Cinquantenaire Anticolonial: Eza possibles...
Par Freddy Mulongo, mardi 13 octobre 2009 à 18:57 :: radio :: #543 :: rss
Oeuvre de Freddy Mutombo à kinshasa.
En visionnant les deux vidéos ci-dessous, on se rend vite compte que les artistes congolais avant-gardistes existent. Engagés, ils ont une prise de conscience, à Strasbourg (Est de Fance) où ils se sont produits dernièrement, on sent qu'ils n'ont rien perdu de leur dextérité. Il faut rappeler que Kinshasa est une ville-monde, qui a ses règles, dont la principale est que toute chose surprenante pour un Européen est peut-être la chose la plus commune pour ses habitants.
Travailler à partir du manque, transformer le rebut en matière première, considérer la jeunesse comme une expérience en soi, se donner confiance quand personne ne vient vous chercher, tels sont, entre autres, les déconcertantes compétences des habitants de la ville.
Ils ont donc tracé leur petit bout de chemin, loin des académismes de tous bords. De là est née en 2003 Kin Wenze Wenze, une vaste installation-performance, par laquelle ils entendent « symboliser le foutoir, l’anarchie régnant à Kin ».
En 2005, en prélude aux élections présidentielles, ils organisent avec d’autres artistes la performance Happening Elections à Kinshasa. En 2006, ils organisent avec le collectif français Scu², des résidences internationales d’art contemporain in situ « les Scénographies urbaines » dans la commune de Lingwala.
Aujourd’hui, Eza Possibles continue de secouer l’art contemporain à Kinshasa et ailleurs. Après une résidence début 2008 à Strasbourg, le collectif développe de nouveaux projets, notamment celui d’un festival des arts visuels à Kinshasa en 2010.
1. Chercher un sens là où il semble avoir disparu…
Désirer un art libre, contemporain, loin des normes et des canons en cours.
Ainsi, mettre en œuvre…
Des échanges artistiques
2. La réalisation d’œuvres pluridisciplinaires
3. Des ateliers et des résidences artistiques croisées entre artistes d’univers différents, en lien également avec d’autres champs artistiques : spectacle vivant, vidéo, musique, architecture…
4. Une politique de diffusion et de partage grâce à des expositions, des
performances, des manifestations en tout genre.
L’organisation de formation à destination d’étudiants, mais aussi d’amateurs, et de jeunes publics…
un jour
Pathy Tshindele, Mega Mingiedi et Iviart Izamba se rencontrent à l’Académie des Beaux Arts (ABA) à Kinshasa.
Un jour naît l’idée d’utiliser ce qui traîne dans la rue, ce dont les gens ne veulent plus, des « histoires », des carcasses, des ferrailles, des restes du quotidien pour en faire des installations et les planter au beau milieu de l’Académie des Beaux Arts (ABA), lieu sacro-saint des canons académiques…
Une dizaine de personnes se joint au projet : naît Kinshasa Wenze Wenze (wenze = petit marché en lingala, Kinshasa bric-à-brac), première exposition « contempo » à l’ABA ou comment faire de l’art avec des ordures !
L'idée de Kinshasa Wenze Wenze était de récupérer la ferraille et en particulier les carcasses de voiture qui inondent la ville, d'aller dans les parcelles les racheter aux habitants, pour les transporter sur l'esplanade de l'Académie des Beaux Arts, et en faire des sculptures. Interroger ainsi le désordre de la vie, l'individualisme, qu'à Kin on appelle « effort personnel », la nécessité pour chacun de se battre...
L’aventure trouve des relais auprès de Jean-Michel Champault, alors directeur de la Halle de la Gombe - Centre culturel français de Kinshasa, qui décide d’offrir une résidence aux Eza Possibles, Jean-Christophe Lanquetin, scénographe, professeur à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg et Daniel Shongo, directeur de l’ABA, qui met à disposition des artistes les vastes espaces de l’Académie.
« L'esprit d'équipe, c'est comme la ferraille. Tant que c'est séparé, ça ne fait rien. Mais quand on rassemble, quand on soude, ça fait quelque chose. » Le collectif se met en place en août 2003 avec Pathy Tshindele, Méga Mingiedi, Iviart Izamba, Eddy Ekete, Kennedy Dinanga, Kura Shomali, Vitshois Mwilambwe, Olivier Toloko, Orion Kifuikidi, Kiki Kalonda, Labemba Labos et Géré Kondo.
Certains d'entre-eux qui sont en France pensent eux-aussi artistiquement aux festivités du 30 juin 2010 pour le cinquantenaire anticolonial.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire