Les fantômes de la guerre de Grands Lacs poursuivent-ils Tony Blair dans sa quête de la présidence de l'Union européenne ?
Par Freddy Mulongo, jeudi 29 octobre 2009 à 18:10 :: radio :: #564 :: rss
Tony Blair, candidat président de l'Union européenne
Paul Kagame, le président Rwandais n’est pas le représentant des rescapés du génocide contrairement à ce qu’il prétend. Il n’est pas non plus le héros que certaines chancelleries voudraient qu’il soit. Il est l’un des principaux responsables de la mort de millions de Rwandais, Tutsi, Hutu, Twa et de citoyens congolais depuis le déclenchement de la guerre du FPR en 1990 à aujourd'hui.
De 1997-2007, la Grande Bretagne sous Tony Blair a été le grand bailleur de fonds du régime de Kigali. Feignant d'ignorer que les appuis matériels et financiers à Paul Kagamé occasionnés les tueries, les barbaries, les boucheries, les viols au Congo.
Grâce aux appuis anglo-saxons, Paul Kagamé a génocidé des millions des congolais avec sa soldatesque rwandaise dans l'indifférence générale.
La puissance et la gloire sont aussi éphémères que le vol d'un papillon ou la chute d'une feuille morte.
Ainsi du destin de Tony Blair, dont on sait qu'il fut une superstar de la politique internationale. Sa prestance, son sens de la communication, sa conduite des affaires firent de l'occupant du 10, Downing Street, à Londres, l'une des figures les plus influences de la scène internationale, de 1997 à 2007.
L'alignement très marqué de Tony Blair sur la politique américaine depuis le 11 septembre 2001 restera comme le principal point noir de ses dix années au pouvoir. Malgré la manifestation de près d'un million d'opposants à la guerre le 16 février 2003, le Premier ministre anglais engage ses troupes aux côtés de l'armée américaine en Irak, où plus de 7 100 soldats britanniques sont encore présents. Depuis le lancement de l'opération militaire, le 19 mars 2003, on évalue le nombre de soldats britanniques tués à environ 150.
Si le chiffre est loin d'égaler le nombre de victimes américaines (3 500 depuis le début du conflit), le principal allié de George W. Bush est tout de même pointé du doigt et considéré comme l'un des principaux responsables du fiasco irakien.
Dès l'été 2003, la presse anglaise dévoile des notes confidentielles dans lesquelles Tony Blair affirme avoir menti dans un rapport sur l'existence d'armes de destructions massives.
Le 17 juillet 2003, David Kelly, expert du gouvernement en armes bactériologiques à l'origine de la polémique, se suicide. C'est le début du retournement de l'ensemble de l'opinion publique contre le Premier ministre.
La candidature de Tony Blair, issu d'un pays eurosceptique, à la présidence du Conseil européen suscite la polémique.
Quand le traité de Lisbonne entrera en vigueur -il attend toujours la signature du président tchèque Vaclav Klaus-, les 27 pays membres auront comme nouvelle tâche celle de désigner un président du Conseil européen (organe des dirigeants de l'Union européenne).
Pendant deux ans et demi, ce nouveau président représentera l'UE à l'étranger et coordonnera, entre autres, les objectifs prévus dans les réunions des Vingt-Sept.
Originaire d'un pays eurosceptique, la candidature de Tony Blair suscite la polémique. Tony Blair est l'un des candidats les plus forts pour occuper cette place. Premier ministre britannique de 1997 à 2007, il ne s'est pas officiellement déclaré prétendant à cette fonction prévue par le traité de Lisbonne, mais le gouvernement travailliste a clairement mis en orbite sa candidature. L'occasion de revenir sur les amis et les ennemis de cet ancien Prime minister.
Qui le soutient? Il a l'appui du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, ainsi que de Londres. Selon le quotidien britannique The Guardian, le Premier ministre Gordon Brown a demandé à deux de ses principaux conseillers de faire campagne dans les capitales européennes pour son prédécesseur au 10 Downing Street.
