Les richesses congolaises, nerfs des guerres et sources des rébellions au Kivu !

« Une chose est certaine, la guerre au Congo profite clairement au Rwanda et aux multinationales qui se partagent les minerais congolais. Il y a beaucoup d’hommes d’affaires rwandais qui opèrent au Kivu et leurs activités sont connues de tous. Je vous donne l’exemple de la production du coltan qui est l’une des richesses de ce territoire. En 2007, le Rwanda a exporté 5 fois plus que la production de l’année passée. Cela se traduit par l’implication du régime de Kigali aux côtés des différentes rébellions, notamment le CNDP de Nkunda. Cependant, le drame du Kivu est lié aussi à la faillite de l’Etat congolais qui a abandonné ce territoire. » A-t- il révélé.

Au moment où le pays est dangereusement menacé par différentes troupes armés qui opèrent à ciel ouvert sur le sol congolais, rares sont des associations et personnes étrangères qui prennent parfois causes et faits(même ponctuellement) pour les congolais. C’est le cas de cette association qui s’est impliquée dans la situation, non seulement en dépêchant ses responsables pour constater comme cela est d’usage, mais aussi pour dénoncer le silence de la communauté internationale pour qui cette guerre est une aubaine. Combien de fois n’a-t-on pas entendu certains leaders de la Monuc reprendre des allégations proches des rebelles ? Tout le monde se rappellera de la fameuse phrase des éléments de la Monuc qui disent tout haut et fort : « non Nkunda no business ! »

A ces remarques, s’ajoutera également le positionnement de la Chine au Congo qui fait peur à certaines puissances et aux Congolais d’ailleurs. Les dix milliards de dollars que le géant asiatique a accordé à la RDC étaient aussi au menu des discussions. La chine qui a raflé les contrats aux occidentaux, travaille depuis l’élection de Joseph Kabila avec le régime de Kinshasa pour relancer l’économie congolaise semble-t-il.

Seulement voilà, cette union serait véritablement un marché des dupes. Il faudra rappeler que sur les productions minières que le pays de Mao exploite, il en tire 65% d’intérêts, sans compter d’autres avantages. Comble d’ironie, chaque fois que le cours des matières premières chute, comme cela est le cas, la ‘bienveillante’ Chine augmente ses intérêts vis-à-vis de son poulain. Cela nuit les prévisions budgétaires "du petit’ Kabila", disait un acteur politique européen.

Par ailleurs, il n’y pas que les Chinois dans ces méandres. La firme de Georges Fores, (l’homme fort de Katanga) qui a amputé les unités productives de la première entreprise publique, cent pour cent congolais n’a pas été épargnée des critiques. Au regard de cette situation, on comprend mieux l'intérêt des pays avoisinants de continuer à piller la terre de la RDC avec la bénédiction des puissances impérialistes qui encouragent le pillage à grande échelle.

La furie et l’indignation des Congolais déstabilisent l’orateur !

Aux yeux de nombreux Congolais, bon nombre d’informations révélées par Vincent Munié, ne sont pas inconnues, d’autant qu’en République démocratique du Congo nul n’est dupe des ruses de Kagamé. Cette rencontre aurait pu se terminer en beauté peut-être, mais une forte discussion s’est engagée quand l’administrateur de l’association Survie, a touché les points qui sont considérés comme sensibles au sein de la diaspora congolaise de France. D’abord, les propos tenus par l’intervenant sur les nombres exacts des morts au Congo suite aux actes commis par les rébellions ont indignés les quelques Congolais présents dans la salle.

« Que pensez-vous des nombres des victimes qui sont évaluées semble-t-il à cinq millions par l’Onu ? » avait demandé une participante. A cette question, Vincent Munié répondra : « Je n’ai pas exactement des chiffres à donner. Cependant, je pense que les quatre ou cinq millions annoncés sont exagérés et ne correspondent pas à la réalité. Bon nombre des ces gens sont victimes des maladies et des facteurs liés au sous-développement. A- t-il soutenu.

