SAS,80% des récits sont vrais

Gérard de Villiers part systématiquement enquêter dans le pays où son action aura lieu et il y vit pour capter l'esprit du lieu comme l'esprit du temps. Il a des amis journalistes, des amis fonctionnaires, diplomates et connait personnellement quelques espions et aventuriers dont S.A.S Malko Linge est un condensé au physique, moral aussi. Gérard de Villiers dit la vérité lorsqu'il la voit: les noms de rue, la géographie d'une région, les types d'armes légères ou lourdes employées, l'architecture, les moeurs, les religions, la situation économique et sociale sont reproduits d'une manière exacte dans chaque SAS. Pas seulement reproduits, mais aussi soigneusement sélectionnés en fonction de leur poids, de leur signification intrinsèque en refond du récit qui va nous être conté et qui met à chaque fois en jeu l'idée d'un cancer local menaçant la santé du monde libre par sa soudaine virulence.

S.A.S est né à l'époque de la guerre froide. Il fallait combattre le communisme rouge international soutenu par l'URSS et la Chine maoïste et Gérard de Villiers ne s'en cache pas. Dans S.A.S, il a dépeint avec exactitude les ravages mondiaux causés par la guerre froide jusqu'à la fin du bloc soviétique et même au-delà.

Mais S.A.S a combattu des néo-nazis rescapés de la seconde guerre mondiale, ou inspirés par elle, des complots africains, des escadrons de la mort paramilitaires comme leurs cibles paramilitaires de gauche, des narco-trafiquants, le terrorisme palestinien, l'islamisme fondamentaliste djihadiste et bien d'autres formes avérées de terrorisme.

S.A.S. (nom issu du titre Son Altesse sérénissime) est une série de plus de 170 romans d'espionnage écrite par Gérard de Villiers, parfois appelés « roman de gare » à cause de leurs style léger et lecture rapide.

La série est intitulée ainsi en référence au prédicat honorifique Son Altesse sérénissime, car le héros de la collection, Malko Linge, est un prince autrichien. La référence au Special Air Service n'est malgré tout pas loin car Malko est bel et bien un soldat souvent envoyé en territoire ennemi...

Lire un SAS produit un double effet constant et identique:la satisfaction provoquée par une nouvelle connaissance, augmentée, du monde dans lequel nous vivons mais aussi la peur. La description de l'envers du miroir fait toujours peur. Sans doute parce que nous devinons qu'une partie absolument exacte de la vision proposée est authentique ou parce que nous le constatons si nous connaissons bien la situation et avions visité, au même moment et à la même époque, le pays en question.

Et aussi parce que l'autre partie, celle dont nous sommes incapables de savoir si elle est inspirée de faits réels ou non, apparait si elle est réelle qu'elle nous impressionne autant que la précédente.

Ces romans ont la particularité de mêler voyages exotiques, sexe et intrigue policière ultra-violente. Les propos sont parfois considérés comme racistes envers certaines populations, ou plus exactement cultures.

Dans ses romans, on voit Malko Linge combattre avec une égale conviction des néo-nazis, des escadrons de la mort et toutes sortes de méchants de tous bords, dépeints sans complaisance. De même, bien que Malko soit agent de la CIA, certaines dérives de cette organisation ou de la politique extérieure des États-Unis ne sont pas tues.

Le point fort de l’auteur est de travailler en scrupuleux journaliste d’investigation. Avant d’écrire un livre, il se rend dans un pays « chaud », se documente, s’efforce de comprendre où se situe le problème de ce pays, et qui tire réellement les ficelles. Il interroge les spécialistes de la question et, d’une manière générale, ceux qui « savent ». Chaque S.A.S frappe non seulement par la précision documentaire, mais par une connaissance privilégiée de la géopolitique. Le lecteur a véritablement l’impression d’une découverte, d’une plongée dans la réalité, que lui dissimuleraient les médias.

Plusieurs fois au Congo-Kinshasa

Gérard de Villiers a séjourné plusieurs fois au Congo-Kinshasa souvent incognito. Pour exemple il a été à Kolwezi lorsque les parachutistes français disons plutôt les légionnaires du 2 eme REP qui y avaient " sauté " en 1978. Gérard de Villiers à vu " les kadogos ", ces enfants soldats de l'Afdl de laurent Désiré kabila aux bottes de caoutchouc dont certains dans les quartiers de kinshasa étaient accompagné par les éléments de la croix rouge congolaise pour démasquer les militaires de Mobutu.

Lorsque je vais dans un pays dit-il " je ne vais jamais rencontrer les autorités officielles leurs récits sont souvent tronqués et en décalage avec les réalités que je découvre soit par moi-même ou par les diplomates ou amis journalistes du pays". Dans Zaïre Adieu, l'épisode que Malko Linge va déjouer la tentative de l'assassinat d'Etienne Tshisekedi est "vraie " dit-il, on voulait tuer Tshisekedi, le mettre sur le dos de Laurent Désiré Kabila, fragilisé l'Afdl et provoquer des tueries à Kinshasa qui n'aimaient pas trop Laurent Désiré Kabila puis qu'accompagné des Rwandais et Ougandais ". " Le paradoxe Congolais est que c'est l'Est qui a voté massivement votre Président Joseph Kabila, il tient l'Ouest mais l'Est échappe complétement au gouvernement central."

Si le gouvernement congolais ne finit par rétablir l'autorité de l'Etat sur tout son territoire, la République Démocratique du Congo perdrait sa partie orientale. L'Est de votre pays est tourné vers les pays voisins plutôt vers Kinshasa qui est lointain. Et vos voisins de l'Est ne sont pas des enfants de choeur, leurs appétits sur vos territoires ne sont pas à démontrer. Or cela fait plusieurs décénnies que la situation perdure sans solution durable. Les Congolais ont encore des soucis à se faire avec les consulats des pays européens qui commencent à s'installer à l'Est, une partie non sécurisée par le gouvernement central ".

Elites Congolaises et les guerres tribales

Les conflits haineux, les guerres tribales désservent la République Démocratique du Congo. Le Congo est victime de ses richesses, de ses politiciens mais aussi du manque de scrupules d'une certaine partie de ses élites qui n'ont que deux alternatifs soit " allez à la soupe" comme tout le monde pour garder un certain standing de vie ou s'expatrier pour rester en vie. La manipulation de l'identité tribale, ethnique dans une société déboussolée par les désastres économiques et sociaux, le spectre et la théorie du complot international peuvent encore souder autour d'un n'importe quel dictacteur. Il faut un sursaut des élites congolaises dans l'amour de leur propre pays en évitant les guerres tribales et ethniques. Sinon Adieu Congo avec son immensité actuelle.