Renouvellement du Bureau de l’Assemblée Nationale: Gilbert Kikwama et François Mwamba prêts pour la mangecratie!
Par James Bénédict Ngumbu, jeudi 16 avril 2009 à 19:10 :: liens :: #349 :: rss
François Mwamba (MLC) et Gilbert Kiakwama (Chrétiens Démocrates) candidats mangercrates au renouvellement du bureau de l'Assemblée Nationale. Photo Losako
Depuis lundi passé, les prétendants à la succession de Vital Kamerhe au poste de président du bureau de l’assemblée nationale sont connus. En tout, 60 candidats repartis de la manière suivante : 6 à la présidence, 7 à la vice-présidence, 9 à la deuxième vice-présidence, 5 au poste de rapporteur, 9 rapporteurs adjoints, 10 questeurs et 13 questeurs adjoints, ont été enregistrés.
Parmi eux, on reconnaitra les têtes d’affiches des groupes parlementaires tels que : Evariste Boshab (PPRD), Joseph Nsinga Udjuu (UDEMO), Roger Lumbala (ODRA), Gilbert Kiakwama (Chrétiens démocrates) et François Muamba du MLC. Tous vont s’affronter pour se tailler une place au perchoir de la chambre basse. Du côté de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle(AMP), on mise sur la supériorité numérique de leurs députés et le candidat du parti présidentiel serait bien parti pour remplacer une fois de plus, Vital Kamerhe. Il convient de signaler que le professeur Evariste Boshab avait hérité en 2006, le poste laissé vacant par Vital Kamerhe à la tête du PPRD. Les Kinois racontent qu’entre les deux compagnons, le jeu de la chaise musicale est une affaire du parti.
« Compte tenu du climat qui règne en son sein, notre plateforme ne rassure personne et nous en sommes conscients. Tout peut arriver, voilà pourquoi nous voulons que l’opposition s’embarque aussi pour susciter aux députés récalcitrants, un sentiment d’appartenance à une famille politique». Fait remarquer l’un des conseillers du raïs.
A en croire les mêmes sources, la bataille pourrait s’annoncer rude pour l’Alliance pour la Majorité Présidentielle et les résultats escomptés s’obtiendraient lors d’un éventuel second tour.
En effet, dans l’ensemble ce scrutin apporte un lot d’inquiétudes et des surprises. Si le nombre record des candidats n’étonne personne d’autant qu’en République démocratique du Congo la politique est devenue un business qui paie cache, ce qui effraie les Congolais, c’est la précipitation et la diversion de l’opposition dans cette guerre des clans.
On se demande à quel jeu jouerait Gilbert Kiakwama, en se mêlant dans cette aventure, lui qui a pourtant soutenu formidablement la cause de la nation, notamment lors des événements de Bundu Dia Kongo, les incursions de l’armée angolaise et même lors de l’arrestation de Jean-Pierre ? L’opinion se souviendra que le départ de Kamerhe est lié à ses déclarations critiques face à l’entrée des troupes rwandaises au Congo. Le président de l’assemblée reprochait au chef de l’Etat, son manque de transparence dans cette affaire et cette attitude est jugée de responsable par les Congolais car dans tout Etat démocratique, les décisions de telle ampleur sont prises en concertation avec tous les pouvoirs (exécutif et législatif).
Qui l’eut cru que la « dépouille » de l’opposition congolaise s’embarquera dans cette planche à voile agitée, où Joseph Kabila défait et refait le parlement en s’accrochant à la manette, pour se faire noyer en toute conscience ?
Dans un pays où la culture de la démocratie est reléguée en second degré, il parait difficile de croire que les deux ténors de l’opposition ignorent qu’ils sont voués à un échec. Et la seule issue qui leur sera proposée pour le noyer davantage, c’est un consensus aux postes de moindres importances. Dans cette course à la manne, on est à même de penser que les deux ne refuseront pas une telle offre (sic) !
Pire encore, l’attitude de François Muamba, secrétaire général du MLC est à déplorer. Alors que toute la nation congolaise se plaint fréquemment de l’absence quasi totale du parti de Jean-Pierre Bemba dans les débats constructifs de la nation, son chef de fil se fait entendre inutilement. Loin l’idée de faire une diatribe au secrétaire général du grand parti de l’opposition congolaise, qui se fait parfois entendre timidement sur certains dossiers.
Cela n’est pas suffisant d’autant qu’il y a des mesures qui exigent son implication, notamment les votes fantaisistes de certaines lois. Le cas de l’accord sur des probables amnisties aux assassins de nos filles et femmes.
