30 juin 1960–30 juin 2010: Cinquante ans de confiscation de notre liberté et de notre dignité humaine !
Par Freddy Mulongo, samedi 3 octobre 2009 à 13:46 :: radio :: #529 :: rss
Mise en scène très symbolique. Conseil de guerre en 1921. Kimbangu est accusé de fonder une religion syncrétique africaine basée sur la révélation. Il fût en butte aux attaques féroces du pouvoir catholique. Le Missionnaire, principal accusateur est à l'avant-plan. Plus loin, les Pouvoirs judiciaires, militaires, et les policiers. Le tout sous le portrait de Leopold II. Les femmes liées sont arrêtées en tant qu'adeptes. Kimbangu fur condamné à mort, gracié, et passa trente ans en prison, jusqu'à sa mort. Procès Kimbangu, Peinture Tshibumba 1973.
Le gouvernement AMP-UDEMO-PALU veut une parade fastueuse et somptueuse pour le cinquantenaire de l'indépendance du Congo qui tombera pic le 30 juin 2010. La cerise sur le gâteau est déjà trouvé: la présence d'Albert Ier, roi des Belges à Kinshasa pour les festivités.
Face à ce qui pourrait apparaitre comme l'éloge du néocolonialisme, les anti-coloniaux ne désarment pas, ils affûtent les stratégies et projettent les manifestations alternatives.
Les souverainistes qui défendent la souveraineté du Congo face aux prédateurs et leurs valets congolais, ont déjà fait traduire le discours historique de Patrice Emery Lumumba, du 30 juin 1960, en 4 langues nationales: Lingala, kikongo, Tshiluba et swahili qui sera distribué à la population congolaise.
Nous vous proposons ici le texte de Pierre Yambuya Lotika Kibesi, Directeur Honoraire de la Direction Générale des migrations (DGM).
Auteur de 7 volumes sur le néocolonialisme au Congo, Pierre Yambuya Lotika n'abandonne jamais la bataille et ne s'avoue pas vaincu.
C’est avec une profonde tristesse que je pense à cette journée que nous voulons célébrer en 2010 et les mots me manquent pour ce cinquantenaire. Les hommes dignes de ce nom devraient faire un examen de conscience sur ce qu’aurait pu être réellement ce 50ème anniversaire si notre pays avait été livré en de bonnes mains.
Si le 30 juin 1960 a été une journée de grande fêtes et de glorieuses manifestations jusque dans l’arrière forêt de notre vaste nation, c’est parce que l’exploitation, l’injustice, la torture, l’oppression, l’assassinat et l’humiliation avaient été jusqu’à ce jour-là les règles en vigueur contre notre peuple colonisé par la force.
Le discours testament de Patrice Lumumba prononcé en cette journée magnifique du 30 juin 1960 à Léopoldville devant le Roi des Belges, Baudouin 1er, n’a pas eu d’égal jusqu’à ce jour. Ce jeune homme de 35 ans, sous la direction duquel naissait notre nation, a représenté pour nous, sous les yeux du monde entier, un espoir incontournable pour le grand pays multiracial qu’allait devenir le Congo indépendant, dont les immenses ressources allaient finalement contribuer honnêtement à l’émancipation de son peuple.
La formation des cadres fut l’une des grandes priorités de Patrice Lumumba, car les colons pour abrutir l’avenir de notre peuple avaient bien pris soin de ne former que des boys en grand nombre sur toute l’étendue de notre territoire.
Ainsi pour 100.000 colons pouvait-on compter 800.000 boys congolais, à savoir 8 boys nègres pour 1 colon.
Pour accéder à certaines fonctions administratives coloniales ou à d’autres secteurs de la vie économique du Congo-Belge, il suffisait d’obtenir le certificat de cinq (5) ans d’études primaires, accompagné d’une très bonne note en religion et morale, à savoir qu’il fallait s’assurer la garantie d’une bonne soumission à l’exploitation.
