SPECIAL 30 JUIN - DEBOUT CONGOLAIS HYMNE NATIONAL
Par Freddy Mulongo, lundi 29 juin 2009 à 23:46 :: radio :: #435 :: rss
Les habitants de Goma seront-ils aussi nombreux pour fêter le 30 juin 2009 ?. Photo Archive
1. Réveil FM: Du 20 novembre 1999 jour de son inauguration à Kinshasa jusqu'au 22 octobre 2007 à sa fermeture définitive par le Pprdien Toussaint Tshilombo, ministre de l'information et presse, toutes les éditions d'informations de proximité de Réveil FM (7h30, 13h30 et 18h30) débutaient par l'hymne national "Débout congolais" tiré de votre album "Jambo Bukavu" paru en 1998, que Joujou Lumumba et vous-même aviez interprété en collaboration avec Julien Muissa Lindimbe. Pourquoi avez-vous produit l’hymne national alors qu’un album "Ndombolo" aurait beaucoup plus rapporté ?
Adjina Djuma-pili: Debout Congolais est l'hymne national de la République démocratique du Congo. Il a été écrit par le Révérend Père Simon-Pierre Boka, composé par Joseph et adopté dès l'indépendance du pays en 1960. Cet hymne a été remplacé par la Zaïroise, également écrite par Boka, en 1971 sous le règne du Maréchal Mobutu Sese Seko. Depuis la prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en 1997, Debout congolais est redevenu l'hymne national.
Nous avions à l’époque Julien Muissa et moi-même fait un constat tout simple. La situation de la République Démocratique du Congo était très mauvaise sur tous les plans (militaire, économique, social) Il nous fallait trouver un slogan pour nous encourager les uns et les autres et relever ce grand défi qu’est la reconstruction de notre pays. Les paroles de l’hymne national étaient et sont toujours le slogan militant nécessaire à la mobilisation des filles et fils du Congo.
Mais les congolais dans leur grande majorité ne savaient pas chanter l’hymne national. Alors avec Joujou Lumumba et Julien Muissa Lindimbe, nous avons enregistré 18 versions de notre hymne national afin d’aider nos frères à apprendre celui-ci, à méditer sur ses paroles et à se mettre au travail pour la reconstruction de notre pays dans l’amour de Dieu, la paix et l’union.
2. Réveil-FM: Pourquoi avez-vous décidé d’investir votre argent à fonds perdus dans cette réalisation au lieu et à la place du gouvernement congolais à qui incombe logiquement cette tâche ?
Adjina Djuma-pili: Quand nous avons quitté Kinshasa en 1980, notre pays s’appelait la République du Zaïre, vous comprendrez que plus de quinze ans après notre départ, la nouvelle du début de la guerre nous pousse Julien Muissa, Joujou Lumumba et moi-même à réfléchir à une action immédiate qui nous permette de contribuer à encourager les filles et fils de la nation congolaise à s'unir pour relever le pays.
Dans notre coin, en tant qu’artistes, nous avons pris nos armes (la guitare, la plume et le chant) pour apporter notre contribution. Nous ne pouvions pas nous permettre d’attendre que le gouvernement dont les soucis étaient visiblement ailleurs, procède à la réalisation de cette œuvre.
3. Réveil-FM: Aujourd’hui, pensez-vous que les congolais savent chanter notre hymne national ?
Adjina Djuma-pili: Non, je n’ai pas croisé un seul congolais qui sache le chanter correctement, pour cette raison compréhensible, j'ai décidé de reproduire cette œuvre en treize versions dont une version classique pour les besoins consulaires et j'espère une très large diffusion de celle-ci afin que cette fois, nous puissions tous apprendre à chanter ce chef d’œuvre.
4. Réveil-FM : Si j’ai bien compris le sens de votre engagement, votre but était de réveiller la conscience des congolais sur la situation du pays et surtout leur demander de l’action. Pensez-vous avoir atteint votre but, au regard de ce qui se passe au pays et au vu de la situation dans laquelle se trouve la RDC actuellement?
Adjina Djuma-pili: Pour répondre franchement à votre question, nous sommes encore très éloignés de l’objectif « Réussite » C’est pour cette raison, que cette production est un appel aux autorités et à tous les congolais pour que soient prises immédiatement des mesures simples et concrètes en vue d’améliorer la vie de nos concitoyens.
5. Réveil-FM: Quelles mesures pourriez-vous proposer pour une relance de la machine économique congolaise ?
Adjina Djuma-pili: Deux mesures simples et très facilement applicables sont nécessaires pour le redressement de la nation. Action gouvernementale (par décret).
1ère Mesure d'ordre socio-économique :
• La mise en place d’un salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) d’un montant de 120 à 150 dollars US mini (l'équivalant en francs congolais bien sûr) pour les plus bas salaires dans tout le pays. Cette mesure suppose une comptabilité analytique des recettes du pays et celle de notre PNB réel (Produit national brut).
Elle sera accompagnée d’une dotation financière, technique, matérielle ou d’assistance des pays développés notamment pour qui l’immigration congolaise et africaine vers l’Occident cause de sérieux problèmes.
