Les points sexuellement transmissibles (P.S.T). Dessin Phiima

La prostitution étudiante met en avant l’inégalité des chances pour réussir à l’université

Malgré les efforts somme toute louables qui se font sentir ici et là pour relever les défis, malgré la bonne volonté des uns et l’intégrité morale et scientifique des autres, l’université africaine d’aujourd’hui sans verser dans un pessimisme béat, mais telle que perçue dans certains milieux, ressemble à une coquille vide, à un bateau en perdition qui prend l’eau de part en part. Elle perd de jour en jour les valeurs universitaires qui sont la recherche de la vérité, la quête de l’excellence, l’objectivité scientifique et les sens critique. L’université africaine s’est donc enfoncée dans la crise des valeurs que connaît la société africaine dans laquelle elle évolue. Elle a démissionné de ses responsabilités d’éclairer cette société et se trouve par conséquent au banc des accusés de la situation déplorable que traverse le continent. Ce que nous observons de nos étudiants c’est la loi du moindre effort et les méthodes répréhensibles pour réussir, course effrénée aux diplômes et non à l’acquisition des connaissances, manque de respect aux professeurs et autorités académiques. Nous les observons aussi sur leurs jugements basés sur des sentiments primaires dont tribaux, que l’objectivité, le recours à la violence et enfin la non participation et le reniement des efforts entrepris pour redresser la situation.

Dans certains milieux, les étudiantes doivent leur réussite académique selon qu’elles acceptent de coucher avec un professeur (d’où le slogan 12 avec et 16 sans). Dans ce commerce, la relation sexuelle « habillée » rapporte moins de points qu’un coït « nu ». C’est le système dit des points sexuellement transmissible. Et entre étudiants et étudiantes on parle des notes sexuellement transmissibles. Ce qui donne un cocktail nauséabond. Bref, on établira un jour des corrélations fatales pour les étudiants et l’élite Africaine. A savoir que la mortalité infantile augmente dans la même proportion que le nombre de médecin, que la détérioration de l’état de routes et bâtiments publiques est directement proportionnelle au nombre d’ingénieurs produits par l’université africaine, que le déficit alimentaire augmente dans le même sens que le nombre d’ingénieurs agronomes. On pourrait ajouter « le niveau de l’enseignement secondaire baisse avec le nombre de gradués et licenciés en pédagogie appliquée. De là à dire qu’au lieu d’être la locomotive, l’université africaine devient de plus en plus la remorque ou le wagon, c'est-à-dire à la traîne de la société.

On note par exemple, chez les étudiants congolais au Congo, cette sorte d’autocensure contre l’intelligence, contre la logique et le bon sens, contre la culture générale et qui, se manifeste par un repliement sur des intérêts terre à terre et des palabres sans consistance. Généralement dans la plupart de campus et milieux estudiantins, les débats ne s’échauffent qu’autour de la dernière chaussette griffée de tel artiste vedette ou du dernier pas de danse dans les buvettes.

On ne peut expliquer autrement la violence verbale et musculaire des étudiants africains à l’heure ou ils vont au campus et à l’heure ou ils y reviennent, jugés tels des primates sur des véhicules arraisonnés, loin de l’élégance qui serait la quête et l’étiquette de l’intellectuel.

Pour renchérir, lors des collations de grade académiques, lorsque les étudiants finalistes c'est-à-dire supposés avoir acquis « une haute idée de leurs responsabilité sociales et civiques se mettent à califourchon sur les portières des voitures roulant à tombeau ouvert, il n’y a que la toque et la toge qui les distinguent des badauds !

Ce constat est amer et alarmant. Au lieu d’être comme ce vin de qualité qui, en vieillissant, bonifie, tout porte à croire que l’université en Afrique est comme une fleur plantée dans un jardin, mais qui se fane avec le temps.

La multiplicité des Universités n’a apparemment rien arrangé. On aurait cru s’agissant de ce haut lieu de la science, ce saint des saints du savoir et de la sagesse que la qualité ne va pas de pair avec la quantité.

Mais faut-il se dédouaner et jeter la pierre aux étudiants ? Le monde de jeune ne se présente t-il pas comme un coupable idéal, une victime expiatoire ? Si les incompétents, malgré leur incompétence terminent normalement leurs études, à qui la faute ? Le phénomène « enfants d’abord » qui est la partie visible du favoritisme ambiant est-il à verser sur le compte des étudiants congolais ? Les auditoires bondés. Qui a inscrit tous ces étudiants ? Qui déverse sur le marché de l’emploi des qualités indignes de ce nom ? Puisqu’ils ne le sont que sur papier. Pourtant la vocation de l’Université n'est-elle pas d'abord de former une élite ?