Angolagate: Charles Pasqua balance la patate chaude de la Françafrique !
Par Freddy Mulongo, jeudi 29 octobre 2009 à 10:28 :: radio :: #566 :: rss
Charles Pasqua, Sénateur
Charles Pasqua ne décolère pas. Il en a marre de se faire "Angoler" depuis des années pour cette affaire de vente d'armes à l'Angola sous le coup d'un embargo international à l'époque.
Condamné le mardi 27 octobre 2009, dans l'affaire de l'Angolagate, le sénateur Charles Pasqua a immédiatement contre-attaqué en mettant en cause Jacques Chirac, Edouard Balladur et Alain Juppé et en réclamant la levée du secret défense dans ce dossier mais aussi dans d'autres affaires politiques sensibles. L'ancien ministre de l'intérieur souhaite la levée du secret défense sur les ventes d'armes, seul moyen à ses yeux de faire taire les "ragots" courant sur son compte. La France est le quatrième exportateur d'armes au monde. La levée du secret-défense sur l'Angolagate "pourrait être" examinée Charles Pasqua a enfoncé le clou dans la soirée de mercredi 28 octobre 2009 sur le plateau du "Grand Journal" sur Canal+ en affirmant que cela "fera trembler un certain nombre de personnages de la République" et garnira "probablement" les prisons.
"Jacques Chirac était parfaitement au courant de cette affaire", assène-t-il.
Dans un entretien au Figaro de ce jeudi 29 octobre 2009, il cite "le président de la République, le premier ministre, le ministre des finances et le ministre de la défense.
Tous les quatre étaient forcément au courant", estime-t-il avant de préciser : "Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé".
Edouard Balladur, Premier ministre de François Mitterrand de 1993 à 1995, Edouard Balladur a semblé nier ces accusations hier mercredi 28 octobre 2009, lors de l'émission "Questions d'info" sur la chaîne LCP : "Le problème des ventes d'armes en France est un problème récurrent depuis que la France fabrique des armes. Concernant l'Angola, je n'en ai pas été spécialement informé", a-t-il affirmé.
Réplique de Pasqua dans les colonnes du Figaro : "Balladur peut dire ce qu'il veut. Malheureusement pour lui, un document a été présenté au tribunal montrant que son directeur de cabinet lui avait fait remonter une note. M. Balladur n'a plus de mémoire, cela peut arriver."
L'ancien ministre de l'intérieur, 82 ans, a été pour la première fois condamné mardi à une peine de prison ferme pour son rôle dans le dossier de l'Angolagate, une affaire de trafic d'armes remontant aux années 1990.
Dans son jugement, le tribunal semble accréditer les accusations de M. Pasqua en dénonçant "l'incurie" des autorités, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.
Relevant des "coïncidences" entre son ambition présidentielle déclarée en 2000 et le début de ses "ennuis" judiciaires, Charles Pasqua demande "la levée du secret défense sur toutes les ventes d'armes afin que l'on sache s'il y a eu des retours de commissions en France et qui en a bénéficié".
Une mesure qu'il réclame pour d'autres dossiers sensibles comme Clearstream, les frégates de Taïwan: "Il faut tout lever ! Les Français ont besoin de le savoir." Les juges d'instruction chargés de ces dossiers ont jusqu'ici vu leurs investigations bloquées ou entravées par le secret défense.
Les condamnations les plus lourdes ont été prononcées à l'encontre des artisans de ce commerce « illicite » : les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, avec six ans de prison ferme.
Le premier a fait l'objet d'un mandat de dépôt dès hier, alors que le second, en fuite à Moscou, est visé par un mandat d'arrêt international.
Ni l'un ni l'autre n'ont contesté avoir livré des armes à l'Angola. Soit selon les enquêteurs, 420 chars, 150 000 obus, 12 hélicoptères et 6 navires de guerre pour un montant total évalué à 790 millions de dollars. Les avocats des deux hommes ont annoncé leur intention de faire appel.
Alors que l'ancien préfet Jean-Charles Marchiani a écopé de 15 mois de prison ferme, les autres protagonistes ont été moins durement condamnés : deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende pour Jean-Christophe Mitterrand, 15 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende pour Paul-Loup Sulitzer. Jacques Attali et le magistrat Georges Fenech ont été relaxés.


Commentaires
1. Le jeudi 29 octobre 2009 à 12:44, par BOMA OMENA Henri
2. Le jeudi 29 octobre 2009 à 15:58, par TOURNESOL PROFESSOR
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