Ces APE viendraient remplacer les accords de Cotonou signés en 2000. Dans le régime de Cotonou, L'Union européenne importe sans droits de douane la plupart des produits provenant des pays ACP. En revanche, les pays ACP peuvent taxer à l'import, afin de protéger leurs marchés.

Les accords de partenariat économique prévoient une suppression généralisée des droits de douane, hormis pour un nombre réduit de produits. De tels accords rendraient les pays ACP extrêmement dépendants des marchés mondiaux.

Une dépendance déjà favorisée par le mécanisme de la dette. "A partir du moment où un pays emprunte en monnaie forte, il doit vendre ses produits en dollards, explique Damien Millet, du Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM). Donc, ces pays doivent produire ce que ceux qui disposent de dollars attendent".

une telle politique favorise la monoculture d'exportation, au détriment de la souveraineté alimentaire. pis, certains produits agricoles européens subventionnés "arrivent moins chers sur les marchés africains que les produits locaux", dénonce Frédéric Viale, spécialiste des accords commerciaux pour ATTAC France.

D'où la levée de boucliers dans les pays du Sud. "Des producteurs africains ont été invités au Parlement européen" explique Vittorio Agnoletto.

Cela n'a pas empêché le vote par les eurodéputés des accords commerciaux avec les pays des Caraïbes, le Ghana, la Côte-d'Ivoire. Ces deux derniers pays, avec le Cameroun ont approuvé des accords intérimaires séparés des autres pays de leur région, pressés par la Commission européenne.

Leurs exportations en dépendent. Mais les autres Etats ont refusé. Les mouvements de masse paysans réussissent à avoir des effets sur leurs gouvernements", se réjouit Vittorio Agnoletto.

Outre la concurrence sur les produits agricoles, ces APE auraient d'autres conséquences néfastes sur les populations du Sud. D'où l'échec des négociations en fin d'année dernière. la suppression des droits de douane viendrait peser lourdement sur les budgets des Etats. D'autant plus que c'est souvent " leur seule ressource viable", selon Frédéric Viale.

Ces taxes représentent entre 35 et 70 % de leurs recettes selon les Etats. les évaluations faites par le Cameroun montrent une perte possible de 180 milliards d'euros annuels d'ici à 2023. Avec toutes les conséquences que cela aura sur les services publics et sanitaires.

Une clause de sauvegarde permet aux pays du Sud de protéger certains produits, mais la liste ne pourra plus évoluer. De ce fait, lancer de nouvelles productions "pour remonter la chaîne de la valeur ajoutée sera très difficile", s'inquiète Jean-Denis Crola, responsable de la campagne contre les APE pour Oxfam France. "Cela cantonne ces pays dans une économie de rente d'exportation", renchérit Olivier Blamangin du secteur international de la CGT.

La remise en question par l'Union européen des accords de Cotonou, qui concernent 79 pays, se fait au nom des règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et du dogme du dogme du libre-échange. "On ne peut considérer que les accords commerciaux sont l'alpha et l'oméga d'une politique de développement", constate Frédéric Viale.

La dette doit être annulée et l'aide au développement augmentée. pour la France, celle-ci est tombée de o,4 % de son PIB en 2006 à 0,39% en 2008.