Réveil FM Livres 08
Par Freddy Mulongo, vendredi 10 avril 2009 à 20:32 :: radio :: #337 :: rss
Lire, selon moi, c'est entrer dans une compréhension du monde et des gens ou au moins dans une relation avec le monde et les gens qui ne soient pas limitées par le point de vue singulier de ce que je suis à l'exclusion du reste. J'aime lire parce que ça donne de l'épaisseur à mon expérience de vivant, de la profondeur au monde et, il faut bien le dire, parce qu'un livre s'ouvre et se referme à ma guise, respecte mon rythme et mon besoin de silence, et que, contrairement aux autres interlocuteurs, il ne s'offusque pas d'un oubli prolongé sous la table de nuit.
Aimer lire n'est pas facile, il faut trouver le bon bouquin mais pour ça il faut en lire énormément. La lecture est une passion, soit tu aimes ou tu n'aimes pas.
La lecture est un art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous voyons le monde se multiplier. Autant il y a d’artistes originaux, autant nous avons plusieurs mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent à l’infini.
Alors que l'école continue de s'accommoder de la médiocrité, la République Démocratique du Congo s'est engagée, en ce début du XXIè siècle, dans une ère qui permet d'envisager l'avenir avec optimisme. Dans ce contexte, l'école congolaise est appelée à changer profondément afin de jouer son rôle dans la reconstruction des institutions politiques, dans la stimulation de la croissance et dans les corrections des inégalités. Mais comment peut-elle passer de la médiocrité à l'excellence ?
Grâce à l’ouvrage de Gratien Mokonzi, les clichés et les simplifications s’effacent au profit d’une analyse toute en finesse et en nuances. L’auteur nous conduit à la découverte des chemins complexes qui conduisirent l’école congolaise, depuis les balbutiements de l’ère coloniale, en passant par les espoirs et les réalisations des premières années de l’indépendance, jusqu’à la « descente aux enfers » de la dictature mobutiste et aux défis actuels.
L’époque coloniale
Sans se départir d’un regard dialectique, qui ne saurait nier absolument tout apport objectif de la colonisation en termes de développement, Gratien Mokonzi ne laisse planer aucun doute quant à la nature essentielle de ce que fut l’école congolaise sous la domination belge. Entre les colonies scolaires du début du XXe siècle, où « les élèves sont réveillés au clairon et se rendent au réfectoire en défilant au pas » et les colonies agricoles et professionnelles, il n’y a place dans l’enseignement du Congo belge que pour l’instruction militaire des recrues de la Force publique et un enseignement exclusivement professionnel, « l’unique à être estimé acceptable pour les indigènes ». Et même si, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l’exploitation économique de la colonie « requiert de plus en plus la collaboration des nègres qualifiés », le bilan de la politique éducative imposée par la puissance coloniale est sans appel : « une politique, nous dit Mokonzi, caractérisée par une forte orientation paternaliste et utilitaire. (...) L’enseignement est (...) volontairement très réduit ; la formation d’une élite capable d’accéder, ultérieurement, à de grands postes de responsabilité n’étant pas envisagée par la politique scolaire coloniale ».
Cette orientation est perceptible jusque dans les méthodes d’apprentissage : « didactique du maître et de l’esclave, fondée sur une relation verticale entre les deux acteurs du processus enseignement-apprentissage, relation d’imposition et non de collaboration. Didactique du savant et de l’ignorant, en fonction de laquelle l’éducation ne peut développer une conscience nationale susceptible d’impulser le développement du pays au lendemain de son indépendance ». Ces pratiques laisseront des traces profondes dans la tradition pédagogique et constituent, aujourd’hui encore, l’un des grands obstacles à la réforme de l’enseignement congolais.
L’ère du mobutisme
Après l’indépendance, un vent d’espoir souffle sur l’école congolaise. La réforme du système éducatif de 1961 permet une importante expansion de la scolarisation. De 1959 à 1965, les effectifs d’élèves et d’étudiants augmentent de 23 %. Mais le coup d’Etat de 1967 et l’instauration de la dictature mobutiste mettent rapidement fin à ce souffle d’air nouveau. Gratien Mokonzi nous décrit comment le régime de Mobutu instaure peu à peu un contrôle étroit du système éducatif, « secteur hautement stratégique, à la fois à cause du nombre important des personnes qu’il emploie et du pouvoir que recèle l’éducation d’armer le peuple des instruments d’analyse et de remise en question d’un régime politique dictatorial ».
