Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur à l'UNESCO
Par Freddy Mulongo, jeudi 9 juillet 2009 à 12:48 :: radio :: #443 :: rss
La Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur, qui réunit près de 1 000 participants de 148 pays, s'est tenue du 5-8 juillet 2009, au siège de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris sur un appel demandant que l'enseignement supérieur réponde aux enjeux mondiaux du développement.
« A l'heure où la planète est confrontée à des défis majeurs en termes de santé, science, éducation, énergies renouvelables, gestion de l'eau, sécurité alimentaire et environnement, les établissements d'enseignement supérieur ont un rôle stratégique à jouer dans l'élaboration de solutions », a affirme lé directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.
Le directeur général de l'UNESCO a affirmé que l'enseignement supérieur vivait une « véritable révolution », soulignant les quatre dynamiques qui le transformaient actuellement.
La première est l'accélération de la demande : on compte aujourd'hui 51 millions d'étudiants supplémentaires dans le monde par rapport à 2000.
La deuxième évolution concerne la diversification des fournisseurs : l'enseignement supérieur privé représente désormais plus de 30 % des inscriptions au niveau mondial.
Le troisième nouveau moteur de l'enseignement supérieur est l'impact des technologies de l'information et de la communication.
Enfin, la dernière dynamique est la mondialisation, qui « transparaît à travers notre manière d'enseigner, d'apprendre, d'étudier, de mener des recherches et de communiquer ». Dans ce contexte, a ajouté le directeur général, « il nous faut trouver un juste milieu entre la coopération et la concurrence, afin de promouvoir l'excellence pour le plus grand nombre. »
Les personnalités qui sont intervenues lors de la cérémonie d'ouverture ont souligné l'importance de l'éducation pour répondre à la crise économique mondiale. Ils ont également souligné trois aspects essentiels sur lesquels tous les gouvernements devaient se pencher : équité, qualité et coopération internationale.
« Parce qu'il considère que l'enseignement supérieur occupe une place cruciale dans les plans de relance de l'économie américaine, le président Obama a rapidement pris des mesures de soutien aux étudiants et à leur famille », a expliqué Jill Biden, épouse du Vice-président des États-Unis, Joe Biden, et enseignante dans un community college, institut universitaire de cycle court.
A la Conférence mondiale de l'Unseco, il a été beaucoup question de bonne gouvernance, les étudiants africains ont-ils droit de réclamer le respect de leurs droits par les dirigeants en place ? Dessin Luba
Les participants, dont des ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur de toutes les régions du monde, ainsi que des experts internationaux et des représentants du secteur privé, ont étudié les tendances actuelles de la croissance rapide du nombre d'étudiants au boom de l'offre d'enseignement privé, ils ont analysé les nouvelles dynamiques émergentes et leurs implications pour les politiques, et se sont penché sur la responsabilité sociale de l'enseignement supérieur et recommandent des mesures à prendre pour promouvoir l'égalité et simuler l'innovation et la recherche.
Le nombre d’étudiants de l’enseignement supérieur a cru plus rapidement en Afrique que partout ailleurs – quelque 66 % depuis 1999 – mais il demeure encore à un faible niveau (5 %). Ce qui constitue un obstacle aux efforts de réduction de la pauvreté et affaiblit la capacité des pays africains à conduire leur développement et mettre en œuvre des réformes. Selon le Recueil de données mondiales sur l’Education 2009 publié par l’Institut de statistique de l’UNESCO, 51,7 millions d’étudiants supplémentaires ont rejoint l’enseignement supérieur dans le monde entier depuis 2000 et 2,8 millions d’étudiants effectuent leurs études en dehors de leur propre pays. Dix ans après la première Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur de 1998, les participants à la Conférence de 2009, réaffirmeront le rôle de l’enseignement supérieur dans la réponse aux enjeux mondiaux – de l’éradication de la pauvreté au développement durable – tout en étudiant des stratégies pour en améliorer l’accès, l’égalité et la qualité.
Lundi 6 juillet de 17h30-1930: Table ronde Afrique: promouvoir l'excellence pour accélérer le développement de l'Afrique: vers un espace africain de la recherche et de l'enseignement supérieur avec comme intervenants: Isabelle Glitho ( Doyenne,, Faculté des Sciences Universités de Lomé, Togo) a parlé des aides et bourses que son Université accorde aux filles qui s'engagent dans les options difficiles par exemple la mathématique; Sir Graeme Davies (Vice-Président, Université de Londres, Royaume-Uni), Australien naturalisé Anglais est le premier à avoir mis en exergue l'importance de la Diaspora africaine pour les Universités africaines. Il faut compter avec les professeurs africains qui peuvent rentrer chez eux pour enseigner pour un certain temps. Encore faudrait-il qu'ils soient sécurisés dans leur pays d'origine. Ignorer l'apport de la diaspora pour bâtir des universités africaines sans turbulences serait une erreur a-t-il dit.
Robert Sangaré (Président de l'Association des oeuvres universitaires de la Francophonie), acteur de terrain a soulevé un problème social qui mine les Universités africaines: la prostitution des étudiantes pour payer et réussir leurs études.