Et le débat poursuivra avec une autre question relative aux déclarations du président Sarkozy. « Quel regard portez-vous sur les déclarations de Sarkozy qui voudrait que les richesses congolaises soient exploitées conjointement par le Rwanda et la RDC ? », a lancé un autre membre de l’association. Pour clôturer la série des questions, un autre intervenant posera la question sur la démarche du juge Bruguière qui a lancé des mandats d’arrêt contre quelques dignitaires rwandais.

« Les Congolais n’accepteront pas une telle proposition. Je vous signale qu’il y a un sentiment de nationalisme dans ce pays. Je voudrais d’abord que Sarkozy reconnaisse le rôle de la France sur le génocide rwandais comme l’a fait Clinton. Qu’il se rende à Kigali présenter ses excuses aux Rwandais pour ce que la France a fait. Et le reste il pourra discuter sur le partage de Kivu avec Paul Kagamé. Il se fera entendre peut-être. Regardez ce qu’ils ont fait à Rose Kabuyé. Tout le monde sait que cette femme n’est pas ce que l’on nous présente. Elle est victime d’un deal politique» conclut-il. Ayant entendu ces réponses, les Congolais dans la salle se sont emparés de la parole, monopolisant même les débats pendant près de dix minutes et d’une manière efficace.

« Arrêtez s’il vous plait de minimiser ces morts. Arrêtez ! Vous méprisez ceux qui ont été victimes des atrocités de l’armée de Paul Kagamé. Lisez plutôt le rapport de l’Onu et vous comprendrez ce que vous dites. Vous plaisantez quand vous répondez avec dédain sur le partage de notre territoire. Au nom de quoi devez suggérez des propos malveillants sur l’autonomie du Kivu et sa cession à Paul Kagamé ? » A rétorqué, notre confrère Léon Kharomon. La ligne rouge était franchie et la patience des quelques personnes était devenue incontrôlable.

Un autre confrère a également questionné l’orateur : « Vous demandez à la France de retirer ses plaintes contre les 9 dignitaires rwandais. Qu’adviendra-t-il aux plaintes que l’Espagne vient de lancer contre 39 autorités rwandaises. ? Écoutez votre association a toujours été du côté de Kagamé pour le soutenir dans son entreprise macabre. Il ne vous revient pas de tenir des propos déplacés sur les morts congolais. D’autres cieux, ce que vous venez de dire ressemble à une négation n’est-ce pas ? »

Ces mots ont refroidis l’assistance d’autant que les échanges étaient vifs. Cependant, il faut reconnaître la maîtrise et le méa culpa de l’administrateur de Survie. C’est aussi grâce à ses talents de journaliste qu’il s’est expliqué sereinement, autrement les esprits se seraient échauffés. Il a d’emblée présenté ses excuses aux Congolais sur l’ensemble des questions évoquées.

« Je regrette d’avoir lâché ces mots. C’est par mégarde je crois. C’est vrai que plusieurs associations parlent des cinq millions des morts, mais j’éviterais d’entrer dans cette polémique. Je comprends votre émotion. Pardonnez-moi ! J’ai toujours dis que Paul Kagamé est un criminel comme tous les autres et je ne fais aucune distinction entre un mort noir et blanc » A enchaîné Vincent Munié.

Les victimes deviennent criminelles

« Le malheur de la RDC depuis la colonisation est d'être l'un des pays les plus au monde qui a fait le bonheur des colons belges puis des néocolons américains, français et belges avides de toutes ses richesses jusqu'à la guerre civile où la déliquescence du Congo semble profiter aussi bien aux multinationales occidentales qu'aux pays limitrophes. A l’époque de Mobutu que vous critiquez, avions-nous connus ces chiffres élevés des morts ? Est-ce que le sous-développement n’existait pas ? » Lancera avec véhémence, Likimba Te Nzengi, un activiste connu dans tous les milieux congolais.

