Vasiliy V. Belinskiy, Directeur Général d'Antonov:" Les autorités congolaises ne communiquent pas sur les crash au Congo " !
Par Freddy Mulongo, lundi 22 juin 2009 à 14:40 :: radio :: #422 :: rss
Avril 2008, crash d'un avion Antonov sur une zone peuplée des faubourgs de Kinshasa.
Accrédité à la 48e édition du salon aéronautique au parc des Expositions de Paris-Le Bourget (Seine-Saint-Denis), lorsque l'hôtesse du centre de presse me rassure et m'indique le stand F12 du Hall 4 pour "Antonov", j'étais plus que rassuré. Pas très facile de trouver le stand le mardi 16 juin 2009 heureusement que quatre journées sont réservées aux professionnels, mais déjà des centaines de milliers de visiteurs sont présents. Le mercredi 17 juin 2009, je découvre le stand Antonov, bien décoré en bleu ciel, 4 maquettes d'Antonov, les chinois qui passent prennent des photos, les catalogues sont mis à la disposition de tout le monde. Je demande à voir le responsable et je me retrouve en face de Mr. Vasily V. Belinskiv, le Directeur Général de "Antonov state Aircraft Building concern ".
Il m'invite au salon du stand.
1. Réveil-FM: Crash à Kinshasa, à Isiro...La réputation de vos avions Antonov en République Démocratique du Congo n'est pas très bonne à cause de nombreux crash dans le ciel congolais. Etes-vous au courant de ces accidents ?
Vasiliy V Belinskiy: Nos avions sont le plus solide au monde. Tenez par exemple, l'Antonov 225 Cossack est le premier avion de transport dont la masse maximale dépasse les 500 tonnes. Voyez comment les gens visitent notre stand. Il nous arrive au hasard d'apprendre d'un antonov a craché dans le ciel congolais mais pas par les canaux officiels, les autorités congolaises ne communiquent pas, elles ne nous écrivent pas, elles n'ont pas contact avec nous. Alors que si je vous crois, avec les crash dont vous me parlez, nous devrions été saisi officiellement par votre gouvernement, mais rien. Aucune plainte n'est venu de la RDC.
2. Pourtant ces avions sont piloté par les Ukrainiens vos compatriotes...
Vasiliy V. Belinskiy: Dans un monde globalisé et mondialisé à outrance, chaque être humain recherche son bien être, c'est légitime. Les avions qui volent dans le ciel congolais ne peuvent plus voler en Europe. Ils ont peut-être été achetés aux entreprises qui ont repris des vieux avions qui normalement devraient être détruit. Vous avez, dans les grandes compagnies aériennes, un service "flotte d'avions" travaille à plein temps sur ces dossiers aux aspects techniques, commerciaux et financiers. Seuls le vendeur et le constructeur connaissent exactement le prix de la transaction lors de l'achat d'un avion ou d'une flotte, ces données étant trop sensibles pour être rendues publiques. Tout juste nous communiquons un tarif catalogue "passe partout". Tout se négocie sauf une chose : l'avion ne quitte le parking de l'usine qu'après virement du solde. La réglementation internationale interdit à l'avionneur de faire crédit. Le prix brut des appareils n'est pas le seul enjeu lors de la négociation. La mise en ligne d'un nouvel avion nécessite de former une génération de pilotes (au moins six équipages par appareil) et de nombreux techniciens ; l'avionneur peut assurer ce service en attendant que la compagnie s'équipe d'un simulateur de vol (très coûteux et rentable seulement avec une flotte importante). Les options sont moins nombreuses que par le passé mais peuvent quand même atteindre 10 % du prix. Les pièces détachées pèsent lourd dans le bilan comptable d'exploitation (6 millions de dollars, par exemple, pour un train d'atterrissage, un million de dollars pour réviser un moteur). Plus de 60% du prix de l'avion sont ensuite dépensés en maintenance pendant sa durée de vie - de l'ordre de 25 ans. Il faut toujours et d'abord penser à la sécurité des passagers.
3. Réveil-FM: Les Congolais meurent en prenant vos avions, y a-t-il une solution pour mettre fin à l'hécatombe dans le ciel de la RDC ?
Vasiliy V. Belinskiy:l'armée russe est équipée des Antonov. Plusieurs pays en Europe de l'Est utilisent nos avions. Si le gouvernement congolais ou les compagnies aériennes congolaises veulent continuer à utiliser les Antonov, ils doivent entrer en contact avec nous et pas les intermédiaires. Nous sommes prêt à former les pilotes, les techniciens congolais surtout ceux de la maintenance sur la maitrise de nos avions. Il ne faudrait pas oublier la météo et les autoroutes du ciel. Que les Congolais soient endeuillé, c'est regrettable et je suis désolé. Vos autorités doivent nous tenir informer lorsqu'il y a un problème avec un Antonov. Nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe dans votre pays, comment voulez-vous qu'on vous aide ? Voici ma carte après le salon du Bourget qui se termine le dimanche 21, il faut compter une semaine je serais déjà en Ukraine.
Il fait 85 mètres de long, 90 mètres de large et 20 mètres de haut. Avec six réacteurs dans le ventre… C'est un avion hors normes, ce paquebot volant, plus impressionnant encore que l'A.380, est l'avion le plus gros du monde à l'heure actuelle. On l'appelle l'Antonov 225. Cet appareil, construit en un seul exemplaire, est exploité par la compagnie aérienne ukrainienne Antonov Airlines pour des vols cargos à la demande.
