28 mai 2009, colloque : Une société numérique solidaire
Par Freddy Mulongo, vendredi 29 mai 2009 à 18:49 :: radio :: #396 :: rss
Nathalie Kossciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique.
Rendez-vous avait été pris, à l'amphithéâtre Serge Antoine 20, avenue de Ségur 75007 à Paris, pour participer à des ateliers thématiques. En fait, une série de trois tables rondes respectivement consacrées à l'emploi, à l'entraide sociale et au logement social dans leur rapport quotidien au numérique.
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet et sa collègue Christine Boutin, ministre de logement, ce fut l'occasion d'annoncer une (petite) batterie de mesures destinées à réduire la fracture numérique, un phénomène « social qui frappe avant tout les citoyens les plus fragilisés par la crise ».
La fracture numérique, un phénomène social ?
Pour s'en convaincre il n'y a qu'à regarder les résultats d'une étude réalisée par le Credoc en 2008 sur l'accès à Internet à domicile concernerait en France 89% des 12/17ans contre 14% des 70 ans et plus, 82% des diplômés de l’enseignement supérieur contre 27% des non diplômés et 91% des foyers bénéficiant en moyenne de plus de 3 100€/mois contre 34% pour ceux dont le revenu équivaut à moins de 900€/mois.
Liée essentiellement à l’âge, au diplôme ou encore au revenu, la fracture numérique est avant tout sociale et affecte les citoyens les plus fragilisés par la crise. Autrement dit, ceux pour qui l’accès aux services et informations disponibles sur Internet se révèle d’autant plus capital.
Dans ce contexte, l’objectif « Internet pour tous », inscrit au cœur du plan France numérique 2012, mis en œuvre par Nathalie Kosciusko-Morizet, devient plus que jamais une priorité gouvernementale.
A l’occasion du lancement des « Ateliers de la société numérique solidaire », Christine Boutin et Nathalie Kosciusko-Morizet ont affirmé leur volonté commune de faire du numérique une arme de lutte contre la précarité et l’exclusion.
A cet égard, les deux ministres ont annoncé des mesures pour favoriser l’équipement numérique des logements sociaux et la mise en place de formations dédiées à la recherche d’emploi sur Internet dans les espaces publics numériques (EPN).
Nathalie Kosciusko-Morizet et Christine Boutin
L’initiative portée par Nathalie Kosciusko-Morizet consiste à transformer les 4 000 EPN en véritable tremplin vers l’emploi. A cette fin, un projet de formation spécifique à l’attention des médiateurs des EPN et des professionnels de l’emploi est en cours d’élaboration auprès de la Délégation des Usages de l’Internet en partenariat avec la Caisse des Dépôts et l’association CREATIF .
Il consiste à regrouper sur un site portail l’ensemble des informations, ressources et services utiles à la recherche d’emploi sur Internet et à diffuser et valoriser les bonnes pratiques développées sur le terrain. Conçu sous la forme participative, cet outil permettra à ces professionnels d’échanger et de partager leurs expériences. La secrétaire d’Etat a annoncé la refonte du passeport pour Internet et le Multimédia (PIM) afin d’être plus au plus près des besoins des demandeurs d’emploi débutant sur Internet et plus en phase avec les nouveaux usages numériques (réseaux sociaux, optimisation de la remontée ciblée des offres via l’utilisation des flux RSS...)
Christine Boutin, ministre du logement.
Sur le terrain du logement social, Christine Boutin va proposer aux bailleurs la mise en place d’un label « Logement social numérique ». Il portera sur l’équipement, les usages et les services et sera attribué au bailleur [pour l’ensemble de son parc].
Les financements de l’Etat dépendront de la qualité de cet environnement numérique. En fonction des critères de performance, il est prévu d’établir un classement à trois niveaux du type : un clic, deux clics, trois clics. Pour chaque catégorie, un financement majoré pourrait être attribué aux bailleurs pour 20 opérations pilotes sur les deux années à venir. Cette politique vise à inciter les bailleurs à jouer pleinement leur rôle d’intermédiaire vis-à-vis des opérateurs afin de garantir aux locataires une offre de services numériques à prix modéré.
