Habiter des bureaux de l’Etat: De l'Ambassade de Londres à la Poste de Kisangani, une triste réalité !
Par Freddy Mulongo, mercredi 19 août 2009 à 21:08 :: radio :: #483 :: rss
Vendredi, 15 aout 2009, le bâtiment de la Poste squatté par les fonctionnaires à Kisangani, troisième ville de la RDC.
Habiter des bureaux de l’Etat est devenu un moyen de la débrouille pour les fonctionnaires congolais impayés. Des diplomates à l'extérieur du pays ou des simples fonctionnaires à l'intérieur de la république Démocratique du Congo sont contraints à squatter leurs bureaux.
Incendiée dans la nuit du samedi dans la nuit du samedi 26 mai au dimanche 27 mai 2007, l’ambassade de la République Démocratique du Congo à Londres au Royaume -Uni, est située sur Gray’s Inn Road, dans le quartier de King Cross.
En mars 2009, dans son reportage sur l'ambassade, Botowamungu kalome écrit: " Pas un coin, pas un recoin de l’ambassade n’est pas envahi par les valises, ustensiles, gros sacs, matelas, chaussures, vêtements des diplomates et leurs familles qui squattent le petit immeuble coincé entre un café et une agence de recrutement de travailleurs. Pour y circuler, il faut zigzaguer entre ces colis ou les enjamber difficilement.
Le premier diplomate que je rencontre fait partie des squatters et l’assume même s’il est loin d’en être fier : « L’ambassadeur, Madame Eugénie Tshiela, ne nous a pas laissé le choix. Regardez notre petit bureau, le soir trois collègues dont une dame jettent des matelas par terre et y passent la nuit. Nous étions plusieurs familles hébergées dans l’ancienne résidence de l’ambassadeur qui fuyait partout. À la moindre pluie, c’étaient des seaux d’eau qu’on vidait. Puis, l’électricité a été coupée et l’ambassadeur a refusé de nous reloger au prétexte que sur les six diplomates concernés, trois étaient en fin mission. Mais, en attendant que Kinshasa envoie les frais de leur retour, l’État congolais devait nous loger tous ». D’où l’installation de ces familles à l’ambassade depuis octobre 2008 avec femmes et enfants éparpillés dans Londres chez des compatriotes compatissants ". La situation de diplomates congolais à Londres a-t-elle évoluée depuis ?
La vidéo que nous proposons montre que la communauté congolaise s'était mobiliser pour faire changer les choses.
En République Démocratique du Congo, plus précisément à Kisangani, chef lieu de la Province Orientale, troisième ville du pays, ville martyre mais aussi symbolique par sa résistance aux diverses répressions, de nombreux bureaux de l’Etat du centre-ville servent en même temps de maisons d’habitation.
Les bureaux hébergent des agents démunis et des familles qui louent des pièces aux responsables des services. Ce qui est formellement interdit.
Cris et pleurs d’enfants, bruits de tâches ménagères, musique, habits étalés à même le sol à l’entrée des bureaux : c’est le spectacle qu’offrent certains bureaux de l’Etat de Kisangani aux visiteurs.
Les bâtiments de la division de la Culture et des arts, de la Division de l’Agriculture, du service des Anciens combattants, de la prison centrale et celui de l’Office congolais des postes et télécommunications (OCPT) sont particulièrement frappants.
A la Division de la Culture et des arts, certains bureaux sont fermés. On y loge des familles ou on y garde des meubles, peut-on constater. Les responsables et les occupants, méfiants vis-à-vis de la presse ne répondent guère aux questions.
Destinés à abriter les bureaux des services, ces locaux servent actuellement de résidences, d’une part, pour des agents impayés et démunis incapables de louer une maison et, d’autre part, pour des locataires payants. Ceux-ci sont devenus des sources des recettes pour les agents de l’administration.
Certaines pièces de ces bâtiments se transforment en chambre à coucher après les heures de service. «Ici dans notre bâtiment, c’est la famille de la sentinelle qui loge dans cette cellule», témoigne un agent de la Division de l’Agriculture.
Selon certains responsables de ces services, il leur est difficile de les chasser car la plupart sont des fonctionnaires sans moyens.
Vivre en ville à tout prix
«Près de quarante familles habitent la cave de mon institution. On y trouve aussi un atelier de couture, un restaurant, un cabaret…», déclare Joël Liambenge, chef des ressources humaines de l’OCPT, qui affirme ne pas savoir de qui ces gens reçoivent le droit d’habiter ces locaux.
Les conditions sanitaires et hygiéniques y sont cependant déplorables. Humidité, eaux stagnantes, ordures en plein air, odeurs et chaleurs suffocantes : c’est dans cet environnement que travaillent les agents et vivent les locataires.
«Nos WC, placés au premier niveau à côté des bureaux, ne sont accessibles qu’après les heures de service (de 18 h à 7 h 30, ndlr)», témoigne l’épouse d’un fonctionnaire de l’Etat, habitant la cave de l’OCPT.
La vie y est aussi exempte de toute intimité car seuls des nattes, des bâches et des tissus séparent les chambres.
Selon Rav Likula, chef de bureau à la Division de l’Urbanisme et Habitat, lors du contrôle des maisons de l’Etat effectué l’année dernière, certains cadres de l’administration publique ont indiqué que ce sont des membres de la belle famille de leur fils et filles qui habitent avec eux.
Louer des locaux de l’Etat
Pour ces gens, ces lieux offrent l’avantage d’être situé en centre-ville où l’électricité et l’eau sont disponibles. Ce qui leur permet d’exercer certaines activités lucratives pour subvenir à leurs besoins.
«Ici il y a l’eau et l’électricité en permanence. Mes activités de vente d’eau et de jus tournent mieux. Je ne peux que supporter ces conditions, témoigne Faida Bibi, une locataire à la cave de l’OCPT. Quoi de plus normal que d’habiter le centre-ville avec un loyer mensuel de 20 $ et de bénéficier de ces avantages…
Les maisons d’habitation des cadres et agents de l’Etat aussi sont parfois compartimentées pour y mettre des locataires. Très peu de responsables se préoccupent cependant de l’entretien de ces maisons, qui, de jour en jour, cèdent sous le poids de l’âge.
«Pendant cette période de crise économique où le salaire des agents de l’Etat tarde souvent à arriver, l’argent qu’on paie, aide notre bailleresse à nouer les deux bouts du mois», ajoute dans l’anonymat un locataire.
Rien ne nous dit que dans d'autres provinces de la RDC y compris à kinshasa, lieu des institutions, les bâtiments de l'Etat ne sont transformés en bureaux pour les fonctionnaires démunis voués à eux-mêmes.


Commentaires
1. Le jeudi 20 août 2009 à 08:37, par Vincent D
2. Le jeudi 20 août 2009 à 12:18, par L'Etendard/ Hebdomadaire/RDC
3. Le jeudi 20 août 2009 à 12:55, par jean Berckemans
4. Le jeudi 20 août 2009 à 17:45, par ya-tangaina
5. Le jeudi 20 août 2009 à 19:44, par hamza
6. Le jeudi 20 août 2009 à 19:50, par hamza
Ajouter un commentaire