Sarkozy à Kinshasa pour renforcer la coopération franco-congolaise
Par James Bénédict Ngumbu, mercredi 25 mars 2009 à 18:34 :: liens :: #330 :: rss
Nicolas Sarkozy, président de la République Française
Le président de la République Française, Nicolas Sarkozy visite le Congo à partir de ce jeudi 26 mars 2009. Il répond ainsi à l’invitation de son homologue congolais, Joseph Kabila qui lui a rendu visite à Paris, au mois de juillet dernier.
Selon Bruno Joubert, le conseiller Afrique du président français qui nous a reçu à l’Elysée à la veille de ce voyage, cette visite d’Etat et de travail portera sur les relations de coopération entre les deux pays. Rappelons aussi que c’est pour la seconde fois que Nicolas Sarkozy est en visite en Afrique depuis son élection et en ce qui concerne la République Démocratique du Congo, le dernier séjour d’un chef de l’Etat français dans la capitale congolaise remonte à 25 ans. Lors du sommet France Afrique de 1984, Mobutu Sese Seko et François Mitterrand se sont rencontrés à Kinshasa dans un contexte particulier.
A cette époque, tout le monde se souviendra que le grand Zaïre était très fréquenté par les dirigeants occidentaux. Ce qui n’est plus le cas de la République démocratique du Congo qui se cherche encore dans ses rapports avec l’occident. Il convient de souligner que de tous les temps, la République démocratique du Congo et la France ont toujours entretenu de bonnes relations d’amitié et de coopération. Une coopération dynamique orientée dans plusieurs domaines, particulièrement les communications, le secteur militaire, l’enseignement, la culture et surtout la Francophonie.
Dans son programme, Nicolas Sarkozy rencontrera Joseph Kabila puisque les deux hommes auront un important tête-à-tête et cela leur permettra de parler de la coopération bilatérale. Ensuite, l’hôte de Joseph Kabila se rendra également au Palais du peuple pour livrer un discours à la nation congolaise.
Cependant, son message est très attendu et devra subjuguer les esprits au parlement, mais surtout aux Congolais de partout. La tâche de Nicolas Sarkozy paraît assez compliquée car son voyage s’effectue dans un climat tendu parce qu’il suscite beaucoup de réactions tant à Kinshasa qu’à Paris.
D’abord du côté de la capitale congolaise, l’imbroglio est total au sein de la majorité présidentielle où Joseph Kabila et Vital Kamerhe- son influent président de l’assemblée- se livrent à une guerre des fauves pour des raisons politiques. Au dernier moment, Vital Kamerhe vient de démissionner de la présidence du parlement congolais, dans un climat tendu et cela à la veille de la visite de Sarkozy. Cette décision évite la confusion à la délégation française.
Pour éviter de s’ingérer dans les affaires internes, les sources élyséennes précisent que c’est Kengo wa Dondo, le président du sénat qui prendra la parole au nom de ses collègues (députés et sénateurs), pour répondre à Nicolas Sarkozy.
Dans le rang de l’opposition, les députés concernés adresseront un mémorandum réquisitoire à Nicolas Sarkorzy, pour lui relater la situation politique du pays. Une sorte d’état des lieux retraçant toutes les peines qu’endurent les membres de l’opposition congolaise. Il en sera également question pour le MLC, la famille politique de Jean-Pierre Bemba qui remettrait si tout va bien, un document au chef de l'Etat français en faveur de leur leader, qui est détenu à la CPI et donc la sentence paraît ambiguë. Les collègues de François Muamba demanderont à la France de les aider afin que Jean-Pierre Bemba soit sorti de la prison car à ce jour, la CPI n’a pas d’éléments convaincants pouvant incriminer leur chef.
Il sied de noter que ce séjour est annoncé à la fois comme une clarification du discours prononcé par Nicolas Sarkozy, le 16 janvier dernier à l’occasion de la présentation des vœux aux diplomates et un soutient de la France au peuple congolais en ce temps de crise. Ses déclarations sont interprétées comme étant le désir de partager tout ce que le pays a en terme des ressources naturelles, avec son principal ennemi.