Un label pour le logement social numérique Partant de ce constat, Nathalie Kociusko-Morizet a annoncé son intention de transformer les 4 000 espaces publics numériques, des points d'accès à Internet ouverts à tous et installés généralement dans les mairies, les bibliothèque, etc., « en véritables tremplins vers l'emploi ».
Un site portail dédié est en cours d'élaboration.
Il regroupera « l'ensemble des informations, ressources et services utiles à la recherche d'emploi sur Internet et contribuera à valoriser les bonnes pratiques développées sur le terrain », indique le secrétariat d'Etat dans un communiqué. Une refonte du Passeport Internet et multimédia, délivré aux personnes en voie d'insertion, est également envisagé pour coller « au plus près des besoins des demandeurs d'emploi sur Internet ». De son côté la ministre du Logement, Christine Boutin, n'était pas non plus venue les mains vides.
Si l'obligation faite aux opérateurs télécoms de proposer un tarif social d'abonnement à Internet peut encore attendre (même si Orange a déjà un tel projet dans ses cartons), les annonces de Christine Boutin portaient plutôt sur « le logement social numérique ».
Et ce, à travers l'introduction d'un label qui sera délivré aux bailleurs en fonction des équipements, des usages et des services présents sur leurs parcs de logements (la nature de ces équipements et services ne sont pas précisés à ce stade).
« Un classement sera établi à trois niveaux, du type : un clic, deux clics, trois clics », a indiqué la ministre.
Un financement majoré pouvant être attribué aux bailleurs les plus méritants pour les inciter « à jouer pleinement leur rôle d'intermédiaire vis-à-vis des opérateurs télécoms et ce afin de garantir aux locataires une offre de services numériques à prix modéré ».
Ils étaient 3 millions en 1999, ils sont aujourd'hui 29 millions. En dix ans, le nombre de Français de plus de 18 ans connectés à Internet a presque décuplé.
C'est ce que note le dernier Observatoire des usages d'Internet de Médiamétrie, justement créé il y a dix ans.
A l'époque, le 56 kbit/s régnait en maître, l'ADSL était sur le point d'être lancé par Wanadoo (512 kbit/s) et les FAI se bousculaient au portillon, dont un petit nouveau du nom de Free.
En 2009, ils ne sont plus que quatre à se partager le gros du marché, mais Internet s'est bel et bien « installé au coeur de la vie des Français ».
Et pas uniquement pour surfer. Selon Mediamétrie, l'e-mail compte aussi dix fois plus d'utilisateurs qu'il y a dix ans, soit 25,9 millions d'utilisateurs. Quant à l'achat en ligne, 20 millions de personnes s'y adonnent aujourd'hui en France, contre seulement 209 000 en 1999. La conversion des Français au Web a atteint toutes les populations : autrefois surtout prisé par les hommes, Internet a définitivement conquis les femmes, qui représentent 48,3 % des internautes.
La progression est encore plus marquée chez les seniors (50 ans et plus), qui sont presque un sur trois à se connecter, contre un sur six en 1999. Enfin, la région parisienne n'a plus la palme de l'utilisation d'Internet. 80 % des internautes habitent désormais en province.
Les outils numériques sont désormais pour les associations comme pour l’Etat, mais aussi les acteurs privés, des instruments de médiation, d’insertion et d’entraide sociale sans équivalent. Internet s’impose aujourd’hui comme l’espace privilégié d’accès à l’information et de développement de communautés locales ainsi que pour rechercher un emploi ou un logement, contracter un micro crédit, bénéficier de services d’aide bénévole aux devoirs comme à la formation, pour accéder aux informations relatives aux dispositifs d’accompagnement d’aide et de secours.


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