Le justice congolaise vampirisée par la panilodie de Joseph Kabila !
Par Freddy Mulongo, mercredi 22 juillet 2009 à 17:08 :: radio :: #453 :: rss
Kinshasa, le 6 décembre 2006, Joseph Kabila congratulé par Louis Michel lors de la cérémonie d’investiture, les élections de 2006 sont dénommées au Congo "les élections Louis Michel".
Les juges et magistrats congolais sont-ils des incompétents et corrompus ?
Les journaux coupagistes de kinshasa sont tombé dans le panneau, tous ont salué parfois avec grandiloquence voire des poncifs la révocation des magistrats par Joseph kabila. Dans un pays où les maisons de sondages indépendantes et sérieuses sont inexistantes, certains journaux ont écrits que la révocation des magistrats avait le soutien total de la population.
Dans la diaspora congolaise, la voix alternative, en haussant le ton, a été dite par notre aîné Djamba Yohé, le Congolais de l'Atlantique Nord s'est fendu dans un long plaidoyer pour les magistrats congolais dans son long article du 17 juillet 2009. L'article de Candide Okeke sur "le Kuluna à col blanc" est aussi édifiant. Nous espérons que Théodore Ngoy , Thérèse Nlandu qui sont juristes et acteurs politiques réfléchissent sur cette décision.
La justice est un maillon important de la démocratie dans un pays. La révocation abracadabrantesque des magistrats laissent pantois les Congolais de la diaspora qui s'interrogent sur l'urgence de cette décision politique, sans lendemain meilleur. De même qu'on ne peut accepter une République des juges, de même on est en droit de ne pas cautionner une néodidacture puisse s'installer dans un pays dont le ciel est déjà sombre. Le navire dénommé République Démocratique du Congo tangue, piloté à vue, les décisions sont prises à la va vite sans grand mûrissement.
Certes la justice congolaise laisse à désirer, et la réputation des magistrats et juges congolais n'est pas très bonne; le rejet de ce corps de métier est massif de la part de nos compatriotes. Les magistrats Congolais se laissent facilement corrompre; quant aux citoyens aux ressources précaires, ils ne souhaitent pas avoir affaire avec la justice. Une maman bipupula, un pousse-pousseur, un vendeur lambda préfèrera vivre en victime plutôt que d'aller en justice. Quand aux journalistes, la justice peut vous convoquer et vous coffrer pour un article écrit ou lu au micro, sur commande d'un acteur politique ou d'un puissant homme d'affaire. Et dans la convocation qu'on vous envoie, on omet volontairement de vous signifier le motif de votre convocation.
Pourquoi cette volonté manifeste de Joseph kabila de casser le pouvoir judiciaire, qui est un pouvoir en soi mais demeure l'enfant pauvre, négligé de la République? La retraite de magistrats âgés de 65 ans figure-t-elle dans les 5 chantiers de Joseph Kabila ?
Hier, Benoit Luamba Bintu, premier président de la cour suprême de la justice et Tshimanga Mukeba, procureur général de la République, ont été utilisés pour les élections dont Louis Michel, l'ex- commissaire européen avait le secret pour asseoir le pouvoir AMP-Parti Etat actuel.
Les résultats des élections Louis Michel 2006, ont été connus dans les capitales européennes avant même le peuple souverain congolais.
Après avoir prêté serment le 6 décembre 2006, devant les juges de la cour suprême, joseph Kabila les avaient mis à la retraite, pour raison d'âge avancé-65 ans !
Les salaires des magistrats une vraie incitation à la corruption.
Les Députés congolais touchent 6000$, ils ont des jeeps 4X4 offerts, des billets d'avions gratuits, ils sont souvent hors du Palais du Peuple pour se pavaner dans les rues de Kinshasa.
Il y a moins de deux ans les traitements mensuels des magistrats étaient une véritable incitation à la corruption. Le barème de salaire a-t-il été majoré ?
Sachez, tout de même en 2006, le Président de la cour suprême de justice ainsi que le 1er avocat général de la République gagnaient 16.540 francs congolais soit 40 usd plus une prime de 29 usd. Les salaires chutaient spectaculairement pour le reste de la hiérarchie, le 1er président et le procureur général gagnaient 9.225 francs congolais soit 33 usd, le président du tribunal de grande instance 18 usd. Alors que les juges les moins gradés gagnaient au Mali l'équivalent de 1.408 usd, au Congo-Brazzaville 1.690 usd, au Ghana 2.112 usd et au Cameroun 2.535 usd. Par ailleurs, durant la transition, de 2003 à 2006, le Président de la République avait 200.000 usd par mois et les 4 vice-présidents de la République 100.000 usd chacun. Il y a manifestement la volonté de paupériser et d'étrangler l'indépendance des magistrats. Si le barème est le même aujourd'hui, c'est plus grave, 1 dollar s'échangeait à 500 FC, aujourd'hui l'inflation oblige 1 $ s'échange à 850 FC.
