L’Afrique défend le principe du pollueur-payeur en vue du sommet de Copenhague 14 septembre 2009 dans Développement, Développement Durable 66 vues

L’Afrique re­jette dans l'at­mo­sphère 3,6% des émis­sions mon­diales de CO2. Mal­gré ce faible taux de rejet de CO2, le conti­nent subit de plein fouet les ef­fets du chan­ge­ment cli­ma­tique pro­vo­qué par l'aug­men­ta­tion des gaz à effet de serre.

A l’heure où l’idée d’une taxe car­bone se concré­tise en Eu­rope, l'Afrique va dé­fendre sa po­si­tion lors de la confé­rence de Co­pen­hague: il faut taxer les pays pol­lueurs et re­dis­tri­buer l'ar­gent ré­col­té aux pays pol­lués afin que ces der­niers se dotent d'éner­gies re­nou­ve­lables.

L’Afrique ré­clame 67 mil­liards de dol­lars par an aux grands pol­lueurs

Les di­ri­geants afri­cains se sont ren­con­trés le 31 août der­nier en Libye pour adop­ter une ligne de conduite lors de la confé­rence sur le chan­ge­ment cli­ma­tique qui se tien­dra en dé­cembre pro­chain à Co­pen­hague. Pour l’Union Afri­caine, l’Amé­rique, l’Eu­rope et l’Asie de­vront ré­duire de 40% leurs émis­sions de car­bone d’ici 2025. En plus de cet ef­fort, l'Union Afri­caine pré­co­nise que les na­tions in­dus­tria­li­sées versent 0,5% de leurs PIB aux pays afri­cains en com­pen­sa­tion pour la pol­lu­tion en­gen­drée et leur res­pon­sa­bi­li­té dans le chan­ge­ment cli­ma­tique mon­dial.

L’Afrique en­tend ainsi ré­cla­mer aux pays in­dus­tria­li­sés 67 mil­liards de dol­lars an­nuels à tra­vers la mise en place d'une taxe car­bone. Cette po­si­tion afri­caine re­joint l’appel émis en avril der­nier par la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, de­man­dant au monde in­dus­tria­li­sé de consa­crer une manne fi­nan­cière consé­quente pour les aider à lut­ter contre le chan­ge­ment cli­ma­tique.

En Afrique, une bonne ges­tion des éner­gies re­nou­ve­lables pour­rait cor­rec­te­ment sup­pléer à la ma­jo­ri­té des be­soins éner­gé­tiques des afri­cains. Mais pour cela, le conti­nent doit en­core se doter des ser­vices et des in­fra­struc­tures éner­gé­tiques les plus mo­dernes. Des trans­ferts de tech­no­lo­gie sont né­ces­saire pour fa­ci­li­ter l’accès à l’éner­gie et au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique des pays afri­cains. Car l'enjeu de l'élec­tri­fi­ca­tion est cru­cial : sur près de 930 mil­lions d'Afri­cains, 530 mil­lions n'ont pas accès à l'élec­tri­ci­té et cela en­trave le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique du conti­nent.

Le plan d'ac­tion eu­ro­péen, nommé « Ener­gi­zing Afri­ca» en­vi­sage de dé­ve­lop­per l'élec­tri­ci­té sur le conti­nent en in­jec­tant 400 mil­liard d'euros sur 25 ans. Cette ini­tia­tive consti­tue­rait une nou­velle ap­proche afri­caine et eu­ro­péenne, don­nant la prio­ri­té aux éner­gies du­rables et aux éco­no­mies d'éner­gie. Grâce à la col­la­bo­ra­tion étroite des pays afri­cains et de l'Union Eu­ro­péenne avec des bailleurs de fonds pri­vés où pu­bliques, les fi­nan­ce­ment des pro­jets se­ront éva­lués pays par pays. Le sa­voir-​faire eu­ro­péen en ma­tière de géo­ther­mie, d'hy­dro­élec­tri­ci­té et de pho­to­vol­taïque pour­ra être lar­ge­ment mis à contri­bu­tion dans la construc­tion d'in­fra­struc­tures et d'équi­pe­ments fai­sant appel à ces tech­no­lo­gies de pointe.

La so­lu­tion d’ave­nir pour l’Afrique se trouve peut-​être dans le dé­sert

Dans le cadre du pro­jet DE­SER­TEC, des in­dus­triels es­pèrent dé­ployer un ré­seau de cen­trales so­laires à concen­tra­tion sur les dé­serts nord-​afri­cains. Cette ini­tia­tive in­dus­trielle a pour but de construire un grand nombre de cen­trales so­laires ther­miques connec­tées entre elles et au ré­seau de dis­tri­bu­tion de l'élec­tri­ci­té. Ces cen­trales pour­raient être cou­plées à des ins­tal­la­tions de des­sa­le­ment d'eau de mer, un atout sup­plé­men­taire pour ces ré­gions arides.

Ainsi, selon les études du Centre Aé­ro­spa­tial Al­le­mand, le bud­get de De­ser­tec pour­rait as­su­rer pour les 40 ans à venir, l’in­dé­pen­dance éner­gé­tique de l’en­semble du conti­nent afri­cain.

Quelles que soient les so­lu­tions en­vi­sa­gées à plus ou moins court terme, le conti­nent afri­cain est des­ti­né à de­ve­nir un ac­teur in­con­tour­nable de la nou­velle donne mon­diale en ma­tière d’éner­gies propres et re­nou­ve­lables. Et la République Démocratique du Congo doit occuper sa place et jouer pleinement son rôle au niveau mondial. Encore faudrait-il que les autorités congolaises en soient conscientes.