À ses yeux, l'Assemblée générale des Nations unies doit devenir un "parlement mondial", devant qui le Conseil de sécurité devrait "rendre des comptes". "Dix pays ne peuvent pas décider pour 190 nations", a-t-il estimé, avant de lancer, mi-amusé, mi-grave : "On dirait que nous sommes à Hyde Park en train de discuter. Nous sommes là pour la galerie, nous sommes un décor, nous ne sommes rien, nous ne servons à rien." Alors, le dirigeant libyen a un remède.

"Les petits pays pourraient se réunir dans un G100, le forum des petits États".

Difficile d'en savoir plus sur cette nouvelle enceinte suggérée par la Libye.

Mais Kadhafi l'assure : "Si l'on veut un monde qui vive en paix, c'est comme ça qu'il faut faire." Pestant contre les mesures drastiques de sécurité qui lui ont été imposées lors de sa venue sur le sol américain, le colonel a par ailleurs proposé de transférer le siège de l'ONU... à Syrte en Libye ou à Vienne, en Autriche, si l'Assemblée générale décide de le transférer au centre de la planète ou à New Delhi, en Inde, ou à Beijing, en Chine, si la décision porte sur son transfert vers la partie Est de la terre.

Concernant les guerres à propos desquelles le guide Kadhafi demande des enquêtes, figurent la guerre de Suez de 1956, celle du Vietnam, l'invasion du Panama et l'assassinat de son président, la guerre contre la Somalie, la guerre contre la Yougoslavie, la guerre de l'Irak qu'il a qualifiée "de mère de tous les péchés", la pendaison du président Saddam Hussein, le scandale de la prison d'Abu Graeib, la guerre contre l'Afghanistan, les assassinats de Patrice Lumumba, de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskojold, de l'ancien président américain, John Kennedy, du militant noir, Martin Luther King, des Palestiniens, Khalil Al-Wesir (Abou Jihad), et Salah Khalaf (Abou Iyad), ainsi que les massacres de Sabra et Chatila (Liban) et de Gaza en 2008, la destruction des institutions dépendant de l'ONU et la piraterie en Somalie. Il a également stigmatisé les grandes puissances, les accusant d'avoir déclenché de nombreux conflits depuis 1945 pour poursuivre leurs propres intérêts. « Je ne suis pas en train de parler diplomatiquement », a-t-il remarqué au terme d'un discours.

Habitué à planter sa tente lors de ses déplacements, dans la tradition bédouine, comme il l'a fait à Rome ou à Paris. Malgré le refus de plusieurs emplacements, dont Central Park et le New Jersey, le magnat américain de l'immobilier Donald Trump l'aurait finalement invité à l'installer dans l'une de ses propriétés aux environs de New York.