La décision de Mobutu de nationaliser tout l’enseignement congolais aurait sans doute pu paraître une disposition progressiste, à tout le moins aux yeux du défenseur de l’école publique et laïque que je me trouve être. Mais à y regarder de plus près — et c’est bien dans ce regard proche, à la fois précis et nuancé, que réside tout l’intérêt de l’ouvrage de Mokonzi — cette nationalisation ne pouvait que sombrer dans la bureaucratie, tant le pouvoir se trouvait coupé du peuple et dès lors l’école coupée des aspirations populaires. De toute manière, le dictateur comprend vite que « s’occuper seul de tout le système éducatif, du primaire à l’université constitue, ni plus ni moins, un fardeau dont le gouvernement mesure de plus en plus le poids et dont il veut à tout prix se décharger ». Après trois ans, Mobutu rétrocède donc aux Églises catholique, protestante et kimbanguiste la gestion des écoles qui leur appartenaient dans le passé.
En 1993, après un quart de siècle de dictature, les dépenses d’enseignement s’étaient effondrées à 0,2 % du budget de l’Etat. Contre 27 % pour la Défense nationale... La détérioration des conditions d’apprentissage et la paupérisation des enseignants qui en ont résulté sont longuement décrites par l’auteur. En dépit des efforts réalisés par le nouveau gouvernement de la RDC, dont le président et le gouvernement ont retenu l’éducation parmi les priorités de leur programme d’action, les taux brut de scolarisation restent aujourd’hui très faibles : 64% au primaire, 19% au secondaire. Sur 100 enfants qui entrent en première année primaire, 25 seulement atteignent la 5e année après quatre années scolaires.
Pistes et propositions
Mais Gratien Mokonzi ne se contente pas de stigmatiser l’état dramatique de l’école congolaise et d’incriminer le passé. Il s’attaque également aux causes profondes, tantôt pédagogiques, tantôt culturelles du marasme où se débat l’éducation dans son pays (et sans doute pas seulement dans son pays). Et surtout, il se penche, dans un long et important chapitre final, sur des pistes en vue de sortir de l’ornière. Outre un meilleur financement et une meilleur gouvernance, parmi d’autres pistes trop nombreuses pour être évoquées ici, il nous propose un vibrant plaidoyer en faveur de la pédagogie active et coopérative, où il voit, sans doute à juste titre, l’une des issues au drame éducatif actuel.
Cette réflexion est d’autant plus importante à l’aune des menaces que la mondialisation fait peser sur les systèmes éducatifs. Sous la pression de divers organismes internationaux, tels l’OCDE et la Banque mondiale, l’enseignement est de plus en plus poussé dans la direction d’une « instrumentalisation » au service de la compétition économique. Les discours de ces institutions ne manquent pas d’incriminer parfois les « méthodes pédagogiques traditionnelles » en lesquelles elles voient un frein à leur quête de flexibilité et d’adaptabilité de l’enseignement et à son recentrage sur les « compétences » que réclament désormais les marchés du travail. Sous le couvert d’innovation pédagogique, ces organismes sont parvenus à imposer dans de nombreux pays une approche didactique dite « par compétences », qui a résulté en une profonde déstructuration des savoirs scolaires. Le plaidoyer de l’auteur du présent ouvrage en faveur d’une pédagogie active et coopérative vient donc à point nommé nous rappeler que l’innovation des pratiques enseignantes peut poursuivre d’autres voies que celles où veulent nous enfermer ces représentants du monde de l’industrie et de la finance. L’institution de citoyens critiques et conscients ne se fera pas par les mêmes méthodes pédagogiques que celles que requiert la seule formation de travailleurs flexibles et de citoyens obéissants.
Et que l’on ne voie pas là un mépris du travail ou de la formation professionnelle. Parmi les nombreux thèmes et pistes qu’il aborde, Gratien Mokonzi m’a particulièrement charmé lorsqu’il s’arrête soudain au « déclin du travail comme moteur du développement individuel et collectif », déclin qu’il perçoit non seulement dans le travail scolaire mais également dans une certaine « négligence généralisée » du travail manuel. Le refus du travail, le refus de l’effort, voilà qui ne manquera pas, en effet, de heurter et d’inquiéter tout pédagogue. L’auteur nous cite, à ce propos, cette admirable réflexion du grand pédagogue soviétique que fut Anton Makarenko : « au même titre que n’importe quel langage, le travail construit les rapports humains et les consolide en établissant une véritable communication entre les membres de la communauté pour lequel l’action crée l’homme nouveau […] l’homme qui travaille ne fait pas seulement et ne fabrique pas seulement les choses, il se fait et se fabrique lui-même ».
Dr Nkere Ntanda Nkingi, l'auteur de cet ouvrage, est professeur de Sciences politiques et administratives à l'Université de Kinshasa, professeur visiteur à l'Université William. Booth à Kinshasa, à l'Université officielle de Bukavu au Sud-Kivu et à Morgan State University à Baltimore, Maryland aux Etats-Unis. Ancien assistant spécial du Chef de l'Etat et spécialiste de la question des Grands Lacs en Afrique centrale, il est " alumnus " de Howard University à Washington, D. C. Il focalise ses recherches sur les problèmes de démocratisation et de développement des pays sub-sahariens.
Dans ce livre, qui vient après la publication en 2003 de Feudalism in the Bushi and the Modern State in Congo, l'auteur argumente, en se basant sur l'indicateur " éducation électorale " comme facteur probant de la démocratie et de légitimation des élections, que les élections législatives de 2006 en République démocratique du Congo n'étaient pas démocratiques ! Il postule, entre autres, que les difficultés dans l'exercice de la pression du Législatif sur l'Exécutif, celles de la gouvernance par certains élus et du comportement même de ces derniers en général sont, à juste titre, les conséquences de ce faux pas électoral du peuple congolais lors des législatives de juillet 2006. Par conséquent, Dr Nkere propose une série de voies de sortie qui pourraient, si sérieusement considérées par les gouvernants d'aujourd'hui, consolider la légitimité des scrutins législatifs à venir et, par ricochet, la démocratie et la gouvernance en République démocratique du Congo.
Rachel-Albert Kisonga Mazakal est né en 1943 au Congo alors colonie belge. Il a déjà publié : 45 ans d'histoire congolaise - L'expérience d'un lumumbiste, L'Harmattan, 2005.
Un demi-siècle après les indépendances, l'auteur constate que les élites africaines demeurent tributaires de leur culture traditionnelle, et davantage encore quand elles ont accédé au Pouvoir - ce qui est incompatible avec la gestion rationnelle d'un pays moderne. En ce début de 3e millénaire, les Africains devraient enfin saisir l'opportunité que leur a léguée la Colonisation : leurs Etats-Nations. Presque partout ailleurs, les ex-colonisés et dominés ont progressé voire prospéré, mais le Continent Noir brille par son absence sur la scène mondiale, excepté la médiatisation de ses errements. Le changement des mentalités s'avère indispensable si l'Afrique veut pouvoir rattraper le reste de l'Humanité en marche. Pour accélérer cette révolution culturelle nécessaire, il lui faut d'abord faire le bilan réel des 60 années d'indépendance et être Pragmatique dans la recherche de solutions. Les Etats africains doivent confier le développement de leurs pays respectifs à ceux qui ont fait preuve de savoir-faire et d'attachement à la terre africaine - y compris " les Blancs ", entrepreneurs et spécialistes installés depuis longtemps ou ayant fui les tourmentes successives et que l'on devrait rappeler. Cette " recommandation " s'adresse au Congo ex Zaïre dont l'auteur dénonce les tares des autorités politiques et religieuses, de même que les clichés et dérives tribalistes mortifères.
Cet ouvrage fournit des clés de compréhension et d'analyse de la réalité mondiale dans laquelle baigne la RDC. Il brosse d'abord à grands traits le cadre théorique des relations internationales, puis tente de décanter les variables structurelles et dépendantes de la politique étrangère de la RDC. La troisième partie est une autopsie de la politique étrangère de la RDC de l'indépendance à nos jours. Ce panorama s'achève sur un questionnement existentiel : quelle diplomatie pour le XXe siècle ?
Jean-Luc Hees connaît les Etats-Unis comme sa poche, il fut correspondant à Washington pendant dix ans. Il travailla notamment pour des chaînes comme CNN, ABC, puis dirigea France Inter. Aujourd’hui pressenti pour présider Radio France, il a été choisi par Nicolas Sarkozy et a déjà passé son audition au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA). Hees, au look de cow-boy nonchalant, publie un ouvrage amusant à la gloire des Egéries américaines. Héroïnes, symboles, mythes, parfois même légendes… Hees s’est penché sur ses muses qui rayonnent au-delà des épouses de président.