• Une comptabilité analytique des recettes de l’Etat et le contrôle de l’affectation des fonds par arbitrage public (Commande et livraison clés en mains des routes, des ponts ou de tout projet ayant bénéficié de fonds publics) doit être mise en place.
Il est également impératif d’embaucher des contrôleurs de gestion et des contrôleurs de travaux indépendants (fournis par l'Europe éventuellement) qui seront responsables devant l’état et le peuple congolais.
La maîtrise des processus, en d’autres termes le contrôle de l’assurance qualité, de l’effectivité de l’affectation physique et réelle des fonds pour les divers projets de développement en cours, est indispensable.
La finalité de tous les processus engagés étant de livrer des produits visibles, palpables conformes aux normes et standards internationaux et profitables immédiatement aux congolais.
• La participation directe du peuple au lancement de tout type de chantier en RDC devient nécessaire aujourd'hui, le contrôle de l’avancée des travaux et leur conformité aux normes devant être réalisé par le Chef de l'Etat lui-même et son premier ministre.
Ceci pour en finir avec les chantiers fictifs, dont on a jamais vu le début ni la fin, alors qu'à Brazzaville, à Luanda, à Libreville, à Kigali et à Bujumbura, de belles villes sont en train de sortir des terres et que chez nous l'argent que débloque l'Etat semble être détourné "mbongo eleki na coop, "mbongo elimwe"
2ème mesure d'ordre social
• Le plafonnement de loyers d’habitation à 50 dollars US maxi pour les salaires minimum, sur toute l’étendue du territoire national.
• Le plafonnement des prix des denrées de base (Shikwange, Pondu et poisson) à prix abordable par tous en tenant compte de la valorisation du pouvoir d’achat (loyer et transport) et si nécessaire par une subvention de l'état aux producteurs pour permettre l'encadrement de ces prix que l'Etat fixera par décret.
• Cette mesure pour en finir avec le « madesu ya bana » (dessous de table-corruption-demande d’argent pour recevoir un document administratif par ex.) qui ronge l’économie congolaise et cause des tracasseries dont nos concitoyens sont victimes dans tous les domaines en commençant par l’administration (Ici aussi l'introduction du smic et le plafonnement des loyers devrait inciter les fonctionnaires indélicats à respecter les lois républicaines car leur rémunération réévaluée, leur permettra de vivre désormais).
Il faut engager une lutte sans merci contre la corruption. Une loi renforçant les mesures de rétorsion contre les récidivistes devant être votée à cette occasion. Bien évidemment, nous sommes conscients que ces pratiques (Coop et Madesu ya bana) sont entrées dans nos mentalités, y sont profondément ancrées et que l'éradication de ce système prendra du temps.
Mais la survie de la nation et son développement nécessitent une transformation radicale de la société. Ici nous rendons hommage à toutes les congolaises et congolais pour leur courage et leur foi en Dieu pendant toutes ces années de misère, de guerre injuste et de crise.
Nous partageons la douleur des familles éprouvées dans l'est de la RDC, des nos femmes violentées et de nos frères sacrifiés. Dieu n'est pas mort, prions pour la paix afin que le Seigneur console nos mères et que nos enfants retrouvent le sourire et surtout mettons-nous au travail pour sortir ce grand pays de la misère.
Architecture, constructions des routes, ponts et chaussées, maisons d’habitation :
Une vraie politique d'urbanisation au plus au niveau technique est requise autour d’un grand Ministère de l'architecture, de l'aménagement et de la Reconstruction du Puissant et Grand Congo qui définisse les cadres de construction des nos villes, des immeubles, des routes et des maisons dans le respect de nos traditions et en conformité avec les standards internationaux sur les normes de sécurité et de résistance aux intempéries notamment.
Au niveau des écoles (Rôle du ministère de l'éducation nationale)
• Inculquer à nos enfants la notion du refus de la corruption (la valorisation du salaire et les mesures en faveur du logement rendent cette opération possible, car on n’a plus besoin de se salir en se prostituant pour survivre) ceci nous amène aux vraies valeurs de la vie, du respect d’autrui et du bien public.
Au niveau de la famille et des Eglises – Parents et Serviteurs de Dieu en première ligne
• Refuser que les mineurs nourrissent la famille et de surcroit par le biais de la prostitution.
Debout congolais veut aussi dire :
Qu’il est temps d’arrêter de donner l’impression au monde qu’africain et particulièrement "Congolais de la RDC" est synonyme de « sorcellerie, méchanceté, incompétence, guerres, pillages, corruption, vol et viol, polygamie, manque d’intelligence, cerveau diminué ou inférieur et "GRAND MOYIBI» - D'ailleurs sur ce dernier point, ce sont des voleurs qui ont construit les Etats-Unis d'Amérique, notamment les européens envahisseurs et exterminateurs d'indiens d'Amériques et des bandits comme Al Capone.
Ils volaient et construisaient des villes entières avec leur butin et firent des Etats-Unis d'Amérique la plus grande puissance économique et militaire du monde. Mais quand nous congolais volons…mbongo wana esalaka nini ?
