"La patte de Kigali"

Mais MM. Péan et Durand ont une tout autre vision de ce procès. Derrière SOS-racisme, ils voient "la patte de Kigali" et une "énième tentative d'instrumentaliser la justice". Sous prétexte de dénoncer le racisme, il s'agirait de porter un coup au livre de Pierre Péan afin d'affaiblir les conclusions similaires du juge Bruguière, accablantes pour le régime rwandais.

Leurs avocats - Muriel Brouquet-Canale, Florence Bourg et Jean-Yves Dupeux - ont fait défiler à la barre des témoins rwandais confirmant que le mensonge était "un fait culturel" chez les Tutsis. "Il existe une spécificité historique et culturelle rwandaise (le mensonge), qui explique pourquoi le génocide a eu lieu au Rwanda", a assuré Hervé Deguine de Reporters sans frontières (RSF) après avoir lancé : "Pourquoi le génocide juif a-t-il eu lieu en Allemagne et non en Italie ?"

Les avocats de Pierre Péan et Claude Durand se sont bien gardés de telles analogies, s'attachant à montrer que les écrits de M. Péan avaient été "caricaturés" et relevaient de la "liberté d'opinion". Pour eux, l'écrivain n'a pas visé une ethnie mais analysé "un trait culturel inscrit dans l'histoire", et encore moins appelé à la haine. Arrêt le 18 novembre.