Trois solutions s'imposent:

1. Dans les vieilles démocraties, le ministère de l'information n'existe pas. Comme la République Démocratique du Congo est un pays démocratique, d'ailleurs le mot démocratique figure dans son appellation, la RDC n'a pas besoin d'un ministère de l'information et presse car les ministres nommés passent leur temps à fermer les médias, à menacer les journalistes, à user et abuser de la langue de bois, à infantiliser avec des discours lénifiants et mensongers.

On ne profite pas de la journée internationale de liberté de presse pour menacer de couper le signal d'un média fut-il international, quelle maladresse ?

Il faut cesser avec cette attitude de parler tout le temps de la responsabilité des journalistes congolais. En quoi ceux qui ont tronqué leurs treillis militaires, kalachnikov et bottes de jardiniers contre des costumes trois pièces, les jeeps 4X4 sont plus responsables que les journalistes qui eux,travaillent dans des conditions infra-humaines pour récolter et informer les populations congolaises ?

Il faudrait aussi que les journalistes Congolais prennent la décision de refuser de se faire insulter par les acteurs politiques. Se lever et boycotter toutes les réunions où un ministre lambda prendra une attitude des donneurs de leçons et traitera les journalistes d'irresponsables.

2. La mutingasation de la Haute des Médias (HAM) par Modeste Mutinga est dommageable pour la profession. La HAM a été utilisée comme auxiliaire de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) pour museler les journalistes, les acteurs politiques et les médias. Modeste Mutinga s'est servi de la HAM pour s'octroyer des fréquences (radio et télévision) mais aussi comme tremplin pour occuper le poste de Rapporteur au Sénat alors qu'il ne devait être ni juge ni partie et jouer à fond la neutralité.

Il nous faudrait une institution neutre, impartiale et non caporalisé-différente de la HAM qui ne devra pas être dirigé par un omniprésident autocrate comme Mutinga. Son deal avec Joseph Kabila a été mis à nu, durant toute la transition Modeste à rouler pour le Pprd, il a été récompensé pour travaux rendus. Cette institution, dis-je, devra être dirigé par un collège soutenu par un "comité des sages" : des professionnels des médias qui n'auront pas des intérêts directs avec les décisions qui seront prises. A la HAM, nous avons eu comme deuxième rapporteur, Ilo Pablo (paix à son âme) un drummer de Zaiko Langa Langa pour la simple raison qu'il fallait tout contrôler. Une institution de régulation au Congo est possible pas uniquement à la manière "bidon" de la HAM.

3. Il faut revoir la question de l'appropriation des médias par les acteurs politiques pour sauver le pluralisme au Congo. Refuser que les journalistes soient en même temps des attachés de presse la matin auprès des ministères et le soir présenter les journaux télévisés. Ce mélange de genre est néfaste pour la corporation.

Quel est le plan média de la République Démocratique du Congo ? Il faut laisser la place à tout le monde et respecter chaque secteur de média: public, privé commercial, associative communautaire et internationaux.

Après RFI, Lambert Mende Ombalanga s'en prendra-t-il aussi à l'internet ? Dans un monde mondialisé et globalisé, la fatwa du ministre de l'information et presse parait une ineptie. Lorsqu'on aime vraiment son pays, on ne menace pas un média mondial. Lorsqu'on n'est pas d'accord, on demande un droit de réponse qui est généralement accepté. On proteste, on écrit, on téléphone...mais on ne menace pas un média qui est capable de couvrir toute la République Démocratique du Congo par satellite, ondes courtes, internet...L'acharnement qu'on a eu lorsqu'on était à la rébellion RDC-Goma pour défendre la démocratie s'est-il estompé en étant au pouvoir, Mr. Lambert Mende Ombalanga ?

Pour se développer, la RDC n'a pas besoin d'un ministère langue de bois, museleur, vexatoire et attentatoire à la liberté de presse. Le ministère d'information et presse n'a pas sa raison d'être dans un pays dit " démocratique".