Par contre les coloniaux avaient presque tous une formation universitaire ou d’autres qualifications techniques élevées, preuves évidente que la Belgique n’a jamais voulu nous préparer à assumer les fonctions modernes qu’elle avait exportées chez nous.
De tout ceci, Patrice Lumumba avait déclaré devant le monde que c’était bien fini, que notre nation était aujourd’hui dans les mains de ses fils qui allaient faire voir au monde ce dont l’homme noir était capable et ce qu’il pouvait réaliser dans la liberté pour sa prospérité.
Malheureusement, travailler dans la liberté et la légalité prônées par Patrice Lumumba voulaient dire aussi pour les gourmands exploiteurs égoïstes un gros manque à gagner, car avec l’indépendance aurait pris fin l’exploitation injuste des ressources du Congo, exploitation qui niait un profit réel à notre peuple, son propriétaire souverain.
C’est ainsi que les coups contre Patrice Lumumba pour balayer ses visions furent permis par l’Occident qui fabriquait au même moment ses marionnettes congolaises pour servir les intérêts qui nous ont plongé dans la catastrophe que nous subissons aujourd’hui.
Tous les espoirs de changement auxquels aspirait notre peuple au lendemain du 30 juin 1960 pour sortir de l’humiliation coloniale lui ont été confisqués. Notre présence aujourd’hui sur le sol occidental en est une preuve.
A l’époque le Congo-Belge des boys n’avait pas de Congolais-boys en Occident et être boy, jardinier, sentinelle, etc…au Congo-Kinshasa signifie la honte, le travail le plus ridicule, mais voici que de nombreux intellectuels congolais, des cadres universitaires ou ayant une formation supérieure dans d’autres domaines, de valeureux ouvriers et apprentis dans divers métiers modernes, des femmes spécialisées dans les secteurs socio-économiques, se retrouvent dans le marché du travail le plus ridicule de l’Occident, au détriment du progrès de notre nation qu’aurait voulu le lumumbisme.
Et une fois de retour au pays, aucun de nous ne veut qu’on lui rappelle cette fâcheuse expérience européenne. Voilà chers compatriotes et nos vrais amis étrangers, quelle est la place que veulent pour nous les exploiteurs égoïstes et leurs marionnettes congolaises.
Aujourd’hui, malgré notre formation intellectuelle, formation qui à l’époque nous fut niée par nos colonisateurs, notre secteur privilégié de travail en Europe est encore pire que celui qui nous était réservé au Congo-Belge.
Je n’hésite pas à accepter sans aucune honte qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de boys intellectuels congolais en Occident qu’à l’époque où nous n’avions reçu aucune formation viable.
Que ce 50ème anniversaire de notre liberté confisquée soit une journée de méditation sur les raisons du lâche assassinat de Patrice Lumumba, car sa conscience politique est immortelle pour toutes les générations de notre nation, de toute l’Afrique et de nombreux autres pays du monde sans distinction raciale, car elle représente l’espoir dans les siècles à venir.
Pour quelle raison les assassins de notre nation et leurs complices devraient-ils organiser avec pompe ce cinquantenaire du 30 juin 1960 avec son cortège de destruction et de misère contre notre peuple qui est dans le pire de l’époque coloniale elle-même.
Chers compatriotes et nos vrais amis de toutes les races, les assassins et les assassinés, les tortionnaires et les torturés, les oppresseurs et les opprimés, les exploiteurs et les exploités, etc…ne devront se réconcilier qu’avec le concours de la justice dans un Etat de droit.
Seule la justice est apte à donner le dernier mot à la juste cause de la responsabilité de chacun de nous vis-à-vis des lois de la nation qui dictent la bonne conduite de tous les citoyens, dans l’intérêt de l’ensemble des hommes et des femmes vivant dans un même pays.
Nous ne devrons jamais accepter que les gens qui ont peur d’un Etat de droit au Congo-Kinshasa puissent nous mener par le bout du nez en nous imposant des gouvernants qui, à l’œil nu, ne regroupent que les auteurs des crimes socio-humains perpétrés contre notre peuple.
