"Les riches empruntent, les pauvres remboursent" (Coluche)
Par Freddy Mulongo, samedi 21 mars 2009 à 22:57 :: radio :: #320 :: rss
Ce "canard le plus riche du monde" est reputé pour son avarice et son côté aventurier. Crée par le scénariste-dessinateur Carl Barks en 1947, oncle de Donald Duck a pour surnom oncle Picsous (unle scrooge en anglais)
Pas facile d'être un président d'un Etat en faillite comme la République Démocratique du Congo. Joseph kabila, son Alliance pour Maintenir les Prédateurs (AMP) et alliés, ont contribué largement à la banqueroute de la République Démocratique du Congo.
Les zombies de la République ont tout pris pour eux:augmentation des salaires mirobolants, appointements et avantages sociaux, très vite la III ème République s’est drapée dans les oripeaux d'un régime autocratique-dictatorial. La légalité républicaine a cédé la place aux mots d’ordre de l'AMP et ses " tontons macoutes " qui bastonnent et emprisonnent à tour de bras ; les organes classiques de l’Etat (gouvernement, parlement, Sénat, cours et tribunaux) sont phagocytés par les instances parallèles-monopartistes et subordonnés à celles-ci ; le " militantisme" remplace les critères d’expertise et de compétence. Devenu Parti-Etat, les milices de l'AMP, les services de sécurité et les corps spéciaux, croient assurer par la terreur, la longévité d'un régime décadent.
La crise mondiale devient un prétexte pour couvrir l'immobilisme caractériel du régime de kinshasa qui fonctionne à vue sans stratégies ni perspectives.
La monnaie nationale, le franc congolais est malade. Sa dramatique dépréciation face au dollar américain: 825 FC pour 1 dollar est inquiétant.
Est-ce que c'est seulement l'effet de la crise mondiale ? Non.
Les Congolais malgré eux sont contraint d'appliquer à la lettre La Fontaine : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »
Crise à l'échelle mondiale !!!
La croissance mondiale est pratiquement au point mort, entraînant une baisse de la demande pour les produits africains. Lorsque, par exemple, les consommateurs européens et américains limitent leurs dépenses, l'Afrique exporte moins. Qui plus est, le cours des matières premières telles que le pétrole ou le cuivre s'est effondré.
L'américain, Bernard L. Madoff est un entrepreneur autodidacte qui avait abandonné ses études en droit et commencé sa vie professionnelle comme maître-nageur sur les plages de Long Island, Madoff créa en 1960, à 22 ans, sa propre société d'investissements avec 5 000 USD.
Bernard L. Madoff Investment Securities LLC devint l'une des principales sociétés d'investissements à Wall Street. Madoff fut très actif à la National Association of Securities Dealers (NASD), une organisation d'autorégulation de la bourse. Sa société fut l'une des cinq sociétés les plus actives dans le développement du Nasdaq et Madoff fut pour un temps le président du conseil des directeurs.
Il apparut comme un innovateur dans la bourse électronique. En décembre 2008, il est arrêté par le FBI et mis en examen pour fraude. Il se serait servi de sa notoriété pour monter un fonds d'investissement spéculatif géré de manière très discrète par une société parallèle qu'il avait créée.
Bernard.L.Madoff arnaquais les milliardaires pour donner aux millionnaires dit-on. Mais il avait la manie de garder tout pour lui. Il risque cent cinquante ans de prison...
Dmitri Medvedev, le président russe, demande aux riches hommes d'affaires de son pays qui se sont enrichis après l'ère communiste de rembourse " ce qui et selon lui "une dette morale" (Le Monde, 17 mars 2009)
Jacques Attali écrit un bon texte dans son blog qui nous éclaire:" Dans une étude dirigée par l’économiste Jonathan Murdoch, qui sera publiée en avril 2009, apparait pour la première fois une vision très concrète et très fouillée de la vie quotidienne des ménages les plus pauvres du monde. Au moment où on parle tant de milliards de dollars, et même de milliers de milliards, il est intéressant de s’intéresser à la vraie vie des vrais gens.
Ayant suivi et analysé pendant cinq ans, de 2000 à 2005, plus de 250 foyers de précaires, (qui gagnent moins de 2$ par jour, seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale) en Inde, au Bengladesh et en Afrique du Sud, ces économistes décrivent pour la première fois l’usage que font ces gens du rare argent dont ils disposent.
Le résultat est édifiant : Les très pauvres vivent dans l’économie monétaire, avec autant de sophistication que les riches. Sur les 6, 5 milliards d’habitants de la planète, au moins 2,8 milliards sont en situation de pauvreté (moins de deux dollars par jour) dont 1,1 milliard en situation d’extrême pauvreté, (moins d’un dollar par jour). Aucun d’entre eux n’est chômeur : les très pauvres travaillent tous. La plupart sont des travailleurs temporaires, journaliers, saisonniers, en ville et à la campagne La majorité de ceux gagnant moins d’un dollar par jour se situe en Asie du Sud (39%), en Asie de l’Est (33%) et en Afrique Sub-saharienne (17%).