A travers ces genres des débats, on comprendra que le génocide rwandais est toujours présent dans les mémoires des citoyens épris de paix, même quinze ans après. Toutefois, plusieurs fausses informations circulent dans certains milieux. Nul au Congo ou ailleurs, ne peux se réjouir de la tragédie rwandaise. Lors des douloureux événements qui ont endeuillés le pays des milles collines, la RDC a été le premier pays à accueillir à bras ouverts les populations rwandaises. On ne faisait aucune distinction entre Hutu et Tutsi.

Aujourd’hui la donne s’est renversée et les victimes d’hier sont devenues les criminelles d’aujourd’hui. Qui l’eut cru que les meurtres de Makobolo, Kasika, Kiwandja ou ceux de Bundu Dia Kongo pourtant reconnus par la communauté internationale et un grand nombre d’organisations telles que Human Rights watch, soient ignorés ? Les morts congolais n’ont-ils pas raison d’être défendus ? Cette question revient souvent dans les débats. Et il est difficile d’enlever aux Congolais cette impression.

Les Congolais responsables eux-mêmes de leur silence !

Certes, la RDC est le plus riche pays du continent et détient 30% des matières premières en cobalt, 10% de celles du cuivre, des gisements considérables d'uranium qui ont servi à faire la première bombe atomique US, des gisements pétroliers encore inexploités et surtout de très importantes zone aurifère sans oublier les réserves les plus significatives du Continent en Cassitérite transformée en Coltan. ? » Cela suffit-il à se taire et valoir seulemnt cet argument dès lors que les communautés rwandaises excellent en lobbying ?

Doit-on les en vouloir ? Que none !

Il appartient aux Congolais de multiplier les contacts avec les autres communautés et d’expliquer les causes de la présence rwandaise sur leur sol. Pour ceux qui l’ignorent, les populations rwandaises sont arrivées au Congo, grâce aux multiples guerres ethniques. C’était le moment où des centaines de milliers de Hutus rwandais, face aux poursuites imminentes de l’élite tutsie ayant reconquis le pouvoir dans le pays, se réfugièrent dans les pays limitrophes, surtout dans l’Est du Congo, région où se déroule actuellement le drame des camps de réfugiés hutus. Là s’amassent non seulement des centaines de milliers de victimes de la nouvelle répression tutsie contre les «génocidaires» hutus, mais des militants des anciennes organisations extrémistes hutues (tels les ex-Interahamwe). Cela fournit aux armées rwandaises, le prétexte d’intervenir, sous l’étiquette trompeuse du soutien d’une rébellion congolaise, celle de Laurent-Désiré Kabila contre Mobutu, ou à ce jour encore, celle de Laurent Nkunda contre Joseph Kabila.(sic).

Cette farce de démanteler ses rebellions basées dans les provinces de l’Est de la RDC, permet aux troupes criminelles du mégalo Paul Kagamé de se conduire sur le territoire souverain d’un Etat, comme dans un pays conquis. Aujourd’hui, les bandes armées entretenues par Paul Kagamé et Yoweri Museveni, et chouchoutées par la communauté internationale se livrent impunément aux crimes horribles et aux cruautés que l’humanité n’a jamais connues. Tout cela sans que personne ne pointe son petit doigt aux deux tyrans précités.

Et dans cette opprobre qui réduit le pays à une pépinière d’essais soldatesques, que fait le pouvoir de Kinshasa et son assemblée nationale pour protéger la nation? Joseph Kabila et ses sbires, devront répondre à toutes ces questions car le président de la République n’est pas un simple spectateur mais il est garant de la sécurité des ses concitoyens.

Dans l’ensemble, l’initiative de cette association est louable d’autant qu’on a évoqué la question cruciale qui déstabilise notre pays, c’est-à-dire la présence des multinationales et la nébuleuse rwandaise.

Il est utile d’assister à des telles discussions pour informer les amis et autres partenaires congolais car jusque là, on a l’impression que l’on diabolise tout le monde et on se renferme dans son monde. Si avec Survie les échanges ont été vifs, n’empêche que le dialogue s’est bien passé. Il faut continuer dans cette lancée pour combler le retard, autrement on doit arrêter de pleurnicher.