Que tout compatriote qui accepte cette fête du néocolonialisme qui se prépare avec pompe le 30 juin 2010, sache qu’il se trompe, car c’est la célébration de la misère de notre peuple et celui qui évoque le mot ‘‘ élection’’ pour 2011, doit savoir qu’il se fait complice du pouvoir qui a trahi la volonté populaire du 2006, car nous savons tous très bien qu’il s’agit là de la répétition de la blague de 2006 contre la volonté réelle de l’ensemble de notre misérable peuple.
Encore une fois, nous ne devons pas accepter ces élections car elles seraient organisées par ceux qui échappent à la justice grâce à Joseph Kabila, qui est lui-même recherché par cette justice populaire.
Sinon ils auront les mains libres pour se reconduire officiellement au pouvoir parce que nous savons très bien qu’il n’y a en ce moment aucun moyen équitable dans le pays.
Nous considérons ce cinquantenaire comme un signe de deuil national pour tous les patriotes tombés sur divers champs de bataille contre le néocolonialisme au Congo depuis le 5 septembre 1960 jusqu’aujourd’hui et ceux qui tomberont jusqu’à ce que nous allions valoriser le discours de Patrice Lumumba du 30 juin 1960.
Si nous acceptions ce cinquantenaire avec joie, ceci voudrait dire jeter définitivement dans la poubelle la capacité intellectuelle acquise dans la souffrance corporelle et morale de cette prolongation des 80 ans du colonialisme léopoldien et belge sans savoir que ce sont 130 ans de dépendance atroce que nous subissons avec humiliation perpétuelle.
Un homme digne de ce nom et conscient du sort auquel est réduit notre pays à cause du néocolonialisme mobutiste hier et aujourd’hui du néocolonialisme de Joseph Kabila, doit faire de la lutte pour la reconquête de notre souveraineté nationale et de notre dignité humaine sa préoccupation journalière.
Nous prenons donc toutes nos responsabilités vis-à-vis de tous ceux qui sont allergiques à la vérité, dans un esprit de liberté et d’amour, parce que le jour de la victoire totale la fête sera glorieuse pour nous tous.
Ayons donc le courage nous légué par Simon Kimbangu, Patrice Lumumba, Pierre Mulele et Mzée Laurent-Désiré Kabila de prendre sérieusement en considération la valorisation de nos énormes capacités humaines pour notre avenir, celui de nos enfants et de leurs petits-fils, pour la prospérité de toutes les générations de notre belle nation, car nous avons un très beau pays où nous pourrions vivre vraiment heureux.
La politique dans tout pays est la plus haute forme de responsabilité des hommes honnêtes, pour s’occuper des biens communs d’une nation et du bien-être de son peuple sans gâcher.
Les bénéfices des ressources communes d’un pays appartiennent à l’ensemble de son peuple sans discrimination sociale, et non seulement à ceux qui détiennent le pouvoir pour se remplir les poches avec leurs complices étrangers en clochardisant plus de 98% de la population comme en République Démocratique du Congo, qui en réalité, est la République Démocratique de la Corruption et berceau du néocolonialisme africain.
Le premier devoir d’un homme politique est de dire la vérité à l’exemple de notre patriote Patrice Lumumba qui est le modèle de l’héritage de Papa Simon Kimbangu.


Commentaires
1. Le dimanche 4 octobre 2009 à 08:31, par Hono
2. Le dimanche 4 octobre 2009 à 11:30, par Colonel Joris NKOMBE
3. Le dimanche 4 octobre 2009 à 13:48, par Nambo
4. Le dimanche 4 octobre 2009 à 23:06, par BOMA OMENA Henri
5. Le lundi 5 octobre 2009 à 10:59, par BOMA OMENA Henri
6. Le mardi 6 octobre 2009 à 02:25, par david
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