Un Antonov 26 de la compagnie Service Air s'est écrasé mardi 26 mai 2009 dans l'après-midi à 3 kilomètres de l'aéroport de la ville d'Isiro. La ville se situe à environ 500 kilomètres au nord-est de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale. Trois personnes ont trouvé la mort, alors qu'une quatrième a pu se tirer d'affaires, même si à l'état actuel, elle se trouve dans un établissement médical pour des soins appropriés.
La compagnie Supermatch avait affrété l'Antonov 26 qui s'est écrasé en provenance du Nord-Kivu, précisément de Goma, le chef-lieu de la province pour la ville d'Isiro en province Orientale. L'avion transportait 7 tonnes de cartons de cigarettes de la compagnie Supermatch ainsi qu'un équipage composé de 4 personnes.
Les corps des membres de l'équipage qui ont succombé gisaient dans la cendre de l'appareil détruit. Deux des trois corps, bien que calcinés, pouvaient être récupérés en leur entièreté alors que le troisième était dépouillé de ses membres.
Les enquêtes seront menées mais l'hypothèse avancée est que ce serait les mauvaises conditions météorologiques qui ont été à l'origine de l'accident. Hormis le fait que l'incident a causé la mort de trois personnes et des blessures sur une quatrième, le crash de l'Antonov 26 a occasionné une perte considérable, soit sept tonnes de cigarettes qu'on devrait vendre dans la ville d'Isiro.
L' Antonov 32 appartenant à la compagnie aérienne VICAIR qui s’était écrasé sur l’aéroport d’Isiro avait un bilan macabre. L’on n’avait enregistré aucun survivant parmi les dizaines des passagers et les quatre membres d’équipage était composé des ressortissants Ukrainiens.
L’histoire retiendra que l’accident d’aviation le plus meurtrier au monde a été celui de l’Anton ov 32 qui avait craché au décollage de l’aéroport de Ndolo tuant plus de mille personnes dans le marché de Type Ka le 8 janvier 1996 aux environs de treize heures. Depuis lors, la RDC a enregistré au moins deux crashes d’Antonov par an à travers tout le territoire national. Un autre Antonov provenant de la province du Bandundu et qui avait eu des problèmes de vision à cause du mauvais temps dû à des intempéries, était allé s’écraser il y a quatre ans dans les environs de Brazzaville, causant toujours des dégâts humains et matériels importants.
Un autre encore provenant de Goma est tombé dans la forêt dans le territoire de Walikale causant la mort de tous ses passagers dont le propre fils du général Amissi dit Tango fort. Un autre qui provenait de Walikale pour Goma est porté disparu depuis plus de deux ans et parmi les passagers l’on déplore la mort certaine d’un avocat bien en vue au Nord Kivu pour avoir été actif dans les mouvements de la société civile pendant la rébellion. Il semble qu’il transportait une cargaison importante des minerais, dont du coltan, de l’or, etc.
Plus récemment, un Antonov appartenant à une société bien en vue dans la capitale congolaise est tombé sur un pâté des maisons d’habitation dans le quartier Kingasani, causant des dizaines des morts dont deux enfants d’une famille de Kikwit en vacances à Kinshasa. Cette affaire fut à l’origine d’une crise au parlement qui interpella le ministre d’Etat Nkulu Kilombo pour avoir contrarié la décision du ministre des Transports sur la suspension des avions de marque Antonov jusqu’à la fin de l’opération de contrôle.
Le ministre des Transport fut démis de ses fonctions le soir de ce crash tandis que le ministre d’Etat fut sauvé par la majorité présidentielle à l’issue du vote de défiance. Tous ces crashes reposent encore une fois la question de la sécurité aérienne, notamment le contrôle des aéronefs, et surtout de la compétence du personnel navigant.
La RDC est un véritable dépotoir des avions déclassés ailleurs mais qui bénéficient de la complaisance des autorités de l’aviation civile.
Moyennant quelques billets des dollars Us, tout celui qui veut exploiter le ciel congolais est en mesure d’importer des aéronefs datant de la guerre de Tchétchénie et ce qui est encore plus grave, ces avions ne disposent pas de renseignements sur leur utilisation.
Dans les provinces, l’on ne condamne pas les mesures restrictives de contrôle d’Antonov prises par le gouvernement. Mais on ne les applaudit pas non plus. "C’est bien d’interdire les Antonov, reconnaît Séverin Kizozo, président provincial de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) du Maniema - une province qui n’a d'autre débouché que la voie aérienne. Mais quelle solution de rechange apporte t-on ?"
Les autorités congolaises considèrent que ces "tueurs", les Antonov sont vitaux pour de nombreuses régions. Car la République Démocratique du Congo est immense, aux routes impraticables ou inexistantes, l’avion reste le seul moyen de déplacement pour les voyageurs des provinces enclavées. Et les Antonov qui transportent aussi bien les passagers que les marchandises rendent de grands services car ils sont très maniables, ce qui leur permet d'atterrir un peu n'importe où. Faut-il pour autant privilégier le voyage de passagers et marchandises au détriment de la sécurité, de la vie ?
Les Antonov en République Démocratique du Congo sont des vieux avions et qui ont plus de 30 000 heures de vol contrairement à la régulation qui interdit que l’on dépasse une telle durée d’exploitation.


Commentaires
1. Le lundi 22 juin 2009 à 15:32, par Djamba Yohé, l'encrier de l'Atlantique du Nord
2. Le lundi 22 juin 2009 à 18:01, par matongo feruzi gustave
3. Le mardi 23 juin 2009 à 00:10, par gustave wemba nkoy wuhu
4. Le mardi 23 juin 2009 à 11:12, par Amato
5. Le mardi 23 juin 2009 à 11:29, par Kennedy
6. Le mardi 23 juin 2009 à 15:19, par Jamboleka
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