Outre-mer : Atouts pour la France

L'Outre-mer représente 11 territoires sur 3 océans et équivaut à un département de l'hexagone : l'Auvergne. Les 11 territoires d'Outre-mer constituent des frontières stratégiques de la France. Grâce aux Antilles, la France est la première puissance maritime au monde et troisième puissance de l'espace de par sa biodiversité. Si l'Europe, avec ses 27 pays membres compte 350 plantes médicinales, rien que dans les départements d'Outre-mer, on retrouve 2700 plantes médicinales endémiques sans compter les plantes inconnues.

La vie est 4 fois plus chère aux Antilles qu'en Métropole

L'image idyllique de la carte postale des îles : noix de coco, punch, belles filles... ne correspond en rien aux réalités des gens qui y vivent. Même sans crise financière mondiale, le climat social serait au plus chaud déclare Catherine Néris. Elle poursuit : « La vie est 4 fois plus chère aux Antilles qu'en Métropole, tout est cher. Si en France, le nombre de personnes à la recherche d'un emploi à temps plein et à durée indéterminée – les chômeurs comptabilisés dans la "catégorie 1" – a augmenté de 11,4 % sur l'année 2008 et de 2,2 % pour le seul mois de décembre dernier, aux Antilles le taux de chômage oscille entre 27 et 29 % ».

L'illettrisme c’est environ 15 %. Il y a des problèmes d'éducation, de formation, de santé publique...L'Outre-mer vit sous "le régime de monopole": monopole de transport, de grande distribution, de services, etc...Les Antilles subissent une non prise en compte de ses situations particulières et une non représentativité dans les institutions. L'Antillais est un être humain comme tous les autres, il veut vivre décemment avec les fruits de son travail et non de manière non substantielle.

« Il faut tenir compte de sa citoyenneté et respecter sa demande légitime. Il y a eu 20.000 personnes dans la rue, respectons-les. On ne peut continuer à transposer des lois sur l'Outre-mer sans tenir compte de la singularité des Antilles et on ne peut construire sans les élus des îles ».

Après la mort par balle en Guadeloupe, mercredi 18 février, d'un syndicaliste - premier décès après un mois de conflit social- la nuit de mercredi à jeudi 19 février 2009 a été émaillée de moins d'échauffourées que la précédente, mais la situation reste tendue en Guadeloupe.

Des mesures crédibles et fiables

Répondre aux préoccupations immédiates par une réforme institutionnelle ou les "états généraux" est hors sujet dit Cathérine Néris. Les Antilles ont besoin des mesures urgentes surtout après un mois de grève. Nous avons besoin d'un débat contradictoire dans la cohérence, croiser les intelligences dans le respect du consensus. Les états-généraux tiendront-ils comptent des 4 semaines de grève ou non ?

Il faut injecter la concurrence, préconiser la régulation pour casser le monopole. Seule, la régulation peut rééquilibrer la transversalité de l'économie tenue en mains par quelques individus sur l'ensemble de la communauté. Actionner le levier de la qualité de vie (éducation, santé, logement, infrastructures) aura sans aucun doute une répercussion sur la productivité. Comment comprendre que le pétrole qui nous provient du Venezuela puisse coûter plus cher aux Antilles ?

La politique est là pour rétablir le besoin et non pour répondre à un besoin d'immédiateté. Les DOM ont envie de travailler avec l'Etat-Nation y compris sur toutes les questions institutionnelles. Pour cela, il faut associer les élus locaux, la société civile, les syndicats pour des solutions fiables et crédibles. Les Antillais ont envie d'évoluer. L'évolution n'est pas un caprice. Les solutions doivent tenir compte de l'externalité des Antilles mais aussi de l'engagement de la France au sein de l'Union Européenne.