Cependant, il sied de noter qu’il est pratiquement impossible à Muamba de se faire élire à la tête du bureau de l’assemblée puisque son parti est minoritaire. Rien en tout cas n’explique, l’effervescence qu’on a notée autour de sa candidature. Si l’opposition au régime de Kinshasa était efficace, elle aurait créé une dynamique regroupant les aigris du parti présidentiel et les autres députés, afin de maintenir une demande d’explication du chef de l’Etat devant les parlementaires, comme le souhaitaient certains élus du PPRD.
Hélas ! Hormis certains élus du Pprd, l’opposition était dans le désert de tartarins. Souvent, les Congolais sont tentés de se demander si ceux qui les gouvernent ne se sont pas déjà inscrits dans la logique de la pacotille, consistant à sacrifier des pans entiers du territoire national sur l’autel d’alliances politiques et militaires qui ne sont pas soumises à la sanction du Parlement.
Pour revenir au rôle de l’opposition, nombreux sont ceux qui pensent que dans l’hémicycle, les quelques voix qui se font entendre dans les cas les plus critiques, proviennent de la majorité même. C’est le cas de l’entrée des troupes rwandaises sur le territoire congolais ou encore, la présence des forces angolaises à Kahemba. Toutes les revendications sur des cas très minoritaires ont été portées par les députés de la majorité (Kinkiey Mulumba, Bahaty etc…)
Au moment où l’intangibilité de nos frontières héritées de la colonisation ne l’est que sur papier, on n’attend encore la voix et impatiemment de Muamba, Kiakwama et Lumbala pour dénoncer catégoriquement la complicité du pouvoir en place. Peuvent-ils se faire entendre à ce jour sur ces sujets ? Les Congolais le souhaitent sincèrement.
Le patrimoine national est bradé considérablement. Ceci est tellement vrai que le pétrole, le diamant, l’or et tant d’autres matières premières pouvant générer des richesses immédiates en faveur du peuple congolais, sont laissés à la merci des Etats voisins. Il faut rappeler que le rôle d’un parlement est de légiférer les lois proposées par un gouvernement et à ce jour, ce n’est pas le régime de Kabila qui proposerait des lois utiles qui peuvent protéger notre pays.
Quelle est alors ce parlement qui même si Muamba et Kikwama se faisaient élire grâce à une baguette magique, saurait mettre à nu la passivité d’un gouvernement irresponsable?
Lors de l’arrestation de Bemba, certains Congolais souhaitaient que les députés de l’opposition fassent un signe en guise de protestation, soit en boycottant les séances soit en interpellant le chef de l’Etat sur cette question. On l’a vu en France lorsque les députés socialistes sont sortis pour défendre une cause nationale ou l’un de leurs. En-est-il le cas de ceux de Bemba ?
Grave encore, pendant que Jean-Pierre Bemba, l’homme qui a fait élire plusieurs députés est en prison à La Haye, l’action de lobbying en sa faveur est timidement menée par ses poulains et le reste de temps, ce sont les simples citoyens de la diaspora ou d’ailleurs qui se mobilisent pour apporter un soutien au chairman du MLC.
Voilà le paradoxe et la place de ceux qui ont été élus grâce à Monsieur Bemba.
Tenez, on vient d’apprendre que les élus ont mené une action en rapport avec leur rémunération personnelle, ils viennent de refuser d’obtenir leurs émoluments au motif que le gouvernement n’a pas respecté la loi ! Quelle loi ? Bien sûr celle qui les touche directement puisqu’il s’agit de leur argent.
Sans crier gare, ceux qui sont censés assurer la défense des intérêts de la République, paraissent distraits, pas du tout pressés ou mieux inefficaces. Et la solution dans tout cela pour espérer un avenir meilleur pour le Congo, consisterait tout simplement contourner le mécanisme en provoquant soit la composition d’un gouvernement d’union nationale ou dans le pire des cas, maintenir la pression sur Joseph Kabila et ses sbires pour qu’ils arrivent à dissoudre l’assemblée.
Et ça, l’opposition vient de louper une occasion se focalisant sur autre chose.


Commentaires
1. Le vendredi 17 avril 2009 à 06:20, par NGOMBELE
2. Le vendredi 17 avril 2009 à 15:27, par Angelique Moyo
3. Le samedi 18 avril 2009 à 10:06, par Mokili mobimba
4. Le dimanche 19 avril 2009 à 10:21, par Sylvie Chango
5. Le dimanche 19 avril 2009 à 10:29, par Tatiana La Kinoise
6. Le dimanche 19 avril 2009 à 16:26, par Tshibambe
7. Le dimanche 19 avril 2009 à 23:03, par Kandolo
8. Le lundi 20 avril 2009 à 20:29, par Pierre Faradi
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