Crash des avions russes au Congo

Un Antonov 26 de la compagnie Service Air s'est écrasé mardi 26 mai 2009 dans l'après-midi à 3 kilomètres de l'aéroport de la ville d'Isiro. La ville se situe à environ 500 kilomètres au nord-est de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale. Trois personnes ont trouvé la mort, alors qu'une quatrième a pu se tirer d'affaires, même si à l'état actuel, elle se trouve dans un établissement médical pour des soins appropriés.

La compagnie Supermatch avait affrété l'Antonov 26 qui s'est écrasé en provenance du Nord-Kivu, précisément de Goma, le chef-lieu de la province pour la ville d'Isiro en province Orientale. L'avion transportait 7 tonnes de cartons de cigarettes de la compagnie Supermatch ainsi qu'un équipage composé de 4 personnes.

Les corps des membres de l'équipage qui ont succombé gisaient dans la cendre de l'appareil détruit. Deux des trois corps, bien que calcinés, pouvaient être récupérés en leur entièreté alors que le troisième était dépouillé de ses membres.

Les enquêtes seront menées mais l'hypothèse avancée est que ce serait les mauvaises conditions météorologiques qui ont été à l'origine de l'accident. Hormis le fait que l'incident a causé la mort de trois personnes et des blessures sur une quatrième, le crash de l'Antonov 26 a occasionné une perte considérable, soit sept tonnes de cigarettes qu'on devrait vendre dans la ville d'Isiro.

L' Antonov 32 appartenant à la compagnie aérienne VICAIR qui s’était écrasé sur l’aéroport d’Isiro avait un bilan macabre. L’on n’avait enregistré aucun survivant parmi les dizaines des passagers et les quatre membres d’équipage était composé des ressortissants Ukrainiens.

L’histoire retiendra que l’accident d’aviation le plus meurtrier au monde a été celui de l’Anton ov 32 qui avait craché au décollage de l’aéroport de Ndolo tuant plus de mille personnes dans le marché de Type Ka le 8 janvier 1996 aux environs de treize heures. Depuis lors, la RDC a enregistré au moins deux crashes d’Antonov par an à travers tout le territoire national. Un autre Antonov provenant de la province du Bandundu et qui avait eu des problèmes de vision à cause du mauvais temps dû à des intempéries, était allé s’écraser il y a quatre ans dans les environs de Brazzaville, causant toujours des dégâts humains et matériels importants.

Un autre encore provenant de Goma est tombé dans la forêt dans le territoire de Walikale causant la mort de tous ses passagers dont le propre fils du général Amissi dit Tango fort. Un autre qui provenait de Walikale pour Goma est porté disparu depuis plus de deux ans et parmi les passagers l’on déplore la mort certaine d’un avocat bien en vue au Nord Kivu pour avoir été actif dans les mouvements de la société civile pendant la rébellion. Il semble qu’il transportait une cargaison importante des minerais, dont du coltan, de l’or, etc.

Plus récemment, un Antonov appartenant à une société bien en vue dans la capitale congolaise est tombé sur un pâté des maisons d’habitation dans le quartier Kingasani, causant des dizaines des morts dont deux enfants d’une famille de Kikwit en vacances à Kinshasa. Cette affaire fut à l’origine d’une crise au parlement qui interpella le ministre d’Etat Nkulu Kilombo pour avoir contrarié la décision du ministre des Transports sur la suspension des avions de marque Antonov jusqu’à la fin de l’opération de contrôle.

Le ministre des Transport fut démis de ses fonctions le soir de ce crash tandis que le ministre d’Etat fut sauvé par la majorité présidentielle à l’issue du vote de défiance. Tous ces crashes reposent encore une fois la question de la sécurité aérienne, notamment le contrôle des aéronefs, et surtout de la compétence du personnel navigant.

La RDC est un véritable dépotoir des avions déclassés ailleurs mais qui bénéficient de la complaisance des autorités de l’aviation civile.

Moyennant quelques billets des dollars Us, tout celui qui veut exploiter le ciel congolais est en mesure d’importer des aéronefs datant de la guerre de Tchétchénie et ce qui est encore plus grave, ces avions ne disposent pas de renseignements sur leur utilisation.

Dans les provinces, l’on ne condamne pas les mesures restrictives de contrôle d’Antonov prises par le gouvernement. Mais on ne les applaudit pas non plus. "C’est bien d’interdire les Antonov, reconnaît Séverin Kizozo, président provincial de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) du Maniema - une province qui n’a d'autre débouché que la voie aérienne. Mais quelle solution de rechange apporte t-on ?"

Les autorités congolaises considèrent que ces "tueurs", les Antonov sont vitaux pour de nombreuses régions. Car la République Démocratique du Congo est immense, aux routes impraticables ou inexistantes, l’avion reste le seul moyen de déplacement pour les voyageurs des provinces enclavées. Et les Antonov qui transportent aussi bien les passagers que les marchandises rendent de grands services car ils sont très maniables, ce qui leur permet d'atterrir un peu n'importe où. Faut-il pour autant privilégier le voyage de passagers et marchandises au détriment de la sécurité, de la vie ?

Les Antonov en République Démocratique du Congo sont des vieux avions et qui ont plus de 30 000 heures de vol contrairement à la régulation qui interdit que l’on dépasse une telle durée d’exploitation.