Kinshasa, 26 mars 2009, Nicolas Sarkozy et Joseph Kabila arrivent au Palais du Peuple

Brazzaville, 26 mars 2009, le président français Nicolas Sarkozy et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso

Trois pays en 36 heures chrono, la République Démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville et le Niger : l'exercice relève du posé-décollé.

L'étape de Kinshasa de 5 heures de Nicolas Sarkozy apparait comme un transit, alors qu'il y a 25 ans, François Mitterrand avait passé quelques jours. Autre temps autre moeurs dira-t-on. La République Démocratique du Congo, deuxième pays francophone au monde a encore du chemin à faire pour convaincre et se faire accepter dans cette grande famille.

A Paris, encore quelques soubresauts à notre Ambassade sise cours Albert Ier. Au mois d'octobre dernier, avait éclaté le scandale de vrais faux passeports ordinaires et autres documents administratifs, organisé par un agent du service juridique, lequel avait mis en place une chancellerie bis. Bien pis, un agent naturalisé français détient encore un passeport diplomatique congolais qui lui sert de parchemin auprès de différentes administrations de Kinshasa aux fins d'être maintenu en poste à l'ambassade et obtenir des promotions professionnelles.

Il y a plus de neuf mois échouait dans le silence ce qui aurait pu devenir le plus gros scandale, à savoir une tentative de bradage de l'immeuble de la mission diplomatique. Comme pour mieux ternir l'image de l'ambassade et du pays, des procédures judiciaires s'ajoutent à la série. Ainsi, les Tribunaux de travail de Paris (Conseil des prud'hommes) viennent de condamner la représentation diplomatique congolaise à payer plus de 200.000 euros à trois anciens agents qui figuraient sur la liste d'une dizaine d'agents abusivement révoqués en décembre 2005 par l'ancien ambassadeur Jean de Dieu Moleka.

Lorsqu'on sait les situations dans lesquelles vivent nos diplomates, il y a de quoi se tirer les cheveux de la tête.

Dis-moi comment tu as accédé à l'indépendance, et je te dirai ce que sera cette indépendance. Dis-moi comment tu es parvenu au pouvoir, et je dirai ce que tu es condamné à en faire. C'est là une loi d'airain de l'histoire qu'organisations et hommes politiques ont tendance à oublier ou à sous-estimer: la manière dont un pays accède à l'indépendance, dont une organisation ou un homme politique parvient au pouvoir est véritablement décisive.

Certes, beaucoup est contenu dans la lutte, sa forme, sa durée, les alliances rendues nécessaires, mais tout le reste, l'essentiel peut-être, se noue au moment de l'arrivée au pouvoir.

"Après avoir caporalisé par la corruption les acteurs politiques congolais, chosifié les populations congolaises, hypothéqué nos territoires et notre devenir, Joseph kabila continue à se comporter en président de l'AMP et non pas de la République Démocratique du Congo" déclare Charly Esalo qui n'a pas apprécie l'accueil timoré de Sarkozy à kinshasa.

Devant les députés et Sénateurs au Palais du Peuple Parlement, Nicolas Sarkozy a appelé à un "nouvel élan" de la coopération régionale pour arriver à la paix. Dans le même temps, Areva signait un contrat de recherche et d'exploitation d'uranimum.

L'appel de Sarkozy à un "nouvel élan" de la coopération régionale pour arriver à la paix a-t-il été entendu ?

Une paix sans justice réparatrice, une paix qui élève, honore les seigneurs de guerre aux postes gouvernementaux pour les protéger contre la Cour Pénale Internationale (CPI), serait difficile dans la région des Grands Lacs.