L'information a été confirmée mardi par la chaîne BBC. Citant des sources gouvernementales, elle assure que Brown va mener une campagne active pour que son prédécesseur Tony Blair soit nommé à la présidence de l'Union européenne. Brown soutiendra ainsi la candidature de Blair pendant le prochain sommet de chefs d'Etat.
Même appui du côté du chef de la diplomatie britannique, David Miliband, pour qui "le traité de Lisbonne nous donne l'occasion et la responsabilité de jouer un rôle important au niveau mondial. Nous avons besoin d'un leadership fort pour y parvenir".
Le président français Nicolas Sarkozy, par l'intermédiaire de Bernard Kouchner, est aussi pour la candidature de Blair, mais il n'arrive pas à convaincre la chancelière allemande Angela Merkel, qui ne donne toujours pas son appui à l'ancien Premier ministre britannique.
Pour ses partisans, Tony Blair a la stature internationale qui lui permettrait de parler d'égal à égal avec les Etats-Unis ou la Chine.
Qui l'attaque?
A Londres, le leader des Tories, David Cameron, a fait savoir que son parti ne soutiendrait pas la candidature de Blair. Le conservateur a déclaré que l'Europe n'a pas besoin d'un président.
Le Premier ministre du Luxembourg pourrait faire de l'ombre à Tony Blair.
Certains députés européens ont, de leur côté, récemment déposé à Strasbourg une pétition pour demander que le président du Conseil vienne d'un pays ayant l'euro pour monnaie ou qui au moins compte l'adopter.
Le texte, lancé par cinq parlementaires, explique: il faut une personnalité "avec laquelle les peuples d'Europe puissent s'identifier". Pas sûr qu'avec son atlantisme pro-Bush, son soutien à la guerre en Irak et son pays eurosceptique, Tony Blair renvoie aux Européens une image enthousiasmante.
Autres critères avancés: le candidat devrait venir d'un pays appartenant à la zone euro et à l'espace Schengen de libre circulation -ce qui n'est pas le cas de la Grande-Bretagne- et respectant la charte des droits fondamentaux, à laquelle Londres a négocié des dérogations.
"Faut-il souligner que ce profil ne correspond absolument pas au candidat préféré de quelques grands pays, à savoir l'ancien premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair?", s'interrogent les contestataires, emmenés par le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels.
Parce que le Luxembourg, bien sûr, se dit contre l'ancien habitant du 10 Downing Street: leur Premier-ministre Jean-Claude Juncker est lui-même candidat à ce poste.
Les autres candidats potentiels
Presque seul dans la course au début, Tony Blair a désormais des adversaires.
D'abord le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui incarne une vision différente de l'Europe. "Si un appel m'était lancé, je n'aurais pas de raison de refuser de l'entendre. A condition qu'il soit sous-tendu par des idées ambitieuses pour ce poste", a annoncé Juncker dans un entretien publié mardi dans Le Monde.
Le néerlandais Jan Peter Balkenende, également, pourrait entrer en lice, comme candidat de compromis. Ainsi que l'ancien chef du gouvernement finlandais Paavo Tapio Lipponen.
Tous deux à ranger dans la même catégorie. "Un candidat de secours s'il faut choisir le plus petit dénominateur commun", commente un diplomate.
L'ancienne présidente de la République d'Irlande Mary Robinson dont la candidature était pressentie, a écarté le "défi". Mais un retour en arrière est-il à exclure totalement? Tout comme l'arrivée d'un candidat "inconnu"? Tony Blair, un avenir déjà passé ?


Commentaires
1. Le jeudi 29 octobre 2009 à 19:34, par Musengeshi Katata
2. Le jeudi 29 octobre 2009 à 22:15, par Nambo
3. Le jeudi 29 octobre 2009 à 22:33, par BOMA OMENA Henri
4. Le jeudi 29 octobre 2009 à 23:40, par alpha
5. Le vendredi 30 octobre 2009 à 06:50, par Mpania Jean
6. Le vendredi 30 octobre 2009 à 07:36, par Freddy MULONGO, Réveil FM
7. Le vendredi 30 octobre 2009 à 15:33, par Nambo
8. Le vendredi 30 octobre 2009 à 15:35, par Nambo
9. Le mardi 3 novembre 2009 à 03:30, par josé-odé
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