L'Amérique, c’est aussi bien Calamity Jane que Blanche-Neige. Il est vrai que les first ladies ont su donner l’exemple, citons pêle-mêle Eleanor Roosevelt, Mamie Eisenhower, Jackie Kennedy, Betty Ford, Nancy Reagan ou Hillary Clinton. Mais l’Amérique, c’est tout autant Zelda, l’épouse de Francis Scott Fitzgerald, Bonnie Parker (du couple Bonnie and Clyde) ou bien encore Mae West ou Jayne Mansfied, dont la plastique fit fantasmer plusieurs générations, sans oublier l’influence de Marilyn Monroe sur les frères Kennedy.
En guise de conclusion, Jean-Luc Hees constate que ces égéries ont inspiré parfois des hommes moins grands qu’elles.
Présentation de femmes américaines ayant inspiré des hommes politiques, des poètes et même des nations entières : E. Wilson, O. Winfrey, J. Baez, B. Parker, M. Monroe, etc. A travers leur destin, leurs succès et échecs, leurs joies et malheurs, des portraits de femmes incarnant une part de la vie, de l'histoire, de la culture ou de la mythologie des Etats-Unis
Les égéries inspirent : les poètes, les hommes politiques, les sociétés et les nations. Elles nous inspirent également, humbles mortels, et nous fascinent, qu'elles soient bénies ou blâmées. D'ailleurs certaines cultures favorisent leur éclosion et leur épanouissement. Que serait l'Amérique sans Jacqueline Kennedy, Marylin Monroe, Michelle Obama, Hillary Clinton ? Ou, à une autre époque, Bette Davis, Zelda Fitzgerald, Eleanor Roosevelt, Bonnie Parker, Abigail Adams ? Héroïnes, symboles, mythes, parfois légendes, ces femmes méritent notre hommage. Surtout lorsqu'elles ont inspiré des hommes moins grands qu'elles. Leur destin, leurs succès et leurs échecs, leurs tragédies et leurs bonheurs, nous disent que le monde continue d'avancer.
Jean-Luc Hees a été correspondant aux Etats-Unis pendant dix ans. Il a travaillé notamment pour CNN et ABC News. Il a dirigé pendant cinq ans France Inter et est actuellement journaliste à Radio Classique. Il a publié La saga de la Maison blanche, en 2006 aux Presses de la Renaissance, Sarkozy président ! Journal d'une élection (2007) et Le roman de Mai 68 (2008) aux éditions du Rocher.
Claude Mossé, Avignonnais, ancien reporter, historien de formation, passionné par la vie des papes dans sa cité, a publié biographies et suites romanesques sur une période qui n'est plus le Moyen Age, pas encore la Renaissance.
Jacques Monard, journaliste à la retraite, enquête sur la disparition de l'émeraude du pape Clément V, égarée voilà sept siècles. Rebondissements, intrigues et menaces se succèdent autour de ce mystère.
1309 ! Soumis au roi de France Philippe le Bel, le Bordelais Bertrand de Got, élu sous le nom de Clément V, s'installe à Avignon, premier des souverains pontifes à ne pas résider à Rome. Lors de son couronnement fastueux, quatre ans plus tôt à Lyon, Clément V tombe de cheval et sa tiare roule sur le sol : une émeraude de plus de cinq cents carats s'en détache.
À jamais ! Qui s'en est emparé ? Mystère.
Sept cents ans plus tard, des hommes liés à des sociétés secrètes - Nouveau Temple, Opus Dei, sectes en marge de la franc-maçonnerie... - décident de retrouver un joyau auquel on prête des pouvoirs surnaturels. Quelques indices recueillis au fil du temps suffiront-ils pour mettre la main sur cette émeraude exceptionnelle ? Chacun s'y emploie, mettant tout en oeuvre : meurtres, vols, intrigues... Des clans s'opposent et ne reculent devant rien à Avignon, mais aussi à Rome, New York, Genève, en Irlande, au Vatican où s'enchaînent les rebondissements et les coups de théâtre.
L'ouvrage entremêle l'actualité et le passé, personnages réels et héros de fiction, tout en respectant la vérité historique. Il invite le lecteur à mener l'enquête.


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