Luis Moreno Ocampo renvoyé dans ses cordes dans le procès Jean-Pierre Bemba !
Par James Bénédict Ngumbu, samedi 7 mars 2009 à 09:04 :: liens :: #308 :: rss
Luis Moreno Ocampo, procureur de la cour pénale internationale (CPI)
Comme nous l’annoncions dans nos précédentes éditions, le procès de Jean-Pierre Bemba ressemble à un casse tête chinois pour le procureur vedette de la CPI, Luis Moreno Ocampio et même pour la cour pénale internationale. Après les premières audiences de confirmation des charges qui se sont déroulées en janvier dernier, les zones d’ombre qui entouraient cette affaire commencent à être éclairées.
A ce sujet, la chambre préliminaire III de la cour a décidé d’ajourner l’audience de confirmation des charges dans l’affaire Jean-Pierre Bemba Gombo et de demander au procureur d’envisager de soumettre à la chambre un document amendé contenant des nouveaux éléments.
Dans sa déclaration, l’équipe dirigée par la juge bulgare, Ekatarina Trendafilova a estimé que sans préjuger de la responsabilité pénale individuelle alléguée du président du MLC, la qualification juridique des faits qui lui sont reprochés indiquerait un autre type de responsabilité pénale, à savoir celle en tant que chef militaire et supérieur hiérarchique (article 28 du statut de Rome).
Ils demandent donc au procureur de leur présenter, au plus tard le 30 mars 2009, un état amendé des charges traitant de cette question. Cette nouvelle, change complètement la donne et plusieurs questions méritent d’être posées. L’on se demande alors quelle est l’interprétation réelle de la problématique soumise par les juges ? Quelles seront les conséquences de ce revirement? Quels sont les nouveaux éléments que le procureur devra apporter dans moins de trente jours ? Cependant, comme on le sait, en droit les sanctions dépendent de l’appréciation des juges et bien que ces derniers aient ajourné leur verdict, nul ne peut prédire exactement l’issue de cette affaire.
Il faut attendre prudemment la décision sans crier victoire ni perdre l’espoir!
Selon Aimé Kilolo, l’un des avocats du suspect : « La cours avait trois possibilités, c’est -à-dire, confirmer, infirmer ou demander la production des nouveaux éléments au procureur.
C’est la dernière possibilité qui est retenue. Les juges ont constaté qu’il y a une contradiction entre les crimes commis et les différents arguments soutenus par le procureur.
De ce point de vue, il y a un désaveu de l’acte de l’accusation car la cour demande à Luis Moreno de se pencher sur l’article 28. Ce qui signifie que Jean-Pierre Bemba n’a pas été mêlé dans la commission des crimes, » soutient-t- il.
Pour sa part, Bruno Nkwim spécialiste du droit international qui traite fréquemment des questions juridiques au sein d’une institution importante en France, s’est montré aussi optimiste.
Il a expliqué clairement la décision de la cour, en ces termes : « Avec cette nouvelle donne, la cour a prouvé qu’elle est indépendante du procureur. En l’orientant vers l’article 61, les juges ont recadré l’acte d’accusation.
Cette tendance serait à mon avis favorable à Jean-Pierre Bemba car il sera poursuivi en tant que chef militaire et autorité de tutelle.
La tâche me paraît ardue et je ne vois pas comment peut-on produire un document conséquent à moins de trente jours » Ce juriste qui suit de très près l’affaire Bemba depuis son arrestation, avancerait même sans crainte d’être contredît, l’hypothèse d’un non lieu ou dans le pire des cas, une réduction sensible des charges contre l’accusé.
Toutefois, la prudence est à recommander dans les deux camps car le dossier est assez compliqué, dit-on à Kinshasa.
En toute liberté, sa famille politique n’a pas attendu l’annonce officielle de la CPI. Prenant les Congolais à témoin, le Mouvement de libération du Congo(MLC), parti de Jean-Pierre Bemba a dénoncé , par le biais de son secrétaire général, François Muamba, l’acharnement de la cour pénale internationale(CPI) contre son leader.
