Le Grand Kasaï dont Evariste Boshab qui par ruse s'est présenté comme le représentant valable regroupe 11 différents peuples : Kete, Kaniok, Rund, Luba, Bindi, Songye, Tetela, Kuba, Sakata, Tempa, Mputu. Généralement, ce peuplement a pris l’habitude d’être décliné en 4 groupes ethniques distincts : Tetela, Rund, Groupe-Isambo (Kuba, Tempa, Sakata et Mputu) et Luba (Songye, Luba-Shankadi, Kete, Kaniok, Luba-Lubangula, Luba-Lubilanji, Bindi). Ces communautés ont un poids démographique différent, mais des origines historiques moins différenciées. Elles ont leurs « foyers » situés sur des terroirs distincts. Elles sont identifiées également par leurs parlers spécifiques, mais dont les apparentements sont accentués par des origines partagées et des brassages incessants.

Par exemple, Lubefu et Lubao, deux territoires voisins de l’actuelle province du Kasaï Oriental, relèveront bientôt de deux provinces décentralisées (Sankuru et Lomami), c’est-à-dire de deux juridictions distinctes en matières de police et de cours et tribunaux. Avec la liberté de mouvement et le droit de s’installer dans un lieu de son choix, délinquants et criminels passeront allègrement, à tout moment, d’une province à une autre, avec plus de facilité que les polices et les tribunaux des deux provinces ne pourront collaborer. Tout, ou presque, prendra du retard à se mettre en place : l’état civil pour les citoyens, les équipements appropriés et la formation permanente pour la police.

Joutes oratoires, tiraillements et empoignades ont aujourd’hui libre cours. Par leurs élites interposées, déjà Tshikapa croise le fer avec Mweka, pour la prérogative d’abriter le chef-lieu de la nouvelle province du Kasaï. Lodja et Lusambo sont aux prises pour le chef-lieu de la province du Sankuru. Entre Ngandajika, Mwene-Ditu et Kabinda, c’est une véritable veillée d’armes pour « l’honneur » d’abriter le chef-lieu de la province de Lomami. Compétition normale ? Sans nul doute, mais pourvu que ce soit dans un pays normal ! C’est un sérieux risque de dérapage dans un pays aussi mal préparé – mais également aussi mal parti – que le Congo-Kinshasa.

Au Kasaï Oriental actuel, les populations du territoire de Kamiji, promises à la nouvelle province de Lomami, auront leur administration provinciale à Kabinda, à près de 300 km, ou à Ngandajika, à près de 200 km, ou à Mwene-Ditu, à moins de 40 km. Et pourtant, depuis 1962, ces populations de Kamiji ont cette administration à seulement 90 km, à Mbujimayi. À l’autre extrémité, les populations du territoire de Lubao auront leur administration provinciale à une distance d’environ 150 km à Kabinda, ou 300 km à Ngandajika, ou 400 km à Mwene-Ditu, alors qu’elles en sont à ce jour éloignées de 300 km. Moralité : dans la future province de Lomami avec Kabinda comme chef-lieu, les facilités actuelles de Kamiji iront à Lubao ; et les difficultés actuelles de Lubao iront à Kamiji. Au cas où le chef-lieu est fixé à Mwene-Ditu, ces facilités et difficultés changent de camp. C’est d’ailleurs là l’argument avancé par Ngandajika, placé au centre, pour abriter le chef-lieu de la future province de Lomami. Une belle empoignade en perspective !

En clair, les difficultés liées à l’éloignement actuel de l’administration provinciale ne seront pas réduites pour toutes les communautés, loin s’en faut. Elles vont plutôt passer de telles communautés (désormais plus proches de leur chef-lieu) à telles autres (désormais plus éloignées).

Enfin, l'opposition congolaise a étalé au grand jour ses scrabeuses ambitions, l'article de notre confrère James Bénédict Ngumbu (http://www.reveil-fm.com/index.php/2009/04/16/349-renouvellement-du-bureau-de-lassemblee-nationale-gilbert-kikwama-et-francois-mwamba-prets-pour-la-mangecratie) est sans équivoque. L'opposition a perdu. Les candidats mangercrates se sont fourvoyés en oubliant que les élections étaient "boutiquées" par le Pprd et les autres partis satellites de l'AMP

La corruption des députés n'est qu'un secret de polichinelle.

Si avec Vital Kamerhe, les députés de l'opposition avaient plus au moins la parole, avec son successeur Boshab, ils doivent s'attendre au pire.

le verrouillage parlementaire est en marche, l'AMP-Parti-Etat fait désormais sa loi.