Les femmes constituent la très grande majorité des plus pauvres, surtout à la campagne. L’essentiel de leurs revenus est consacré aux besoins de première nécessité : la nourriture, le transport, la santé, le logement, et l’éducation des enfants.
Mais aussi parfois la location d’un véhicule, ou d’un téléphone portable ; et pour cela, et c’est la grande surprise de l’étude, ils épargnent : les très pauvres font un usage très sophistiquée du peu d’argent dont ils disposent.
Il leur faut transformer leurs revenus irréguliers en un flux continu de ressources afin de subvenir à leurs besoins quotidiens. Epargner est pour eux une question de vie ou de mort.
Les jours de paie, il leur faut anticiper les futurs périodes de disette, d’inactivité, de maladie, un décès ou un mariage ou affronter les risques : la mousson en Inde, la propagation du SIDA en Afrique du Sud, les maladies infectieuses au Bangladesh.
Ils épargnent chez eux, ou chez leurs voisins pour ne pas être tentés, ou dans des associations d’épargne ou dans des institutions de microfinance, ou quand ils en ont, rarement, l’occasion, dans des institutions bancaires.
Il leur arrive aussi de contracter une assurance maladie ou une assurance vie. Et comme il est difficile de trouver des endroits sûrs pour placer son épargne, il est fréquent, notamment chez les femmes, de placer son argent sous forme d’or.
A l’inverse il leur arrive aussi d’emprunter à leur famille, leur employeur, un prêteur sur gages ou une institution financière, pour créer une activité rentable ou faire fructifier leur capital.
En moyenne, un foyer très pauvre recoure à une dizaine de différents instruments financiers par an. Et il lui arrive très fréquemment de prendre un crédit pour un achat alors qu’il dispose déjà de l’épargne nécessaire.
Un exemple ? Hamid et Khadija, un couple de citadins du Bengladesh avec un enfant qu’a suivi l’équipe de Jonathan Murdoch durant une année, gagnent environ 70 dollars par mois (soit moins de deux dollars par personne). Leurs avoirs financiers sont de 175 dollars répartis ainsi : 76$ placés dans une assurance vie, 17$ placés dans un institut de microfinance, 8$ dans un compte informel, 2$ dans leur maison, 40$ sous forme de prêts accordés à des connaissances, 30$ de dépôt à la « maison du village » et 2$ en liquide.
En parallèle, leur dette financière était de 223,34$ : 153,34$ d’un emprunt à un institut de microfinance, 14$ d’un emprunt privé, 10$ pour le remboursement d’une avance, 20$ de placement d’épargne due, 16$ de dette chez un commerçant et 10$ consacrés à la location d’un véhicule à usage professionnel.
Les très pauvres épargnent donc plus, en proportion, que les riches. Et ces trois milliards de personnes, (qui vont devenir bientôt 5 milliards quand la population mondiale sera de 9 milliards) constitue un formidable potentiel, auquel les banques commencent à s’intéresser.
En Inde, le gouvernement a récemment ordonné aux banques de réduire les démarches administratives et d’éliminer le montant minimum lors de l’ouverture d’un compte.
En Afrique du Sud, la création du « compte Mzansi », permet d’avoir accès à l’épargne pour un très faible coût. La crise financière le rappelle : le monde a besoin d’un système financier transparent, au service des gens et de leurs projets.
Il devient très important de mettre en place des réglementations rigoureuses, pour que ne se généralise pas, à l’échelle du monde, le scandale des subprime".
Il ne fait aucun doute que la crise financière mondiale touche l'Afrique subsaharienne de plein fouet. Pour cette année, le FMI table sur un taux de croissance de 3,3 % seulement, soit environ la moitié de la moyenne de la dernière décennie.
Pour un franc congolais fort !
Le livre de Noël K. Tshiani "Vision pour une monnaie forte" fait un diagnostic de la situation monétaire de la République Démocratique du Congo qui connait depuis plusieurs décennies une expérience inflationniste sans précédent. Sur les dix dernières années, le taux d'inflation moyen est de 139 pour cent par an. L'hyperinflation du franc congolais lui a fait perdre toute crédibilité. Introduite en 1998 à la parité de 1,3 francs congolais pour un dollar américain, la monnaie congolaise s'est dépréciée à 565 francs congolais contre le billet vert en août 2007. Aujourd'hui, 1 dollar américain équivaut à 825 FC.
Noël K.TSHIANI qui vit à Washington DC, en avril 2008, avait aiguisé notre attention sur la dépréciation du franc congolais, lors de la sortie de son livre à Paris.
