La Chambre préliminaire II a conclu que l’évolution des circonstances depuis le 14 avril 2009 justifiait la modification de sa décision précédente sur la détention, dans la mesure où les conditions pour un maintien en détention telles que prévues par l’article 58 (1) (a) et (b) du Statut de Rome n’étaient plus réunies.

En effet, après avoir évalué tous les éléments pertinents de l’affaire dans leur globalité et après les avoir mis en perspective, la Chambre préliminaire a conclu que le maintien en détention de Jean-Pierre Bemba ne paraissait plus nécessaire pour garantir, la comparution de ce dernier, qu’il ne fera pas obstacle à l’enquête ou à la procédure devant la Cour, ni n’en compromettra le déroulement et qu’il ne poursuivra pas l’exécution du même crime ou d’un crime connexe relevant de la compétence de la Cour et se produisant dans les mêmes circonstances que dans la présente affaire.

La Chambre préliminaire a invité tous les Etats sur le territoire desquels le président du MLC a souhaité être libéré, à présenter leurs observations détaillées sur les questions relatives à sa mise en liberté provisoire ainsi que sur les conditions restrictives de liberté qui pourraient être imposées.

Les audiences devraient avoir lieu entre le 7 et le 14 septembre 2009 et c’est au regard de ces appréciations que la décision sera mise en exécution.

Dans ces conditions, on peut déjà penser que Jean-Pierre Bemba sera libéré pour des raisons suivantes ; primo tous les pays qui ont manifesté leur refus à recevoir Bemba sur leur territoire, ont mis en avant l’aspect sécuritaire, notamment le cas de la Belgique et même du Portugal.

Or selon les traités internationaux, cet argument ne tiendra pas debout d’autant que le droit international prime sur le droit national. Le Portugal qui a fait indiquer que la liberté provisoire n’existe pas dans sa législation, sera obligé de revoir sa copie. Il en sera autant pour d’autres pays.

Secundo, selon les sources proches du dossier, la mise en liberté provisoire n’est pas liée à l’obtention d’un pays d’accueil. Dès lors que la CPI estime que l’inculpé ne représente aucun obstacle, il appartient à la cours de désigner un pays d’accueil selon les traités ratifié par nombreux Etats. Voilà pourquoi, Jean-Pierre Bemba sera impérativement libéré. Tout porte à croire que le président du MLC retrouverait les siens, au plus tard fin septembre prochain.

En attendant que tout soit clairement établi par la CPI, à Kinshasa et partout à travers les communautés congolaises de l’étranger, les cris des joies (yoyos) ont accompagnés cette nouvelle.