« Alors qu’en toute logique, lorsque les charges alléguées ne sont pas confirmées à l’encontre d’un prévenu, il tombe sous le sens que celui-ci doit être libéré, le procureur Moreno obtient de revenir à la charge avec des prétendus nouveaux éléments », a dénoncé François Muamba.
Dans le même registre, les Amis de Jean-Pierre Bemba et alliés (AJPBA) que nous avons contactés, qualifient la détention de Igwe à La Haye, après cette annonce de « séquestration politique »
M.Bruno Nkwim, spécialiste en droit international donnant l'explication sur le cas JP bemba à notre reporter
Un procès au carrefour des contradictions !
L’opinion se rappellera que dès les premières heures de cet imbroglio juridico-politique, la controverse était apparue sur toutes les lignes. De sa procédure en passant par le moment choisi de cette affaire (Bemba était sur le point de retourner au pays occuper des fonctions importantes) des critiques fusaient de partout pour dénoncer l’attitude de Moreno.
Nombreux sont ceux qui s’étonnent encore à ce jour, de la médiatisation et de la politisation de ce procès. Avec ce qui apparaît comme un désaveu pour le méga procureur de la CPI, peut-on dire que les faits leurs donneraient raison ?
Rien n’est moins sûr. Le doute persiste encore dans l’esprit des plusieurs observateurs.
Comment un dossier « bien étoffé» semble-t-il et ouvert il y a de cela deux ans s’effondrerait comme une boule des neiges ? Seul Luis Moreno détient le secret.
En tout état de cause, les dix milles pages tant ventées pourraient lui être d’aucune utilité.
Pour ne pas être trop chauvin, on serait tenté de dire que les preuves soutenues n’ont servit à rien et prendraient lentement mais sûrement, la direction de la poubelle pour y être recyclé, l’écho système oblige !
La défense pour sa part répondra au nouveau document du procureur- si document il y a- par écrit au plus tard le 24 mars prochain.
Chapeau bas à la défense de Jean-Pierre Bemba
Les amateurs du ballon rond ne nous contesteront pas en tout cas. La meilleure attaque c’est la défense, dit-on.
Cet adage se confirmerait du côté de La Haye. Pourtant, plusieurs personnes accordaient peu de crédit au début au conseil du sénateur congolais, compte tenu de la gravité des crimes fabriqués par ses adversaires et de la notoriété de l’argentin, bien qu’au Congo les gens pensent qu’il ne fait pas peur car on a connu des grands procureur comme Marcel Lihau, Mongulu Tapanga ou Léon Kengo. Ceux qui exprimaient des réserves sur ces toges noires, s’étaient trompé car la pertinence de Lirris Nkwebe ou la clairvoyance de Aimé Kilolo, ont battu en brèche les arguments de l’accusation.
Qui l’eût cru que des avocats anonymes, peu médiatisés sur la scène internationale en arriveraient là ? Ils ont été épaulés par leur confrère Assad Khan, qui a su également mettre leur client en confiance et par devers lui, toute une certaine opinion congolaise.
Quelque soit l’issue et pour ne pas tomber aveuglement dans le fanatisme, on peut d’orès et déjà affirmer que ces avocats marcheraient sans doute sur les traces de leurs illustres aînés, notamment Gérard Kamanda, Ndu-Ndudi ou Nimy Mayidika pour ne citer que ceux-là.
Pour la plupart des Congolais qui ont assisté aux audiences de confirmation des charges, la réponse est sans doute affirmative.
En six ans, Luis Moreno a obtenu que la CPI émette au moins douze mandats d’arrêts contre des auteurs présumés des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en RDC,Ouganda, Centrafrique et au Soudan (Darfour).
