L'histoire est une problématique de la vérité, elle cherche à représenter ce qui a eu lieu. La mémoire est une faculté au présent de se rapporter au passé. C'est quelque chose de vivant, qui est fidèle. Le problème de la mémoire, c'est plutôt la fidélité que la vérité.

L'histoire a aussi pour fonction principale de nous remettre dans un rapport au passé avec une pluralité des mémoires, un espace commun, au moins intersubjectif.

La mémoire est, elle, autant une manière de repousser le passé que de se l'approprier. Elle est sélective d'une certaine façon, ce qu'on retient du passé sert le présent. La mémoire est utile au présent. L'histoire honore réellement le passé et fait sa sépulture.

En quoi commémorer permet-il de maintenir une mémoire collective ?

Si la commémoration sert à rouvrir des promesses écrasées du passé qui peuvent développer d'autres choses dans l'avenir, il faut accepter cet anachronisme, le reconnaitre vraiment.

En revanche, si elle sert à se gargariser d'un passé factice, thésauriser une " mémoire musée" sous cellophane, il faut dire non.

Nous ne devons avoir tendance à nous replier dans le passé car nous aurions peur du futur.

Ne cédons pas à cette complaisance.

Il nous faut ouvrir un rapport plus ample, moins nerveux au passé et plus calme au futur, avec un horizon d'attente plus ouvert.

L'histoire est fondée sur la mémoire. Il ne peut pas y avoir d'histoire sans mémoire.

La preuve, c'est que si on supprimait tous les témoignages, il n'y aurait pas d'histoire possible. La mémoire joue un très grand rôle parmi les traces, les documents sur lesquels s'appuie l'histoire. Mais l'histoire ne se contente pas d'être le prolongement de la mémoire, pleine d'émotion.

Elle prend son autonomie. On cherche la vérité.

A travers, des critères d'objectivité interviennent dans la sélection de sources, dans le recoupement, dans la représentation. Il n'y a pas de mémoire unique, elle reste plurielle.

Le devoir de mémoire permet un appel, une injonction.

Sans devoir, il n'y aurait sans doute parfois pas de travail de mémoire.