Parlement godillot: Evariste Boshab, un apparatchik du joséphisme à l'Assemblée Nationale !
Par Freddy Mulongo, lundi 20 avril 2009 à 18:12 :: radio :: #351 :: rss
L'élection de Boshab à la présidence de l'Assemblée nationale est un signe de plus du "métayage institutionnel" dû à la "néofédalisation" de l'Etat congolais par l'AMP à travers sa segmentation politique, administrative, judiciaire et économique en véritables "seigneuries" dont l'objectif est l'appropriation et la confiscation du patrimoine national. Que va -t-il changer au Congo après l'élection de Boshab ? Rien. Comme sous le Mpr-Parti-Etat, la parlement congolais devient une caisse de résonance des décisions AMP.
Faucon du joséphisme, Evariste Boshab représente comme d'autres avec lui, le "nihilisme politique" en République Démocratique du Congo, c'est-à-dire les prédateurs dont la crise du sens de la prospective les prédispose à manger tout sur leur passage, au point de ne plus se rapporter à la cité que sur le mode d'une manducation constante.
Il fait partie de ceux qui préfèrent la posture zoologique des chèvres qui broutent là où elles sont attachées, à l'humanité de l'homme congolais. L'acte caprin de brouter symbolise la manducation, l'Etat congolais représente un simple pâturage économique, et la gouvernance politiquement médiocre au Congo est celle où les intérêts privés mènent constamment des croisades féroces contre l'intérêt général.
Evariste Boshab est un ancien haut cadre de l’UDPS qui après un long séjour en Belgique avait choisi de rallier le camp du pouvoir de l'Afdl au raison entre autre que l’UDPS voulait demeurer éternellement dans l’opposition. En fait, Evariste Boshab, trépignait d’impatience d’accéder aux affaires pour garantir ses arrières. Il se mit donc à courtiser le pouvoir de Kinshasa, les Afdliens lui ont ouvert grandement ses portes, sans doute avait-il promis en échange d’apporter à ses nouveaux maîtres la bonne méthode qui leur permettrait de laminer définitivement l’UDPS.
On a compris par après que Boshab n'était partisan d'un seul objectif:« Opération enrichissement personnel ».
Ex- directeur de cabinet de J. Kabila, Evariste Boshab a recouvré auprès du Congo-Brazzaville en 2004, la somme de 32 millions de dollars américains de la Société Nationale d'ELectricité (SNEL).
Evariste Boshab a été poussé à la démission pour cette affaire malgré le soutien de son chef direct. Qu’il affirme aujourd’hui avoir démissionné pour préserver sa dignité laisserait penser que l’homme a le sens de l’honneur, malheureusement pour lui, les faits plaident contre lui. Ainsi donc, monsieur le professeur, a usé d’un excès de zèle rare dans le dossier de recouvrement des arriérés de la SNEL auprès de ses débiteurs étrangers en vue d’empocher une juteuse commission.
Même si l’intéressé nie vigoureusement en clamant à qui veut l’entendre son innocence, il y a des signes extérieurs d’enrichissement qui ne trompent pas, surtout en Belgique, il n’ y a qu’à faire un tour à Louvain ou Wavre. C'est très facile aujourd'hui de clamer qu'il n'a pas été inquiété par la justice. Mais de quelle justice parle Boshab ? Y a t-il une justice indépendante au Congo ? N'est-elle pas vampirisée par l'AMP dont il est l'un des membres influents ? Et Jean Pierre Bemba dans tout ça ? L'homme est déjà au CPI, il ne peut donc pas se défendre.C'est facile d'accuser les morts et prisonniers.
Certains confrères au Congo ont présenté Evariste Boshab comme le candidat du "Grand kasaï" au perchoir de l'Assemblée nationale. Supercherie à outrance. Sous la houlette de Louis Michel, Evariste Boshab, Bob Kazadi kabamba et quelques belges autoproclamés spécialistes du Congo ont pondu la "Constitution de Liège" de 2006 qui régit la République Démocratique du Congo. Or avec le découpage territorial voulu par Bosahab et ses compères-charcutiers,le "Grand Kasaï n'existera plus. La RDC comptera 26 provinces, en lieu et place des 11 actuelles. Lorsqu'on sait que 65 % de l’espace national sont privés de toute administration et de toute infrastructure, et 78 % des congolais sont des marginaux économiques, sociaux et culturels, vivant dans des conditions très précaires caractérisées par l’absence de toute forme d’État, pourquoi cette précipitation ?
