Le discours de destin à l'Afrique de Barack Obama à Accra et la jeunesse africaine
Par Freddy Mulongo, lundi 20 juillet 2009 à 15:22 :: radio :: #451 :: rss
Accueil militaire du président Obama à l'aéroport international de Kokota au Ghana.
En se rendant au Ghana pour son premier voyage sur le continent de son père, le Président Américain, Barack Obama, a choisi un pays démocratique et dynamique loin des clichés afropessimistes. Photo Ouest-France
Le vendredi 17 juin 2009, à l'ambassade des Etats-Unis à Paris, une discussion à bâtons rompus a été organisé entre le Dr. Lorenzo Morris qui est Professeur de sciences politiques et Directeur du Département de Sciences politiques à l'Université Howard à Washington DC. (Dans le cadre du programme Fulbright et au titre de lauréat de la Chaire Tocqueville, Le Dr. Morris a été professeur invité du à l'Institut français de Géopolitique à l'Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis au 1er semestre de l'année 2009) et dix journalistes africains à Paris:Christian Mambou, 3A Telesud, Congo-Brazzaville; James Ngumbu, APPA - Réveil FM, Congo-Kinshasa; Jules Ahadzi Komlan, Africa 24, Togo; Martin Mbita, Journalistes africaines en exil (JAFE), Cameroun; Nestor Bidadanure, Afrique- Asie, Burundi-France; Paul Yange, Grioo.com, Cameroun; Prince Ofori-Atta, Afrik.com, Ghana; Valentin Hodonou, Continental, Benin et Freddy Mulongo, Réveil-FM, Congo-Kinshasa.
Sans tabou tous les sujets ont été abordés avec le Dr. Lorenzo:convergences et divergences entre les discours de deux présidents Sarkozy et Barack obama, l'Africom en Afrique,l'ignorance par le président américain des pays francophones dans son discours à Accra, le dualisme entre corrupteurs et corrompus, la présence chinoise en Afrique, l'intrusion de l'Iran sur le continent, le regain du panafricanisme chez les jeunes africains. Lorsqu'on sait la manière dont les grandes figures du panafricainsme ont été chassé du pouvoir Kwame Krumah, Patrice Emery Lumumba après avoir été accusés d'être des communistes pendant la guerre froide, la présence de Barack Obama à Accra au Ghana est une reconnaissance tacite que les pères du panafricainisme qui voulaient les Etats-Unis d'Afrique, étaient des visionnaires, en avance avec leur époque, bien que leur vision fut étouffer dans l'oeuf.
A Réveil-FM, nous avons retenu trois aspects importants par la présence et le discours de barack Obama à Accra au Ghana. .
Le Dr. Lorenzo Morris face aux journalistes africains à Paris.
1.Barack Obama a parlé à la jeunesse africaine dans son ensemble. D'une manière ou d'une autre, le grain qu'il a semé dans les coeurs et les têtes des africains, finira par germer. Faire des incantations à l'égard des chefs d'Etats africains corrompus et corrupteurs pour se maintenir au pouvoir à tout prix, n'en valent pas la peine. Le président américain a décidé de s'exprimer à la jeunesse africaine.
Voici quelques extraits de ces messages :
* Ce seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir, qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé.
* C’est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l’Afrique. Enfin, c’est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s’acquitter.
* Mais trop d’Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. Lorsque des enfants meurent d’une piqûre de moustique et que des mères succombent lors d’un accouchement, nous savons qu’il reste des progrès à faire.
* Au Nigéria, des chrétiens et des musulmans ont mis en place un programme interconfessionnel de lutte contre le paludisme qui est un modèle de coopération.
* C’est un arrêt de mort, pour toute société, que de forcer des enfants à tuer dans une guerre. C’est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l’ignominie continuelle et systémique du viol.
* Comme je l’ai déjà dit, l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains. Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Dans mon pays, les Afro-Américains – dont un grand nombre d’immigrés récents – réussissent dans tous les secteurs de la société.
* Ici, je m’adresse particulièrement aux jeunes, à travers toute l’Afrique et ici-même au Ghana. Dans des endroits comme le Ghana, vous représentez plus de la moitié de la population. Et voici ce que vous devez savoir : le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple.
Nestor Bidadanure, Afrique Asie; Freddy Mulongo, Réveil-FM et Martin Mbita, journalistes en exil.
