savons comment l’aventure de l’AFDL s’est arrêtée et que le Président Laurent-Désiré Kabila était obligé de considérer celle-ci comme un conglomérat d’aventuriers. Les conséquences des aventures de l’AFDL sont encore très vives aujourd’hui en dépit du nouvel ordre politique, car elles ont consacré la guerre d’agression et de pillage de la République Démocratique du Congo par ses voisins avec à la clé un holocauste de 6.000.000 de morts. Que dire de plus de 2.000.000 de Congolaises et Congolais qui errent aujourd’hui comme des bêtes sur le sol de leurs ancêtres ? Que dire aujourd’hui de plus de 700.000 enfants, jeunes filles et femmes violées et infectées de force de virus du sida ? Les Congolais en somme ne sont pas des éternels insatisfaits, mais plutôt des non satisfaits et des victimes abandonnées à leur propre sort.

La souffrance du Peuple Congolais est immense et nous ne pouvons pas continuer à rester longtemps insensible.

Le tableau de la vie du Peuple Congolais ne s’est pas amélioré, mais au contraire il s’est empiré. Le mal zaïrois dont se plaignait Mobutu est devenu le mal congolais amplifié. Le pillage et l’économie de prédation du régime Mobutu ont pris aujourd’hui une dimension insoupçonnée. Les droits de l’homme, comme à l’époque de Mobutu, ne sont pas bien protégés.

Les droits politiques, sociaux et économiques posent problème et l’ordre politique actuel n’a pas encore résolu les grands griefs du régime Mobutu. Comme à l’époque de ce dernier, une extrême minorité détient plus de 50% de richesses du pays et le pays qui est un scandale géologique continue d’être un scandale de la pauvreté et de l’injustice. L’armée, la police et les services de sécurité et de renseignements continuent de jouer strictement le même rôle comme à l’époque de Mobutu.

Les mobutistes qui étaient chassés hier sont revenus en masse sans s’amender, se vantant d’avoir mieux fait que le pouvoir actuel issu des urnes.

La crise sociale a atteint son paroxysme avec le plan de pillage et de balkanisation de la République Démocratique du Congo. L’impunité et la corruption règnent en maîtresses.

L’insécurité des biens et des personnes est toujours à l’ordre du jour et tend à s’amplifier. A l’heure actuelle, les Congolais ne savent où mettre la tête. Les espoirs de Congolais d’une vie meilleure restent déçus jusqu’à ce jour, mais ces besoins demeurent sans cesse vivants. Il nous faut une thérapeutique de choc globale pour conduire le Peuple Congolais vers le bonheur social qu’il a toujours rêvé.