Les congolais de France, du royaume uni, de la Belgique, d'Allemagne et des autres pays du monde sont au combat tous les jours en souvenir de leur pays et de la famille restée au Congo.
Depuis plusieurs années, ils ne travaillent plus pour la fierté de la grande république du Zaïre des années 76 à 82. Ils se battent pour leur survie et leur honneur.
Ils travaillent pour le compte de ces pays d'accueil et font un travail remarquable.
Je voudrais ici leur rendre hommage et leur dire que le Congo a besoin de leurs compétences. Fraiseurs, tourneurs, maçons, peintres, électriciens, informaticiens, ingénieurs, architectes, experts financiers, chefs d'entreprises, médecins, chercheurs, policiers, gendarmes, ils sont d'origine congolaise et produisent des richesses en occident dans des entreprises de pointe.
Ils sont capables de redonner à la République Démocratique du Congo sa fierté aux côtés de nos frères qui sont au pays. Ils ne sont pas théoriciens, mais bien pratiques et pragmatiques.
Il appartient à nos autorités d'inciter ces congolais-là de la diaspora qui travaillent pour le compte des entreprises internationales d'apporter leur contribution à la relance de notre économie. C’est cela aussi debout congolais.
La réussite économique et le succès ne doivent pas rester le monopole de l’occident. Que l'hymne national soit aujourd'hui le trait d'union entre tous les enfants de la RDC et que des actions soient menées avec les autorités congolaises pour la mise en place d'un plan efficace de relance de notre économie.
Pour mieux évaluer la souffrance des congolais, il faut se mettre dans la peau de la majorité qui souffre, car un analyste financier ou un député qui jouit des biens de l’Etat pourrait être amené à penser que la politique actuelle du pays suffit à nous libérer de la misère.
Je finirai ma réponse à votre question par un appel aux serviteurs de Dieu, aux artistes musiciens aux représentants du peuple et aux riches du Congo. Prêtres, Pasteurs, Représentants du peuple et riches congolais :
donnons l'exemple en rénovant les quartiers dans lesquels nous vivons au pays (mise en place d'un purificateur d'eau dans le quartier, macadam, goudron, éclairage dans les rues de quartier, mise à disposition de cantines scolaires gratuits pour les enfants, construction d'égouts d'évacuation d'eau du quartier, mise en place d'un groupe électrogène pour le bénéfice du quartier, une bibliothèque ou un centre de formation (électriciens, charpentiers, tourneurs, fraiseurs, maçons – Robotique – Electromécanique - Domotique) pour le plus grand bien de nos jeunes de quartier au pays.
Nos jeunes qui souffrent en essayant de gagner l'Europe pour y trouver la vie, n'auront plus besoin de partir vers l'inconnu, si nous transformons nos villes en petites villes semblables à celles des pays occidentaux ou il fait bon de vivre.
Si les jeunes congolais sont formés correctement, le transfert de technologie et certaines délocalisations d'entreprises étrangères chez nous se feront automatiquement pour le profit de l'Afrique et de la RDC.
Musiciens : Avec l'argent de vente de vos disques que nous achetons et de vos concerts dont nous permettons la réussite, rénovez également les quartiers au Congo et surtout composez des chansons susceptibles d'instruire, d'éduquer et d'orienter les congolais dans les recherches et voies de la paix, de l'amour fraternel et du développement. Plus que Youssou N'dour au Sénégal, participons activement au développement économique et à la création des emplois chez nous grâce aux revenus de la musique.
J'aimerais également que l'Etat autorise que nous puissions apporter une amélioration à notre hymne national en introduisant au début de debout congolais une référence de louange et d'adoration au Dieu Créateur qui nous a donné ce beau pays.
Que Dieu bénisse l'Afrique, ses filles et ses fils. Que vive la République démocratique du Congo et que demain vivent les Etats-Unis d’Afrique.
6. Réveil-FM: Adjina Djuma-pili, vous êtes Pasteur, mais aussi ingénieur Expert des techniques aéroportuaires chez Aéroports de Paris, une grande entreprise paraétatique française. Dans votre ministère pastoral, vous êtes musicien guitariste, pianiste, arrangeur et vous parlez dix langues étrangères, n'est-ce pas trop pour un seul homme?
Adjina Djuma-pili: Si vous m'appelez Frère Adjina, je serai ravi. Je vous ferai une confidence à ce sujet, les médecins, architectes, économistes et ingénieurs congolais et autres qu'il m'arrive de rencontrer dans les conférences sont tous musiciens ou artistes: les uns chantent, d'autres sont guitaristes, peintres et là-dessus vous remarquerez que Monsieur Bill CLINTON ex président des Etats-Unis d'Amérique est aussi saxophoniste.
DEBOUT CONGOLAIS HYMNE NATIONAL est disponible sur CD en treize versions dont "la consulaire" et la sebene" pour la promotion de notre pays à dater du 28 juin 2009. Pour vous en procurer contacter Pan African Corporation Records au 06 50 71 77 78.


Commentaires
1. Le samedi 4 juillet 2009 à 11:44, par Christian Tungali Waseka
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