2.En arrivant à Accra non pas seul mais avec sa femme Michelle Obama (descendante d'esclaves) mais aussi avec ses deux filles:Malia et Sasha, Barack Obama dont le père était kenya signifie au continent qu'aucune situation n'est désespérante. L'Afrique n'a pas à désespérer de son passé, mais plutôt regarder à son avenir et prendre son destin en main. Enfin, l'Afrique a connu la traite négrière, l'esclavage, la colonisation par les occidentaux mais l'homme qui est devant vous, le président du pays le plus puissant au monde a le sang africain qui coule dans ses veines. Ce n'est pas rien pour la jeunesse africaine.
3. Les dynasties de l’inertie, les dictatures héréditaires qui dirigent l’Afrique et qui ne stoppent pas le dérapage des dépenses militaires, dans des pays qui ont plus besoin de dépenses sociales : éducation, santé, agriculture, pour les crève-la- faim africains. Faut-il confisquer les biens des présidents voyous, pour redistribuer la cagnotte aux africains les plus pauvres ? Là n'est pas la bonne solution.Une redistribution aveugle des richesses, sans préalable de démocratie, de sanctions, contribue à défaire le processus d’investissement, outil indispensable à la relance économique. Au lieu d’assembler les gouttes improductives pour en faire des fleuves créateurs de richesse, on revient à l’envers : on brise le fleuve, on le décompose en ses gouttes initiales pour les rendre aux petites couches sociales, pour la plupart sans repères… Chacun retrouvera sa gouttelette désormais improductive. Il faut remettre l’Afrique entière à la catéchèse de la gouvernance et la démocratie, facteurs essentiels au boom économique, social et culturel. S’attaquer aux présidents voyous, sans préparer une alternance démocratique, c’est encore s’en prendre, à la pointe insignifiante de l’iceberg.
Le groupe des journalistes africains à Paris en discussion avec le Dr. Mozenzo Morris.
Le président américain Barack Obama dénie aux pays européens-la Belgique,la France, la Grande Bretagne, l’Espagne, le Portugal... le monopole du coeur et le moral de la gouvernance en Afrique. Les Etats-Unis seront de plus en plus présents sur le continent. Les enjeux sont d'abord sur les matières premières. Concernant le Ghana, ancienne colonie britannique devenue indépendante en 1957, la compagnie pétrolière et gazière britannique Tullow Oil avait découvert en juin 2007, un gisement de pétrole après avoir exploré dans une zone se trouvant à cheval sur les champs pétrolifères du Cap des Trois Points et de Deep Water Tano. Le président ghanéen John Kufuor s'était réjoui de cette nouvelle, estimant que le pétrole allait permettre d'accélérer le développement économique du pays, "Déjà, sans pétrole, nous allions très bien", avait déclaré à l'époque le président ghanéen. Deuxième producteur mondial de cacao, le Ghana produit de l'or, du bois, de la bauxite et des diamants. Mais selon l'indice de développement de l'ONU, ce pays, où l'eau et l'électricité se font rares, est actuellement 136e sur 177 pays.
Les matières premières n'intéressent pas uniquement les pays occidentaux, mais aussi les Etats-Unis, mais comment faire que cette manne profite aussi aux africains, that is the question ?
Obama a amplifié l'intensité de sa première visite de président américain à l'Afrique noire en rappelant ses origines, en parcourant l'un des hauts-lieux de la traite négrière et en ravivant le grand slogan de sa campagne électorale victorieuse, "yes, we can".
Barack Obama est apparu très populaire sur le continent africain acclamé par la jeunesse africaine, le 11 juillet 2009, à son départ d'Accra


Commentaires
1. Le lundi 20 juillet 2009 à 21:26, par Kidiatel
2. Le mardi 21 juillet 2009 à 04:31, par Evariste Kapiamba
3. Le mardi 21 juillet 2009 à 23:19, par Dr Gordane KUMS
4. Le mercredi 22 juillet 2009 à 11:07, par Emery kaammaate
5. Le mercredi 22 juillet 2009 à 11:17, par Jules César
6. Le mercredi 22 juillet 2009 à 14:43, par ELVIS TOKO
7. Le mercredi 22 juillet 2009 à 21:16, par felove
8. Le jeudi 30 juillet 2009 à 12:41, par losh okamba
9. Le jeudi 30 juillet 2009 à 13:14, par pathy
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