Lorsqu'on sait que la majorité de Députés et Sénateurs n'ont qu'un seul mérite avoir pris les armes en occurrence la kalachnikov pour arriver au pouvoir, alors que les magistrats usent pantalons et chemises pour arriver là où ils sont. Faut-il avoir des accointances politiques pour être un bon magistrat au Congo ?
Au dire de M. Nsambayi Mulenda, Président du Syndicat National des Magistrats, Synamag:" l’Assemblée Générale du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) n’a jamais proposé des listes de Magistrats à révoquer, à promouvoir ni à retraiter. Elle s’était plutôt contentée d’annoncer qu’au regard des dossiers disciplinaires en sa possession, elle allait procéder prochainement à la mise en place d’un Conseil de discipline qui n’a jamais vu le jour. Pour sanctionner un Magistrat, indique le Président du Synamag, la procédure démarre par l’ouverture d’une action disciplinaire au niveau de la juridiction où il exerce et qui ne sera vidée que par le Conseil de discipline au regard de la faute commise, notamment le dol, le déni de justice, l’abstention coupable et la complicité avec le criminel. Et comme il n’y a jamais eu Conseil de discipline pour aider à apprécier les arguments des uns et des autres, les Magistrats révoqués au motif qu’ils seraient véreux n’ont pas eu l’endroit et l’occasion de présenter leurs moyens de défense pour les faits qui leur sont imputés gratuitement’’.
Les Magistrats révoqués qui se sont constitués en collectif, sont allés rencontrer le Chef de l’Etat, pour introduire un recours. Dans lequel ils veulent à ce que Joseph Kabila convoque une nouvelle session du Conseil Supérieur de la Magistrature en vue de donner l’occasion aux Magistrats incriminés de se défendre. Il sera également question, au cours de cette session, de corriger des erreurs qui se sont glissées dans les promotions ou nombreux sont des promus qui ont enjambé plusieurs grades. Trois mois après, si jamais le Président de la République réservait une fin de non recevoir à leur démarche les victimes vont devoir attaquer les Ordonnances présidentielles à la Cour Suprême de Justice. Et s’ils n’obtiennent pas gain de cause, des sources proches du Synamag précisent qu’ils pourront s’adresser à la Commission des droits de l’homme de l’Onu siégeant à Genève.
Voilà la où va nous mener une décision pris à la va vite. Joseph kabila a-t-il été induit en erreur ? Joseph kabila aurait dû laisser au Conseil Supérieure de la Magistrature décider avant de signer ses ordonnances présidentielles. Après des députés et Sénateurs godillots, voudrait-on mettre les magistrats aux ordres ?
Une solidarité tous azimuts de la requête de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) qui déclare avoir mis en place, une équipe d’enquête chargée de vérifier la véracité des charges retenues contre ces magistrats:" cette équipe va étudier ces ordonnances, vérifier si les magistrats révoqués ont été entendus, si la procédure a été respectée. Notre équipe va entrer en contact avec chacun des magistrats révoqués pour voir si chacun d’eux a présenté ses moyens de défense. Mais elle va aussi vérifier si, pour les magistrats qui ont été retraités, les conditions requises ont été respectées par leurs chefs".
La révocation des magistrats apparait comme une d'atteinte à l'indépendance du pouvoir judiciaire , conclusion la IIIè République que tous les Congolais voulaient libre, démocratique et prospère tend vers une République bananière : république « apparemment démocratique, mais régie par les intérêts privés de la prévarication ». Prévarication : « acte de mauvaise foi commis dans une gestion - grave manquement d’un fonctionnaire, d’un homme d’Etat aux devoirs de sa charge » (Petit Robert).


Commentaires
1. Le mercredi 22 juillet 2009 à 23:06, par Didier NKINGU
2. Le jeudi 23 juillet 2009 à 10:25, par Prof. Dr. Maitre YAV KATSHUNG JOSEPH
3. Le jeudi 23 juillet 2009 à 13:22, par Ya Poly
4. Le jeudi 23 juillet 2009 à 14:37, par Arubaini
5. Le jeudi 23 juillet 2009 à 23:23, par Freddy MULONGO, Réveil FM
6. Le vendredi 24 juillet 2009 à 09:02, par Prof. Dr. Maitre YAV KATSHUNG JOSEPH
7. Le vendredi 24 juillet 2009 à 13:15, par Malox
8. Le samedi 25 juillet 2009 à 03:59, par Evariste Kapiamba
9. Le dimanche 26 juillet 2009 à 16:28, par bondo gala
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