Le Livre de Noël K. Tshiani offre des prescriptions pour une discipline budgétaire rigoureuse, une banque centrale puissante, une politique monétaire et de change indépendante, la fin de la dollarisation et une nouvelle monétaire débouchant sur une monnaie forte en RDC
Pour Noël Tshiani, une réforme monétaire est nécessaire pour plusieurs raisons dont:
1.La nomenclature actuelle des billets de banque est hors d'état d'usage. Le coût de fabrication des billets de 1c, 5c, 10c, 20c, 50c, 1F, 5F, 10F, 20F, 50F, 100F, 200F et 500F étant devenu trop élevé par rapport à leur valeur faciale, et la valeur du billet de grande dénomination étant inférieure à un dollar, la monnaie congolaise est devenue vieille, sale et difficilement utilisable. Les kinois cyniques pour échapper à leur quotidienneté n'ont pas hésiter à surnommer les billets sales " des blessés de guerre".
Voici les blessés de guerre !
2.Les Congolais qui n'ont pas confiance en leur monnaie, combinée avec l'hyperinflation depuis plusieurs années, cette situation a engendré le développement de la dollarisation de l'économie qui fait que le dollar américain co-circule avec le franc congolais. Ensuite, il existe deux masses monétaires distinctes en République Démocratique du Congo et une masse monétaire en dollar. La Banque centrale ne contrôle ne contrôle pas la masse monétaire en dollar qui est la plus importante en volume. De ce fait, la Banque centrale ne peut pas conduire une politique monétaire crédible car tout ses instruments (taux directeurs, taux de réserves obligatoires, interventions sur le marché de change, etc...) sont sans effet réel sur l'économie.
3.La gestion de la monnaie congolaise a engendré chez les Congolais la méfiance et crainte. Le franc congolais n'est plus la seule monnaie ayant cours légal sur l'étendue de la République Démocratique du Congo. Il coexiste avec le dollar et l'euro, et ne joue plus qu'un rôle marginal car la grande partie des transactions se fait en devises étrangères. La stabilité relative du franc par rapport au dollar qui lui-même trop faible par rapport aux monnaies fortes.
Pour faire face à cette situation, la Banque centrale et le gouvernement doivent travailler de concert pour rétablir une discipline pouvant permettre la conception et la mise en oeuvre d'une politique monétaire saine et crédible.
Le franc est passé de 1,3 F pour un dollar en juin 1998 à 565 F pour le billet vert en août 2007. Aujourd'hui 1 dollar américain vaut 825 FC. Est-ce uniquement le fait de la crise mondiale ?
Lorsqu'un pays n'a pas des productions locales, les banques n'accordent pas les crédits aux citoyens lambda sauf aux politiques, signe des contrats léonins et accepte un pillage à huit clos de ses ressources minières durant trente ans contre la manne chinoise de 8 milliards de dollars américains, a une monnaie faible et dépréciée, les écoliers sont chassés de l'école pour non paiement des frais scolaires, les fonctionnaires impayés et n'ont pas droit de réclamer sous peine de torture ou séquestration...Pendant que chaque Sénateur touchent 8500 $ par mois et le député 6800 $ doit-on se cacher derrière la crise mondiale pour cette injustice sociale criante qui saute aux yeux ?
Les millionnaires du dimanche congolais, pilleurs et prédateurs de surcroît, n'ont peut-être pas tous l'argent caché dans les paradis fiscaux, mais leurs discours larmoyant sur la "crise" est trop superficielle.
Ils ont toujours su cacher la réalité aux congolais, leurs bonnes intentions affichées ne sont qu’apparats.
les forces vives qui nourrissent l'État, la classe moyenne, les travailleurs, subissent des pressions incroyables depuis quelques décennies
Les politiciens du ventre eux, signent des contrats au nom du peuple congolais, ils s'enrichissent au détriment du même peuple qu'ils pillent et ce sont les populations congolais appauvris et paupérisés qui remboursent leurs frasques.


Commentaires
1. Le dimanche 22 mars 2009 à 20:22, par Djamba Yohé, l'encrier de l'Atlantique du Nord
2. Le lundi 23 mars 2009 à 00:25, par Yves Debaille
3. Le lundi 23 mars 2009 à 00:57, par yves sévy
4. Le lundi 23 mars 2009 à 12:04, par Tresorkh
5. Le lundi 23 mars 2009 à 12:44, par Stanislas Meguen Touko
6. Le mardi 24 mars 2009 à 09:34, par Ruben MIHIGO
7. Le mardi 24 mars 2009 à 09:55, par Ruben MIHIGO
8. Le jeudi 2 avril 2009 à 04:04, par Alfred Williams
9. Le jeudi 2 avril 2009 à 10:27, par pierre renaud
10. Le jeudi 2 avril 2009 à 15:30, par pius matete
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