« La République Démocratique du Congo est comme une rotule de genou. C’est un pays qui est à la jonction de l’Afrique tant Centrale que Orientale. Sans un Congo stable, l’Afrique ne fera aucun progrès. Il ne s’agit pas d’un partage des richesses avec quiconque. Le principal message est celui de prendre des risques et faire avancer des résolutions des conflits. C’est ça le message du président Nicolas Sarkozy ». A fait remarqué Bruno Joubert.
A Paris, la visite officielle de Nicolas Sarkozy intervient au moment où plusieurs associations congolaises se sont mobilisées pour dénoncer cette position. La diaspora congolaise de France s’est indignée suite aux déclarations du président français. On se souviendra que le 13 et 14 février dernier, beaucoup d’associations telles que : Objectif Congo, Action des femmes Africaines Solidaires pour le Développement (AFAS), l’Association des Jeunes Franco-Congolais(AJFC) ou les Amis de Jean-Pierre Bemba (AJBPA) -la liste est exhaustive- ces dernières ont tenu des actions militantes devant l’assemblée française pour exprimer leurs inquiétudes.
Et c’est aussi la position de la société civile congolaise qui a manifesté globalement son mécontentement à Kinshasa. « Le Président Sarkozy n’a pas l’intention de balkaniser le Congo. Il livrera un message clair aux Congolais.
Et ils ne seront pas déçus, il faut que les gens arrêtent de spéculer autour de cette déclaration car le président a déjà répondu à travers la presse congolaise qui l’a interrogé sur cette question.
Il sera peut-être question de la CPGL et de voir comment faut-il l’adapter avec la réalité du moment. » A enchérit Romain Serman, conseiller technique à la présidence française et l’homme qui suit particulièrement le dossier de la République Démocratique du Congo à l’Elysée.
Aussi, dans la suite du président français, note-t-on la présence de trois ministres. Il s’agit de Christine Lagarde, en charge de l’ Economie, Finances et Emploi ; Brice Hortefeux, en charge du Travail et Alain Joyandet chargé de la Coopération et de la Francophonie. Et bien entendu, de Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des droits de l’Homme.
A ce sujet d’ailleurs, Bruno Joubert, a bien indiqué que le président Sarkozy qui attache beaucoup d’importance aux droits humains, traitera cette question avec attention. Les Congolais auraient souhaiter que le chef de l’Etat français se rende à Goma, bastion des violences sexuelles et autres vices, pour s’enquerir lui-même de la situation. Dommage ! Il ne s’y rendra pas.
En dehors de ces ministres, il y a une douzaine de chefs d’entreprises. Parmi eux, on peut citer Ciment Lafarge ; pour le secteur du ciment, Vinci qui a obtenu un contrat de 40 millions de dollars, Aéroport de Paris, qui participera à l’aménagement de l’aéroport de Kinshasa, Areva pour exploiter l’uranium du Katanga et France Télécom pour la télécommunication.
On s’attend donc à une promotion des investissements français en République démocratique du Congo. Une forte équipe de la presse française, représentée avec plus de 30 journalistes fait également partie de la délégation.
Bernard Kouchner n’effectuera pas le voyage de Kinshasa !
Février 2007, lors du XXIVème Sommet Afrique-France à Cannes, Bernard Kouchner, s’entretenant avec James Bénédict. Ngumbu et un confrère Guinéen.
Sauf imprévu, le service de protocole de l’Elysée a fait savoir que le « french doctor », très connu à cause de son implication dans la crise qui secoue les relations tumultueuses entre la RDC et le Rwanda, ne fera pas partie de la délégation.
Au terme de cette visite, Nicolas Sarkozy traversera le fleuve Congo pour se rendre à Brazzaville, rencontrer Denis Sassou Nguesso et l’ensemble de la classe politique congolaise qui se prépare pour le scrutin présidentiel de juillet prochain. Enfin, la boucle sera bouclée avec l’étape de Niamey, au Niger. Le retour de la délégation à Paris est prévu pour samedi prochain.


Commentaires
1. Le mercredi 25 mars 2009 à 21:23, par dallas
2. Le jeudi 26 mars 2009 à 10:06, par Pauline Bwati
3. Le vendredi 27 mars 2009 à 16:57, par thile
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