D’emblée, le diplomate nippon n’est pas allé par quatre chemins pour dire l’essentiel de la coopération japonaise en faveur de L’Afrique. Il s’agissait pour lui d’expliquer les engagements pris par son pays lors de la première réunion ministérielle et de suivi de la TICAD, qui s’était tenue à Gaboronne, au Botswana, les 21 et 22 mars derniers.

Ces résolutions ont été mises sur pied, suite à la déclaration des chefs d’Etat et de Gouvernement africains, qui ont exhaustivement dépeint au mois de février 2009, les incidences négatives de la crise sur le continent.

Et à ce jour, l’aide publique japonaise en faveur de l’Afrique est passée de 0,9millards US à 1,8millards US et plusieurs autres fonds additifs seraient disponibles dans les domaines humanitaires et bien d’autres, pour faire face aux questions prioritaires. Cette coopération est engagée pour les cinq prochaines années.

Signalons que ce montant équivaut à celui accorder par l’ensemble des pays de l’Union européenne aux pays africains !

Selon Kôji Yonetani : « Nous allons mobiliser en supplément de ce qui est annoncé, 300 millions US pour les besoins humanitaires et 200 millions US pour l’éradication des maladies, telles que le paludisme, Sida etc…. A cela s’ajoute des fonds des investissements privés qui seront alloués aux pays concernés et selon leurs besoins. Cette stratégie peut nous aider à surmonter la crise. » A-t- il précisé.

Dans sa nouvelle vision, le Japon traite également avec des institutions internationales qui ont un regard tourné vers l’Afrique. C’est le cas de FMI qui reçoit une grande enveloppe de l’ordre de plusieurs milliards US, alors que l’on reproche à ces institutions leurs aspects budgétivores.

Pour revenir à la coopération bancaire, elle passe également par des prêts concessionnels accordés à la Banque Africaine de développement (BAD) qui travaille en parfaite collaboration avec la JBIC. A cet égrad, la BAD vient de recevoir environ 4 milliards US.

Au chapitre des pays bénéficiaires de la manne nipponne, figurent bon nombre des nations qui si tout est bien planifié, auront des frais nécessaires qui devront leur permettre de réaliser leurs budgets.

Et du côté des pays francophones, la République du Congo-Brazzaville se classe en première ligne d’attaque, en obtenant une pactole de plus 700millions US en termes d’aides publiques. Il faut additionner à ce montant, les autres prêts et fonds des investissements privés. Paradoxalement, son voisin d’en face, la République démocratique du Congo n’a pas ce privilège. Pour mieux comprendre cette analyse, il nous a fallu plus d’explications didactiques. D’abord, interrogé par Freddy Mulongo sur la place qu’occupe la République Démocratique du Congo dans les accords bilatéraux qui existent entre le Japon et les pays en voie de développement, le diplomate a indiqué que : « Nous avons des rapports très avancés avec ce pays, mais je ne peux pas vous dire exactement l’enveloppe qui lui est destinée ».

Allant dans le même sens, Réveil-FM a demandé à l’orateur si son pays avait également participé aux accords militaires et quelle était sa place dans les effectifs de la Monuc en RDC, puisqu’il a évoqué l’aspect militaire ?

La réponse est claire : « Nous avons travaillé par le passé avec le Zaïre de Mobutu, en formant des coopérants militaires. Cette démarche, nous la faisons à ce jour, notamment en apportant le soutien aux gouvernements Malien et Béninois dans ce domaine. En ce qui concerne la Monuc, nous n’avons pas souhaité nous engager. » A-t-il indiqué.

Sans faire une nette conclusion sur l’état des rapports que l’Empire du soleil levant entretien avec notre pays, on croit savoir qu’il y aurait plusieurs raisons de son désengagement.

L’absence du Japon dans plusieurs axes coopératifs au Congo, serait-elle liée à la présence remarquable de la Chine ? Il faut remonter vers des années 90 pour dénicher des réalisations soutenues par le Japon.

L’opinion congolaise se souvient de la réalisation du Pont Maréchal qui est le fruit de la coopération entre les deux pays.