Avec ce nouveau rebondissement, il risque de perdre la main et de s’émousser dans l’enfer congolais.
Lui qui semble-t-il n’a jamais perdu un seul procès, coulera-t-il avec le flot du fleuve Congo ?
La tâche lui paraît difficile dès lors que ce dernier a perdu l’un de ses acolytes, le défunt avocat centrafricain, Gounkaye Wanfiou qui a périt dans un accident de circulation tout récemment.
Selon nos enquêtes menées auprès des sources proches du pouvoir en Centrafrique, il apparaît clairement que l’union affichée entre François Bozizé et Luis Moreno volerait en éclat.
A cet égard, il a d’ailleurs écrit au secrétaire général de l’Onu à ce sujet.
Le président centrafricain qui vit des moments difficiles dans son pays à l’approche des élections présidentielles ( dont le dialogue politique organisé aurait mal tourné ), souhaite que cette affaire soit traitée à Bangui pour attirer la sympathie des militants de Patassé.
Ces derniers lui tiennent pour responsable de l’exclusion de leur champion sur l’échiquier politique, si jamais la CPI le poursuivait.
A ceux-ci s’ajoute la colère des militants du MPC de Martin Ziguélé qui rejettent fermement toute récupération politique de l’affaire des crimes commis en centrafrique.
Et les soucis du procureur de la CPI ne font que s’amplifier car plusieurs associations centrafricaines des défenses des droits de l’homme, désapprouveraient sa méthode et se montreraient critiques à son égard.
A en croire nos sources, elles seraient prêtes à témoin contre Bernadette Safiou, l’ancienne présidente de l’association des femmes victimes des viols.
Une autre pièce de puzzle serait née ! Cette ancienne responsable d’une association affiliée à la Fidh est devenue depuis la médiatisation de cette affaire, ministre dans son pays et représentante du gouvernement centrafricain, dans le bras de fer qui oppose Bemba au procureur Moreno.
D’autre part l’Affaire El-Béchir viendrait compliquer la tâche du procureur qui se met toute l’Afrique politique sur son dos.
Que feront les amis de Luis Moreno Ocampio, pour parvenir à recoller les morceaux ? Ils répondront dans quelques jours.
Comme le soutient une légende congolaise attribuée au roi Ngobila (celui qui dépossédera mes enfants de leur héritage, sera humilié par un gamin), l’espoir renaît auprès des sympathisants de Igwe.
Les sympathisants jean-Pierre Bemba mieux connu en RDC sous le nom de Mwana Mboka-( fils du pays)- ne décolèrent pas.
Ils pensent que non seulement la victoire de Bemba lui était volée en faveur de Joseph Kabila, mais ils estiment aussi que leur Joker est victime d’un complot international.
Rien n’est joué et tout peut arrivé ! La suite du procès nous le dira !


Commentaires
1. Le samedi 7 mars 2009 à 12:12, par Wembadio JR.K
2. Le samedi 7 mars 2009 à 13:16, par Fongola Miso
3. Le samedi 7 mars 2009 à 15:52, par MBALA - ADO
4. Le samedi 7 mars 2009 à 23:02, par MBALA - ADO
5. Le dimanche 8 mars 2009 à 00:21, par Germain
6. Le dimanche 8 mars 2009 à 05:37, par Papy Mombili
7. Le dimanche 8 mars 2009 à 06:26, par dallas
8. Le dimanche 8 mars 2009 à 17:42, par ADO- MBALA
9. Le lundi 9 mars 2009 à 12:34, par Bin Adam
10. Le lundi 9 mars 2009 à 14:16, par Charles Masudi
11. Le lundi 9 mars 2009 à 22:54, par Pierre Matate
12. Le mardi 10 mars 2009 à 20:08, par Muana Classe
13. Le mardi 10 mars 2009 à 23:15, par Jean Paluku
14. Le mercredi 11 mars 2009 à 19:49, par CLOVIS MUNGA
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