Antiracisme, un combat de longue haleine !
Par Freddy Mulongo, lundi 28 septembre 2009 à 19:46 :: radio :: #522 :: rss
Un compatriote vivant en Belgique exige que l'album d'Hergé "Tintin au Congo" soit proscrit de toutes les librairies et de toutes les bibliothèques.
En France, certains militants, moins radicaux, réclament pour leur part qu'une mention figure sur l'album, un peu comme il en existe sur les paquets de cigarettes. Le danger auquel serait le lecteur de Tintin au Congo serait exposé le lecteur, c'est évidemment le racisme.
Dans les années 70, Hergé avait lui-même décrypté le discours positif sur la colonisation de son album : « Pour le Congo, tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !", etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. »
Pour Bienvenu Mbutu Mondondo: "Un artiste a le droit de s’exprimer, il a le droit d’écrire sur tout. Mais il ne faut qu’on lui impose ce qu’il doit écrire. Au départ, Tintin au Congo n’était pas dans les plans de Hergé. C’était une commande des pères catholiques, de la propagande pour faire venir la main-d’œuvre au Congo. C’est un document qui ne reflète pas les pensées de Hergé". Sans doute notre compatriote n' a pas raison, en choisissant la voie juridique, il pousse Moulinsart à accepter de discuter, à s'asseoir à la table de négociation et a trouver un compris. Le racisme d'hergé ne passe plus.
Tintin au Congo est un album qui caricature les Congolais en particulier et Les Africains en général en mobilisant les clichés paternalistes en vigueur à l'époque où le Congo était une colonie de la Belgique. Les Congolais y sont décrits comme de grands enfants, ignares, passifs, émotifs et irrationnels.
Tintin au Congo : artisanat de Kinshasa, Hôtel Memling
Que n'a-t-on pas entendu sur le procès contre Tintin au Congo ? C'est une construction médiatique, un feu de paille, un phénomène de mode.…Pourtant pour ceux qui connaissent Bienvenu Mbutu Mondondo, il n'est pas bluffleur. Il a choisi la voie juridique. Maggy Mufu Mpiana, qui se souvient encore d'elle ?
Mardi 5 octobre 2007, Maggy Mufu Mpia, une quadragénaire belgo-congolaise, mère de trois enfants, a troublé la vie paisible de sa patrie d'adoption, le Luxembourg. Elle s'est arrosée d'essence en plein cœur de la capitale, Luxembourg, avant de craquer une allumette. Elle s'était immolé par le feu pour protester contre les discriminations.
Maggy Mufu Mpia s'était transformé en boule de feu, place des armes au Luxembourg
Elle habitait à Oberwampach au Luxembourg
Les passants bondirent sur le corps en combustion tentant d'étouffer les flammes avec des manteaux et des vestes. La scène avait un fait beaucoup de malaise parmi le nombreux témoins qui étaient en place à l'heure du déjeuner ont aussi été traumatisés par la femme hurlant des cris de douleur inimaginable. .
Le couple Olivier Delvaux, son épouse Maggy Mufu Mpia et leurs trois enfants habitaient Bruxelles avant que le mari, ingénieur, décroche un travail à Luxembourg, en 1997. L'installation se déroule sans souci particulier mais les enfants du couple connaissent leurs premières difficultés à l'école. A Ettelbrück, leur fils se fait traiter de "sale Noir" et ses copains l'interrogent sur l'étrange couleur de sa peau de métis.
Leur petite fille est parfois 'oubliée' sur le bord de la route par le car de ramassage et, une autre fois, elle est restée coincée dans la porte de sortie tandis que le chauffeur poursuit son chemin.
Maggy s'insurge quand on veut placer ses enfants dans les classes les plus faibles, sous prétexte qu'ils parlent mal l'allemand, la deuxième langue du pays. 'Un jour, une prétendue psychologue nous a lancé violemment : 'Il est hors de question de donner plus de chance à votre fille qu'à un Luxembourgeois !'', raconte Olivier Delvaux. Son épouse Maggy finira par trouver un emploi de bibliothécaire mais se serait vite rendu compte que son salaire se situait sous le minimum légal.
Le couple décide alors de s'installer à son compte et de mobiliser ses économies par reprendre un garage, à Oberwampach. L'affaire compte quelques ouvriers, semble rentable et devrait permettre à Olivier Delvaux de la transformer en un petit centre commercial. Il compte sur l'aide des banques et des pouvoirs publics, qui offrent des primes à l'installation. Mais les diverses autorisations requises se feront attendre. Olivier Delvaux doit fermer le garage pendant plusieurs mois, perdant au passage la concession Citroën, reprise par un concurrent.
A plusieurs reprises, le couple tentera de faire fléchir l'administration. En vain, affirme M. Delvaux. C'est alors que sa femme, dépeinte comme tolérante et soucieuse d'équité, aurait mûri le projet d'une action d'éclat. Son mari affirme que, jusqu'au dernier moment, il a cru qu'elle voulait enflammer des couvertures devant un ministère.
Delvaux-Stehres Mufu Mpia Maggu fut transporté à l'hôpital Bon Secours à Metz en France, où elle était traitée dans une Salle spécialisée pour des brûlures. Elle en est morte.
Le racisme et la xénophobie ne sont pas la pathologie de quelques personnes haineuses et cinglées. Le racisme est un réflexe de peur face à l'altérité, commun à tous les peuples depuis la nuit des temps. Dans chaque espace de civilisation, une minorité, à laquelle je m'honore d'appartenir, a pu surmonter cette peur, les préjugés qui la nourrissent et les fantasmes qui l'exacerbent.


Commentaires
1. Le lundi 28 septembre 2009 à 21:35, par BONGOS ROGER
2. Le mardi 29 septembre 2009 à 09:26, par ROBERT NFUMU
3. Le mardi 29 septembre 2009 à 13:43, par Le saint Interlocuteur.
4. Le mardi 29 septembre 2009 à 14:39, par Mama Chris
5. Le mardi 29 septembre 2009 à 17:34, par Evariste Kapiamba
6. Le mardi 29 septembre 2009 à 18:49, par Christian Mulongo
7. Le jeudi 1 octobre 2009 à 21:32, par lor yombo
8. Le mardi 6 octobre 2009 à 10:58, par jocelyncharles
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