Les points sexuellement transmissibles (P.S.T). Dessin Phiima
La prostitution étudiante met en avant l’inégalité des chances pour réussir à l’université
Malgré les efforts somme toute louables qui se font sentir ici et là pour relever les défis, malgré la bonne volonté des uns et l’intégrité morale et scientifique des autres, l’université africaine d’aujourd’hui sans verser dans un pessimisme béat, mais telle que perçue dans certains milieux, ressemble à une coquille vide, à un bateau en perdition qui prend l’eau de part en part. Elle perd de jour en jour les valeurs universitaires qui sont la recherche de la vérité, la quête de l’excellence, l’objectivité scientifique et les sens critique. L’université africaine s’est donc enfoncée dans la crise des valeurs que connaît la société africaine dans laquelle elle évolue. Elle a démissionné de ses responsabilités d’éclairer cette société et se trouve par conséquent au banc des accusés de la situation déplorable que traverse le continent. Ce que nous observons de nos étudiants c’est la loi du moindre effort et les méthodes répréhensibles pour réussir, course effrénée aux diplômes et non à l’acquisition des connaissances, manque de respect aux professeurs et autorités académiques. Nous les observons aussi sur leurs jugements basés sur des sentiments primaires dont tribaux, que l’objectivité, le recours à la violence et enfin la non participation et le reniement des efforts entrepris pour redresser la situation.
Dans certains milieux, les étudiantes doivent leur réussite académique selon qu’elles acceptent de coucher avec un professeur (d’où le slogan 12 avec et 16 sans). Dans ce commerce, la relation sexuelle « habillée » rapporte moins de points qu’un coït « nu ». C’est le système dit des points sexuellement transmissible. Et entre étudiants et étudiantes on parle des notes sexuellement transmissibles. Ce qui donne un cocktail nauséabond. Bref, on établira un jour des corrélations fatales pour les étudiants et l’élite Africaine. A savoir que la mortalité infantile augmente dans la même proportion que le nombre de médecin, que la détérioration de l’état de routes et bâtiments publiques est directement proportionnelle au nombre d’ingénieurs produits par l’université africaine, que le déficit alimentaire augmente dans le même sens que le nombre d’ingénieurs agronomes. On pourrait ajouter « le niveau de l’enseignement secondaire baisse avec le nombre de gradués et licenciés en pédagogie appliquée. De là à dire qu’au lieu d’être la locomotive, l’université africaine devient de plus en plus la remorque ou le wagon, c'est-à-dire à la traîne de la société.
On note par exemple, chez les étudiants congolais au Congo, cette sorte d’autocensure contre l’intelligence, contre la logique et le bon sens, contre la culture générale et qui, se manifeste par un repliement sur des intérêts terre à terre et des palabres sans consistance. Généralement dans la plupart de campus et milieux estudiantins, les débats ne s’échauffent qu’autour de la dernière chaussette griffée de tel artiste vedette ou du dernier pas de danse dans les buvettes.
On ne peut expliquer autrement la violence verbale et musculaire des étudiants africains à l’heure ou ils vont au campus et à l’heure ou ils y reviennent, jugés tels des primates sur des véhicules arraisonnés, loin de l’élégance qui serait la quête et l’étiquette de l’intellectuel.
Pour renchérir, lors des collations de grade académiques, lorsque les étudiants finalistes c'est-à-dire supposés avoir acquis « une haute idée de leurs responsabilité sociales et civiques se mettent à califourchon sur les portières des voitures roulant à tombeau ouvert, il n’y a que la toque et la toge qui les distinguent des badauds !
Ce constat est amer et alarmant. Au lieu d’être comme ce vin de qualité qui, en vieillissant, bonifie, tout porte à croire que l’université en Afrique est comme une fleur plantée dans un jardin, mais qui se fane avec le temps.
La multiplicité des Universités n’a apparemment rien arrangé. On aurait cru s’agissant de ce haut lieu de la science, ce saint des saints du savoir et de la sagesse que la qualité ne va pas de pair avec la quantité.
Mais faut-il se dédouaner et jeter la pierre aux étudiants ? Le monde de jeune ne se présente t-il pas comme un coupable idéal, une victime expiatoire ? Si les incompétents, malgré leur incompétence terminent normalement leurs études, à qui la faute ? Le phénomène « enfants d’abord » qui est la partie visible du favoritisme ambiant est-il à verser sur le compte des étudiants congolais ? Les auditoires bondés. Qui a inscrit tous ces étudiants ? Qui déverse sur le marché de l’emploi des qualités indignes de ce nom ? Puisqu’ils ne le sont que sur papier. Pourtant la vocation de l’Université n'est-elle pas d'abord de former une élite ?


Commentaires
1. Le jeudi 9 juillet 2009 à 13:51, par Justin-Gratien Muzigwa KASHEMA
2. Le vendredi 10 juillet 2009 à 10:01, par Armand Mavinga Tsafunenga
3. Le vendredi 10 juillet 2009 à 10:10, par Norbert Yamba Yamba, Kinshasa
4. Le vendredi 10 juillet 2009 à 12:57, par Michel Koassi MESSAN
5. Le vendredi 10 juillet 2009 à 16:02, par BWANDOPVU
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