Le Grand Kasaï dont Evariste Boshab qui par ruse s'est présenté comme le représentant valable regroupe 11 différents peuples : Kete, Kaniok, Rund, Luba, Bindi, Songye, Tetela, Kuba, Sakata, Tempa, Mputu. Généralement, ce peuplement a pris l’habitude d’être décliné en 4 groupes ethniques distincts : Tetela, Rund, Groupe-Isambo (Kuba, Tempa, Sakata et Mputu) et Luba (Songye, Luba-Shankadi, Kete, Kaniok, Luba-Lubangula, Luba-Lubilanji, Bindi). Ces communautés ont un poids démographique différent, mais des origines historiques moins différenciées. Elles ont leurs « foyers » situés sur des terroirs distincts. Elles sont identifiées également par leurs parlers spécifiques, mais dont les apparentements sont accentués par des origines partagées et des brassages incessants.
Par exemple, Lubefu et Lubao, deux territoires voisins de l’actuelle province du Kasaï Oriental, relèveront bientôt de deux provinces décentralisées (Sankuru et Lomami), c’est-à-dire de deux juridictions distinctes en matières de police et de cours et tribunaux. Avec la liberté de mouvement et le droit de s’installer dans un lieu de son choix, délinquants et criminels passeront allègrement, à tout moment, d’une province à une autre, avec plus de facilité que les polices et les tribunaux des deux provinces ne pourront collaborer. Tout, ou presque, prendra du retard à se mettre en place : l’état civil pour les citoyens, les équipements appropriés et la formation permanente pour la police.
Joutes oratoires, tiraillements et empoignades ont aujourd’hui libre cours. Par leurs élites interposées, déjà Tshikapa croise le fer avec Mweka, pour la prérogative d’abriter le chef-lieu de la nouvelle province du Kasaï. Lodja et Lusambo sont aux prises pour le chef-lieu de la province du Sankuru. Entre Ngandajika, Mwene-Ditu et Kabinda, c’est une véritable veillée d’armes pour « l’honneur » d’abriter le chef-lieu de la province de Lomami. Compétition normale ? Sans nul doute, mais pourvu que ce soit dans un pays normal ! C’est un sérieux risque de dérapage dans un pays aussi mal préparé – mais également aussi mal parti – que le Congo-Kinshasa.
Au Kasaï Oriental actuel, les populations du territoire de Kamiji, promises à la nouvelle province de Lomami, auront leur administration provinciale à Kabinda, à près de 300 km, ou à Ngandajika, à près de 200 km, ou à Mwene-Ditu, à moins de 40 km. Et pourtant, depuis 1962, ces populations de Kamiji ont cette administration à seulement 90 km, à Mbujimayi. À l’autre extrémité, les populations du territoire de Lubao auront leur administration provinciale à une distance d’environ 150 km à Kabinda, ou 300 km à Ngandajika, ou 400 km à Mwene-Ditu, alors qu’elles en sont à ce jour éloignées de 300 km. Moralité : dans la future province de Lomami avec Kabinda comme chef-lieu, les facilités actuelles de Kamiji iront à Lubao ; et les difficultés actuelles de Lubao iront à Kamiji. Au cas où le chef-lieu est fixé à Mwene-Ditu, ces facilités et difficultés changent de camp. C’est d’ailleurs là l’argument avancé par Ngandajika, placé au centre, pour abriter le chef-lieu de la future province de Lomami. Une belle empoignade en perspective !
En clair, les difficultés liées à l’éloignement actuel de l’administration provinciale ne seront pas réduites pour toutes les communautés, loin s’en faut. Elles vont plutôt passer de telles communautés (désormais plus proches de leur chef-lieu) à telles autres (désormais plus éloignées).
Enfin, l'opposition congolaise a étalé au grand jour ses scrabeuses ambitions, l'article de notre confrère James Bénédict Ngumbu (http://www.reveil-fm.com/index.php/2009/04/16/349-renouvellement-du-bureau-de-lassemblee-nationale-gilbert-kikwama-et-francois-mwamba-prets-pour-la-mangecratie) est sans équivoque. L'opposition a perdu. Les candidats mangercrates se sont fourvoyés en oubliant que les élections étaient "boutiquées" par le Pprd et les autres partis satellites de l'AMP
La corruption des députés n'est qu'un secret de polichinelle.
Si avec Vital Kamerhe, les députés de l'opposition avaient plus au moins la parole, avec son successeur Boshab, ils doivent s'attendre au pire.
le verrouillage parlementaire est en marche, l'AMP-Parti-Etat fait désormais sa loi.


Commentaires
1. Le lundi 20 avril 2009 à 19:02, par Huit BALOWA
2. Le lundi 20 avril 2009 à 22:04, par Magdala.
3. Le mardi 21 avril 2009 à 05:55, par dallas
4. Le mardi 21 avril 2009 à 08:52, par djodjo
5. Le mardi 21 avril 2009 à 09:13, par Adolphe KILOMBA
6. Le mardi 21 avril 2009 à 12:34, par Thomas Mbembele
7. Le mardi 21 avril 2009 à 17:22, par Jelo
8. Le mercredi 22 avril 2009 à 00:17, par Moninga67
9. Le mercredi 22 avril 2009 à 11:41, par Calobi
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