Traité amitié Italo-Libyen:la realpolitik au dos des africains

Il faut dire que Silvio Berlusconi est à l’origine de ce rapprochement historique entre les deux pays riverains de la Méditerranée, dont l’un est le principal fournisseur d’hydrocarbures de l’autre. C’est en août de l’an dernier que les deux hommes ont signé, en Libye, un traité soldant les comptes de la colonisation italienne qui, de 1911 à 1942.

Silvio Berlusconi avait alors présenté les excuses de son pays au peuple libyen et s’était engagé à verser l’équivalent de 5 milliards de dollars de dédommagement sous forme d’investissements en Libye sur les vingt-cinq prochaines années.

En échange, Tripoli s’engageait à lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine, qui voit des milliers de migrants venus d’Afrique partir de ses côtes pour rejoindre l’Italie.

Résultat: depuis la mi-mai, après le refoulement vers la Libye, dénoncé par les organisations de défense des droits de l'homme, de 500 migrants interceptés par la marine italienne en haute mer, plus aucun débarquement n'a eu lieu à Lampedusa. Les Libyens avaient accepté pour la première fois de les reprendre...

Or des réfugiés susceptibles d'obtenir le droit d'asile pouvaient se trouver parmi les refoulés. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les 3 migrants sur 4 qui arrivent en Italie demandent le droit d'asile et sur ce total 50% d'entre eux l'obtiennent -en 2008, la péninsule a vu débarquer 36 900 migrants par la mer, provenant de la Libye, un chiffre en hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère de l'Intérieur.

Récusant l'idée d'une "Italie multiethnique", Berlusconi avait donc défendu sa nouvelle politique au motif que les clandestins ne sont pas récupérés dans les eaux italiennes, ce qui obligerait Rome à les conduire à terre, mais internationales. début mai, la Libye a accepté pour la première fois de reprendre 500 immigrés, interceptés dans les eaux internationales par la marine italienne.

La Libye de kadhafi joue aujourd'hui le rôle de chien de garde de l'Europe contre les clandestins africains. Comment le président de l'Union africaine justifie-t-il que son pays joue ce malheureux rôle simplement parce qu'il a choisi l'Union pour la Méditerranéen au détriment de l'Union Africaine.